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Bassin à flot (Binic fusionnée en Binic-Etables-sur-Mer en 2016)

Dossier IA22007878 inclus dans Port de Binic (Binic fusionnée en Binic-Etables-sur-Mer en 2016) réalisé en 2007

Fiche

Parties constituantes non étudiéesbarrage
Dénominationsbassin à flot
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
AdresseCommune : Binic-Etables-sur-Mer
Précisionscommune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Binic

En 1864, l'ingénieur des Ponts et Chaussées considère comme non justifiée la création d'un bassin à flot dans le port de Binic, argumente du manque de commerce à Binic, qui sert de port d'armement pour Terre-Neuve, et n'a donc pas d'impact direct sur l'économie locale (en l'absence de commercialisation sur place de la morue). En 1872, de nouvelles avaries au môle de Penthièvre donnent prétexte cette même année au conseil municipal pour demander la création d'un bassin propre à recevoir à flot les navires dans ce le dénommé "Port de Penthièvre" ou "Port Neuf", qui offre à l'époque, 860 mètres d'ouvrages dont sur 700 mètres de quais, 360 mètres dévolus au cabotage. En 1893, un an après la visite du ministre des Travaux publics, une conférence mixte projète la transformation de l'ancien port de Binic en bassin à flot. Les travaux préparatoires envisagent : - la fermeture de la passerelle de l'avant-port et l'ouverture d'un pertuis à l'emplacement de la future écluse - le prolongement de la jetée estacade, qui protége le vieux port, du côté du large suivant une ligne droite (NRS sur le plan), à 100 m de distance du môle du Penthièvre - le creusement de l'avant-port à la cote 6 m, sur près de 265 m et à la cote 7 m au-delà, sur 90 m de long, afin que 45 navires puissent y trouver place. Le projet est accepté par les membres de la conférence : à savoir le chef du Génie (pas d'inconvénient pour la défense du territoire), avec un avis favorable de l'ingénieur des travaux hydrauliques Wilotte (le jeu naturel des eaux restant libre ainsi que l'accès au dépôt des engrais marins) et de l'ingénieur des ports Guillemoto. Les travaux sont pris en charge par la Chambre de Commerce de Saint-Brieuc sous réserve de pouvoir prélever une taxe sur les navires de passage. Mais il faudra encore trente ans avant que le bassin soit opérationnel. L'année 1920 marque le déclin final de la grande pêche et dix ans plus tard, la ville n'envisage plus son développement par le commerce maritime mais par le développement touristique. L'ingénieur Hélary étudie la nouvelle demande de la municipalité, soutenue par son maire Joseph Cabille (l'assainissement de la station). Quoique le trafic du port soit nul à cette époque (un seul bateau de commerce pour le bois en 1931), la mise en eau permanente du vieux port permettrait de pallier aux odeurs nauséabondes du port envasé et de développer l'industrie touristique grâce à l'assainissement de la station. L'ouvrage est mis en service en 1933. Cependant, le barrage initial doit être par la suite amélioré. L'actuel bassin intérieur à flot est inauguré en 1966. Au cours des années 1998-2001, la restructuration des espaces portuaires a permis d'augmenter les capacités d'accueil de 500 navires sur neuf pontons amarrés à des pieux, soit un total de 700 bateaux.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Dates1966, daté par source

Le bassin à flot est doté d'une porte permettant aux navires de se tenir à flot et d'une passerelle métallique en amont et en aval pour passer d'une rive à l'autre. Le bassin a su conserver ses quais traditionnels parallèles où vont s'arrimer sur pieux des pontons flottants, équipés de passerelles mobiles. Les deux cales du bassin ont été cimentées. Les échelles en pierre ont été conservées au niveau des quais Jean Bart et de Courcy.

États conservationsremanié
Techniquesmaçonnerie
Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • Argumentaire pour la réalisation d'un bassin à flot dans l'arrière port de Binic en 1892

    "Les goélettes pour la pêche à Islande, plus fines que les navires Terre-Neuvas, qu'elles ont récemment remplacés, supportent mal l'échouage et le ressac dans l'arrière port de Binic, produit par la houle hivernale d'ouest. Le reflux des lames du nord-est et du sud-est qui viennent battre la partie sud de l'anse entre l'estacade et la pointe de Pordic, pénètre également dans l'arrière port et y occasionne de l'agitation. L'avant-port s'est aussi ensablé avec l'achèvement de la construction du môle Penthièvre" : rapport de l'ingénieur Camus en 1856. Cet état de choses avait suscité des plaintes dès l'origine démontrant la nécessité de prolonger l'estacade pour fermer complètement l'arrière-port et empêcher son ensablement par les vents de sud-est. Mais vu l'élévation de la dépense à laquelle ces travaux auraient conduit, la question n'a jamais reçu de solution. Le projet fut remis à l'étude sur l'ordre du Ministre des travaux publics, en visite à Binic en 1892, avec l'aide de la Chambre de Commerce de Saint-Brieuc et sur la demande du conseil municipal Binic. Les travaux préparatoires furent effectués en 1896, mais ils en restèrent à ce premier stade durant plusieurs décennies.

    Description du bassin à flot en projet en 1892

    Le bassin à flot pourrait être dans un premier temps qu'une simple remise pour les bateaux de pêche et n'ouvrir qu'aux périodes de vives eaux. La tête aval de l'écluse serait exécutée en premier avec une simple paire de portes. Un chenal serait creusé dans l'avant-port pour accéder à l'écluse pour une ouverture de 10 m (les bateaux islandais ont une largeur maximum de 7, 50 m au maître bau). Le rocher naturel formerait le radier de l'écluse avec la réalisation du massif d'appui des buses. Des aqueducs de chasse en plein cintre seraient aménagés dans chacun des bajoyers. Le mur de tête de gauche de l'écluse se raccorderait avec la voie conduisant au môle de Penthièvre, au moyen d'un terre-plein formé de remblais provenant des démolitions de la vieille jetée et protégé du côté de la mer par un mur en maçonnerie.

    La passe actuelle de l'arrière-port serait fermée par un prolongement de l'estacade (protégée par un mur vertical à pierres sèches). Les murs de quai auraient 2, 20 m d'épaisseur à la cote 12 m des plus hautes mers d'équinoxe, un fruit extérieur de 1/5 et un talus vertical vers l'intérieur, avec un parapet de 0, 80 m de hauteur.

    La digue de fermeture de l'arrière port aurait 9 m environ de longueur depuis le musoir de l'estacade jusqu'à la rencontre de la vieille jetée et une largeur en couronne de 20 m comme l'ancienne estacade. Cette digue serait conduite de manière à laisser une passe de 100 m entre son musoir et celui de la jetée du Penthièvre ; elle aurait une largeur de 6 m en couronne et une longueur totale de 178, 50 m et elle serait formée d'un remblai protégé par 2 perrés inclinés à 45° et maçonnés avec mortier. Du côté du large, le perré serait surmonté d'un parapet maçonné. Les perrés de revêtement seraient reliés par 3 traverses équidistantes, des fruits de 1/5 et composés d'un massif à pierre sèche recouvert de murs en maçonnerie avec mortier de 0, 50 m d'épaisseur. Cette digue ainsi construite pourrait résister contre les vents de sud-est.

    Le déversoir accolé à l'écluse aurait une largeur de 15 m et une longueur de 20 m. Les portes elles mêmes fonctionneraient comme déversoir.

    L'arrière-port serait curé à la cote 6 m sur une longueur totale de 530 m de quais donnant 15 places aux navires de pêche, d'une longueur habituelle de 35 m, et permettant ainsi à 45 navires de faire leurs armements en se mettant en triple rangée.

    L'étanchéité du bassin serait réalisée en démolissant les parements de l'estacade et de la vieille jetée sur 0, 80 m d'épaisseur et en les reconstruisant avec du mortier de ciment.

    1/3 de la dépense serait assuré par les usagers locaux (commune, Chambre de Commerce, armateurs, etc.).

    La réalisation du bassin de plaisance et les nouveaux aménagements du port

    Le conseil municipal devait renouveler sa demande de barrage en 1931, mais l'approche de la guerre repoussa encore de3 décennies ces aménagements. Il fallut attendre l'année 1966, pour que le bassin à flot soit enfin réalisé, par la mise en place d'une écluse et l'aménagement du port de plaisance.

    Des postes d'amarrage furent réalisés par la suite en 1970, avec l'installation entre 1973 et 1986 de pontons d'embarquement. Les équipements se poursuivirent avec la construction d'un club house en 1968, d'une cale et d'un parking pour dériveurs entre 1971 et 1975, pour pouvoir accueillir 450 unités de plaisance dans la dernière décennie du 20ème siècle.

    Parmi les autres réalisations effectuées au port de Binic : un nouveau quai de déchargement pour la pêche en 1975-1980, qui s'était fortement développée avec la coquille Saint-Jacques et la construction d'une criée en 1986. Ces équipements de pêche sont aujourd'hui caduques, comme suite à la construction du nouveau port de Saint-Quay-Portrieux avec une nouvelle criée automatisée.

  • 20072205993NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 91.

    20072206058NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 26 Fi.

    20072206057NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 26 Fi.

    20072206300NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206354NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

    20072206272NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fi, Fonds Joël.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S Suppl. 94. Travaux de sondage et suppression d'une cale, 1890-1894.

  • AD Côtes d'Armor. Série S Suppl. 90.Travaux d'amélioration du port (1894-99). Création d'un bassin à flot (1913-14).

  • AD Côtes d'Armor. Série S Suppl. 88. Construction par la ville d'un barrage dans le port, 1931.