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Calice, patène

Dossier IM35021396 réalisé en 1977

Fiche

Le calice de Saint-Rémy-du-Plain avec ceux de l'hôpital de Dinan, et de Rimou un des rares conservés d'une petite série de quatre ou cinq exemplaires haut bretons du modèle dit "à flammes", à laquelle il faut rattacher ceux de Saint-Ouen-la Rouerie, et des Iffs, disparus suite à des vols au cours du XXe siècle. Conformément à la mode de l'époque et comme sur les croix de procession, les boutons du noeud sont gravés au nom de la paroisse qui curieusement ici transcrit Rémy en Rumy, prenant sans doute en compte la prononciation du gallo, dialecte parlé dans les campagnes en haute Bretagne.

Outre sa qualité d' exécution, ce calice présente le grand intérêt d'avoir conservé sa patène au décor rayonnant assorti. Celle-ci est ornée sur ses deux faces de scènes gravées : à l'extérieur d'un Christ glorieux assis sur le globe terrestre, à l'intérieur d'une Vierge à l' Enfant à côté de laquelle un pied de trois pensées évoque la Sainte Trinité, et chaque fleur, par le nombre de ses pétales, les cinq plaies du Christ. Le diamètre important du pied du calice, celui relativement réduit de la coupe contribuent largement à l'élégance de cette pièce dont la silhouette est parfaitement proportionnée. Le décor de rayons et de flammes se détache sur le pied, le noeud et la fausse coupe sur un fond mati à la bouterolle reconnaissable à son aspect perlé, tout à fait caractéristique des productions du XVIe siècle. Le décor de balustres qui orne la tige et lui confère à la fois l'élancement et la présence plastique nécessaire est original. Il s'agit là d'une création vraisemblablement propre aux orfèvres de haute Bretagne. Cette formule ne semble pas avoir été adoptée par les orfèvres parisiens qui adoptent rapidement une tige cylindrique éventuellement semée de fleur de lys, elle ne l'a pas été non plus par ceux de basse Bretagne qui jusqu'à l'extrême fin du XVIe siècle restent fidèles au principe d'un noeud en forme d'édicule orné d'arcatures, parfois à deux étages. Quant aux créations nantaises elles se rapprochent davantage des modèles parisiens.

Les balustre étirés appliqués contre les arêtes de la tige appartiennent sans conteste au répertoire de la première Renaissance et permettraient de situer cette belle oeuvre dans la première moitié du XVIe siècle, de même que l'emploi du nielle remplissant les lettres gravées sur les boutons du noeud. C'est ce que semble par ailleurs confirmer le poinçon de communauté de Rennes dont la lettre date, un A entre les pattes de l'hermine correspondrait aux alentours de 1535. Au vu du poinçon de maître aux initiales R et T séparées par deux étoiles superposées, celle du dessus étant sensiblement plus petite que l´autre, il est tentant d'envisager l'attribution de l'oeuvre à l'orfèvre rennais Robin Thomerot qui signe parmi les comptes des miseurs de la ville au cours de la première moitié du XVIe siècle et dont le paraphe évoque curieusement une queue de comète. L'attribution de ce bel objet doit conserver la prudence qui s'impose mais il faut rappeler qu'un semblable rapprochement entre les paraphes de certains orfèvres de l'époque gothique ou renaissance et leurs poinçons, a déjà été observé dans les cas d' Alain Maillart et de Rolland Martin.

Dénominationscalice, patène
Aire d'étude et cantonHaute-Bretagne - Antrain
AdresseCommune : Saint-Rémy-du-Plain
Emplacement dans l'édificesacristie

Calice et patène exécutés par un orfèvre rennais aux initiales R.T, sans doute l'orfèvre Robin Thomerot signalé dans les comptes des miseurs de la ville dans la première moitié du XVIe siècle. La lettre date A qui figure sous le poiçon de poinçon de communauté de Rennes situerait l'objet vers 1535.

Période(s)Principale : 2e quart 16e siècle
Lieu d'exécutionÉdifice ou site : Bretagne, 35, Rennes
Auteur(s)Auteur : Thomerot Robin orfèvre (?)

Fausse coupe et dessus du pied ornés de rayons. Mati à la bouterolle dans les fonds. Pied à huit lobes en accolade. Tige ornée de balustres. Assemblages par soudures et emboîtement.Traces de nielle dans les boutons du noeud.

Catégoriesorfèvrerie
Structurespied, polylobé
Matériauxargent, repoussé, ciselé, fonte au sable à découvert, niellé, doré
Précision dimensions

h = 26 ; d = 20 ; d = 11. Calice : h = 26 ; pds = 650 ; calice (pied) : d = 20 ; calice (coupe) : d = 11 ; patène : d = 18.

Iconographiesà rinceaux, à rayon, à flamme, Calvaire, Vierge à l'Enfant, Christ
Précision représentations

Tige ornée de balustres. Pied et fausse coupe à flammes et rayons. Calice : calvaire sur le pied. Patène : Vierge à l' Enfant (intérieur), Christ (extérieur).

Inscriptions & marquespoinçon de maître
poinçon de communauté
inscription concernant le destinataire
Précision inscriptions

Poinçons (sur la coupe, le pied et la patène) : initiales R et T dans un rectangle, séparées par deux étoiles, maître Robin Thomerot (?) ; communauté de Rennes, vers 1535-1540, hermine passante, lettre R au dessus, lettre A au dessous ; inscription sur les huit boutons du noeud : DE* LA* PA* ROI* SE* S*RV* MI*.

États conservationsmanque
Précision état de conservation

Email des boutons disparu.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1907/05/11