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Batterie, En Tal (Île-d'Houat)

Dossier IA56132077 réalisé en 2014
Précision dénomination batterie de côte
Appellations Batterie d'En Tal, Batterie de la Pointe d'En Tal
Dénominations batterie
Aire d'étude et canton Bretagne Sud
Adresse Commune : Île-d'Houat
Lieu-dit : En Tal
Cadastre : AH 2

La "Commission mixte d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles" de 1841 demande la création d'une batterie à la pointe d'En Tal afin de battre les mouillages orientaux de l'île d'Houat. L'armement attribué par la commission est de trois canons de 30 livres et trois obusiers de 22 cm, augmenté de deux mortiers de 32 cm par la commission de 1859 pour croiser ses feux avec ceux du fort central d'Hoedic. Une tour crénelée n° 1 doit servir de réduit à cette batterie, ainsi qu'à abriter un petit poste d'infanterie chargé de la surveillance du littoral. Elle doit être armée de deux obusiers de montagne pour sa défense rapprochée. Cette tour est remplacée par un corps de garde crénelé dès l'étude des premiers projets en 1846.

Les travaux ne sont entrepris qu'après l'achèvement du fort central. Ils durent de 1857 à 1859, et ne sont totalement achevés qu'après la pose des "dés" en maçonnerie des plates-formes d'artillerie et l’aménagement de l'emplacement des mortiers en 1862.

La batterie d'En Tal n'est pas conservée après la guerre de 1870. Elle est déclassée par la loi du 27 mai 1889 et remise aux Domaines le 26 juin 1890. Elle est vendue le 4 décembre 1891 à un particulier qui ne respecte pas la clause de destruction de l'ouvrage insérée à la demande du génie.

La batterie d'En Tal est actuellement toujours propriété privée. Elle est inscrite au titre des Monuments historiques en 2000.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Dates 1857, daté par source, daté par travaux historiques
1858, daté par source
1859, daté par source
1862, daté par source
Auteur(s) Auteur : Génie

La batterie d'En Tal se compose de l'épaulement de la batterie proprement dite, et de son réduit.

L'épaulement en sable de près de 200 mètres de développement entoure presque complètement le réduit au nord, à l'est et au sud. Le parapet seul du corps de garde dépasse de la crête. Le parapet présente un tracé en ligne brisée correspondant aux différentes directions battues par les pièces d'artillerie. Son épaisseur est de six mètres environ.

Située à l'extrémité de la langue dunaire prolongeant la pointe est de l'île d'Houat, la batterie d'En Tal est exposée au recul du littoral, très fort dans cette zone.

Murs terre
Couvertures
États conservations bon état, menacé
Mesures l : 14.75 m
la : 12.0 m
Statut de la propriété propriété privée
Éléments remarquables batterie, corps de garde
Sites de protection loi littoral, site classé, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Protections inscrit MH, 2000/10/30

Annexes

  • Propositions de la commission de 1841 pour la défense de l'île d'Houat.

    Armement proposé par la commission de 1841.

    [...]

    Ile d'Houat.

    L'Ile d'Houat est située à 3 lieues du continent, à égale distance à peu près de Belle-Ile et de Quiberon. Sa longueur est de 3500 mètres, et se plus grande largeur de 900. Elle contient l'eau nécessaire à l'usage de ses habitants.

    "En creusant un peu le sol, dit un ancien mémoire, on trouve de l'eau partout". Sa population est de 420 habitants.

    A l'O. et au S.O., les côtes de cette Ile sont escarpées & couvertes de rochers ; à l'E. et au N., elles offrent au contraire plusieurs anses abordables, principalement à droite de la pointe d'En-Tal, sur laquelle était placé le Fort Vauban.

    On voit que dans cette position, ce fort était enfilé & battu de tous côtés par les vaisseaux ennemis. Aussi, bien que toutes les commissions, et notamment la dernière, créée par Décision ministérielle du 7 novembre 1840, aient proposé de relever cet ouvrage & même de l'avancer plus encore vers la pointe d'En-Tal, pour qu'il découvrît mieux la plage de débarquement située à la droite de ce cap, la Commission ne croit pas devoir adopter cette opinion. Elle reconnaît qu'en raison de l'étendue de l'Ile d'Houat, un seul ouvrage remplirait difficilement la double fonction à laquelle n'a pu suffire le fort de Vauban : et elle pense qu'il convient alors de diviser le rôle de la défense ; de charger un bon réduit central du maintenir la possession de l'île, et de confier à des batteries de côtes, le soin d'assurer son action extérieure.

    Le réduit central occuperait le point culminant qui se trouve à peu près à moitié chemin du village et de la pointe de Beg-er-Vachif.

    L'Ile étend trois saillants dans la mer : la pointe de Beg-er-Vachif, la pointe d'En-Tal & la pointe d'Er-Bec. A 800 mètres de Beg-er-Vachif, est le passage dit du Béniguet, praticable aux plus gros vaisseaux : une batterie sur ce point fermerait ce passage aux bâtimens ennemis, et les forcerait à aller cherche le passage de la Teignouse. Le mouillage est dans l'anse du nord ; une batterie sur la pointe d'En-Tal en éloignerait l'ennemi & l'assurerait à nos bâtimens. Enfin vers la pointe d'Er-Bec, il n'y a ni mouillage habituel ni passage : il n'y a donc pas lieu à donner à ce point une action extérieure.

    Comme les batteries placées sur deux de ces saillants seraient éloignées du réduit central, comme celle d'En-Tal, en particulier, se trouverait placée entre deux plages de débarquement, il est nécessaire de leur donner un appui immédiat & solide. La commission leur assigne pour réduit une tour n° 1. Ces deux postes capables ainsi d'une résistance énergique étendraient et appuieraient jusqu'aux points les plus éloignés du pourtour de l'Ile, l'action du réduit central.

    [...]

    La Commission pense qu'une garnison de 300 hommes dans le fort central et de 50 hommes dans chacun des réduits de batteries, ce qui formerait un effectif de 400 hommes, non comptés les canonniers nécessaires au service des batteries, sera suffisant pour la défense de l'Ile. En 1761, l'ouvrage de Vauban n'est tombé qu'après la capitulation de Belle-Ile ; il n'était cependant défendu que par 250 hommes. On aurait d'ailleurs la ressource des pécheurs & des marins que la population peut fournir.

    La Commission mixte de 1840, a proposé de construire plusieurs batteries intermédiaires sur le littoral. La Commission actuelle pense que ces ouvrages seraient plus dangereux qu'utiles, car ils seraient facilement enlevés, & le succès de pareil coups de main pourrait exercer une influence fâcheuse sur le moral de la population & des défenseurs.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843, pages 144-146)

  • Propositions de la commission de 1841 pour la batterie d'En Tal.

    Armement proposé par la commission de 1841.

    [...]

    Batterie d'En-Tal.

    La batterie sera armée de 6 bouches à feu tirant sur le mouillage :

    - 3 canons de 30

    - 3 obusiers de 22 cm

    Elle aura pou réduit une tour n° 1, à la défense de laquelle seront affectés 2 obusiers de 12.

    Elle sera classée de 1er importance.

    Ce poste devra être défilé des feux du large, d'un côté par l'épaulement de la batterie, de l'autre par une traverse ou un pli de terrain s'il est possible.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843, page 146)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement des côtes du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 3 W 32
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 42, Travail de la commission d'armement des côtes sur les frontières maritimes, 1844. Avis du Comité des fortifications du 7 novembre 1844.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 42
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 577. Commission de défense des côtes : tableau faisant connaître le nombre, l'armement et le classement des batteries de côtes des 1er (Cherbourg), 2e (Brest), 3e (Lorient), 4e (Rochefort) et 5e (Toulon) arrondissements maritimes, de la Corse, de l'Algérie et des colonies, 1860-1862.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 577
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 41, Mémoires généraux sur les frontières maritimes, 1853-1885. Rapport sur la situation des travaux de défense des côtes à la fin de l'exercice 1861.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 41
  • Service historique de la Défense, Département Marine, Lorient. Archives de la Place et du Génie de Belle-Île-en-Mer ; Sous-série 4 S3, archives de la Place de Houat-Hoedic : 4 S3 11, comptabilité, règlement définitif, travaux 1857-1874. Direction du Génie de Brest, Place de Houat-Hoedic, Règlement général et définitif des dépenses faites pour les fortifications et les bâtiments militaires de la place de Houat-Hoedic pendant l'exercice 1857, 25 février 1858.

    Service Historique de la Défense de Lorient : 4 S3 11
  • Service historique de la Défense, Département Marine, Lorient. Archives de la Place et du Génie de Belle-Île-en-Mer ; Sous-série 4 S3, archives de la Place de Houat-Hoedic : 4 S3 11, comptabilité, règlement définitif, travaux 1857-1874. Direction du Génie de Brest, Place de Houat-Hoedic, Règlement général et définitif des dépenses faites pour les fortifications et les bâtiments militaires de la place de Houat-Hoedic pendant l'exercice 1858, 11 février 1859.

    Service Historique de la Défense de Lorient : 4 S3 11
  • Service historique de la Défense, Département Marine, Lorient. Archives de la Place et du Génie de Belle-Île-en-Mer ; Sous-série 4 S3, archives de la Place de Houat-Hoedic : 4 S3 11, comptabilité, règlement définitif, travaux 1857-1874. Direction du Génie de Brest, Place de Houat-Hoedic, Règlement général et définitif des dépenses faites pour les fortifications et les bâtiments militaires de la place de Houat-Hoedic pendant l'exercice 1859, 21 avril 1860.

    Service Historique de la Défense de Lorient : 4 S3 11
  • Service historique de la Défense, Département Marine, Lorient. Archives de la Place et du Génie de Belle-Île-en-Mer ; Sous-série 4 S3, archives de la Place de Houat-Hoedic : 4 S3 11, comptabilité, règlement définitif, travaux 1857-1874. Direction du Génie de Brest, Place de Houat-Hoedic, Règlement général et définitif des dépenses faites pour les fortifications et les bâtiments militaires de la place de Houat-Hoedic pendant l'exercice 1862, 4 février 1863.

    Service Historique de la Défense de Lorient : 4 S3 11
  • Archives départementales du Morbihan. Série Q, Domaines : Q 518 [cote provisoire], Houat, Hoedic, 1890-1903. Lettre du receveur de Palais au directeur à Vannes, 17 septembre 1891.

    Archives départementales du Morbihan : Q 518
  • Archives départementales du Morbihan. Série Q, Domaines : Q 518 [cote provisoire], Houat, Hoedic, 1890-1903. Lettre du bureau des Domaines de Carnac au directeur à Vannes, 27 juillet 1896.

    Archives départementales du Morbihan : Q 518
Bibliographie
  • LE POURHIET-SALAT, Nicole, La défense des îles bretonnes de l´Atlantique, des origines à 1860, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 vol. : XLV-375 p. XXV pl.

  • FAUCHERRE, Nicolas, PROST, Philippe, CHAZETTE, Alain (sous la dir. de), Les Fortifications du littoral, La Bretagne Sud, Chauray-Niort, 1998, 279 p., collection : les fortifications du littoral. ISBN 2-910137-24-4.

  • BUTTIN, Henri, BUTTIN Marie-Paule, Hoëdic et Houat : deux postes avancés de la citadelle de Belle-Ile, In CONGRES DE L'ASSOCIATION VAUBAN (5,6,7 mai 1989), Vauban à Belle-Île, Trois cents ans de fortification côtière en Morbihan, Le Palais, Éditions Gondi, 1990, p. 99-111.

Périodiques
  • BUTTIN Pierre, BUTTIN, Henri, Fortifications des îles de Houat et d'Hoedic au XIXe siècle, Melvan, 2015, n° 12, p. 115-150.

  • CHAURIS, Louis, Pierres de construction à Houat, Melvan, 2016, n° 13, p.129-135.