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Batterie de côte (canons de 164,7 mm) puis batterie lourde allemande codé M.K.B. "Holtzendorf" (Stp. Re 305) (4 canons de 150 mm) (1 / M.A.A. 262)

Dossier IA29001112 inclus dans Groupe défensif côtier "Saint-Renan" codé "Re" réalisé en 2005

Fiche

Œuvres contenues

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  • Musée virtuel du Mur de l'Atlantique / Atlantic Wall Linear Museum (Projet européen "Culture 2000")
Précision dénomination casemates SK
Appellations Batterie des Rospects, Marine Küsten Batterie "Holtzendorf"
Parties constituantes non étudiées blockhaus, batterie, abri, édifice logistique, casemate, poste d'observation
Dénominations ensemble fortifié, batterie, blockhaus
Aire d'étude et canton Bretagne Nord
Adresse Commune : Plougonvelin
Lieu-dit : Les Rospects

Fonction : défense de l'entrée Ouest du goulet de Brest en collaboration avec la batterie de Kerbonn à Camaret. Selon le programme général de défense des côtes du 1er août 1922 (Service Historique de la Marine, 1 BB3, 180 et 181), une batterie composée de 4 canons de 16 cm modèle 1893-1896 d'une portée de 18 000 mètres est projetée aux Rospects. Elle viendrait en remplacement de la batterie de 2 canons de 16 cm modèle 1893-1896 de Saint-Mathieu. Une nouvelle batterie de 4 canons de 34 cm est envisagée "en bordure de la route de Lannou à Saint-Jean à 1000 mètres environ au 345 du clocher de Plougonvelin". Stp. « Holtzendorf » dite batterie des Rospects à Plougonvelin (Marine-Artillerie-Abteilungen 1 / 262 Brest). Exemple de batterie côtière allemande composée de 4 casemates grossièrement camouflées. Situé à proximité immédiate de la pointe Saint-Mathieu (abbaye, cénotaphe aux Marins morts pour la France aménagé dans un réduit de batterie de côte modèle 1846 : http://www.auxmarins.com et phare), le site des Rospects jouit d´un panorama exceptionnel sur la mer. Ce site de falaise, outre les très nombreux blockhaus destinés à protéger la Festung Brest, conserve des « davieds », daviers aménagés dans des pierres plates en encorbellement au dessus des grèves. Ces pierres permettaient autrefois la remontée du goémon. Le ramassage du goémon est relancé par les Allemands en 1943 pour la production d´iode (utilisation médicale). AOK 7 - 7° Armee-Oberkommando - HQ (Hauptquartier) Le Mans 25 A.K. (Armeekorps) XXV KVA-B (Küsten Verteidigung Abschnitt) KVG Saint-Renan (Küsten Verteidigung Gruppe) 343° Infanterie-Division. Stp. (Stützpunkt) Re (Saint-Renan) 305 (Plougonvelin, Les Rospects). L´organisation Todt est mise en place à Brest dès août 1941. Avec un effectif de quelques 12 000 travailleurs dont 4 000 étrangers retenus dans les forts détachés de Brest (Montbarey, Keranroux, Portzic...) et dans des camps (Keroual, Sainte-Anne-du-Portzic et Saint-Pierre-Quilbignon), les travaux de la Festung Brest et notamment de la base de sous-marins avancent vite. L´ancienne batterie française des Rospects - comme beaucoup d´autres batteries de la rade de Brest, est réutilisée par les allemands dès 1940 et modernisée en 1942-1943. Elle devient le Stp. Re n° 305 (Stützpunkt / point d´appui lourd). Une batterie lourde composée de 4 canons de 280 mm Krupp modèle 1906 est mise en place en août 1940 à moins d´un kilomètre en arrière de la batterie des Rospects. Cette batterie (Stp. Re n° 303) dite « batterie de Keringar » – la seule de ce calibre dans tout le département du Finistère, est codée « Graf Spee » par les allemands. Un gigantesque poste de direction de tir (Stp. Re n° 302) modèle S 414 Sonderkonstruction (SK) - surnommé par les habitants : « le tumulus », est construit à égale distance entre les batteries de Keringar et des Rospects. Ces deux batteries subissent de très nombreux bombardements aériens en 1943 –1944 qui obligent les habitants de Lochrist à se réfugier pendant les alertes dans des grottes marines. La batterie de Keringar (inachevée – une seule casemate ayant été construite) subit un bombardement naval le 25 août 1944 par le cuirassé « HMS Warspite » auquel elle répond grâce à ces 3 canons en encuvement qui peuvent toujours tirer à 360°… La batterie des Rospects, elle aussi visée par le cuirassé (tout comme les forts de Keranroux et Montbarey près de Brest), est touchée à plusieurs reprises mais sans faire de dégât. La batterie « Graf Spee » sera finalement prise à revers par la terre. Ce n´est qu´au prix d´une bataille sanglante que la ville de Brest est libérée par les américains le 18 septembre 1944. La vieille ville n´est plus qu´un champ de ruines (90 % des immeubles sont détruits). A 20 kilomètres de là vers l´Ouest, le site de la pointe Saint-Mathieu est quasi lunaire. Le déminage des terres meurtries par les combats ne sera achevé qu´en 1947. Il faut pourtant reboucher au plus vite les cratères et tranchées en dépit des risques afin de reprendre une activité normale. Les paysans sont obligés de remettre rapidement les terres en culture pour vivre…et nourrir la population brestoise dont une partie s´apprête à vivre pour longtemps en « baraque ».

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates 1922, daté par source
1940, daté par travaux historiques
1941, daté par travaux historiques
1942, daté par travaux historiques
1943, daté par travaux historiques
1944, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Organisation Todt, ingénieur militaire, attribution par travaux historiques

Le site des Rospects : "Stp. Re n° 305" constitue un vaste ensemble fortifié regroupant une batterie côtière, un poste de projecteur, deux batteries antiaériennes et de nombreux abris passifs disséminés aujourd´hui dans les champs. Un champ de mines antichars et anti-personnels isole la batterie. Avant-guerre, le site des Rospects était composé d´une batterie armée de quatre pièces de 164,7 mm en cuves bétonnées avec soutes protégées, observatoire, poste de direction de tir sous dalle d'acier (encore en place) et poste de télémétrie (utilisés à partir de 1943 uniquement comme abri par les allemands). Un Tobrouk situé à proximité immédiate de l´ancien poste de direction de tir français recèle des inscriptions en Allemand (un nom). Disposant d´un emplacement hautement stratégique, la batterie est réutilisée dès 1940 et modernisée par l´Organisation Todt en 1942-1943. L´objectif de cette batterie côtière était de protéger l´entrée Ouest du Goulet de Brest en collaboration avec la batterie de Kerbonn à Camaret-sur-Mer (aujourd´hui Mémorial de la Bataille de l´Atlantique, ouvert d´avril à octobre). A partir d´août 1942, la batterie côtière codée "Von Holtzendorf" se compose de 4 canons de 150 mm Krupp (d'une portée moyenne de 22 Km). Des casemates de grandes dimensions (SK) seront construites en 1943 pour abriter les pièces d´artillerie et leurs servants. Le plan de ces casematesn particulier, vaut une visite attentive. La chambre de tir de la 4e casemate (la plus à l´Est) abrite une gravure représentant les bâtisseurs de la 1./360 1.442. Le personnage de droite sous la surveillance d´un chef « bedonnant » travaille au marteau-piqueur. Un poste de direction de tir type M 150 à 2 niveaux et cuve pour télémètre est construit au bord de la falaise en avant des casemates. Un abri pour projecteur de 150 cm modèle M 182 – le seul et unique exemplaire sur le Mur de l´Atlantique, est coulé à une centaine de mètres à l´Ouest du poste de direction de tir. Juste derrière, dans l´alignement de l´abri à projecteur se trouve un abri enterré à personnel. La défense antiaérienne de la batterie "Von Holtzendorf" est confiée à 3 canons de 75 mm sur abri-encuvements. Cette position codée « Anika » a son miroir à l´Est : au moins 5 canons de 77 mm y prennent place. Cette batterie antiaérienne codée « Erika » dispose uniquement d´emplacements de campagne.

Murs béton armé
Toit béton en couverture, terre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Étages sous-sol, rez-de-chaussée
Couvertures terrasse
Énergies énergie électrique
produite à distance
produite sur place
moteur thermique
Typologies poste de commandement et de direction de tir. Ouvrages d'artillerie
États conservations bon état, désaffecté
Techniques gravure rupestre

Site de la pointe Saint-Mathieu. La batterie allemande est située sur un site de falaise. Sécurisation du site en 2004. Etat de conservation : Excellent. Le site a été récemment mis en valeur (débroussaillage et déminage) mais les embrasures ont été murées par des parpaings. A l'ouest immédiat de la batterie codée "Re 305" se trouvait une station radar de la Kriegsmarine codée "Re 319" (et aussi quelques fois "Re 137" : ?). Station radar de la Kriegsmarine établie en avant de l'ancien sémaphore (aujourd'hui détruit) de Saint-Mathieu. Equipement : Fu.MG Seetakt Gema Nr 15349 g 39 Fu.MO 2 codée "Calais 7". Station rattachée au 1./3 Marine-Funkmess-Abteilung (formée en septembre 1942 à Brest). Au nord de la batterie de Keringar : station radar de la Kriegsmarine codée "Re 503" (et aussi quelques fois, "Re 520" : ?) à l'ouest de Keringar Vihan sur les hauteurs de Le Conquet dominant le Stützpunkt "Kerlohic" / pointe du Renard. Station radar de la Kriegsmarine. Equipement : Mammut Gustav IV Fu.MO 51, Fu.MG Flum Seetakt Gema Nr 16161 L.671 AE Fu.MO 3003Freiburg I codée "FM 23". Station rattachée au 1./3 Marine-Funkmess-Abteilung (formée en septembre 1942 à Brest). Fu.MG : Funk Meß Gerät (appareil radio de mesure) Fu.MO : Funk Meß Ortung (appareil radio de localisation).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre vestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • Depuis ces dernières années, le patrimoine fortifié revient sur le devant de la scène grâce aux études sur le patrimoine maritime. Ce regain d´intérêt pour le patrimoine militaire peut être interprété comme un signe positif. En témoigne, au niveau national, le thème du Salon du Patrimoine Culturel à Paris sur l´Architecture militaire (8-11 novembre 2001) ainsi qu´en Bretagne, le thème des Journées du Patrimoine du Finistère : Fortifications Littorales (21 et 22 septembre 2002).

    Cependant, ces opérations prisées du public ne doivent pas rester que médiatiques, de même que notre étude ne doit pas servir d´alibi à l´absence d´un réel investissement continu et conséquent. La question de la prise en compte de notre étude (Inventaire et étude des fortifications littorales en Bretagne en collaboration avec le Service de l´Inventaire) doit aussi être abordée : l´exemple de la batterie allemande des Rospects « mise en sécurité » en 2004 est instructif. Le comblement des ouvertures opéré sans concertation (entre le propriétaire et le Ministère de la Culture) nuit à la lecture et la bonne compréhension du système défensif. Il y a une contradiction d´intérêt entre la mise en sécurité d´un site tout à fait légitime et l´intérêt pédagogique et touristique à préserver.

    L´intérêt croissant pour le tourisme culturel démontre la nécessité d´une politique de mise en valeur des fortifications de la rade de Brest, de Saint-Malo ou de la baie de Morlaix… comme la Charente-Maritime a pu le faire avec sa route des forts.

    La prise de conscience du patrimoine fortifié doit passer par un important travail de sensibilisation et de pédagogie : un ouvrage sur les fortifications de la rade de Brest devrait voir le jour en 2006, il pourrait être couplé à la mise en place d´une signalétique commune à l´ensemble des sites.

    Comment faire vivre des sites oubliés en leur donnant un autre usage que celui de la guerre ? Le risque serait que l´architecture militaire reste le monopole de quelques anciens militaires en retraite. L´étude des édifices ne doit pas nous faire oublier que ces fortifications ont été des lieux de vie avant d´être pour certains des lieux de guerre. La préservation matérielle contribue à la sauvegarde d´une mémoire partagée qui nous mène des faits de la guerre et de la résistance à la construction de la paix européenne.

  • 20082910304NUC : Bundesarchiv, Koblenz, Deutschland

Références documentaires

Documents figurés
  • Collection particulière Alain Chazette (Librairie Histoire et Fortifications à Paris).Photographie, 2e quart 20e siècle.

Bibliographie
  • ANDERSEN BO (P.), Le mur de l´Atlantique en Bretagne 1944-1994, s. l., Ouest France, 1994, 126 p., Edilarge. ISBN 2-7373-1291-4.

  • ANDERSEN BO (P.), Le mur de l´Atlantique en Bretagne, s. l., Ouest France, 2001, 126 p, vol. 2.

  • CHAZETTE (A.) - DESTOUCHES (A.) - PAICH (B.), Album Mémorial Atlantikwall, Le Mur de l´Atlantique en France 1940-1944, Bayeux, Edition Heimdal, 1995, 480 p. ISBN 2-84048088-3.

  • CHAZETTE (A.), Atlantikwall-Südwall, Sur les traces du temps, Paris, éditions Histoire et Fortifications, 2002, 367 p.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne ; (c) Groupe de Recherche sur l'Architecture et les Infrastructures - Lécuillier Guillaume