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Batterie de Cornouaille (Roscanvel)

Dossier IA29001332 inclus dans Capitainerie de Crozon : ensemble fortifié réalisé en 2004

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

"La grande batterie de Cornouaille n’est pas achevée ; il manque encore beaucoup de maçonnerie à ses parapets et à son revêtement, beaucoup de roc très dur à escarper et des bâtiments à faire qui demandent qu’on y travaille actuellement. […] Au reste, il se peut que dans l’achèvement et la garde des forts et batteries énoncés en ce mémoire, la Terre et la Mer n’y soient fort mélangées : la Terre pour le travail, la garde et le service du canon, suivant les besoins et les lieux qui seront occupés par les troupes de terre, et la mer pour la même chose, notamment pour le principal service des batteries, en quoi les canonniers et soldats de la marine sont beaucoup plus adroits que ceux de terre ; outre que si l’on veut diligenter les ouvrages, il en faudra nécessairement tirer les poudres nécessaires à rompre le roc, les plates-formes, les affûts et le canon, de même que toutes les ferrures dont on aura besoin et beaucoup d’autres minuties qui se trouveront plus facilement dans l’arsenal et à meilleur marché que partout ailleurs, avec tous les ouvriers nécessaires à les mettre en œuvre, adroits et bien instruits. […] Comme tout cela n’a pour but que le service d’un même maître, la conservation de la plus belle partie de la marine, elle ne doit faire aucune difficulté d’y contribuer en ce qu’elle pourra de ses ouvriers et de ses matériaux". Vauban, Mémoire qui prouve la nécessité de mieux fortifier les côtés du goulet de Brest qu’ils ne l’ont été par le passé ; l’utilité et l’épargne qui en reviendrait au roi, 1695.

En 1666, sous l’ère Duquesne (commandant de la Marine à Brest de 1665 à 1672), une première batterie de côte avait été installée par le duc de Beaufort à l’est de l’actuelle batterie de Cornouaille. La batterie de Beaufort dite batterie annexe est aujourd’hui ruinée et son accès de plus en plus difficile. Voici une description de son état en 1811 : "…elle a été abandonnée parce qu’elle est extrêmement resserrée entre le rocher et que la mer aminé une excavation au dessous qui en a fait craindre l’écroulement ; son épaulement en maçonnerie et à embrasures s’élève de 20 mètres au-dessus de la basse mer : il y existe encore 15 pièces de 36 en fer non montées et hors de service [c’est vraisemblablement celles correspondant à l’état de l’artillerie de 1695 !], un fourneau à réverbère que les écroulements ont en partie écrasé et deux bâtiments dont l’un servait de poudrière et l’autre de corps de garde ; quoiqu’en très mauvais état, ils sont susceptibles de réparations et pourraient être utiles au service de la batterie de Cornouaille".

Programmés par Vauban en mai 1683, les travaux de la batterie de Cornouaille débutent fin 1684 d’après le devis initial de Garengeau par le déroctage de la falaise à la mine afin d’aménager une vaste plate-forme elliptique. Faute de fonds disponibles du fait de l’aménagement de l’arsenal et de la coûteuse batterie du Mengant(en vis-à-vis dans le goulet), les travaux sont rapidement stoppés mais reprennent après l’épisode malheureux de La Hougue (bataille navale en Cotentin) en juin 1692. La construction, supervisée par les ingénieurs Mollart puis Traverse (ce dernier à partir de 1692), est achevée à la fin de l’année 1696. Dès juillet 1694, l’ouvrage est notamment armé – à titre expérimental – par 8 canons de 60 livres de balle (le plus fort calibre en service à l’époque). Dans l’esprit de Vauban, les batteries de Beaufort et de Cornouaille forment, comme il l’écrit, un tout cohérent "comptant celle de Beaufort comme faisant partie de celle de Cornouaille, à laquelle elle sera vraisemblablement jointe". En 1695, cet ensemble compte au total 50canons. Si la batterie de Cornouaille comporte bel et bien 36 embrasures plongeantes, quoique l’armement pour cette dernière se limitât toujours à 30 pièces d’artillerie (de 24 à 60 livres de balle), les projets de casernements en partie basse et de batterie haute de bombardement accompagnée de "branches tombantes crénelés" sont abandonnés. Un "corps de garde et logement", dont le plan est sensiblement le même que celui de 1696, est proposé en vain par l’ingénieur Frézier en novembre 1744. L’heure est à l’économie, et ce malgré le double emploi affirmé de cet édifice : "pour les canonniers pendant l’été lequel servira de hangar à mettre les affûts à couvert pendant l’hiver et les mauvais temps où la batterie n’est pas armée". Seules des dépenses strictement indispensables pour les ouvrages existants sont engagées à l’instar du nouveau magasin à poudre et d’un "bout" de plate-forme en pierre de taille. Des latrines, accessibles par une embrasure (la seule qui soit dans son état d’origine permet d’apercevoir les joues d’embrasure en granite), ont été accolées à l’extrême ouest de la batterie.

Au sommet de la falaise, une grande bâtisse orientée nord-sud a néanmoins été construite dans le premier quart du 18e siècle ; on y trouve "[le] logement du gardien des batteries, [une] cour de décharge au bois, [une] chambre d’officier, [un] magasin aux vivres, [un] corps de garde [et le] logement des gardiens entretenus pour faire les signaux". Une batterie dite « batterie des signaux » est également mentionnée sur la falaise durant la guerre de Sept Ans (1756-1763). Légèrement en arrière de la position, une tour-réduit modèle 1811 pour 60 hommes dont l’armement régulier consiste en 4 canons de 24 livres ou de 16 livres est construite en 1813 afin de protéger les accès des batteries de Cornouaille et de Beaufort.

L’obturation des embrasures, très soignée, en pierre de taille de granite de l’Aber-Ildut, a été réalisée vraisemblablement dans la décennie 1840. Cette modification a pour but de permettre le tir à barbette, c’est-à-dire au-dessus du rempart. D’après l’Atlas de mise en état de défense des côtes de l’Empire français (1858), la batterie de Cornouaille est classée en premier degré d’importance :elle est armée de 9 canons de 30 livres de balle modèle 1840 sur affût pivotant et 9 obusiers de 22 cm modèle1827 sur affût de fer pivotant.

La décennie 1880 voit surgir de nouveaux besoins en matière de défense des côtes nécessitant plus ou moins de travaux : poste extérieur de la ligne de torpilles de fond du goulet de Brest (1878), batterie de 4 canons de47 mm à tir rapide, abri sous roc et niches à munitions (1882-1883), test d’un projecteur expérimental mobile pour la défense nocturne du goulet (1884), implantation définitive sous "abri caverne" d’un poste photo électrique fixe dans le goulet éclairant la ligne de mines sous-marines entre la pointe de Cornouaille et le rocher du Mengant (1885), spectaculaire batterie de rupture casematée aménagée pour partie dans la falaise et sous le terre-plein de la batterie vaubanienne et son escalier d’accès (1888). Une batterie annexe composée de 4 canons de 100mm est également construite à l’extrême fin du 19e siècle sur la pointe. Trois matériels de 100 mm modèle 1897 sont toujours mentionnés en 1940.

En 1943, l’occupant aménage, sur le plateau dominant le goulet de Brest à 67 m au-dessus du niveau de la mer, une batterie antiaérienne composée de six encuvements de type Flak 243b pour 4 canons de 10,5 cm et plusieurs pièces de 2 cm (dont une située sur la terrasse de la tour réduit), un septième encuvement situé en position centrale est doté d’un télémètre : il servait de poste de direction de tir. Les cuves sont disposées suivant les sommets d’un hexagone régulier rappelant la fortification bastionnée classique. L’ancienne caserne du 18e siècle est rasée tandis que la tour-réduit sert de munitionsbunker. Deux projecteurs, dont un mesurant 60 cm, placé en bordure de la falaise sous un abri bétonné et l’autre de 150 cm de diamètre ainsi qu’un radar de type FuMO213 Würzburg (pour Funk Meß Ortung, appareil radio de localisation) d’une portée de 20 à 30 km, sont attestés par les archives allemandes. Cette position d’artillerie côtière de la Kriegsmarine codée Ebbstrom est numérotée C 336. Elle a été violemment bombardée en août 1944. Vu de la mer, l’ouvrage est impressionnant avec ses 200 m de long environ, et très esthétique : une escarpe à léger fruit avec soubassement en pierre de taille de granite de l’Aber-Ildut (en gradin), un appareillage en moellon de couleur sombre en remplissage renforcé de chaînes harpées en pierre de taille (à intervalle régulier sous chaque merlon) alternant carreaux et boutisses. Au dessus du cordon, le parapet vertical est rythmé par des embrasures encadrées de pierres de taille et soulignées d’un bandeau. L’effondrement partiel du revêtement sur la partie ouest de l’escarpe permet de visualiser l’ampleur des travaux de déroctage nécessaires à la construction de l’édifice. On plonge ainsi dans le cœur de l’ouvrage : une chaîne harpée, quoique renforcée par un étaiement en béton armé réalisé par le service des Travaux maritimes, soutient encore le cordon et le parapet alors que le remplissage en moellon a totalement disparu. À signaler également les très belles gargouilles moulurées. Si aucun document d’archive ne semble attester de la réalisation d’un enduit, des traces ocre rouge à base de brique pilée du type de celui de la tour Vauban à Camaret peuvent être observées en certains points de l’escarpe tout comme des feuillures latérales sur certaines boutisses en granite. L’enduit a été littéralement lessivé par la mer en trois cents ans. Située sur un site appartenant depuis juillet 2009 au Conservatoire du littoral, la grande batterie de Cornouaille (quelquefois appelée "fort de Cornouaille") est accessible au public. Cependant le "chemin de communication" à flanc de falaise demeure très dangereux. Des travaux de sécurisation du site sont à l’étude afin d’ouvrir, dans de bonnes conditions, au grand public, cet ouvrage majeur dans l’histoire de la fortification européenne et de la rade de Brest.

(Guillaume Lécuillier, 2009 in Les Fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal, 2011).

Appellations Fort de Cornouaille, Batterie de Cornouaille, Grande batterie de Cornouaille, Batterie basse de Cornouaille
Destinations promenade
Dénominations batterie, fort
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Hydrographies Goulet de Brest
Adresse Commune : Roscanvel
Lieu-dit : Pointe de Cornouaille
Cadastre : D 737, 738
Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 1ère moitié 20e siècle
Dates 1683, daté par source
1684, daté par source
1695, daté par source
1696, daté par source
1882, daté par source
1883, daté par source
1888, daté par source
Auteur(s) Auteur : Vauban, ingénieur militaire,
Auteur : Mollart, ingénieur militaire,
Personnalité : Louis XIV, personnage célèbre, commanditaire, attribution par travaux historiques
Murs granite
grès
schiste
quartzite
maçonnerie
pierre de taille
moellon
Toit granite en couverture, pierre en couverture, terre en couverture
Étages rez-de-chaussée
Couvertures terrasse
États conservations désaffecté, état moyen, inégal suivant les parties

Il s'agit d'un site historique appartenant au Conservatoire du littoral.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
Éléments remarquables ensemble fortifié
Sites de protection site classé
Protections inscrit MH, 2008/06/25

Annexes

  • Les batteries de Cornouaille par Philippe Truttmann

    Situation

    Sur (et au pied) de la pointe de Cornouaille[s]. Côtes Nord-ouest de la presqu'île de Roscanvel, à 2500 mètres Nord-ouest de l'agglomération de Roscanvel - 1500 mètres de la pointe des Capucins. Accès : par route militaire de ceinture de la presqu’île, branche Ouest.

    Historique sommaire

    Site organisé dès 1665-1666 à titre de défense avancée du port de Brest alors en pleine expansion (construction des batteries de Beaufort). Repris ensuite par Vauban à partir de 1680 et surtout 1694-1695, construction de la batterie basse de Cornouaille[s], la position devient ouvrage permanent de première importance et le reste au 18e siècle, puis sous l´Empire (On possède (Archives Marine Paris, Ms 144-2) deux plans de l´ingénieur Mollart datés de 1681 et 1684 montrant à la fois l´avancement des travaux et les ouvrages projetés. La batterie de Cornouaille[s], semblable à la batterie du Mingant (Mengant ou de Léon) sa symétrique en rive Nord, devait comporter une batterie haute reliée à la base par deux branches tombantes : ce projet fut abandonné vers 1696 faute de crédits et seule la batterie basse fut terminée).

    En 1694, la position comprend :

    a) La batterie de Beaufort en deux parties :

    - 1ère partie : 10 embrasures armées de 10 canons de 12.

    - 2ème batterie : 21 embrasures armées de 8 canons de 12 et 8 de 16.

    b) La batterie de Cornouaille[s] : 36 embrasures armées de 16 canons de 24 et 20 de 36 (état du 23 avril 1694).

    La batterie des Signaux, simple levée de terre a disparu aujourd’hui. Elle était située entre la batterie de Flak actuelle et les abris du sommet de la falaise et était armée de 5 pièces de 12 (états de 1757 et 1758).

    Une enceinte bastionnée, analogue à celle de la batterie du Portzic projetée au 17e et 18e siècles sur le plateau du sommet de la falaise, n´a jamais été exécutée. Abandon de la batterie de Beaufort vers 1750.

    En 1812-1813, construction sur le plateau, d´une tour-réduit type n° 1.

    Les branches tombantes (éléments d´enceinte défensive s´appuyant sur la tour et à l´autre extrémité, sur la mer) projetés en 1813 n´ont pas été exécutées. La Grand Atlas de 1818-1820 donne le détail des bâtiments (caserne, corps de garde, magasin à poudre...) construits sur la batterie basse ; ces bâtiments ont entièrement disparu aujourd’hui. Au 19e siècle (probablement entre 1841 et 1870), les embrasures de la batteries basses sont bouchées et la batterie transformée en batterie - barbette. En 1888 : construction d´une batterie de rupture sous le terre-plein de la batterie basse (2 canons de 32 cm). La batterie basse est elle-même abandonnée et réduite au rôle de batterie pour canons de petit calibre, à tir rapide.

    Entre 1898 et 1905 : construction du poste de lancement de torpille qui doublait, en fait la batterie de rupture.

    1942-1944 : constructions par les Allemands, sur le plateau, d´une batterie lourde de Flak, pour 6 canons de 105 mm en cuve. Renforcement du poste de lancement de torpilles. En 1944, les ouvrages sont violemment bombardés. Actuellement, il ne subsiste plus ni équipement ni armement.

    Mission : essentiellement, barrage du goulet de Brest, en liaison avec la batterie et le fort du Mingant situés en vis-à-vis sur la Rive Nord (Si les projet de Vauban avaient été réalisés, on eut obtenu alors une position de barrage constituée : au Sud par la batterie de Cornouaille[s] ; au milieu du Goulet par un fort sur le rocher de Mingant et, au Nord, par la batterie de Léon (devenue fort et batterie du Mingant). Position analogue au barrage de la Gironde Blaye - fort Pâté - Fort Médoc mais la violence du courant empêcha la construction du fort sur le rocher du Mingant)

    Après 1870, la batterie perd son rôle de batterie de bombardement et n´est pas transformée comme le sont ses collatérales ; ses organes actifs se réduisent à une batterie de rupture et quelques positions pour pièces de petit calibre.

    Composition géologique du site : plateau et falaise en schistes et quartzite brun-foncé de Plougastel.

    Description

    L'ouvrage se compose actuellement :

    1) Au pied de la falaise :

    11 : Une batterie basse en ruine, dite batterie de Beaufort

    Construite vers 1666, sur l´ordre du Duc de Beaufort ; batterie basse, à ciel ouvert, du type à embrasures fractionnées en deux moitiés (1ère et 2ème batterie).

    (10 + 21 embrasures selon l'état de l'armement de 1694) ; cet ouvrage est très critiqué par Vauban dès ses premières inspections du Goulet de Brest : mal implantée, elle est fréquemment endommagée par ma mer (il faut la reconstruire en 1691) par ailleurs, elle manque de puissance. Après avoir subsisté comme annexe de la batterie de Cornouaille[s], elle semble avoir été abandonnée au milieu du 18ème siècle.

    Située à une cinquantaine de mètres à l´est de la batterie de Cornouaille[s] et à un niveau supérieur de quelques mètres, elle est constituée par une terrasse en balcon adossée à la falaise et bordée, vers la mer, d´un parapet en maçonnerie. Il subsiste les vestiges du parapet, en maçonneries de schiste assez grossière, avec traces de joues d´embrasure.

    A l´extrémité est : vestiges d´un bâtiment (corps de garde et magasin complètement effondrés).

    Ouvrage complètement ruiné, sans intérêt artistique, n´ayant de valeur que celle d´un jalon historique.

    12 : Une batterie basse, dite batterie de Cornouaille[s] (ou batterie Vauban)

    Mise en chantier en 1680, elle était armés en 1693 et fut terminée vers 1696. Constituée par une plate-forme de dix à quinze mètres de large adossée au pied de la falaise, bordée à l´avant par un parapet en maçonnerie fondé sur le massif rocheux du littoral et tracé en redent très ouvert à saillants de tête et d´épaules arrondies, avec retours d´extrémité constitués par deux flancs très courts. Accès par le Sud, par rampe, à gradins par endroits, arrivant tangentiellement au pied de la falaise.

    Armement et modification : sur une longueur développée de deux cent mètres environ, le parapet était entaillé de 36 embrasures (dont 35 actuellement comblées) pour pièces de gros calibre tirant, pour la plus grande partie perpendiculairement au goulet (L´ouvrage croise ses feux avec ceux de la batterie du Mingant, disposée symétriquement sur la rive Nord du Goulet et de la même époque) et, pour les pièces disposées dans les flancs, parallèlement à la côte.

    A une période indéterminée (très probablement après 1841 et avant 1870) les embrasures ont été soigneusement bouchées et l´ouvrage transformé en batterie - barbette. Des niches ont été dès lors pratiquées dans la face intérieure du parapet ; ce sont les logements des lisoirs-directeurs ou des châssis à pivot avant des nouveaux matériels alors mis en place. Enfin, correspondant au dernier stade de son armement (après 1885), on trouve quatre plate-formes pour canons de 47 mm Modèle 1885 sur affût M sans recul, dont les deux de droite sont renversées et remplacées par quatre embases circulaires d´un autre type.

    Description du parapet : (escarpe et parapet semblables à ceux de la Tour de Camaret, sauf en ce qui concerne les chaînes)

    - Le parapet est en maçonnerie pleine (pierre de taille).

    - Plongée légèrement inclinée vers l´avant, et avec une légère saillie sur la face avant.

    - Face avant verticale - hauteur de deux mètres (pour un mètre cinquante centimètres de hauteur sur la face arrière).

    - Joues d´embrasures en gros appareil, soulignée par un encadrement harpé à l'arrière et à l´avant.

    - Le parapet est porté par une escarpe de trois mètres quarante centimètres de haut, avec fruit, reposant sur le banc de roc naturel par l´intermédiaire d´un soubassement en gros appareil (2, 3 ou 4 lits suivant les points considérés). Cette escarpe sert de mur de soutènement au terre-plein de la batterie.

    - A la jointure du parapet et de l´escarpe : boudin formant cordon de magistrale traditionnel.

    - Le parapet extérieur de l´escarpe est en maçonnerie renforcée de chaînes harpées en gros appareil, à raison d´une chaîne à l´aplomb du milieu de chaque merlon de parapet.

    Nota : l´emprise de la batterie a manifestement été obtenue en entaillant le pied de la falaise. De même, l´assise de l´escarpe a nécessité un nivellement préalable du massif rocheux sur lequel elle se fonde.

    Matériaux : maçonnerie courante, moellons de schiste brun grossièrement appareillés.

    - Encadrement des embrasures, boudin, chaînes d´angle, arêtes interne et externe de couronnement de parapet : pierre de taille de granite clair (gros appareil) soigneusement dressée.

    Divers : dans le flancs Est : escalier ménagé dans un passage à travers le parapet et menant à l´entrée de la batterie de rupture.

    Petite soute à munitions sous roc (repère D du plan) creusé dans le pied de la falaise : accès par tronçon de galerie coudée, pour éviter les coups directs.

    Abri de projecteur (repère E du plan) : logé sous la plate-forme de la batterie basse, avec créneau aménagé dans le parement de l´escarpe et constitué par une porte en plein cintre fermée par deux vantaux en tôle d´acier.

    13 : Une batterie de rupture.

    Construite en 1888 sous la falaise, à l´extrémité droite de la batterie basse pour deux canons M de 32 cm Modèle 1870-1884 sous casemate.

    Mission : Attaque, en tir de plein fouet, au ras de l'eau, des ceintures cuirassées des navires tentant de forcer le Goulet. La batterie de Cornouailles est la seconde des cinq batteries de rupture de la rive Sud du Goulet qui rencontraient les navires assaillants entre le vestibule et la rade.

    Ouvrage établi en abri-caverne et conforme au plan-type, avec les particularités suivantes :

    - Accès par la droite, par galerie ascendante et escalier débouchant dans une petite crique au pied du flanc droit de la batterie basse.

    - Cheminées d´évacuation des gaz de tir : celle de la casemate de gauche débouche à l´air libre ; celle de droite débouche dans un petit abri voûté à flanc de falaise.

    - Pour donner aux casemates une protection verticale suffisante tout en restant le plus bas possible sur l´eau, on a été conduit à creuser la batterie sous la falaise et derrière la batterie basse. Par voie de conséquence, on a pratiqué transversalement dans la plate-forme de la batterie basse deux gorges profondes correspondant au délardement de champ de tir des deux embrasures de 32 cm. Le soutènement de l´escarpe de la batterie basse est rétabli, au droit de chaque gorge, par un arc de décharge formant à la fois ponceau et visière : arc surbaissé à gauche, plein cintre à droite. Ces arcs sont traités avec beaucoup de soin, claveaux et montants en granite appareillé.

    Cette disposition, motivée essentiellement par souci du camouflage des embrasures, a pour conséquence de ne pas détruire l´harmonie du parement extérieur de la batterie basse. Par ailleurs, la gêne apportée par ces entailles à la circulation sur le terre-plein de la batterie basse était tolérable en 1888 puisqu´à cette époque, la batterie basse se trouvait abandonnée comme batterie de gros calibre, et que l´on se trouve d´autre part, à son extrémité.

    14 : A quelque distance... ? À l'Est : poste de lancement de torpilles.

    Ouvrage isolé, établi au ras de l´eau, à quelques centaines de mètres à l´Est de la batterie basse. Accès piétons par sentier descendant la falaise - matériel par la mer (petit quai).

    Mission : "barrage du goulet, en doublement ultérieur des batteries de ruptures par lancement de torpilles automobiles. L´ouvrage était encore en service en 1942-1944 et a été utilisé et renforcé par les Allemands.

    Description : l´ouvrage est constitué par un tronçon de galerie creusé dans la falaise, perpendiculairement à la côte et précédé, à l´extérieur, d´une plate-forme bétonné, initialement à ciel ouvert, où se trouvait boulonné, l´affût du tube lance-torpilles. Le sol de cette plate-forme a partiellement disparu (affouillement).

    La galerie (vingt-huit mètres de long - quatre mètres de large - cinq à six mètres de haut) est voûtée en plein cintre maçonnée et enduite au mortier lisse. Elle comporte, sensiblement à mi-longueur, deux alvéoles perpendiculaires en galerie plein cintre à moindre section débouchant en vis-à-vis dans la galerie principale.

    - A la naissance des voûtes sont encastrés, à intervalle régulier, des laminés I. P. N. de 300 mm ayant pu être les supports d´un plancher de stockage.

    - En fond de galerie : deux pièces, séparées par une cloison implantée suivant l´axe du tunnel, et fermées vers l´avant par une autre cloison avec porte.

    L´ensemble de ces locaux constituait le magasin à torpilles et ses locaux annexes (atelier de préparation de réglage et d´amorçage, magasin aux détonateurs, logements du personnels...). En avant de la façade du tunnel se trouvait la plate-forme de lancement aujourd’hui disparue et remplacée par une cavité due à l´affouillement initialement à ciel ouvert, cette plate-forme a été recouverte par les Allemands d´un abri en béton armé à faible protection : ciel en béton armé, incliné à 30° environ vers l´avant et de dix centimètre d´épaisseur (à vérifier), deux murs latéraux convergent vers une large embrasure horizontale à grand champ. L´extrados de la dalle de toiture comporte trois gradins destinés, selon toute vraisemblance, à briser les formes géométriques (camouflage). A l´extérieur du flanc droit : petit quai en béton, avec embase d´une petite grue en métal, destinée au déchargement du matériel qui ne pouvait être approvisionné que par voie maritime (accès par la terre impossible eu égard à la pente et aux difficultés du terrain).

    2) Au sommet de la falaise :

    21 : La tour-réduit, type n° 1

    Ouvrage construit, selon un plan-type, en 1812-1813 et conforme aux prescriptions réglementaires : trois niveaux (un sous-sol voûté en fond de fossé, un rez-de-chaussée voûté, une terrasse dallée, à ciel ouvert), entouré d´un fossé sec à contrescarpe revêtue, chemin couvert et glacis. Volume : tronc de pyramide à base carrée.

    Entrée en rez-de-chaussée par pont dormant et pont-levis (disparu) s´ouvrant entre deux embrasures à canon - angles à pans coupés.

    Matériaux :

    - Maçonnerie courante : moellon de schiste brun.

    - Encadrement de porte et embrasure à canon, chaînes d´angle (harpées), corbeaux, soubassement et tablette de couronnement de parapet : granite clair.

    - Intérieur : voûte en briques. Dallage, cheminées, linteaux et montants des créneaux de fusillade, arêtes des voûtes : granite.

    Particularités : il subsiste les poulies du pont-levis d´entrée. La terrasse a été renforcée d´un remblai, avec tranchée et emplacement sommaire pour arme ou matériel (1942-1944).

    Bretèche d´entrée détruite.

    Date "1813" gravée dans le linteau de la porte.

    État : ouvrage actuellement à l´abandon. État général assez bon (à vérifier).

    22 : La batterie de 100 mm à tir rapide

    Ouvrage construit vers 1900 à l´Ouest des ouvrages précédents et légèrement en contrebas du sommet (pour diminuer l´angle mort dû à la falaise) pour agir contre les superstructures faiblement blindées (hunes militaires, artillerie légère, mâture, cheminée...) des navires assaillants.

    Armements : 4 canons de 100 mm Tir Rapide sur affût à pivot central.

    Organisation conforme aux dispositions réglementaires, la batterie est, à quelques détails près, semblable à la batterie de 100 mm des Capucins et constituée par :

    - Une plate-forme cimentée desservant les positions de pièces.

    - Quatre positions de pièces en cuves hémicylindriques à demi-entaillées dans le parapet, traversées de deux en deux, et séparées l´une de l´autre par des pare-éclats en terre.

    - Trois petites traverses :

    Une à l´extrémité gauche portant le poste directeur de tir (en cuve).

    Une centrale.

    Une à l´extrémité droite surmontant le magasin de batterie.

    Dans la façade arrière de ces traverses, sont ménagées les niches bétonnées constituant les magasins de pièce.

    - Un mur vertical soutenant, à l´arrière, la plate-forme de batterie et constituant une des parois d´une tranchée arrière formant rue du Rempart.

    - Un magasin à munitions de batterie de six mètres quatre-vingt dix centimètres par trois mètres en béton armé logé sous l´extrémité droite de la plate-forme avec deux portes donnant sur la rue du rempart, couverte en ce point d´une dalle de 27 centimètres en béton armé.

    - Un petit local (poste de télégraphe : ?) de un mètre cinquante centimètres par un mètre cinquante centimètres (intérieur) situé en face de l´entrée du magasin à munitions de batterie, dans la parois opposée de la rue du Rempart.

    Armement et équipement ont disparu. L´ouvrage est recouvert d´une végétation presque impénétrable, empêchant toute exploration plus détaillée.

    23 : La batterie de Flak

    Ouvrage construit par les allemands entre 1942 et 1944 au sommet de la crête de la pointe de Cornouailles.

    Mission : c´est une batterie lourde d´artillerie antiaérienne, couvrant Brest contre les appareils volant à haute altitude et non justiciables des matériels plus petits. Mission secondaire antichars et anti-personnels au sol, dirigée contre un assaillant venant du Sud et tentant d´occuper la presqu´île de Roscanvel. On notera, à ce propos, que la batterie est couverte, au Sud, par les anciennes lignes de Quélern, mais ne l´est pas par la nouvelle position de résistance barrant la presqu´île de Roscanvel, plus au Nord, entre le ravins du Stiff et la rade par Kergadiou et Pénaros. Enfin, cette batterie occupe l´emplacement d´une batterie haute dite des Signaux (à cause de la présence de mâts de signalisation) citée dans l´état d´armement de 1694 comme armée de 5 pièces de 12. Cette batterie a complètement disparu.

    Description : la batterie est constituée par 6 cuves identiques en béton armé pour canon de 105 mm Flak, disposées suivant les sommets d´un hexagone régulier. Au centre géométrique du dispositif se trouve la cuve du télémètre avec, accolé, le poste de conduite de tir sous abri léger. Les différents ouvrages étaient reliés par un réseau de tranchées.

    Cuves de pièce : intérieur cylindrique (diamètre : six mètres cinquante centimètres), extérieur octogonal de quatre mètre cinquante centimètres de côté environ, à paroi semi-enterrée. La hauteur intérieure de la cuve est de un mètre quarante quatre centimètres. Dans les parois, on trouve cinq niches à munitions (munitions groupées par catégories d´obus : perforant, explosif, à fusées de proximité, selon les inscriptions peintes sur les parois).

    - Une niche poste de commandement de pièce et téléphone.

    - Une niche pour les servants.

    - Un petit couloir d´accès, tracé en baïonnette et traversant la paroi (aboutissement d´une tranchée extérieure).

    Cuve centrale : cuve octogonale intérieurement, reliée au poste de commandement voisin - profondeur d´ un mètre soixante dix centimètres - elle comportait un appareil de télémétrie, sous capot blindé, monté sur pivot, l´embase boulonnée à des goujons scellés dans le béton.

    Poste de conduite de tir : petit abri sans intérêt, disloqué par des coups au but. Tous les matériels ont disparu. L´ouvrage a été violemment bombardé, a subi d´importants dégâts ; trois cuves ont été touchées par des coups directs ayant vraisemblablement mis hors de combat matériel et personnel. L´abri du poste de conduite de tir est disloqué. La précision du tir semble indiquer une ou plusieurs attaques par bombardement en piqué.

    Matériaux : béton armé brut de décoffrage et teinté en jaune sable.

    Divers : - pour mémoire - A la crête proprement dite de la falaise, au-dessus de la batterie basse : deux petits abris français (dont le poste de "colt" de tir de la batterie de rupture). Les débris d´un troisième, détruit par explosion, sont tombés sur le terre-plein de la batterie basse.

    Conclusion générale

    Ensemble d´ouvrages de nature, d´époques et de missions très différentes pouvant donner une fausse impression de décousu. De l´assortiment étalé sur le terrain, deux monuments présentent un grand intérêt artistique :

    - La tour-réduit, très rare spécimen d´ouvrage du type n° 1 en France.

    - La batterie basse, qui malgré quelques remaniements ultérieurs, constitue néanmoins un intéressant spécimen d´architecture militaire de la fin du 17e siècle, de par le caractère soigné de sa construction.

  • Traverse d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "1676, Jean-Pierre Traverse.

    Aucun détail biographique.

    Mort vers 1720.

    Ingénieur ordinaire, département de Colbert, en 1676.

    A Ambleteuse en 1681.

    A Saint-Valéry-en-Caux en 1684.

    A Fécamp en 1686.

    Ne figure pas sur les états de 1691.

    Campagnes de Bretagne de 1689 à 1695. Ingénieur en chef à Brest avant 1694.

    En 1698, chargé du château de Brest, des batteries de côte de Cornouailles, de Camaret et de Concarneau.

    En 1703 à la chefferie de Toul.

    Quelques temps à Huningue.

    Retiré avant 1714 avec 1 200 livres de pension.

    Assimilation militaire inconnue.

    Siège :

    1694, défense de Camaret (un bras emporté)".

  • Iconographie

    20082910438NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001943_P.

    20082908844NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001883_P.

    20082908845NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001886_P.

    20082908846NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001887_P.

    20082908847NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001888_P.

    20082908848NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de la Marine, SHDMD07001889_P.

    19832900721PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    19832900743PB : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre

    20082908827NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes. Fonds de l'armée de Terre, 1VH446n°34_1_1696.

    20062907445NUCA : Service Historique de la Défense, Château de Vincennes

    20032901869NUCA : Archives Départementales, Finistère

    19672900792Z : , Bande n° 392.

    19672905027Z : , Bande n° 393.

    19672900791Z : , Bande n° 392.

    19672900788Z : , Bande n° 392.

    19672900789Z : , Bande n° 392.

    19672900804Z : , Bande n° 388.

    19672900803Z : , Bande n° 388.

    19672905026Z : , Bande n° 393.

    19672900800Z : , Bande n° 389.

    19672900790Z : , Bande n° 392.

    19672900797Z : , Bande n° 391.

    19672900802Z : , Bande n° 389.

    19672900801Z : , Bande n° 389.

    19672905028Z : , Bande n° 389.

    19672905029Z : , Bande n° 389.

    19672905030Z : , Bande n° 390.

    19672900796Z : , Bande n° 393.

    19672900798Z : , Bande n° 390.

    19672905031Z : , Bande n° 390.

    19672905033Z : , Bande n° 390.

    19672900794Z : , Bande n° 393.

    19672905034Z : , Bande n° 393.

    19672905032Z : , Bande n° 390.

    19672900799Z : , Bande n° 390.

    19672900795Z : , Bande n° 393.

    19712902361NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712902362NUCA : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

    19712900534P : Base d´Aéronautique Navale, Lanvéoc-Poulmic (BAN)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Collection Nivart. MS144_262. Batteries de Cornouaille. "Plan ... qui fait voir par des couleurs différentes les ouvrages les plus pressés à faire...". Sign. Mollard. 1680 (?) pour 1681 (1684 : ?). Plan, support papier, 0,287 x 0,246 mètre, 4e quart 17e siècle, 1680.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001943_P
  • Collection Nivart. MS144_224. Batterie de Cornouaille. Plan d´une des batteries en cours de construction. Sign. Mollart. 1er décembre 1684. Plan, support papier, 0,278 x 0,412 mètre, 4e quart 17e siècle, 1er décembre 1684.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001883_P
  • Collection Nivart. MS144_227. Batterie de Cornouaille. Développement, coupes et profils du fort projeté sur la hauteur de la batterie de Cornouaille à l´entrée du Goulet de Brest. 1684 (?). Plan, support papier, 0,730 x 0,388 mètre, 4e quart 17e siècle, 1684 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001886_P
  • Collection Nivart. MS144_227. Batterie de Cornouaille. Profil d'un retranchement. 1684 (?). Plan, support papier, 0,375 x 0,246 mètre, 4e quart 17e siècle, 1684 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001887_P
  • Collection Nivart. MS144_227. Batterie de Cornouaille. Coupe et élévation d'une écluse à trois portes destinée à l'alimentation d'un fossé en eau de mer. 1684 (?). Plan, support papier, 0,585 x 0,280 mètre, 4e quart 17e siècle, 1684 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001888_P
  • Collection Nivart. MS144_227. Batterie de Cornouaille. Coupe d'une des trois portes d'écluse destinée à l'alimentation d'un fossé en eau. 1684 (?). Plan, support papier, 0,283 x 0,285 mètre, 4e quart 17e siècle, 1684 (?).

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : SHDMD07001889_P
  • Archives du Génie, Article 8, section 1, Brest carton 1. 1VH446n°34_1_1696. Plan, support papier, 4e quart 17e siècle, 24 janvier 1696.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1VH446n°34_1_1696
  • Bibliothèque du Génie, F° 33g. Carte.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes
Bibliographie
  • PETER (J), préface de Jean Meyer, Vauban et Brest. Dossier. Une stratégie modèle de défense portuaire, 1683-1704, Paris, Economica et Institut de Stratégie Comparée, 1998, 320 p. "La grande batterie de Cornouaille a été, avec celle du Léon, l´un des deux grands ouvrages conçus par Vauban dès 1683 pour la défense du Goulet de Brest. Comme celle de Léon, sa construction en fut confiée à Mollart, ingénieur au port de Brest.

    En 1684, 20 000 livres de fonds furent accordées par Seignelay pour la batterie de Cornouaille. Le 1er décembre, on travaillait à creuser le rocher (Service Historique de la Marine, Vincennes : Ms 144). La plate-forme de la batterie, qui faisait près de 75 toises de long, épousait la forme de la pointe. Faite par déroctage à la mine des massifs rocheux, elle se terminait côté mer par une escarpe en pierre de taille renforcée de chaînes harpées, sur laquelle reposait un parapet à embrasures.

    Les travaux de la batterie de Cornouaille reprirent en 1692 et 1693. Au cours de ces deux années, 67 000 livres de fonds furent accordées par Le Peletier sur les fonds des fortifications dont 41 000 en 1692 et 26 000 en 1693.

    Le 23 avril 1694, les instructions de Vauban étaient de continuer la batterie de Cornouaille, notamment la basse qu´il faudra achever en toutes ses parties avec les deux tours et le bastion du milieu de la batterie haute pour pouvoir y demeurer en sûreté. Le 7 juin, la grande batterie basse de Cornouaille (trente canons) n´était pas achevée faute de 13 000 livres de fonds nécessaires. Le 21 juillet, les huit gros canons de fonte de 60 livres que Vauban avait trouvés à Brest étaient mis en place à la grande batterie de Cornouaille. Le 26 septembre, Vauban écrivait : "La batterie de Cornouaille est situé vis-à-vis du Mengant, comme la précédente, tout contre la vieille batterie de Beaufort. Elle est à sept pièces de canon, presque aussi forte que celle de Léon, comptant celle de Beaufort comme faisant partie de celle de Cornouaille, à laquelle elle sera vraisemblablement jointe". Le 25 mai 1695, la grande batterie de Cornouaille était armée de 30 canons servis par trois premiers maîtres canonniers de la marine, neuf second maîtres, 144 matelots et 88 hommes de la milice garde-côtes. Le 15 juillet, les trois batteries de Cornouailles étaient équipées de 49 canons. Grande batterie (batterie basse) : 30 canons (8 de 60 livres, 6 de 36, 16 de 24). Batterie de Beaufort : 15 canons (Tous de 36 livres). Petite batterie : 5 canons (Tous de 18 livres). D´après le plan dessiné le 24 janvier 1696 par l´ingénieur Traverse, la batterie basse de Cornouaille, qui devait comporter 34 gros canons, faisait 68 toises de long. Le bâtiment regroupant le magasin, le logement et le corps de garde faisait 16toises de long sur quatre toises et demie de large (Génie, article 8, section 1 : Brest, carton n° 1, n° 34). En septembre 1699, Vauban écrivait : "La batterie de Cornouaille demande une garde de canonniers comme celle du Mengant commandée par un aide d´artillerie ou quelque maître de navire".

    p. 266-268
  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris, éd. du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume (dir.). BESSELIEVRE, Jean-Yves. BOULAIRE, Alain. CADIOU, Didier. CORVISIER, Christian. JADE, Patrick. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

Liens web

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