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Avenue Victor Hugo, anciennement avenue de la gare

Dossier IA56002992 inclus dans Quartier de la gare réalisé en 2000

Fiche

  • Vue générale de l'avenue prise du nord.
    Vue générale de l'avenue prise du nord.
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • magasin de commerce
    • brasserie
    • immeuble de bureaux
    • garage de réparation automobile
    • hôtel de voyageurs
    • édifice commercial
    • bureau d'octroi
    • hôtel
    • maison
    • immeuble

Œuvres contenues

Cette rue est un percement majeur dans l'urbanisme vannetais au milieu du 19e siècle. C'est une voie principale, traversante, destinée à acheminer les voyageurs de la gare vers le centre ville. Surcharge de 1862 sur les plans d'alignement de 1840, elle est achevée en 1864. Elle porte d´abord le nom d'avenue de la Gare, appellation qui souligne son rôle. Appelée aussi parfois avenue Billault car elle prolonge cette dernière, elle est rebaptisée en 1885 par la municipalité républicaine de l'époque "avenue Victor Hugo". Sa création est lié à un vaste projet de rénovation urbaine mis en oeuvre par le préfet Porriquet, adepte de la pensée hausmanienne : le détournement de la route impériale 167, lié à la ruine du palais épiscopal (sa démolition est en cours avec le transfert de la préfecture sur le site de l'ancien couvent des Jacobins) et à l'arrivée du chemin de fer (1862). En effet, l'étroitesse de la route de Napoléonville (actuellement avenue Saint-Symphorien, puis Wilson) par laquelle se faisait la circulation entre la gare et le centre impose la construction d'un axe plus large et de ce fait la déviation de la route impériale 167 (de Vannes à Lannion) qui passait par cette rue, puis par le quartier Saint-Patern pour pénétrer dans l'intra-muros par l'étroite et tortueuse rue Saint-Nicolas. Le projet est approuvé en 1862. Un pont est construit sous le passage de la nouvelle voie afin de relier la rue de l'Amitié (actuellement rue de la coutume), desservant l'abattoir et le faubourg de la Boucherie, au quartier Saint-Patern où transitait l'essentiel du trafic de la ville. Cette avenue reste pendant longtemps une simple voie de communication dépourvue de toute construction et bordée par des champs et des marécages. Elle est plantée en 1865 de marronniers à partir de la rue du Mené (actuellement place Joseph Le Brix) jusqu'à la place où se trouvait l'octroi. Jusqu'à l'aube du XXe siècle, elle reste peu urbanisée mise à part l'implantation de la Banque de France et de quelques rares immeubles particuliers.

Parties constituantes non étudiées magasin de commerce, brasserie, immeuble de bureaux, garage de réparation automobile, hôtel de voyageurs, édifice commercial, bureau d'octroi, hôtel, maison, immeuble
Dénominations avenue
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : avenue Victor Hugo
Cadastre : 1980 AN non numéroté ; 1980 AO non numéroté ; 1980 BR non numéroté ; domaine public

Cette rue est une voie principale, traversante, destinée à acheminer les voyageurs de la gare vers le centre ville. Dessinée par l'architecte Marius Charier en 1862 en surcharge sur les plans d'alignement de 1841, elle est achevée en 1864. C'est le préfet Poriquet, très inspiré par la pensée Hausmanienne qui fait étudier, dès 1860, ce projet ambitieux. En effet, l'étroitesse des rues de la Fontaine et de Napoléonville (actuellement avenue Saint-Symphorien) par laquelle se faisait la circulation entre la gare et le centre intra-muros (à travers le faubourg Saint-Patern et l'étroite rue Saint-Nicolas) impose la construction d'un axe plus large et de ce fait la déviation de la route impériale 167 (de Vannes à Lannion) qui passait par ces rues. La démolition de l'ancienne préfecture installée dans le château de Motte au même moment était une opportunité. Il suffisait de dévier la route 167 pour créer un axe rectiligne reliant la gare à la nouvelle rue ouverte sur les jardins de l'ancienne préfecture. Le projet est approuvé en 1862. Un pont fut construit sous le passage de la nouvelle voie afin de relier la rue de l'Amitié (actuellement la rue de la Coutume) desservant l'abattoir et le bas-quartier de la boucherie au quartier Saint-Patern où transitait l'essentiel du trafic de la ville. La nouvelle avenue reste pendant longtemps une simple voie de communication dépourvue de toute construction et bordée par des champs et des marécages. Elle est plantée en 1865 de marronniers à partir de la rue du Mené (actuellement place Joseph Le Brix) jusqu'à la place où se trouve l'octroi. Jusqu'à l'aube du XXe siècle, elle reste peu urbanisée mise à part l'implantation de la Banque de France et de quelques rares immeubles particuliers. Initialement dénommée avenue de la Gare ou parfois avenue Billault car prolongeant cette dernière, elle est rebaptisée par un décret de 1885 par la municipalité républicaine de l'époque 'avenue Victor Hugo'.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1862, daté par source
Auteur(s) Auteur : Charier Marius, architecte, attribution par source

Large avenue rectiligne, reliant le quartier de la gare à la rue du Mené, en traversant une partie du quartier de la gare, la prairie Saint-Symphorien et l'ancien faubourg du Mené. Une partie de son tracé dans la partie basse de la prairie, est construit en remblais. Un pont permet d'enjamber la rue de la Coutume.

Six immeubles et 16 maisons ont été repérées sur l´avenue dont les périodes de construction s´étalent des années 1885 (Banque de France) aux années 1930 (n°50, 64), la grosse majorité des constructions se faisant cependant au début du siècle. Le parcellaire est de dimensions variables selon que l´édifice possède ou non un espace libre postérieur. Un seul hôtel particulier est établi en retrait de la rue, celui d´Achille Martine, qui possédait outre la cour antérieure, un parc postérieur donnant sur la rue Madame Lagarde sur lequel il édifia par la suite une maison. Deux autres maisons sont construites en coeur d´îlot : si la première (n°59) est sans doute à mettre en lien avec l´édifice sur rue qui l´accompagne, la position de la seconde (n°49) n´a pas pour l´instant d´explication. On notera également la position perpendiculaire à la rue avec jardin antérieur du n°45, lié à sa parcelle d´angle A l´exception du n°33, à étage de comble, les immeubles sont tous dotés de deux ou trois étages carrés. Nombre de maisons et d´immeubles apparaissent aujourd´hui avec une mise en oeuvre en moellon, mais tous étaient enduits et ont été désenduits suivant la mode des années 1970. Pour les maisons, le type ternaire, avec onze cas, prédomine dans les élévations ; soulignons la maison n° 49 en coeur d´ilôt doté de pavillons latéraux carré. Cette composition généralement liée à un édifice important produit ici un effet limité, les ouvertures étant en brique, les dimensions de l´édifice modestes. On note également une maison à plan en L bâtie dans les années 1930 : l´angle sur rue s´agrémente d´un balcon d´angle couvert en hors-oeuvre.

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • ANNEXE 1

    AM Vannes. 1 D 12. 1er octobre 1860. Délibérations du conseil municipal.

    LETTRE DU PREFET PORIQUET

    A monsieur le maire de Vannes

    Vannes le 22 septembre 1860

    Monsieur le maire, les projets que j´ai eu l´honneur de soumettre au conseil général pour la reconstruction de l´hôtel et des bureaux de la préfecture ont été conçus dans la prévision de l´exécution d´un plan d´amélioration de la viabilité de la ville de Vannes. Le Conseil général a consenti à ma demande, à m´autoriser à concéder à la ville le terrain nécessaire à l´exécution de deux rues faisant communiquer d´un côté la route impériale n° 163, à travers les terrains de la vieille gendarmerie et du jardin Claret avec la rue des douves de la Garenne, et de l´autre côté la même route n°165 avec la rue de la Préfecture par une ouverture pratiquée à travers les terrains de la Préfecture partant au-dessus du grand séminaire pour aboutir à la grille actuelle de la Préfecture.

    L´utilité de ces rues ne saurait être contestée. La route n°165 à sa jonction avec la route n°167 près de l´église St Patern, présente des dangers qui n´ont échappé à personne. La rue projetée à travers le jardin Claret formant le prolongement à peu près en ligne droite des routes de Nantes et de Rennes donnerait à la circulation considérable de ces routes une entrée facile qu´elle ait pour destination le port le centre de la ville ou la place Napoléon.

    La rue à percer à travers les terrains de la préfecture actuelle serait encore d´une plus grande utilité.

    L´arrivée à Vannes du chemin de fer va changer toutes les conditions économiques de la ville, les sources du mouvement et de l´activité, qui aujourd´hui pénètrent dans Vannes par les routes nombreuses qui s´ouvrent sur tous les points de sa circonférence vont être déplacés. Elles se trouveront toutes concentrées à la gare du chemin de fer. Pour que la ville puisse en profiter ; il faut leur offrir une issue facile qui les conduise naturellement au centre de la ville. Je me suis vivement préoccupé de cette grave question, et j´ai demandé avec instance à Mr le Ministre de l´Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics, une rectification de la route impériale n°167 qui, partant de la gare du chemin de fer viendrait en droite ligne aboutir dans le Mené, au-dessus du grand séminaire. Déjà les avants projets de cette rectification sont depuis plusieurs mois entre les mains de son excellence. Cette route conduira, il est vrai, jusqu´au Mené les voyageurs débarqués à la gare, mais si vous ne modifiez pas la viabilité de votre ville, ils glisseront ensuite à gauche et à droite laissant le centre de la ville sans mouvement et sans vie, et le mot si juste de l´honorable auteur de la brochure : l´avenir de Vannes, Vannes s´en va sera éternellement vrai. Ce mouvement et cette vie qui viendront effleurer nos vieilles murailles, il faut leur donner une issue jusqu´au coeur de la ville. Il faut percer sans pitié ces vieilles murailles, malgré les services qu´aux temps barbares elles ont rendu à l´antique cité des vénêtes pour qu´elles livrent passage à cette route qui de la gare viendra traverser la rue du Mené pour le continuer par ci-contre de votre ville jusqu´au port. C´est l´avenir de Vannes. Si vous ne rajeunissez pas votre ville, elle périra, une cité nouvelle se créera autour de cette gare où l´on trouvera sur la route n°167 l´air et la lumière et les communications entre la gare et le port l´établiront par les douves de la Garenne, délaissant complètement l´intérieur de la ville.

    J´ai hâte de me résumer : J´ai fait tout ce qui dépendait de moi pour faciliter à la ville de transformation. Je suis autorisé à lui céder, pour l´ouverture des rues nouvelles, les terrains dont le département est propriétaire, les seuls qui soient indispensables. Je vous prie de demander au conseil municipal d´accepter cette cession et de s´engager à exécuter à ses frais les deux rues dont il vient d´être question, dans les conditions des études que j´ai fait faire pour leur établissement et que j´ai l´honneur de vous transmettre. Je serais toutefois disposé à admettre la substitution du macadam au pavage, si vous le désirez, ce qui donnerait une économie notable sans préjudice pour les piétons, à raison des trottoirs prévus. Ces études donnent à la première de ces rues une largeur de 15 mètres et à la seconde une largeur de onze mètres. Les pentes de ces rues varieraient entre un maximum de 38 millimètres par mètre et un minimum de 23 millimètres. Ce sont des pentes très acceptables dans une ville située sur un terrain aussi accidenté que celui sur lequel nous nous trouvons. La première de ces rues devrait être exécuté dans le courant de l´année 1861, et la seconde vers 1864. Les dépenses qu´elles exigeraient ne seraient pas énormes et seraient en partie compensées par le bénéfice que l´octroi retirerait de l´activité imprimée aux travaux publics et privés. Réparties entre les années 1861 et 1864, elles ne pèseraient que fort peu sur chaque exercice.

    J´ai la conviction que le Conseil municipal n´hésitera pas à accepter un projet aussi favorable et que, sans se préoccuper des réclamations de quelques intérêts privés, il sera fier d´attacher son nom à une oeuvre de régénération de la ville que rendra populaire le bien être que donnera à la population la masse considérable de travaux qui s´exécuteront dans la commune de Vannes.

    Je vous ai déjà prié de remarquer que la rue projetée à travers les terrains de la Préfecture actuelle avait été étudiée avec une largeur de onze mètres. Il me paraîtrait nécessaire de donner cette largeur à la rue qui en serait la continuation et qui en passant devant la cathédrale irait aboutir à la place des Lices et la rue Saint-Vincent pour arriver au port. Cette opération pourrait se faire au moyen d´une simple révision du plan de la ville et les travaux s´éxécuter par portion et successivement selon les ressources budgétaires.

    Je vous autorise, monsieur le maire, à réunir extraordinairement votre conseil pour lui soumettre ces questions et vous prie de vouloir bien faire statuer sur cette affaire le plus tôt possible, afin que je puisse m´occuper d´urgence de l´exécution des projets que j´ai conçus dans l´intérêt de la ville de Vannes.

  • 20075601231NUCA : Archives départementales du Morbihan, 149 J 352.

    19975601232XA : Archives municipales de Vannes

    20055600653NUCA : Archives municipales de Vannes, 17 Fi.

    19975601222X : Archives municipales de Vannes

    20055600591NUCA : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    20015604400NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    19985600209XA : Archives municipales de Vannes, 17 Fi.

    20035603688NUCB : Archives départementales du Morbihan, S 1552.

    20035603689NUCB : Archives départementales du Morbihan, S 1552.

    19985600193XA : Archives municipales de Vannes

    20055600651NUCA : Archives municipales de Vannes, 9 Fi.

    19985600199XA : Archives municipales de Vannes, 9Fi.

    20065603470NUCB : Archives municipales de Vannes, 1O216.

    20055600661NUCA : Archives municipales de Vannes, 9 Fi.

    20035603347NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20035604100NUCA : Archives départementales du Morbihan, 5M 232.

    20035603349NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20035603351NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20035603352NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20035603348NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20035603350NUCB : Archives municipales de Vannes, 7 Fi.

    20075605259NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 262/485.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan. S 449. 1860. Rapport de la commission d'enquête sur le détournement de la route n° 167.

    Archives départementales du Morbihan : S 449
  • A. D. Morbihan. Série 3 O 2180. 4 février 1879, 22 juin 1885, 26 mai 1897, 20 décembre 1895 : décret approuvant de nouveaux noms de rues.

    Archives départementales du Morbihan : 3 O 2180
Documents figurés
  • A. D. Morbihan. S 449. 25 février 1861. Plan de la future route 167, coupant la cour du séminaire jusqu'à la rue du Mené.

  • A. D. Morbihan. Série S. S 1552. 1er septembre 1864. Plan du carrefour de la gare.

  • A. D. Morbihan. S 1552. 21 juin 1866. Plan du carrefour de la gare.

    Archives départementales du Morbihan : S 1552
  • A. D. Morbihan. 3 Fi 262. Album Thomas-Lacroix.

    Archives départementales du Morbihan : 3 FI 262
Bibliographie
  • DECKER, Francis. Vannes à la Belle-Epoque, souvenirs de mon enfance. Archives municipales de Vannes, 1997.

    p. 9
  • LE FEVRE Christophe. Vannes et le chemin de fer 1853-1914. Mémoire d'histoire. Université catholique de l'Ouest. 1998.

    p. 90
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p.70