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Calice ; patène

Dossier IM22005047 réalisé en 2003

Fiche

Dossiers de synthèse

Son large pied à huit pans concaves, sa tige octogonale, son noeud orné de huit boutons et sa coupe très largement évasée, situent le calice de Tréfumel dans la deuxième moitié du XVe siècle. Le galon perlé de la tranche du pied est tout aussi caractéristique de même que le décor du noeud dont les boutons gravés de quintefeuilles alternent avec de fausses arcatures rehaussées de gravure. L´allure générale ainsi que certains détails, en particulier le traitement du noeud sont à comparer avec le calice exécuté par l´orfèvre Jean Pigeon de Nantes dans la deuxième moitié du XVe siècle qui diffère toutefois par son pied très élevé et sa tige écourtée. Sous ce rapport le calice de Tréfumel se rapproche davantage de celui de Larré en rappelant que la coupe de ce dernier est une réfection du XVIIe siècle.

Les armoiries d´alliance émaillées enchâssées sur le dessus du pied posent problème. Il est évident que l´emplacement de la croix fleurdelysée gravée décalée vers le haut du pied indique que le principe d´un écu armorié rapporté est d´origine. A cette époque et jusqu'au milieu du XVIe siècle, les ornements émaillés des pièces d'orfèvrerie, qu'ils soient sur le pied ou sur les boutons du noeud, sont toujours rapportés, ainsi que l'on peut le voir sur les calices de Sibiril et de Locronan. Par contre l´emploi d´émaux opaques ainsi que l´état de conservation parfait de ces derniers et leur aspect trop lisse indiquent une exécution bien plus tardive que le calice, du XVIIe ou XVIIIe siècle.

Conformément à l'usage héraldique, les armes de l'époux, sont à dextre et celles de l'épouse à sénestre ; leur inscription ici dans un écu losangique signale également la commande d'une veuve. Or le calice de Tréfumel passe pour avoir été offert par Marie de Coëtquen qui épouse Rolland de Beaumanoir en 1474. Cette tradition est plausible si l'on sait qu'une branche de la maison de Coëtquen est devenue au XIVe siècle seigneur de la Rivière à Tréfumel et de la Bintinaye à Rennes, terre dont elle prit le nom. Les armes figurant à senestre correspondent aux armes de Coëtquen, brisées d'une fasce brochante, armes adoptées par la branche de la Bintinaye. Les armes figurant à dextre, d'azur à 11 billettes d'argent, correspondent à celles des Beaumanoir, famille dont le berceau se trouve non loin de Tréfumel sur le territoire d´ Evran. Si la date de ce mariage est parfaitement compatible avec le style de l'objet, l'usage des émaux opaques est inconnu au XVe siècle. Ces armoiries ont sans doute été restituées au XVIIe siècle, en même temps que l'on gravait les mêmes armes sur une patène du XVIIe, portant un poinçon non identifié de Saint-Malo, et qui fut assortie au calice.

Dénominations calice, patène
Aire d'étude et canton Haute-Bretagne - Evran
Adresse Commune : Tréfumel

Calice de la deuxième moitié du XVe siècle dont les armoiries, émaillées, ont été restituées à une date postérieure.

Période(s) Principale : 2e moitié 15e siècle
Catégories orfèvrerie
Matériaux argent, repoussé, ciselé, gravé, émail cloisonné
Précision dimensions

h = 19,6 ; d = 10

Inscriptions & marques armoiries
Précision inscriptions

Armoiries (sur le dessus du pied, dans un écu losangique émaillé et rapporté) : mi-parti, à dextre, d'azur à 10 billettes d'argent (de Beaumanoir) ; à sénestre, bandé d'argent et de gueules à la fasce de gueules brochante (de Coëtquen, branche de La Bintinaye).

États conservations partie remplacée
Précision état de conservation

Ecu émaillé remplacé à une date postérieure.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1955/06/14

Références documentaires

Bibliographie
  • Trésors secrets des Côtes-d'Armor, 1991, catalogue d'exposition.

    p. 108, n°47 (notice Francis Muel)