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Ancienne maison de retenue, dite du Puits-Rondel, 112 boulevard de la Duchesse-Anne (Rennes)

Dossier IA35026348 inclus dans Ancien faubourg d'Antrain (Rennes) réalisé en 2001

La maison du Puits Rondel, est décrite dans un acte de vente de 1680 comprenant « cour close avec portail et portillon donnant sur le pavé, jardin clos, cabinet en icelui proche le portail ». La cour est occupée sur ses côtés sud et ouest par un autre logis et ses dépendances que mentionne un bail de 1680, une ferme comme l´indique le nom de la parcelle 341, appelée « jardin de la ferme ». Ainsi la maison du Puits-Rondel se rattacherait à l´abondante série rennaise des maisons de retenue, avec cour commune à la maison principale et à sa ferme, habitations et jardins séparés. Cette cour est divisée en deux parties de puis le milieu du 19e siècle, et une deuxième habitation y a été construite vers 1855, en pans de bois avec pignon de briques.

La terrasse qui rachète la pente du sol de l´ancienne cour et conduit vers la pièce d´étage du pavillon est un vestige de l´ancien jardin clos qui surplombait le chemin. Ce jardin a été séparé de la propriété vers 1900, lors du percement de la rue Maupertuis. L´ancien mur sur la rue d´Antrain, construit en schistes pourpres et rythmé par quatre contreforts sert actuellement de soutènement au jardin de la maison du 1 rue Maupertuis. Lors du nouvel alignement de 1855, le rez-de-chaussée du pavillon a été doublé sur la rue par un ajout en pan coupé surmonté d´une terrasse formant belvédère.

Ce pavillon, appelé « cabinet » dans l´acte de 1680, comporte deux pièces superposée : celle du rez-de-chaussée accessible directement depuis la cour, celle de l´étage, surplombant le grand chemin. Le pavillon, ainsi que le rez-de-chaussée du logis principal sont construits en moellons de schistes briovériens. L´étage du logis est en pans de bois. l´enduit projeté qui recouvre l´ensemble ne permet pas de voir la structure du pan de bois mais il est quasiment certain qu´il s´agit d´un type à bois non ordonnancés, destiné à être enduit, semblable au modèle employé dans la maison du 17e siècle dite du Bois de Vincennes au 43 rue Jean-Guéhenno.

Le plan et la distribution d´origine du logis sont demeuré inchangés. La structure initiale probable du rez-de-chaussée est celle d´une salle à droite accostée d´une cuisine, à gauche derrière laquelle au nord se trouve un cellier. Les traces d´accroche d´une cloison déterminant un couloir, visibles dans la poutre immédiatement à droite de la porte doivent correspondre à des travaux de la fin du 18e siècle, contemporains de l´installation de boiseries dans la pièce de gauche. L´escalier dans une tour carrée, à l´arrière de la maison est accessible depuis le fonds de la salle basse, il a été remplacé vers le milieu du 19e par une volée tournante à rampe de fer.

La distribution actuelle de l´étage semble résulter d´une modification, également attribuable à la fin du 18e. Face à l´arrivée de l´escalier, un poteau formant trumeau mouluré, que sa corniche à denticules situe au 17e siècle, contemporain de la construction, séparait à l´origine les deux portes ouvrant sur les pièces de l´étage. A la place de celle de gauche, un sas sans doute crée au 18e siècle distribue, en face une pièce médiane sans feu et à gauche l´autre pièce à cheminée dont le manteau est revêtu d´une boiserie moulurée. Une excroissance du pignon sud, visible sur le plan de 1842, correspond probablement aux anciennes latrines associées à la chambre haute, déplacées et remontées contre la cage d´escalier au milieu du 19e siècle. L´étage de comble enfin a conservé son carrelage d´origine.

La maison du Puits-Rondel est un exemple significatif d´une maison de plaisance rennaise du milieu du 17e siècle qui adopte, avec une forme architecturale et une distribution du logis relativement nouvelles, le principe de la retenue avec partage de la cour entre la maison principale et la ferme et même partage d´une partie des bâtiments, en l´occurrence, la pièce basse du pavillon du jardin.

Parties constituantes non étudiéesbelvédère, usine
Dénominationsmaison
Aire d'étude et cantonRennes ville - Rennes ville
AdresseCommune : Rennes
Adresse : 112 boulevard de la
Duchesse-Anne
Cadastre : 1812 B 496 à 499 ; 1842 K 334 à 341 ; 1980 BC 345

Le lieu tire son nom d´un ancien puits qui se trouvait à cet endroit en bordure de la route d´Antrain, près de l´ancienne barrière d´octroi de la ville. Ce puits est encore figuré sur le cadastre de 1842, au pied du pavillon surplombant le faubourg d´Antrain. Le patronyme Rondel est celui d´une famille possessionnée dans ce secteur du faubourg d´Antrain dès le 15e siècle. Le même nom du Puits Rondel est donné à une autre maison sise de l´autre côté de la rue d´Antrain, à l´angle d´une venelle descendant vers l´Ille. Cette ancienne maison noble qui relevait féodalement de l´abbaye Saint-Melaine et dont le jardin bordait l´ancien cours de l´Ille était également appelée la Poissonnais, allusion au droit de pêche qui lui était assorti. L´historique établi par Paul Banéat est donc en partie faux puisqu´il fusionne en une seule deux maisons distinctes, qui portent le même nom. La comparaison des plans de 1812 et de 1842 appelle quelques remarques. En 1812, le sud de la maison est occupé par un unique jardin, probablement réservé à la ferme, séparé du jardin de la maison principale par une desserte qui part d´une petite cour secondaire contre le pignon sud de la maison et conduit vers les champs sur le plateau. De façon curieuse, le plan représente immédiatement au nord de cette desserte un autre jardin, parcelle longue et étroite, portant le numéro 497, qui semble avoir été prise au détriment du jardin principal de la maison et touche à l´ouest à la salle basse du logis. L´existence d´un jardin, aussi étroit, distinct du jardin principal à de quoi surprendre. Elle est peut être liée à une occupation particulière de la salle basse, réservée alors au logement d´un jardinier ? En tout cas, en 1842, cette disposition a disparu. L'ancien jardin au sud de la ferme est divisé en deux jardins distincts, qualifiés « d´ anciens jardins de la ferme ». Celui qui touche le pignon sud de la maison principale, parcelle no 339, comporte dans son angle nord-est une petite construction récente, appelée « petite maison du jardin », et le jardin de la ferme est reporté à l´est, parcelle no 341. Edifice attesté en 1646 par Paul Banéat, date à laquelle il appartient aux Frangeul, qui deviendra la propriété de parlementaires rennais au 18e siècle. La maison avait "une cour close avec portail et portillon donnant sur le pavé, jardin clos, cabinet en icelui proche le portail, et droit de pêche à l'endroit du jardin ou verger". Deux demandes d'alignement sur le chemin de Beuvre (actuel boulevard de la Duchesse-Anne) sont formulées par le propriétaire, M. Vannier, en 1854 et 1856. La fabrique de tricots Louis est installée, vers 1880, dans le corps de bâtiment en briques construit sur la rue. Les terres sont loties au début du 20e siècle.

Période(s)Principale : 1ère moitié 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Auteur(s)Personnalité : Frangeul commanditaire attribution par source
Personnalité : Vannier commanditaire attribution par source

La maison principale est construite au fond d´une ancienne cour actuellement divisée entre deux propriétés. Il s´agit d´un logis de trois travées à un étage. Malgré l´enduit projeté moderne la différence entre le rez-de-chaussée en maçonnerie et l´étage en pan de bois se devine. L´escalier se trouve à l´arrière du logis dans une tour carrée en pan de bois. Le pavillon à l´angle de la rue d´Antrain et de la rue Maupertuis est construit en moellons de schistes briovériens. Il a été agrandi au rez-de-chaussée au milieu du 19e siècle en schistes pourpres lors du nouvel alignement de rue. Le deuxième logis construit en partie à l´emplacement de l´ancienne métairie au milieu du 19e siècle est en pan de bois enduit avec des pignons en brique.

Mursbois
torchis
brique
enduit
pan de bois
Toitardoise
Étages1 étage carré, 1 étage carré, étage de comble
États conservationsvestiges
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série E ; 4E 23. Min André 24 juin 1680, bail à ferme.

    « [...]Georges Deschamps sieur de la Risnays, marchand de drap de soye à Rennes, y demeurant rue du Puits du Mesnil paroisse de Saint Germain lequel a loué et affermé à honorable personne Jean Berthelot laboureur et Guillemette Briault sa femme ensemble demeurant au lieu du haut de Coesmes paroisse de Toussaint scavoir est le lieu et maison du puits Rondel et la pièce de terre en despendant, à la réserve du cabinet et du jardin et du logis d´ancienne retenue, qui consiste en une salle, chambre et grenier au dessus et la cave (?) qui est sous le cabinet, au surplus desquelles choses que lesdits preneurs ont dit bien savoir et connaître et promis jouir en bon mesnagers [...] ».

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série E ; 4E 23. Min Davy, 16 avril 1787 bail à ferme.

    « l´an mil sept cent quatre vingt sept [...] ont comparu noble mre Henry Marie Pottier sieur de la Germondais avocat au Parlement et dame Renée Rose Piolaine son épouse elle se requérant de son dit mari duement autorisée, ensemble d[emeuran]t près la rue d´Orléans paroisse de Toussaint, lesquels ont pour le temps de neuf ans entiers et consécutifs à compter du jour Saint Michel prochain et finir à pareil jour mil sept cent quatre vingt seize, loué et affermé à André Guérin et Guillemette Piédoye sa f[emm]e elle se requérant dudit Guérin son mari duement autorisée, ensemble d[emeuran]t à la Mettrie paroisse de Saint Laurent présents et acceptant, scavoir est le lieu du Puis Rondel situé dite paroisse de St Laurent sur le nord du grand chemin, consistant en deux embas dont l´un à cheminée et grenier au dessus, une étable, un refuge, un cellier et communité (?) dans la cour de retenue ou les dits preneurs ne mettront point de cochons depuis Pasques jusqu´à la Toussaint, jouiront de plus lesdits preneurs, des jardins champs et prés dont jouissent le nommé [...] et sa femme, se réservant les sieurs et dames bailleurs la maison principale jardin clos de murs et fruits tant en dedans qu´en dehors, l´allée de platanes, une place au bout de l´étable près le portail pour mettre le marnix et enfin tous les arbres et fruits en espalliers tenant aux murs es maisons et jardins, ce que les dits preneurs ont dit bien connaître par avoir vu et examiné le tout n´en requérant ni description ni debornements sachant bien de quoi le tout consiste

    et ont promis d´en jouir en bons mesnagers laboureurs et père de famille sans y rien dégrader détériorer ni mal mettre sous peine de rétablir de tous depans dommages et intérêt, de demeurer ensemble dans la dite maison y faire feu et fumée et de tenir les appartements garnis de tous leurs biens meubles grains et bestiaux, labourer et ensemencer les terres labourables et jardins en nature de jardin selon leur nature et l´usage du canton et la terre et saison convenables et rendront le tout duement clos et hayé, disposeront d´une seule coupe des bois émondables francs en picquant les coupes en due saison de février ou mars en faire de neuf avec sans pouvoir en abattre aucun par pieds grosses branches ni teter, disposeront également des vieux pommiers qu´ils pourront jeter par hasge (?) vents ou vieillesse, mettant et [...] un tout jeune pommier à la place élèveront desserreront les arbres jeunes plants et ballivaux en sorte qu´ils ne soient endommagés par bestiaux charrues ny autrement, ne pourront les preneurs sous affermer le tout ny partie sans le consentement ni tenir cabaret ni vendre en fraude, ni surcharger les greniers sous peine de resiliment de droit. S´obligent les bailleurs de faire faire un pressoir dans l´un et un hangar pour le couvrir dans le jardin dont jouiront les preneurs, que les dits preneurs entretiendront de réparation, lesdits sieur et dame, bailleurs leur fournissant le bois seulement s´obligent aussi les preneurs de laisser à leur porte les pailles et marnix et de ne point mettre de pois à ramer auprès des platanes, au surplus convenu qu´il sera libre aux sieur et dame bailleurs et au dit preneurs de se délier respectivement au bout de trois ans, si les parties ne s´accordent pas. S´avertissant néanmoins six mois avant la Saint Michel sans qu´il soit besoin d´aucun acte de resiliment. Et pour la jouissance des dits biens aux dites conditions les dits fermier et femme se sont jointement et solidairement même obligés sur tous leurs biens présents et futurs. ».

  • 20023515378NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 481. Voirie urbaine. Canton nord-est. Rue d'Antrain (1829-1950) .

Documents figurés
  • [1842]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section K, dite de Saint-Laurent, 2e feuille, dessin, Jouchel du Ranquin, Roger, Viel, Ferré et Simon géomètres, 1842 (A. D. Ille-et-Vilaine).

  • [1812]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section B, dite de Saint-Laurent, 3e feuille, dessin, 1812 (A. D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le Vieux Rennes. Rennes : Plihon et Hommay, [1911].

    p. 45-46
  • LOYER, François (dir.). Rennes, embellir la ville. La mise en valeur d'un quartier résidentiel à la limite du centre ancien : Sévigné, étude réalisée avec le concours du ministère de la Culture et la Ville de Rennes. Paris : L'Art en province, 1987.

    p. 160