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Bateau de charge, puis bateau de plaisance dit "Ar Jentilez"

Dossier IM22005379 réalisé en 2006

Fiche

Dénominationsbateau de charge, bateau de plaisance
AppellationsAR GENTILEZ
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
AdresseCommune : Perros-Guirec
Lieu-dit : Ploumanac'h

Sur la côte du Trégor, de 1850 à 1930, l'exploitation du maêrl et du goémon a donné naissance au flambart, un voilier de travail spécialisé, avec une carène large et trapue, gréé avec deux mâts et un long bout-dehors pour le foc. Ce type de gréement a disparu dans les années 1930, remplacé par le gréement de sloop (un seul mât, voile aurique ou misaine) et un moteur auxiliaire. Une association, créée à cet effet à Ploumanac'h, a fait reconstruire ce bateau en 1992 (avec des fonds de la mairie qui en est le propriétaire) au chantier naval Yvon Clochet de Beg Mélen (Plouguiel), sur un plan un peu différent, dessiné par François Vivier : une coque plus longue, alors que les bateaux goémoniers avaient généralement des tailles inférieures à 9 mètres. Ce navire navigue aujourd'hui en plaisance avec les adhérents de l'association, sous la co-présidence de Jean-Paul Le Gaouyat et de Claude Hauteneuve.

Période(s)Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1992
Stade de créationcopie interprétée
Auteur(s)Auteur : Clochet Yvon constructeur)

Le bateau "Ar Jentilez" est une construction à franc bord, construit entièrement en chêne avec un fort échantillonnage. La coque est non pontée. La quille longue, à rablure droit a un tirant d'eau assez conséquent de 160 cm. Le pont dispose de deux bancs de nage pour les grands avirons ou "karennou". Le bateau est motorisé (80 cv). Le gréement de flambart est composé d'un mât de misaine à bordure libre, contre le tillac avant et d'un mât de taillevent, s'appuyant contre le banc central, supportant un taillevent bômé, dont le gui dépasse d'environ 2 mètres le tableau droit. Le bout-dehors à l'avant, où est amuré le foc, est un espar long de de 4 mètres, gréé avec une sous-barbe. Surface de voilure : grande voile : 34, 70 m2, misaine : 28, 30 m2, grand foc : 15, 40 m2, foc de route : 10, 50 m2, tourmentin : 5, 50 m2.

Catégoriespatrimoine maritime
Structuresnon ponté
Matériauxbois
Précision dimensions

l = 884 ; la = 348. Tirant d'eau : 160 cm ; creux sur rablure : 196 cm.

États conservations
Précision état de conservation

En état de naviguer.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler

Annexes

  • Les flambarts du Trégor

    Les flambarts goémoniers du Trégor, en particulier de Perros-guirec, Ploumanac'h, représentent un type particulier de bateau de charge, aux formes volumineuses et au franc bord généreux. Ces bateaux étaient desservis par des attelages au port, qui venaient prendre livraison des engrais de mer. Ils recevaient des noms souvent évocateurs en langue bretonne de leurs formes : "kovek" (ventru), "botto ar coat" (sabot).

    En période hivernale d'octobre à mars, ces bateaux pratiquaient la récolte du "teil denvend" (goémon noir flotteur), autour de l'archipel des Sept-Îles, et à la belle saison d'avril à septembre, ils allaient draguer le sable et le maërl sur les bancs littoraux entre l'archipel et Trélévern, en alternance avec la pêche côtière.

    Certains équipages pouvaient aussi travailler leur lopin de terre ou louer leur services comme ouvrier saisonnier, par exemple aux carrières.

    La référence retenue pour la construction du flambart "Ar Gentiles" fut le bateau "Espérance", jaugeant 8, 24 tonneaux, réalisé en 1906 au chantier Bernard de Plougrescant pour le patron Vincent-Marie Le Grossec. Le gréement de lougre ou flambart a une surface de voilure totale de 78 m2. Les voiles étaient cachoutées . Les coques très frégatées de ces navires étaient construites en chêne pour les membrures, en sapin pour les bordés et en orme pour la quille. Un banc central, un second banc plus en arrière, muni d'une cloison, isolait l'équipage de la cargaison. La coque était vaigrée et laissait circuler l'eau par les anguillets jusqu'à 'étambot, où une trappe au niveau du poste arrière, permettait d'évacuer l'eau, d'autant que la navire naviguait souvent au ras de la lisse, chargé de goémon.

    L'équipage utilisait fourches, faucilles et civières pour la coupe et le transport de goémon, drague à poche, de forme triangulaire ou en demi cercle (en fer), pour remonter une charge de 100 kg de sable. Les civières permettaient d'embarquer en 36 charretées 4 à 5 tonnes de goémon en une marée.