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Bateaux de travail

Dossier IM22005976 réalisé en 2009

Fiche

Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Lézardrieux
LocalisationCommune : Pleubian

Annexes

  • Evolution administrative des quartiers de Paimpol et Tréguier

    En 1809, les communes de la Presqu'île (canton de Lézardrieux) appartiennent au syndicat de Tréguier (station maritime). En 1878, est créé le syndicat de Pleubian, qui comprend les communes de Pleubian, Kerbors et Lanmodez. Par décret du 15 février 1882, le sous-quartier de Tréguier (syndicats de Tréguier, Port-Blanc et Pleubian) est érigé en quartier. C'est à partir de cette date et jusqu'en 1958 que les voiles des navires portent la lettre de 'T' concernant le quartier d'immatriculation. En 1884, la commune de Lézardrieux (syndicat de Tréguier) est rattaché au syndicat de Paimpol. Le 10 février 1958, le quartier de Tréguier est supprimé et les syndicats de Tréguier, port-Blanc et Pleubian sont tous rattachés au quartier de Paimpol. Quelques navires de Lézardrieux ont conservé à la fin du 19ème siècle les lettres 'P' et 'T' dans leurs voilure.

  • Les voiliers caboteurs de Pleubian et de la Presqu'île : les 'écraseurs de crabes'

    D'après les témoignages de nombreux anciens marins de L' Armor-Pleubian et de Lanmodez.

    Les voiliers caboteurs du Trégor-Goëlo ont été justement appelés 'Les écraseurs de crabes' par le commandant Louis Lacroix dans son ouvrage édité en 1947. Ces navires de charge étaient souvent acquis par plusieurs quirataires (co-propriétaires) associés, originaires de la presqu'île de Pleubian-Lézardrieux ou de Tréguier. L'épopée de ces navires, voiliers armés au cabotage à la fin du 19ème siècle, bénéficiant du voyage de prime jusqu'en 1922 pour l'Islande, dura jusqu'en 1930-40. En 1937, douze voiliers de travail, gréés en dundee ou en goélette à hunier étaient encore armés au cabotage. Mais c'est pendant la guerre 14-18 et au lendemain de l'armistice que ces navires gagnèrent le plus 'leur pain' avec le fret du charbon et firent la fortune de leurs capitaines. Cependant 66 caboteurs furent coulés ou avariés en 1917 en Manche par les U-boots allemands.

    L'une des dernières goélettes trégorroises l'Océanide' du capitaine Joseph Nicolas, avec pour second Yves-Marie Croajou de l'Armor, naviguera jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, avant d'être vendue aux Danois. Les équipages pleubianais ont desservi une véritable ligne de fret entre la Bretagne et le Pays de Galles, en particulier pour le charbon, les poteaux de mine et les primeurs (pommes de terre-oignons), à partir des ports trégorrois entre Morlaix et Paimpol. Les noms de ces forts et souvent élégants navires sont restés gravés dans la mémoire locale : la 'Sylvabelle' à Jean-Marie Meudal, la goélette franche 'Roscovite' au capitaine Ernest Le Foricher, la goélette Terre-neuvier 'Active', de 88 tonneaux, construite en 1888 à La Richardais, capitaine armateur Yves Le marchand (propriétaire des goélettes 'La Curieuse' et la 'Frivole'), la goélette 'Walkirie' à Guinard, la goélette 'La Bretonne' de 230 tonneaux, construite en 1902 à Paimpol, armateur Joseph Le Hégarrat en 1923, qui se livra au cabotage international jusqu'en 1938, le trois mâts goélette, chasseur de prime pour Terre-Neuve, 'l'Alcyon' de 260 tonneaux, à Yves-Marie Bernard Padel, époux d'Eugénie Simon (qui travaillait à l'hôtel de Penn Lann), parents de Bernard Padel (patron du voilier 'Goéland'), le dundee 'Iris' au capitaine Eléazard Meudal, le dundee caboteur de 135 tonneaux 'L'Almée' à Le Moullec, les dundees 'Hoche' et 'Idéal' au capitaine François Meudal de Rhun Traou en l'Armor-Pleubian.

    Le dundee 'Hoche' fut construit en 1906 par le chantier Goasdoué de Paimpol pour les deux quirataires Meudal et maître Nayrod, notaire à Lézardrieux.

    Le dundee 'Idéal' avait les caractéristiques suivantes : 108 tonneaux de jauge brute, 27 mètres de longueur, 7 mètres de largeur et 3 mètres de tirant d'eau. Ce voilier équipé d'un moteur auxiliaire, construit en 1910 par le chantier Bonne de Paimpol, fut aussi armé à la pêche au thon en 1917.

    Une femme de l'Armor, Le Marchand, fut aussi armateur de plusieurs voiliers de travail dont 'La Frivole' (coupée en deux par un steamer sur la route entre Le Havre et Rotterdam, en 1931) et l'Active' de Lanneros.

    Des navires plus petits furent aussi armés au bornage (sable, maërl, pommes à cidre et primeurs, galets) : le 'Saint-Jean' de 40 tonneaux, à Pierre Le Forestier, armé au cabotage, le sloop 'Louis-Marie' de 22 tonneaux, construit en 1902 à La Landriais sur Rance, à Pierre Le Parlouer, le sloop 'Zénith' à Louis Paranthoën, le sloop 'Cosmopolite' à Arthur Richard, le sloop 'La Petite Anna' à Pierre Le Forestier, le 'Frère et Soeur', sloop de 40 tonneaux, racheté par Fanch Guillou, le tape-cul 'Servanik' de 60 tonneaux, à Auguste Le Saux, l'Audacieux' à Yves Emeury, la Pauline' à Job Le Tallec, le 'Jeanne-Marie', voilier de 24 tonneaux, construit en 1926 en rance, à François-Marie Le Bideau de Lanneros, et bien d'autres encore. Ces purs voiliers échouaient à Lanneros et hivernaient dans la 'Petite Grève' du Sillon de Talbert. Les derniers borneurs à naviguer à la voile vers 1960 furent le sloop 'Saint-Jean', de 40 tonneaux à Pierre Le Forestier de l'Armor, qui chargeait régulièrement du sable à la pelle au Sillon du Talbert pour le Légué et le 'Louis-Marie' de Pierre Parlouer.

    On remarque à la lecture des listes de bateaux relevée par Yves Bohée, que plusieurs embarcations ont combiné le mot 'frères' à plusieurs bateaux, acquis de façon quirataire. Ce qui témoigne d'une communauté de propriété par des petits armateurs souvent pluri-actifs, issus du milieu local à la fois rural et maritime.

    - Les 'Trois Frères', goélette, armateur Yves-Marie Meudal de Pleubian, 82 t., construit en 1910 à Kérity, armé au cabotage.

    - Les 'Deux Frères', goélette, armateurs Louis Le Marchand, de Pleubian, pour le quart, Jacques Ollivier, de Binic, pour la moitié. Goélette construite à Binic en 1913, armé au long cours puis au cabotage, perdue corps et biens.

    - Les 'Sept Frères', cotre, armateur Yves Daniel, négociant à Camarel (Pleudaniel), 36, 53 t, construit à Camarel en 1921, armé au cabotage, passé le 16 juin 1928 au quartier de St-Brieuc.

    - Les 'Quatre Frères', sloop à Pierre Le Lostec de Pleubian, 22 t., construit en 1887 à Paimpol, armé au cabotage.

  • Les borneurs et caboteurs du Trégor

    Extrait du témoignage de Jean Kerleau, 1997.

    Le borneur 'Louis-Marie' a été construit avant guerre par Yvon Le Guen sur l'îlot Castel Yar au fond de la baie de Pomelin (Lanmodez), pour le compte de Yves Tallec. Yvon Le Guen était charpentier de marine, père de Adrien Le Guen.

    Jean Kerleau a changé la quille et l'étambot de ce bateau dans la baie de Lanneros, à l'Armor, entre l'îlot kerleo et l'ïle Hadren. Il a aussi changé en une seule journée, pendant le temps de la marée basse, l'étambot et le bordé d'échouage des deux côtés du caboteur de 24 tonneaux 'Thérèse Yvonne' à Alexis Le Guen. Le bordé fut mis en place et 'aveuglé' avant d'être complètement calfaté. Ces travaux de charpente étaient réalisés dans la grève dans un lieu appelé ensuite par la tradition locale 'Kerleau'. Seuls des outils manuels pouvaient être utilisés (sans électricité), pour le bordé en orme de 8 cm sur une grande longueur.

  • Témoignage de Yves-Marie Croajou

    Les goélettes de cabotage

    Extrait du témoignage de Yves-Marie Croajou

    Pendant la guerre 1914-18, déclarée par Guillaume II, les inscrits maritimes étaient mobilisés dans les fusiliers marins ou étaient réquisitionnés pour le cabotage. Les bateaux partaient en convoi de Brest, de Fécamp, de Dieppe et mouillaient sur la côte Nord Bretagne en attendant des vents favorables pour cingler vers les côtes anglaises. Ils étaient accompagnés par une goélette latine la 'Cécile', équipée d'un petit moteur et de canons de 47. Le fret aller était composé de pommes de terre et au retour exclusivement du charbon. 1 tonne de charbon suffisait à payer l'équipage. De nombreux marins armoricains ont armé des goélettes de cabotage à cette époque et ont fait fortune lorsque leurs navires n'étaient pas coulés par les sous-marins allemands, comme la 'Frivole'.

    A la fin des Terre-Neuvas, avant la seconde guerre mondiale, les armateurs, victimes de la concurrence par les vapeurs et par le chemin de fer, faisaient couler leurs navires.

    Certains sabliers de Lampaul-Plouarzel et du Finistère Nord, sont venus après guerre travailler au sable et au cabotage sur les côtes du Trégor-Goëlo : 'L'Audiernais', le 'Notre-Dame du Folgouet', l'André Yvette', La 'Reine des Fleurs' (Camaret), 80 tonnes, sur laquelle Jean Kerleau a navigué au sable en 1956-57 (armement Piriou) le 'GB', (appartenant à J.F. Corlouer) puis revendu à Guillaume Le Moullec), souvent armés par des armateurs de Pontrieux (Piriou, Goaziou, Cariou), avec des équipages du canton de Lézardrieux.

    Ces gabarres étaient motorisées mais avaient conservé leur gréement.

Références documentaires

Bibliographie
  • BOHEE, Yves. Au temps de la voile dans la Presqu'île sauvage, voyages de prime. In Les Cahiers de la Presqu'île, n° 2. Pleubian : Association Pleubian et son passé, 1997.

    p. 50-51
  • GUILLOU, Francis. Les voiliers caboteurs du Trégor. In Les Cahiers de la Presqu'île, n° 4. Pleubian : Association Pleubian et son passé, 1999.

    p. 57-61
  • LACROIX, Louis. Les écraseurs de crabes sur les derniers voiliers caboteurs. Nantes : Editions Aux Portes du Large, 1947.

    p.
Périodiques
  • GUILLOU, Jean-Pierre. Jean Kerleau, charpentier des grèves. In Le Chasse-Marée, novembre 2000, n°138, Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée.

    p.28-39
  • NEALE, Jack, Le PERSON. Les derniers voiliers caboteurs du Trégor-Goëlo. In Le Chasse-Marée, n°117, Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée, juillet 1998.

    p.25-32
Documents audio
  • CROAJOU, Yves-Marie. Les derniers voiliers de cabotage du Trégor.Témoignage audio, Pleubian : 1989.

    Témoignage audio
  • KERLEAU, Jean. Témoignage sur les bateaux de travail de l'Armor-Pleubian, 2000.

    Témoignage audio
  • LE FORESTIER, Antoine. Témoignage sur les sabliers et caboteurs de l'Armor-Pleubian, octobre 2009.

    Témoignage audio
  • LE SAUX, Yves. témoignage oral sur les derniers bateaux de travail de l'Armor-Pleubian. Pleubian : avril 2010.

    Témoignage oral
  • QUEINIEC, Marcel, LE MARCHAND, Louise. Témoignage sur le cabotage. L'Armor-Pleubian : 10 août 1997.

    Témoignage audio
  • PARANTHOEN, Jean. Témoignage sur les caboteurs de l'Armor-Pleubian, octobre 2009.

    Témoignage audio
  • PADEL, Bernard. Témoignage sur les sabliers et les caboteurs de l'Armor-Pleubian et sur le 'Goéland'. L'Armor-Pleubian : 4 janvier 2009.

    Témoignage audio
  • QUEINIEC, Marcel. Témoignage sur les pêches à pied. L'Armor-Pleubian : 10 août 1997.

    Témoignage audio