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Aérodrome de Ploujean-Morlaix (Mo 66, 66a, 67, 68, 69, 70a, 72a, 72b, 73, 78, Stützpunkt n° 79), Ploujean (Morlaix)

Dossier IA29000864 inclus dans Groupe défensif côtier "Morlaix" codé "Mo" réalisé en 2002

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Après la chute de la France le 22 juin 1940, le Reich s´est emparé avec la côte Ouest de l´Europe : de la Norvège à la frontière espagnole, du débouché sur l´Atlantique. La Grande-Bretagne et l'Allemagne se retrouvent face à face. La Luftwaffe, qui dispose désormais des aérodromes hollandais, belges et français, peut atteindre le cœur des îles Britanniques. La Luftwaffe intensifie ses bombardements sur Londres et les grandes villes anglaises après l´été 1940. Les sous-marins de la Kriegsmarine commence le blocus de la Grande-Bretagne en s´attaquant systématiquement aux convois alliés. Pour s´assurer la maîtrise des mers, les Allemands font de l´arsenal de Brest (avec Lorient, Saint-Nazaire, La Pallice, Bordeaux) une de leurs bases de sous-marins. L'importance des équipements navals à Brest fait de l´arsenal une cible préférée pour les bombardiers de la Royal Air Force et de l´U. S. Army Air Forces (les forces aériennes américaines).

Le terrain d´aviation de Ploujean-Morlaix était spécialisé pour les escadrons de chasse : Jagdgeschwader de la Luftwaffe. L'objectif principal de ces formations de chasseurs étaient l'interception des bombardiers alliés au retour de leurs expéditions sur la Festung Brest, base de sous-marins. Du 24 mars au 28 mars 1941, il a entre autre accueilli le 3ème groupe du Jagdgeschwader 77. Du 3 avril au 1er juin 1941, le 2ème groupe du Jagdgeschwader 26. Du 1er août 1941 à décembre 1941, le 1er groupe du Jagdgeschwader 2, Richthofen de Manfred von Richthofen, ou "baron rouge". L'insigne de Jagdgeschwader 2 était le "R" rouge sur le fond blanc.

Si le terrain d'aviation a compté jusqu'à 60 chasseurs durant la guerre, il ne reste plus qu'une dizaine d'avions de chasse vers la fin du conflit. Le célèbre Messerschmitt Bf 109 a posé ses ailes à Ploujean. Apparu en 1935, le Messerschmitt Bf.109 devint l'archétype de tous les avions de combat pur modernes qui émergeront de la Seconde Guerre Mondiale. Son principal et plus direct adversaire se trouve être le Supermarine Spitfire britannique. Parallèlement le "Bf.109" subit sans cesse des améliorations et vit sa puissance continuellement augmentée. La production se poursuivit sans interruption de 1936 à 1945 et totalisa plus de 35 000 exemplaires, le nombre le plus élevé d'avions de combat réalisés au cours de la deuxième guerre mondiale.

Le projet du "Bf 109" commença en 1934 afin de remplacer les biplans Heinkel He.51 Arado Ar.68. Les inventeurs W. Messerschmitt et W. Rethel conçurent le prototype avec des objectifs très simples : - construire la plus petite structure compatible avec le moteur le plus puissant. Il en résulta un monoplan effilé à ailes basses, entièrement métallique, muni d´un cockpit fermé et d´un train escamotable propulsé par un Rolls-Royce Kestrel V de 695 CV au décollage actionnant une hélice bipale en bois.

Après avoir subi de nombreuses modifications, les premiers Messerschmitt Bf.109 de production - Bf.109 B - quittèrent les chaînes de montage en février 1937. En novembre de la même année, il battit le record mondial de vitesse qu'il porta à 610,43 km/h.

A la série B suivit la série C doté d'un armement plus puissant et après la C vint la D munis eux d'un moteur plus puissant. La série D ne fut pas produite en grand nombre mais représenta une étape de transition vers le premier modèle de grande série : la E équipé du nouveau moteur Daimler Benz DB 601.

La bataille d'Angleterre donna aussi lieu à un changement de version. Ainsi la version F tirait beaucoup des enseignements du Blitz avec un moteur amélioré qui fit changer la ligne principale du fuselage. Cette version se montra en certains points supérieure au Spitfire Mk.V en particulier à des altitudes élevées.

La série suivante apparut en 1942 et s'appela Bf.109G. L'avion avait un moteur Daimler Benz de 1 475 CV. Cet accroissement de puissance permit d'améliorer l'armement au détriment des performances générales. Enfin, la version finale, la K, sortit en 1945. Très agile et rapide, le 109K doté d'un moteur de 2 000 CV se montra un adversaire redoutable. Après la guerre, le constructeur tchèque Avia retrouve intacte son usine de 109 et ré-entame la production avec toutefois un moteur moins performant. L'Israël en acheta un certain nombre en 1948. L'Espagne avec le constructeur Hispano Aviacion fait voler son premier appareil construit sous licence 1109 en mars 1945. Lorsque le dernier 1112 décolle de Sévillen, fin 1956, il clôt 21 années de production...

Caractéristiques du Messerschmitt Bf 109 E :

Type et année : Chasse / 1939 ;

Envergure : 9,87 m ; Longueur : 8,65 m ; Hauteur : 2,50 m ;

Poids au décollage : 2 010 kg ;

Vitesse maximum : 550 km/h à 4 000 mètres ;

Altitude maximum : 10 500 m ;

Autonomie : 660 km ;

Armement : 2 mitrailleuses, 2 canons de 20 mm ;

Équipage : 1 homme.

En juin 1942, les Focke Wulf 190 A du 3ème groupe du Jagdgeschwader 2 sous la commandement d´Assi Hahn sont basés sur l´aérodrome de Morlaix. Cet avion de chasse était considéré comme le meilleur combattant de l'Allemagne. Le Focke Wulf 190 se montra en bien des points supérieur au Messerschmitt Bf 109 et il se révéla aussi le meilleur chasseur allemand de la Seconde Guerre Mondiale.

Ces deux avions constituèrent l'avant-garde de la Luftwaffe sur tous les théâtres d'opérations et ce jusqu'à la fin du conflit.

Caractéristiques du Focke Wulf 190 A :

Type et année : Chasse / 1941 ;

Envergure : 10,50 m ; Longueur : 8,84 m ; Hauteur : 3,94 m ;

Poids au décollage : 3 973 kg ;

Vitesse maximum : 626 Km/h à 5 500 m ;

Altitude maximum : 10 600 m ;

Autonomie : 800 Km ;

Armement : 4 mitrailleuses, 2 canons de 20 mm ;

Équipage : 1 homme.

Précision dénomination 6/Vf 58c
2/L 409a
1/L 410a
1/L 411a
2/502
1/608
3/621
1/661
Appellations Fliegerhorst Morlaix
Destinations aéroport
Parties constituantes non étudiées blockhaus, abri, poste d'observation
Dénominations aéroport
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Morlaix
Lieu-dit : Ploujean
Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Dates 1940, daté par source
1941, daté par source
1942, daté par source
1943, daté par source
1944, daté par source
Auteur(s) Auteur : Organisation Todt, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques

Spécialisé pour les avions de chasse, le terrain d'aviation de Ploujean-Morlaix comportait une vaste piste d'envol (piste de l'actuel aéroport) et de très nombreuses pistes secondaires, aujourd’hui désaffectées (secteur ouest) ou transformées en axe routier (Départementale n° 46, Morlaix - Plougasnou). Des postes de dispersion étaient établis tout autour de la piste pour protéger les appareils des bombardements alliés qui s´intensifient à partir de 1943. Dans le bois du château de Tréfeunteuniou (Traonfeunteuniou) se trouve un haut mur en béton armé que nous avons identifié comme un stand de tir pour le réglage des mitrailleuses des avions. Les hangars d'aviation devaient être au nombre d'une trentaine sur l´aérodrome de Ploujean. Chaque hangar était desservis par une piste et pouvait abriter deux chasseurs dont l´envergure est proche de 10 mètres. Il s´agissait de hangars rectangulaires à structures métalliques et soubassement en béton armé et (ou) maçonnerie de briques, recouverts de toile goudronnée. Un casernement accolé se trouvait en arrière du bâtiment. Nos recherches sur le terrain nous ont permis de retrouver les vestiges de trois hangars. Défense antiaérienne : en bordure de la piste se trouvaient des canons de 20 mm et 40 mm Bofors (armurier suédois). Une batterie lourde de 4 pièces de 88 mm FLAK 36 était établie au dessus du lieu-dit "Brignon" (?), et 3 canons de 20 mm servaient également comme défense rapprochée. Au début de 1943, cette batterie aurait été déplacée et transportée vers le terrain d'aviation. Elle est remplacée par des pièces légères et un ensemble de projecteurs. Sur l'aérodrome nous pouvons distinguer deux batteries antiaériennes : - la première, en bordure de piste se trouve à l'ouest (encuvement pour pièce antiaérienne d´un plan type commun et abri attenant envahis par la végétation). - la deuxième au nord compte deux grands encuvements et deux plus petits en maçonnerie de pierres locales et béton léger pour l´abri attenant. Deux corps de garde avec plate-forme pour pièce antiaérienne et (ou) projecteur et soutes légères (explosées). Un casernement en béton armé et maçonnerie de briques se trouve au bout de la piste principale. Il comporte un couloir central desservant quatre pièces dont deux sont dotées d'une cheminée. L´arrière du casernement et la terrasse ont été soufflés par une explosion externe. En juin 1944, l´aérodrome de Ploujean était protégé par un ensemble de plusieurs batteries antiaériennes : - batterie antiaérienne de Saint-Julien à Taulé (Wn n° ?). - batterie antiaérienne de Barnénez à Plouezoc´h (Wn n° 61). - batterie antiaérienne du Ménez à Ploujean Morlaix, en construction (Wn 71 b). Défense terrestre : les principaux axes de circulation autour de l´aérodrome étaient barrés par des champs de mines (Elorn I/43, 44, 45, 48,49, 50, 51, 52, 54, 55, 99, 100) et des postes de contrôle (route de Morlaix au sud, routes de Lanmeur et de Plougasnou au nord). Plusieurs postes d'observation et de mitrailleuse dit "Tobrouk" défendent les accès. La crête située au nord de l'aérodrome et couronnée par la batterie antiaérienne est défendue par plusieurs postes de mitrailleuses. Les canons antiaériens en encuvement pouvaient également être utilisés en tir direct contre une cible terrestre.

États conservations désaffecté, vestiges, envahi par la végétation
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler
(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume