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Carrière de grès rose Barrier dite du Routin, puis carrière et usine de fabrication de matériaux de construction de la Société Anonyme des Carrières de l'Ouest, puis de la Société des Carrières de Fréhel (Fréhel)

Dossier IA22001322 réalisé en 2002

Fiche

  • Ancien site d'extraction.
    Ancien site d'extraction.
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • bureau
    • forge
    • port
    • logement patronal
    • logement de contremaître
    • logement d'ouvriers
Précision dénominationcarrière de grès rose
Appellationscarrière Barrier dite du Routin, puis carrière et usine de fabrication de matériaux de construction de la Société Anonyme des Carrières de l'Ouest, puis de la Société des Carrières de Fréhel
Parties constituantes non étudiéesatelier de fabrication, bureau, forge, port, logement patronal, logement de contremaître, logement d'ouvriers
Dénominationscarrière, usine de fabrication de matériaux de construction
Aire d'étude et cantonArrondissement de Dinan - Matignon
AdresseCommune : Fréhel
Lieu-dit : Carrière du Routin
Cadastre : 1983 AD 1 à 23, 282, 292 à 339

Les carrières littorales du Routin sont créées en 1886 par Emile Barrier, entrepreneur au Mans (72). L'extraction s'effectue dans deux centres principaux : la Carquois et au Vieux Bourg, ces deux exploitations étant reliées entre elles, vers 1900, par un chemin de fer longeant la falaise. Sous la direction d'Emile Barrier, la société comprendra plusieurs sites d'extraction complémentaires situés dans le département des Côtes d'Armor : à la Fosse-Evrand, au Cap d'Erquy et sur cinq îles des Iles Grandes. En 1891, Emile Barrier fonde la Société Anonyme des Carrières de l'Ouest, dont le siège est à Paris (75), et qui possède, en outre, des exploitations à Voutré en Mayenne (53), à Cherbourg et Lithaire dans la Manche (50), à Perrières et May-sur-Orne dans le Calvados (14), enfin à Domfront dans l'Orne (61). En 1892-1893, pour faciliter l'embarquement et l'exportation des matériaux extraits, E. Barrier fait édifier, à l'est de la grève de Minieu, un port qui se compose d'une jetée-abri, d'une longueur de 70 m, suivie d'un quai long de 80 m qui s'enracine dans la falaise ; la jetée consiste en un mur de 3 m de largeur au sommet, construite avec du mortier de ciment, de chaux hydraulique et de sable. Ce port est le lieu d'expéditions quotidiennes de 100 t de produits tirés de la falaise. En 1893, cinq logements et un logement-bureau sont édifiés à la Carquois. Un an plus tard, deux autres logements sont construits au même endroit, ainsi que trois nouvelles maisons et une forge à la Lande. En 1896 et au cours des années suivantes, de nouvelles constructions sont réalisées : une maison à la Lande, une forge à la Fosse en 1897, une maison au Vieux bourg et une à la Grande Lande en 1900, puis une nouvelle forge au Routin en 1901. Au début du 20e siècle, les seuls produits fabriqués, à partir de l'extraction de grès quartzite rose à grains fins, sont des pavés et du macadam expédiés par bateau de la carrière de la Carquois où se trouve le port Barrier. Dans les années 1920, les pavés sont expédiés, pour l'entretien des rues, à Paris (75) et dans des villes du nord et de l'ouest de la France comme Dunkerque (59), Calais (62), Boulogne (62), Le Havre (76), Rouen (76) ou encore Bordeaux (33). L'expédition s'effectue par bateau au départ des carrières ; les pavés sont conduits par wagonnets Decauville au port Barrier. Ultérieurement, la construction de la ligne de chemin de fer Yffiniac-Matignon-Lamballe-Pléneuf permet d'exporter les produits sur Paris (75) par voie ferrée, via Lamballe (22), sans passer par la voie maritime de Saint-Malo (35). En 1925, la production annuelle atteint environ 35 000 pavés (de 10 kg) et 1200 t de macadam. En 1929, les Carrières de l'Ouest subissent de plein fouet la crise, jusqu'alors les pavés produits étaient exportés dans toute l'Europe. La production, toujours destinée au génie civil, évolue ensuite avec les nouvelles techniques de construction des routes. En 1938, mention d'une usine d'enrobage au port Barrier comprenant un malaxeur actionné par une locomobile mi-fixe et une chaudière pour le réchauffage du liant. A cette date, la production atteint 24 000 t de graviers, 1 100 000 pavés mosaïques, 5000 t de sable ordinaire de concassage et 5000 t de macadam, les concassés étant vendus dans les départements des Côtes d'Armor et d'Ille-et-Vilaine, et les pavés dans la région parisienne et vers le nord de la France. La production des pavés est stoppée après la Seconde Guerre mondiale. Les matériaux font désormais l'objet d'un concassage. Après 1950, la société prend une nouvelle orientation et se spécialise dans les matériaux destinés à la fabrication du béton, et ponctuellement à quelques grands chantiers comme le Barrage de la Rance. De 1952 à 1994, le port Barrier est laissé à l'abandon. Jusqu'en 1990, la société, devenue Carrières de Fréhel, continue d'évoluer au rythme des nouvelles technologies et des nouveaux matériaux mis en oeuvre dans les travaux du génie civil. Le grès est concassé pour en faire du sable qui entre à 50 % dans la fabrication du béton. La société est alors le fournisseur de toutes les centrales à béton de la région (onze au total) situées entre Saint-Malo (35) et Paimpol (22). De 1994 à 1995, bénéficiant d'un important chantier d'enrochement à Jersey, la société reconstruit son ancien port qui lui permet encore aujourd'hui d'importantes exportations sur toute la côte britannique sud ; 30 % de sa production est exportée. Sa clientèle internationale compte notamment Lafarge, Tarmac, RMC... Les carrières de Fréhel, toujours en activité, sont spécialisées dans la fabrication de matériaux microrugueux très appréciés pour former la couche de roulement des routes, essentiellement britanniques. En 1920, l'exploitation se fait exclusivement au moyen de coups de mine et à la main. En 1925, la force motrice nécessaire au concassage de la pierre et à la production d'air comprimé pour le forage des trous de mine et la fente des blocs est fournie par un moteur à gaz pauvre Winterthur de 75 ch et par un moteur portatif Aster de 12 ch monté sur voie Decauville de 0, 50 m. Cette voie Decauville, de 2700 m de long, établie le long de la côte, conduit au port Barrier ; les produits y sont amenés par traction animale. En 1930, un procès verbal de visite des lieux mentionne l'existence d'un moteur diesel de 100 ch actionnant un concasseur qui peut produire 100 m3 de pierres cassées par jour, ainsi qu'un compresseur et un moteur actionnant le plan incliné pour le montage du macadam au niveau du chemin de fer départemental. Un autre concasseur actionné par un moteur à gaz pauvre de 75 ch peut produire 100 m3 de macadam par jour qui est expédié par bateau. En 1938, l'énergie est fournie par la Cie Lebon sous 15 000 V. En 1925, le personnel des Carrières de l'Ouest comprend cent vingt ouvriers, dont un tiers est occupé à l'abattage, un tiers à la confection des pavés dont une dizaine d'enfants employés au débosselage des pavés, et un tiers à la manipulation des produits et au concassage du macadam. En 1932, deux cent dix ouvriers travaillent sur le site.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates1886, daté par travaux historiques

Les carrières sont situées dans la falaise et s'étendent sur 3 à 4 km au bord de la mer. Leurs hauteurs variables peuvent atteindre environ 35 m, surplombant ainsi la Manche. On distingue d'une part le site d'extraction et d'exploitation ouvert sur la mer, et d'autre part les logements qui se situent au sommet de la falaise. L'extraction s'organise sur la côte littorale, entre le Cap-Fréhel et la commune des Sables d'or. Entre ces deux extrémités, le site s'organise, d'est en ouest, entre la Pointe de l'Assiette, la Pointe des Châtelets, la Pointe de la Génière, la Pointe de la Guette, et l'écluse de la Ville Durand située à l'est du Port Barrier. Ces pointes séparent quatre échancrures successives taillées dans la falaise formant de vastes alvéoles d'extraction dans l'une desquelles est implantée l'usine de fabrication de matériaux de construction. A chacune des extrémités se situent d'une part la jetée du port Barrier, et d'autre part les anciens ateliers, bureau et logement édifiés à la fin du 19e siècle à l'entrée du site ; ils sont bâtis en moellons de grès, comptent un étage carré pour le logement de contremaître et les bureaux, et sont couverts de toits à longs pans en ardoises. Au sommet de la falaise et à l'écart du site d'exploitation subsistent l'ancien abattoir, le logement patronal et trois grands corps de bâtiments abritant des logements d'ouvriers bâtis au cours de la dernière décennie du 19e siècle. Ils sont tous édifiés dans les mêmes matériaux, le grès rose issu de la carrière, certains étant partiellement recouverts d'enduit.

Mursgrès
métal
essentage de tôle
enduit partiel
moellon
Toitardoise, métal en couverture, tôle nervurée
Étages1 étage carré
Couverturestoit à longs pans
lanterneau
Énergiesénergie thermique
énergie électrique
produite sur place
achetée
Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • A l'extrême fin du 19e siècle, le littoral allant de Erquy à Pléhérel est jalloné par un cordon de carrières qui surplombent la mer, appartenant pour l'essentiel à Emile Barrier. Ces carrières ont été exploitées par ce dernier jusqu'au 26 novembre 1892, date à laquelle il fonde la Société Anonyme des Carrières de l'Ouest, dont le siège social est à Paris ; elle reprend l'ensemble de ces carrières et est par ailleurs propriétaire de quatre autres exploitations situées en Mayenne, dans la Manche, le Calvados et l'Orne, chacune d'entre elles formant un groupe indépendant. Au début du 20e siècle, la Société des Carrières de l'ouest, représentée par M. Gérault, fournit la presque totalité des produits extraits dans la région.

    Un procès verbal daté de 1902 apporte quelques précisions concernant la localisation exacte de quelques uns des chantiers répartis sur la commune d'Erquy.

    L'extraction a notamment lieu dans deux chantiers différents situés au cap d'Erquy. Ils sont ouverts à flanc de coteau aux lieux dits le Pendu et la Pointe du Port. Les fronts de taille sont coupés en gradins très inclinés, et atteignent jusqu'à 15 et 20 m de hauteur. L'inclinaison des bancs de grès est de 30° dirigés vers le nord, en sens inverse des fronts de taille. Les parties supérieures des fronts de taille sont parfois recouvertes d'un conglomérat qui est coupé en retrait avec talus. Le personnel occupé dans ces deux chantiers se compose de trente ouvriers dont la moitié est occupée à l'abatage et au débitage des blocs. Le reste, comprenant neuf enfants âgés de moins de dix-huit ans, est occupé à la fabrication et au débosselage. Le tirage des coups de mine a lieu généralement à la poudre Favier avec bourroirs en bois et il est parfois employé de la poudre noire en grains, introduite sous forme de cartouches, avec usage, dans ce dernier cas, de bourroirs entièrement en cuivre.

    A l'est de la carrière Saint-Michel, se trouve la carrière de la Pointe du Port, également exploitée par la Société des Carrières de l'ouest, à flanc de coteau sur le sommet du cap d'Erquy d'où les produits sont descendus au quai d'embarquement au moyen d'un plan incliné à chariot porteur. La hauteur maximum des fronts de taille est de 15 à 18 m avec gradins. Le personnel occupé dans ces deux exploitations compte cinquante-six ouvriers dont onze enfants.

    En 1911, le rapport du contrôleur des mines précise que la surface de terrain sur laquelle porte l'exploitation de la Société des Carrières de l'ouest représente 18, 10 ha. La roche extraite est le grès silurien d'Erquy. L'exploitation à ciel ouvert est répartie sur cinq chantiers donnant une longueur d'environ 800 m de la côte d'Erquy à Saint-Michel. Les moyens mécaniques employés consistent en une voie Decauville de 0, 50 et d'environ 1000 m de développement qui relie tous les chantiers au port d'Erquy où un môle permet le chargement sur bateaux. Le chantier le plus proche du port, où vient aboutir la voie qui traverse les autres chantiers d'extraction, est à une altitude de 26 m au dessus du quai. Pour la desserte des produits, un plan de deux voies parallèles est incliné à 45° où roulent deux chariots porteurs qui reçoivent les wagonnets. Le câble, en fil d'acier, est enroulé sur un tambour à freins. Le personnel comprend au total cinquante-six tailleurs de pavés, cinq casseurs de pierres, quarante-sept manoeuvres, soixante-sept extracteurs-coupeurs, cinq chefs de chantier, un charretier, vingt et un enfants apprentis, soit un total de deux cente deux employés. Le travail s'effectue à la tâche et à l'heure.

    Les explosifs employés sont la poudre noire en grain et en cartouches comprimées, et la poudre Favier ; ils sont stockés dans deux poudrières situées à Erquy et à Saint-Michel. Toutes deux sont construites en maçonnerie et couvertes de terre. Celle d'Erquy est située à 40 m des maisons les plus proches et à 85 m des chantiers, tandis que celle de Saint-Michel est distante de 50 m des maisons les plus voisines et à 70 m des chantiers. La production de 1910 s'est élevée à 850 000 pavés (le prix moyen du pavé vendu à Paris, le principal consommateur, est de 300 francs le millier).

    Indépendamment de ce centre important, se trouvent au lieu-dit Ty-es-Roc, quatre exploitation appartenant à des carriers indépendants du pays, qui y travaillent en famille ou avec quelques ouvriers. Les pavés produits sont, pour la plupart, rétrocédés à la Société des Carrières de l'ouest ; la production concerne également un peu la pierre de taille vendue sur place pour la construction.

    - La carrière de François Gour consiste en une exploitation avec gradins peu inclinés et de faible hauteur. Les produits extraits sont des dalles, des pavés, des moellons et des pierres de taille.

    - La carrière Allée consiste en un front de taille coupé en gradins très peu inclinés - bourroirs en fer et cuivre - Elle emploie sept ouvriers.

    - La carrière des frères Lefèvre emploie dix ouvriers.

    - La carrière Rault emploie deux ouvriers.

  • 20022216339NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 11 S 5 (30) II.

    20022216340NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 11 S 5 (30) II.

    20032201464NUCB : Tribunal de grande instance (registre du commerce), Dinan, Non coté.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série P ; sous-série 3 P : 3 P 184 (6). Fonds du cadastre ancien. Documentation cadastrale par ordre alphabétique de communes. Pléhérel, matrice des propriétés bâties (cases 1-980), 1882-1911.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 11 S 5 (30) II. Service maritime (hors Rance maritime). Biens (classement par communes) : Pléhérel, baux, concessions temporaires, 1887-1927.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 11 S 5 (30) IV. Service maritime (hors Rance maritime). Biens (classement par communes) : Pléhérel, alignements, permissions de voirie, 1881-1899.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (53). Mine : contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (178). Mine : contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 80 S : 80 S 2 (200). Mine : contrôle de l'industrie minérale et métallurgique. Gisements (dossiers classés par commune), an XI-1936.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; S supplément 252. Carrières de l'Ouest : généralités, personnel, travaux d'exploitation, contentieux, 1898-1939.

  • AD Côtes d'Armor. Série Z ; sous-série 1 Z : 1 Z 80. Sous-préfectures (an VIII-1940). Sous-préfecture de Dinan ; industrie et travail : grèves, 1893-1900.

Bibliographie
  • Le développement économique des Côtes-du-Nord : agriculture, industrie, commerce. Saint-Brieuc : Ministère de la guerre - comité d'action économique de la Xe région. 1919.

    p. 47 ; 143-153 Bibliothèque municipale de Rennes : 48602
  • RONDEL, Eric. Le Penthièvre : histoire, découverte et légendes. Du Gouessant à l'Arguenon. Editions Club 35, 1997.

    p. 35