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Bateau de pêche, puis de plaisance dit le Grand Léjon

Dossier IM22005875 réalisé en 2008

Fiche

Dénominationsbateau de pêche, bateau de plaisance
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
AdresseCommune : Plérin-sur-Mer
Lieu-dit : le Légué

Le bateau le "Grand Léjon" est une réplique du lougre la "Jeanne d'Arc" construit en 1896 (SB658) au chantier le Marchand (1849-1937) de La Landriais (Rance) pour le compte de Ludovic Prudhomme. Il représente par son histoire la plus importante unité de pêche côtière du Légué (chalut à perche et drague des sables). Le rôle d'équipage du 14 septembre 1897, fait apparaître que ce lougre subvenait aux besoins de six familles du petit havre de Sous-la-Tour. Il était armé à la pêche fraîche avec un patron Le Faucheur et un équipage de 6 marins.

En juin 1988, la découverte des plans originaux de la "Jeanne d'Arc" (SB 658), conservés par l'historien maritime Jean Le Bot, entraîne la création d'une association déclarée au Journal Officie, l'Association pour le Grand Léjon.

Cette association fait construire le bateau entre 1988 et 1992 par le chantier Yvon Clochet de la Roche-Jaune (Plouguiel). Le "Grand Léjon" est mis à l'eau le 02 mai 1992 sur une cale du vieux port de pêche de Cesson. Elle obtient pour ce projet des subventions publiques et reçoit en 1992 le 1er prix du concours 'Bateaux des Côtes de France' à Douarnenez. Le 25 octobre 2007, le 'Grand Léjon' est reconnu par la Fondation du patrimoine maritime comme 'bateau d'intérêt patrimonial'.

"Le Grand Léjon" navigue en baie de Saint-Brieuc.

Période(s)Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1992
Auteur(s)Auteur : Clochet Yvon
Yvon Clochet

Chantier qui a réalisé le Grand Léjon


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charpentier

Afin de réaliser une réplique d'un lougre du Légué, l'Association pour le 'Grand Léjon' eut pour premier travail l'étude des documents techniques, dont le plan de forme et le plan de voilure, dessinés par Jean Le Bot. Il en ressortit l'image d'un bateau aux lignes d'entrée d'eau assez fines, bien défendu de l'avant et très haut sur l'eau. Un bouchain important, caractéristique de ce fort bateau d'échouage, et la petite voûte se terminant par un tableau, le rendent très typé. La coque a été entièrement construite en chêne. Cependant, la charpente du navire, de forte section, a peut-être alourdi ses formes. Les mâts sont en mélèze et les voiles ont été confectionnées dans un tissu synthétique, rappelant le coton par le voilier anglais Jimmy Lawrence. Par souci d'authenticité, le plan de voilure retrouvé fut modifié ; les nombreux documents photographiques du début du siècle attestant d el'absence de hunier sur le mât de misaine. Une grand-voile, surmontée d'un hunier, une misaine et un jeu de focs établi sur un long bout dehors, composent les 135 m² de toile. Cette voilure se manœuvre par un gréement très fonctionnel et s'apparente fortement à celui des bisquines, très présentes en Baie de Saint-Brieuc, et non au véritable gréement de lougre ; la présence de bastaques, le système d'amurage à l'étrave pour la misaine et au pied du mât pour la grand-voile en témoignent. Le voilier mesure en longueur hors tout, 13 m 40 pour un maître bau de 4 m 10 et un tirant d'eau de 2 m 25. La coque a été motorisée dès l'origine. Elle est équipée depuis 2004 avec un moteur IVECO, 90 CV.

Catégoriescharpente, patrimoine maritime
Structuresentièrement ponté
Matériauxbois
Précision dimensions

l = 1340 ; la = 410

États conservationsbon état (?)
Précision état de conservation

En état de naviguer.

Statut de la propriétépropriété d'une association
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Précisions sur la protection

Labellisé en 2007, renouvelé en 2015.

Annexes

  • Les lougres du havre du Légué

    Dès 1876, une quarantaine de bateaux attachés au port du Légué utilisent les bancs de sable et de galets de 'Sous-la-Tour' comme lieu d'échouage et se retrouvent ainsi plus près de la haute mer. Cette petite flottille se compose essentiellement de forts bateaux d'échouage gréés de deux mâts. L'administration les classera sous l'appellation 'Lougre' sans que l'on puisse y retrouver véritablement le gréement typique, à savoir l'existence d'un grand étai et l'amurage de la grand voile en abord.

    Dans cette flottille, deux types de constructions se distinguent : les plus petites, dont l'usage se limite à la pêche fraîche au chalut, sont à tableaux droits, bien souvent surmontés d'un banc de quart. Les bateaux de plus forts tonnages ont un arrière à petite voûte terminé par un tableau ; leur franc-bord important peut s'expliquer par l'activité sablière développée dans la région.

    Ces 'lougres', qu'aucune dénomination locale ne permet de différencier, adopteront un gréement simplifié proche de celui des bisquines. Afin de faciliter les manoeuvres, les vergues s'établiront de part et d'autre des mâts supprimant ainsi l'obligation de gambier au virement de bord.

    Le plan de voilure se compose donc d'un foc envoyé au moyen d'un rocambeau, sur un très long bout-dehors (non haubané) maintenu à l'étrave par une ferrure à rouleau facilitant son déplacement. La drisse du foc est composée d'un petit palan frappé en tête de mât de misaine, le retour se faisant sur un fileux du pavois. Le mât de misaine, très court, ne peut recevoir de hunier : c'est une particularité locale. La misaine s'établit à tribord du mât et la grand voile à bâbord, permettant ainsi de présenter toujours une voile en position favorable. Parfois, pour les régates, un mât de tapecul était ajouté, ce qui donnait à l'ensemble de la voilure une inclinaison en éventail, la quête importante du grand mât facilitant le passage de la misaine d'un bord sur l'autre sans accrocher.

    La drague très simple se compose d'un sac de toile dont l'ouverture est garnie d'une armature en fer. A celle-ci est fixé un cordage

    qui fait retour à bord par une potence en bois, toujours placée à tribord.

    Malheureusement, très tôt, les lougres du Légué vont disparaître du paysage de 'Sous-la-Tour'. Au lendemain de la première guerre mondiale, plus aucun bateau n'adoptera ce gréement, seule la voile aurique (gréement de sloop) aura la faveur des patrons pêcheurs.

  • Histoire des lougres de la baie de Saint-Brieuc

    Philippe Saudreau avec le concours de Brigitte et Pierre.

    L'histoire maritime du port du Légué, peu connue malgré sa grande richesse, ne peut se résumer à un seul article, tout bien documenté qu'il soit. Sans présumer d'une décision de notre comité de rédaction, il est évident qu'un numéro spécial de l'Echo du Bosco pourrait faire l'objet d'une étude approfondie sur ce sujet. Mon propos se bornera donc à rappeler l'origine du projet accompagnée d'une rapide description de ce type de bateau.

    A une époque où la mode du 'vieux gréement' ne faisait pas recette, quelques passionnés prennent conscience de la nécessité de préserver le patrimoine maritime sous toutes ses formes. Ils réussissent par leur travail, à sauver de l'oubli une part importante de cette mémoire collective. Certains s'emploient à rassembler les documents d'archives et l'iconographie relative à un port, recueillent les témoignages des derniers marins ayant pratiqué la pêche à la voile. D'autres s'investissent dans la rénovation de quelques 'vieilles coques', ultimes vestiges de l'intense activité qui régnait le long de nos côtes.

    Un de ces précurseurs, Jean Le Bot, permettra au grand public de découvrir l'immense diversité de cette culture maritime. La parution en 1976 de son ouvrage intitulé 'Les bateaux des côtes de la Bretagne nord, aux derniers jours de la voile' sera pour beaucoup le point de départ d'une réelle passion.

    Ce livre, en consacrant un chapitre sur le port du Légué, ne pouvait que susciter la curiosité et le rêve. On y fait référence à un type de bateaux spécifiques appelés lougres dont voici un bref rappel historique.

    Dès 1876, une quarantaine de bateaux attachés au port du Légué utilisent le banc de sable de 'Sous-la-Tour' comme lieu d'échouage et se retrouvent ainsi plus près de la haute mer. Cette petite flottille se compose essentiellement de forts bateaux d'échouage gréés de deux mâts. L'administration les classera sous l'appellation 'lougre' sans que l'on puisse y retrouver véritablement le gréement typique, à savoir l'existence d'un grand étai et l'amurage de la grand voile en abord.

    Dans cette flottille, deux types de constructions se distinguent : les plus petites, dont l'usage se limite à la pêche fraîche au chalut, sont à tableaux droits, bien souvent surmontés d'un banc de quart. Les bateaux de plus forts tonnages ont un arrière à petite voûte terminé par un tableau ; leur franc-bord important peut s'expliquer par l'activité sablière développée dans la région.

    Ces 'lougres', qu'aucune dénomination locale ne permet de différencier, adopteront un gréement simplifié proche de celui des Bisquines. Afin de faciliter les manoeuvres, les vergues s'établiront de part et d'autre des mâts supprimant ainsi l'obligation de gambeyer au virement de bord.

    Le plan de voilure se compose donc d'un foc envoyé au moyen d'un rocambeau, sur un très long bout-dehors (non haubané) maintenu à l'étrave par une ferrure à rouleau facilitant son déplacement. La drisse du foc est composée d'un petit palan frappé en tête de mât de misaine, le retour se faisant sur un filoir du pavois. Le mât de misaine, très court, ne peut recevoir de hunier : c'est une particularité locale. La misaine s'établit à tribord du mât et la grand voile à bâbord, permettant ainsi de présenter toujours une voile en position favorable. Parfois, pour les régates, un mât de tapecul était ajouté, ce qui donnait à l'ensemble de la voilure une inclinaison en éventail, la quête importante du grand mât facilitant le passage de la misaine d'un bord sur l'autre sans accrocher.

    Malheureusement, très tôt, les lougres du Légué vont disparaître du paysage de 'Sous'la'Tour'. Au lendemain de la première guerre mondiale, plus aucun bateau n'adoptera ce gréement, seule la voile aurique aura la faveur des patrons pêcheurs.

    On comprend donc mieux tout l'intérêt de l'article de Jean Le Bot qui eut la chance 'd'hériter' des plans du chantier Le Marchand, à La Landriais, où fut construite en 1896 la 'Jeanne d'Arc', pour un Mr Prud'homme de Sous la Tour. C'est à partir de ce document unique, d'une valeur inestimable, que put se bâtir le projet de refaire naviguer ce bateau.

    Glossaire

    Vergues : espars sur lequel est enverguée une voile.

    Gambayer : opération qui consiste à faire passer sous le vent du mât une vergue au tiers qui par suite d'un virement de bord se trouvait au vent.

    Rocambeau : Cercle en fer muni d'un croc et d'une manille qui peut courir le long d'un mât ou d'un bout-dehors.

    Filoir : pièce de bois fixée horizontalement à l'intérieur du pavois.

    Hunier : voile gréée au dessus des basses voiles par petit temps.

    Tapecul : voile et mât qu'on établit tout à fait à l'arrière de certains bateaux.

Références documentaires

Bibliographie
  • LE BOT, Jean. Les bateaux de la Bretagne Nord aux derniers jours de la voile. Grenoble : Glénat, 1990.

    p. 105-106