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Ancienne église paroissiale Saint-Cieux, rue du Vieux Clocher (Lancieux)

Dossier IA22009916 inclus dans La ville de Lancieux réalisé en 2008

Fiche

Vocablessaint Cieux
Dénominationséglise
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Ploubalay
AdresseCommune : Lancieux
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : rue du
Vieux Clocher
Cadastre : 1827 A1 188, 189 ; 2004 AC 153, 154

L'ancienne église paroissiale de Lancieux accusait un tel état de délabrement à la fin du 19ème siècle qu'elle suscita de vives inquiétude de la part du maire de l'époque, Pierre Lhotelier. En novembre 1899, l'architecte diocésain Eugène Le Guerrannic recommanda d'abandonner la vieille église pour la reconstruction d'un nouveau sanctuaire. La nouvelle église ayant été livrée au culte en 1902, l'ancienne église fut démolie en partie le 10 mai 1905. La tour, unique vestige de l'édifice dont les parties les plus anciennes étaient probablement datées du 15ème siècle, présente le millésime 1740 (la première de cette tour fut posée d'après J.-P. Bihr le 26 juin 1739). Elle a fait l'objet d'une inscription à l'Inventaire supplémentaire des monuments historiques le 21 décembre 1925.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Dates1740, porte la date

Les plans annexés en illustration et le rapport de l'architecte datés respectivement du 9 octobre et du 29 novembre 1899, tout comme les cartes postales anciennes à disposition, autorisent une reconstitution du volume général et de l'aspect de l'ancienne église paroissiale Saint-Cieux. Entourée du cimetière, l'église, alors en très mauvais état, était un édifice à vaisseau unique construit en moellons de granite sur un plan en croix latine, avec une sacristie greffée sur le côté nord du choeur et une tour-porche hors-oeuvre carrée à l'ouest encore en place. Cette tour-porche, dont la porte est agrémentée d'un fronton-pignon triangulaire, et dont la face antérieure est édifiée en grand appareil de granite, est sommée d'une corniche. Elle porte la chambre des cloches construite sur un plan octogonal et couverte d'un dôme en maçonnerie coiffé d'un lanterneau. Le linteau de la fenêtre située au-dessus de la porte d'entrée présente le millésime 1740.

Mursgranite
grand appareil
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toitgranite en couverture
Étages1 vaisseau
Couverturesdôme
lanterneau
États conservationsvestiges
Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsinscrit MH, 1925/12/21
Précisions sur la protection

Clocher : inscription par arrêté du 21 décembre 1925.

Annexes

  • Rapport de l´architecte diocésain Eugène Le Guerrannic, daté du 22 novembre 1899, pour la reconstruction de l´église paroissiale de Lancieux (premier projet)  : [source : AD 22, série V 1483].

    Département des Côtes-du-Nord.

    Commune de Lancieux.

    Projet de reconstruction de l'église paroissiale.

    Rapport sur l'état actuel.

    L'église de Lancieux, placée au milieu du cimetière, fournit au public un espace d'environ 85 mètres carrés. Elle est construite en moellons et couverte en ardoise ; cet édifice a été construit et réparé à diverses époques ; les parties les plus anciennes semblent remonter au XVe siècle ; le clocher porte la date de 1740.

    Les différents murs n'ont ni la même épaisseur, ni la même longueur ; l'aplomb fait complètement défaut à tous.

    Le sol de l'église fait en débris de dalles et pierres tombales, suit une pente descendant de la tour vers le choeur. Il en résulte que les jours de pluie l'église est inondée. De plus, ce niveau étant de beaucoup inférieur à celui du cimetière, ces dalles sont constamment humides et il s'en dégage une odeur nauséabonde ; comme la clef de voûte n'est élevée au-dessus du sol que de 6 mètres, et les croisées étant toutes fixes, le volume d'air est insuffisant et ne peut être renouvelé.

    Il en est de même pour la sacristie qui, ne mesurant que 6 mètres carrés comme espace libre, est couverte par un plafond très bas ; son plancher pourri est posé à plus d'un mètre au-dessous du sol du cimetière.

    Les ardoises de la toiture sont en très mauvais état et ne peuvent plus tenir sur une charpente affaissée et un voligeage pourri, ce qui donne à l'ensemble de la couverture des ondulations qui sont peu faites pour rassurer le public. La pluie en pénétrant dans les combles les a détériorés et la voûte intérieure, en bois, tombe par morceaux, ainsi que les poutres placées comme tirants.

    L'entrée d'une petite tribune, placée au bas de la nef, est interdite, tant sa fréquentation serait dangereuse.

    Les planchers de la tour sont également en très mauvais état et les poutres les supportant, ainsi que celles sur lesquelles repose la cloche, sont minées par les vers.

    Les portes sont vermoulues et fendues, aucune ne ferme ; l'église et la sacristie sont ouvertes jour et nuit à tout venant, et plusieurs vols ont déjà été commis.

    Appelé par la commune et la fabrique de Lancieux à l'effet de visiter l'église paroissiale, constater son état et décider s'il y a lieu de la réparer ou de la reconstruire, nous n'hésitons pas à déclarer que ce misérable édifice est irréparable, même à grands frais, et que, du reste, il ne présente aucune partie intéressante digne de conservation.

    Il est beaucoup plus sage, à notre avis, d'abandonner la vieille église (ce qui permettra d'agrandir de toute sa surface le cimetière insuffisant) et de construire un nouveau sanctuaire dans le beau terrain offert à la commune, à cette intention. Ce terrain borde la route de Ploubalay à Lancieux, à l'entrée du bourg, il est dégagé sur tous ses côtés et se trouve à proximité du presbytère ; l'église y serait orientée selon la tradition de l'est à l'ouest.

    L'édifice, dont nous avons l'honneur de présenter les plans et devis, affecte la forme d'une croix latine et possède une nef principale flanquée de collatéraux et d'un transept au-delà duquel nous avons placé la sacristie, sur le flanc droit du choeur. - Nous avons adopté le style dit " de transition " tout en donnant à la tour, le caractère particulier aux clochers bretons.

    La surface réservée aux fidèles mesure environ 300 mètres carrés, ce qui n'est que suffisant ; car il faut considérer que Lancieux est une station balnéaire qui devient de plus en plus fréquentée de telle sorte que, l'été, la population sédentaire augmente actuellement de 300 à 400 étrangers.

    Notre devis estimatif prévoit une dépense totale de 58 735, 19 f pour le bâtiment principal

    Plus pour le beffroi et la flèche 8000, ..

    soit en tout 66 735, 19 f

    Mais le beffroi et la flèche, dont la valeur à forfait s'élève à 8 000 francs, sont ajournés jusqu'à ce que la commune possède les ressources suffisant à leur exécution : 8000, -

    On peut encore remettre à plus tard l'exécution de certains travaux intérieurs estimés au devis : 4323, 90 f

    [soit en tout] 12 323, 90 f

    De manière à ramener la dépense immédiate au chiffre de cinquante-quatre mille quatre cent onze francs, vingt-neuf centimes : 54 411, 29 f

    Le présent rapport a été rédigé par nous, architecte soussigné à Saint-Brieuc, le 22 novembre 1899.

    Le Guerrannic.

  • 20082205238NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/4, Numplan 2.

    20082205424NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor, V 1483.

    20082205425NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor, V 1483.

    20082205548NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor, V 1483.

    20082205237NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 1963.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : V 1483, Église (reconstruction, propriété) : délibérations, plan et correspondance (1899-1905).

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/4, plans cadastraux parcellaires de 1827.

    Numplan 2, section A, 1ère feuille
Bibliographie
  • BIHR, Jean-Pierre. Regards d'Emeraude. Les pays de la côte d'Emeraude de Dinard au Cap Fréhel. Saint-Jacut-de-la-Mer : J.-P. Bihr, 1988.

    p. 197
  • DAGORNE, Marie, TESTARD-GOLHEN, Renée. Regards sur Lancieux. Évocation de son histoire. Saint-Jacut-de-la-Mer : J.-P. Bihr, 1991.

    p. 73-74
  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

    p. 1003

Liens web