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Canal de navigation, rivière canalisée de la Vilaine (Rennes)

Dossier IA35022403 inclus dans Urbanisme : plan d'aménagement urbain Robelin-Gabriel (Rennes) réalisé en 1998

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées port, quai, cale, bief de dérivation, écluse, maison, canal, avenue
Dénominations canal de navigation
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Hydrographies Vilaine (la)
Adresse Commune : Rennes

Comme l´indiquent les ouvrages de François-Xavier Merrien et de Claude Nières, le privilège accordé à la ville par François Ier, en 1539, inaugure les travaux destinés à améliorer la navigation sur la Vilaine entre Redon et Rennes. Dix écluses y sont construites entre 1575 et 1585. Dans la ville, l´écluse du moulin de la Poissonnerie est construite en 1610. En 1668, M. de Nointel signale que la rivière difficilement navigable ne servait qu´au transport des denrées de nécessité. Jusqu´à Redon, circulaient des bateaux de 20 tonneaux, de Redon à Messac, le lit peu profond ne permettait que le passage de petites barques de 5 tonneaux, enfin entre Messac et Rennes, le transport s´effectuait sur de grandes barques de 15 tonneaux. Depuis Redon étaient acheminés des vins de Bordeaux et de Nantes et des matériaux de construction (tuffeau de la Loire, ardoises de Fougeray, bois de la forêt du Gâvre, chaux, sable et pierres de Pont-Péan. Depuis Vitré, le trafic est moins important, ce sont essentiellement des matériaux de construction, au début du 18e siècle, au moment de la reconstruction de la ville. Au début du 18e siècle, Gabriel considère qu´elles sont trop éloignées les unes des autres et mal entretenues. Des travaux seront réalisés pour permettre l´approvisionnement des matériaux nécessaires à la reconstruction de la ville ; un port est aménagé à l´est de la ville et deux nouvelles écluses sont construites, celle de Joué et celle de Saint-Hélier. La canalisation de la Vilaine, dans la traverse urbaine, est projetée par l´ingénieur du roi Robelin, au moment de la reconstruction de la ville haute, après l´incendie de 1720. Le plan de redressement dressé en 1722 est rendu exécutoire par un décret du 12 avril 1725. Le tracé, figuré sur le plan Forestier de 1726, prévoit la reconstruction du pont de la Poissonnerie et du pont de Toussaint, la construction de deux ponts supplémentaires, l´un dans l´axe du Parlement, en lien avec la création d´une place au sud, l´autre, dans l´axe de la rue de Rohan. Seul, le pont Saint-Germain est conservé. Le plan de 1830 figure le pont de Berlin, construit en prévision de la canalisation de la rivière. En 1837, le conseil municipal adresse une demande au ministre du Commerce et des Travaux publics pour la construction de cales et de quais nécessaires aux besoins du commerce. Une étude préparatoire est réalisée par l´ingénieur Coiquaud sous la direction de Robinot, en 1838, puis de Lord sous la direction de Guichard et de Le Pord. Les travaux débutent en 1841 ; les quais sont construits en 1843, entre le pont de Nemours et le pont de Berlin (quai Lamartine et cale du Pré-Botté) et prolongés, en 1846, à l´ouest jusqu´au pont de Chaulnes (quai Lamennais) et à l´est jusqu´au pont Saint-Georges (quais Châteaubriand et quai Emile-Zola) ; ils s´achèvent en 1861, après la destruction de l'ancien hôpital Saint-Yves (quai Duguay-Trouin). Le canal, compris entre deux quais de 10 mètres, a une largeur de 25 mètres. La rivière est profondément encaissée ; trois cales sont prévues, au centre et à chaque extrémité du bief, associées à quatre escaliers, de manière à augmenter les pôles de déchargement, malgré la demande du conseil municipal qui espérait la construction d´une cale à chaque pont. Trois nouveaux ponts sont construits pour relier la ville haute et la ville basse : le pont de Nemours, reliant les rues de Rohan et de Nemours, le pont Napoléon III, qui remplace le pont de Chaulnes, enfin le pont Pasteur, qui remplace le pont Saint-Georges. Trois ponts sont supprimés : le pont Saint-Yves, ceux de la Poissonnerie et de l'Ille, enfin l'ancienne passerelle Saint-Germain. La construction des quais entraîne également la suppression du moulin de la Poissonnerie et l'inutilité du canal de dérivation, baignant les murs de la ville basse, qui sera comblé pour devenir le boulevard de la Liberté. Le prolongement, à l'ouest, sera réalisé sous le Second Empire, après la construction du pont Napoléon III en 1861, qui remplace le pont de Chaulnes, suivant un tracé oblique par rapport à l'axe des quais. Le prolongement, à l'est, du Mail-Donges au gué de Baud, sera effectué en 1848, au moyen d'une simple levée de terre. Le quai de Richemont, dont la construction est votée en 1861, n'est effectivement visible que sur les plans de 1880. La cale du Pré-Botté, aménagée en 1843, sera supprimée en 1880, étant donné le rôle secondaire de son trafic, inférieur à celui des cales de Saint-Cyr et de la Prévalaye et du port du Mail. Après la rectification des quais, on y construira le palais du Commerce. Le canal est comblé entre 1911 et 1913, entre le pont de Nemours et le pont de Berlin, où un jardin public est aménagé devant le palais du Commerce, puis entre le pont de Nemours et le pont Napoléon III, enfin dans le bief de la Chapelle-Boby, entre la rue Leconte-de-l´Isle et l´avenue François-Château, pour permettre la construction d´une voie rapide.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1722, daté par travaux historiques
1837, daté par source
1838, daté par source
1841, daté par source
1846, daté par source
1848, daté par source
1861, daté par source
Auteur(s) Auteur : Coiquaud, ingénieur civil, attribution par travaux historiques
Auteur : Lord, ingénieur, attribution par travaux historiques
Personnalité : Ponts-et-Chaussée, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Ville de Rennes, commanditaire, attribution par source

Données complémentaire architecture Rennes

IAUT nsp
ICHR typicum
IESP unicum aire d'étude
ICONTX structurant
POS sans objet
SEL sélection requise
NATURE sans objet
RESEAU réseau principal traversant
MORPHO sans objet
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Extrait d'une note établie en 1843 (A. C. Rennes 1 O 333).

    Le plan de redressement du lit de la rivière en vue de la construction des quais, dressé par Robelin en 1722 et rendu exécutoire par un décret du 12 avril 1725 est maintenu par les lois de 1791, « nul ne pouvait édifier ou réparer un bâtiment sur le bord de la Vilaine, sans en avoir obtenu l´autorisation, qui ne pouvait être accordée lorsque l´édifice se trouvait placé sur un terrain devant être occupé pour l´exécution du projet de rectification ou d´élargissement du lit de la rivière. ».

  • Rectification de la Vilaine et achèvement des quais

    « L´Empereur a bien voulu promettre à la ville de Rennes l´achèvement de ses quais, et prescrire le redressement de la rivière de Vilaine, en aval du pont de Chaulnes, jusqu´à l´extrémité ouest du Mail.

    Assurément il a entendu doter l´ancienne capitale de la Bretagne d´une oeuvre digne d´elle et de Lui.

    Mais le projet dressé en conséquence de sa décision ne répond pas à sa haute et généreuse pensée.

    Ce projet, qui coûtera très cher, est très incomplet, très défectueux, et tel qu´on serait réduit à en désirer l´ajournement, parce qu´une fois exécuté il ferait obstacle à toute opération ultérieure.

    En effet, il conserve le cours oblique de la rivière sans le redresser dans l´ensemble de sa direction.

    Après avoir fait au départ et tout près d´un pont un coude très prononcé avec les quais qui traversent la ville en ligne droite, après avoir rompu cette lige, il vient faire un nouveau détour en sens contraire, au point d´arrivée ;

    Il se dirige sur l´Abattoir et arrive en écharpe sur la porte de cet établissement, qu´il faudrait cacher ;

    Il rend impossible, à cause de la proximité des bâtiments, le pont qui doit réunir l´Abattoir aux routes de Brest et Vannes, d´où viennent la plus grande partie des bestiaux ;

    Il laisse entre la rivière et le Mail, au sud de cette promenade, que les maisons assombriraient, un îlot irrégulier, insuffisant pour des constructions de quelque importance.

    Une autre direction se présente à l´esprit plus naturellement et a toujours été regrettée ; c´est le prolongement en ligne droite des quais jusqu´à la rencontre de la rivière de l´Ille, au pied de Saint-Cyr et au nord du Mail. Ce serait encore aujourd´hui plus simple et plus beau.

    Ce plan, qui de longtemps n´obligerait pas de refaire des ponts, coûterait bien moins, parce qu´il est plus court, qu´il emprunte d´une part des terrains appartenant à la ville ou à l´Etat, et d´autre part, qu´il traverse des terrains non bâtis, non couverts encore de chantiers et moins chers en ce moment.

    Il abrégerait d´ailleurs les routes de Brest et de Vannes ;

    Il rendrait plus facile le raccordement du vieux quartier de la rue de Brest, qui réclame avec raison des améliorations ;

    Il procurerait une belle perspective sans que pour cela la ville parût plus courte, parce que la vue serait arrêtée par le bureau d´octroi que l´on construirait à l´extrémité de la ligne droite, sur le coteau de Saint-Cyr ;

    Enfin, il donnerait à la ville, ce qui est très important pour les étrangers souvent égarés par les détours de la ligne centrale, comme à Paris par la Seine, et surtout à Londres par la Tamise, un seul axe, celui des quais, qui s´étendrait dans sa longueur entière, la ville dût-elle avoir 450 000 habitants.

    Ainsi, sous tous les rapports, ce plan serait préférable et digne du Donateur. L´Empereur a voulu faire à la ville de Rennes un don impérial ; il ne voudrait pas qu´on la gratifiât en son nom d´un travail aussi incomplet que le projet mis à l´enquête, et il suffira de lui faire connaître le meilleur projet pour qu´il en ordonne l´adoption. ».

  • Rapport sur les bateaux-lavoirs 1887-1953 (A. C. Rennes ; 26 W 2)

    Les bateaux-lavoirs

    Un recensement de 1887 signale 11 bateaux-lavoirs sur la Vilaine et 3 sur l´Ille, d´une capacité moyenne de 25 bancs.

    La Vilaine :

    4 : quai de Nemours

    4 : quai de l'Université

    2 : quai de Baud (dont literie militaire)

    1 : Saint-Hélier (14 employés en 1887 ; 12 en 1900)

    L'Ille :

    1 : Saint-Cyr

    1 : canal Saint-Martin

    1 : rue Legraverend

    En 1946 il est interdit de reconstruire les bateaux-lavoirs complètement sinistrés.

    Les lavoirs publics

    En 1887, le recensement dénombre 44 lavoirs sur l´Ille : moulin Saint-Martin (6), ruelle Saint-Martin (2) canal Saint-Martin (2), rue Basse (12), rue du Mail (3), Saint-Cyr (4), île Matibus (3), prairie Delys (5).

    1900 : 39

    Vers 1900, on dénombre 39 lavoirs. Ceux de la rue du Mail, de l´île Matibus et des prairies Delys ont disparu mais le nombre des lavoirs est en augmentation à Saint-Cyr (7) et au moulin Saint-Martin (7).

    L´aménagement du boulevard de Chézy a sans doute une incidence sur le nombre de lavoirs, comme le laisse supposer la baisse du nombre des lavoirs rue Basse (10 vers 1900) et la disparition des lavoirs de la prairie Delys. C´est alors rue de Brest qu´apparaissent de nouveaux lavoirs (7), à cette date.

    Le nombre de lavoirs sur la Vilaine est moins important, il passe de 18 en 1887 à 12 vers 1900. Ceux-ci sont principalement localisés rue Saint-Hélier (14) et plus ponctuellement pont Laënnec, cale de Viarmes, canal du Gué-de-Baud, escaliers des quais. Vers 1900, il ne subsiste que 12 lavoirs rue Saint-Hélier.

    Les laveuses au bord des rives

    En 1889, elles se situent :

    -rue Saint-Hélier (Vilaine)

    -prolongement des quais (Vilaine)

    -canal Saint-Martin sur les deux rives (Ille)

    -ruelle de Saint-Cyr et rue de Brest (Ille)

    -Communauté de l'Adoration (Ille)

    Nombre de laveuses par jour en semaine : 40 (Ille) et 60 (Vilaine)

    Nombre de laveuses par jour le samedi : 22 (Ille) et 15 (Vilaine).

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 52. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Quai de la Prévalaye (1857-1907) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 54. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Avenues Aristide-Briand et Sergent-Maginot (1865-1952) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 49. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Quai Emile-Zola (1821-1863) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 51. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Quai Lamennais (1846-1868) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 50. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Quai Chateaubriand (1842-1922) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 58. Voirie urbaine. Quais sur la Vilaine. Quai Saint-Cyr (1868-1869) .

  • A. C. Rennes. Série O ; 1 O 333. Voirie urbaine. Canton sud-ouest. Rue d'Argentré (1810-1866) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C. Fonds de l'Intendance ; C 325. Ville de Rennes. Ecluses (1762-1781) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C. Fonds de l'Intendance ; C 324. Ville de Rennes. Ecluses (1783-1788) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C. Fonds de l'Intendance ; C 323. Ville de Rennes. Ecluses (1773-1782) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C. Fonds de l'Intendance ; C 322. Ville de Rennes. Ecluses (1722-1772) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C. Fonds de l'Intendance ; C 321. Ville de Rennes. Ecluses (1690-1784) .

Documents figurés
  • [1910 ca]. La Vilaine canalisée, vue depuis le port de Viarmes, photographie, par Le Couturier, 1er quart 20e siècle (A. D. Ille-et-Vilaine ; 8 Fi 270).

  • [1855 ca]. Projet de rectification de la Vilaine. Achèvement des quais, imprimé, vers 1855 (A. C. Rennes).

  • [1900 ca]. Rennes. La Chapelle-Boby. Arrivée du tramway de La-Guerche, carte postale, E. Mary-Rousselière éditeur, 1er quart 20e siècle, in Rennes et pays de Rennes en 1900, Cesson : Jean-Luc et Jean-Marie Boure éditeurs, Mémoire photographique de notre siècle, 1992.

  • [1855 ca]. Redressement du lit de la Vilaine, en aval de la ville de Rennes, dessin, vers 1855 (A. C. Rennes ; 3 Fi 87).

Bibliographie
  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p. 281-287, 411
  • NIERES, Claude. La reconstruction d'une ville au XVIIIe siècle. Rennes 1720-1760. Paris : C. Klincksieck, 1972.

  • MERRIEN, François-Xavier. La bataille des eaux, l'hygiène à Rennes au XIXe siècle, Rennes : P. U. R., 1994.

    p. 81, 83-87