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Centrale hydroélectrique du Barrage de Rophemel (Guenroc)

Dossier IA22016807 réalisé en 2002

Fiche

Appellations Barrage de Rophemel
Parties constituantes non étudiées salle des machines, logement de contremaître, bassin de retenue, restaurant, bief de dérivation, barrage
Dénominations centrale hydroélectrique
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude - Caulnes
Hydrographies Rance la
Adresse Commune : Guenroc
Lieu-dit : Barrage de Rophemel
Cadastre : 1983 B1 30 ; Plouasne 1987 A2 364, 1026 à 1030, 1452
Précisions oeuvre située en partie sur la commune Plouasne

Le 25 juillet 1929, un décret du président de la République déclare d'utilité publique les travaux à entreprendre en vue de l'aménagement d'une chute d'eau sur la Rance et ses affluents pour la mise en place de l'usine hydroélectrique de Rophemel, projetée sur les communes de Caulnes (22), Guitté (22), Guenroc (22) et Plouasne (22). La Société Hydroélectrique de la Haute Rance est chargée de l'exécution des travaux qui débutent en 1931, des forages ayant été entrepris pour sonder le sous-sol dès 1921. En février 1931, la Compagnie du Bourbonnais est autorisée à construire une ligne de transport d'énergie électrique à la tension de 15 000 V entre le moulin de Néal, à Guitté (22), et le barrage de Rophemel, à Plouasne (22). La ligne, mesurant 2 420 m de longueur, est destinée à l'alimentation en énergie électrique du chantier de l'usine hydroélectrique. Faute de ressources financières suffisantes, les travaux sont interrompus en 1933. Le 1er septembre 1934, un second décret substitue la Société Lebon et Cie à la Société Hydroélectrique de la Haute Rance. Les travaux, repris en 1935, se poursuivent activement en 1936. Le barrage et son usine sont construits en trois ans par plus de deux cents ouvriers (dont une soixantaine de terrassiers) dont la plupart a participé à la construction du barrage de Guerlédan, à Mûr-de-Bretagne (22). En 1935, deux logements sont construits sur la commune de Plouasne. Situés à Guenroc, les bureaux sont bâtis la même année puis transformés en restaurant dit Les Soupières. Les vannes de l'usine sont ouvertes courant septembre 1937. Un décret du 17 septembre 1970 autorise la ville de Rennes à acheter la chute avec la possibilité de puiser quotidiennement au maximum 35 000 m3 d'eau moyennant une redevance par m3 pompé. Trois services d'EDF sont rassemblés sur le site de Rophemel : production, transport et distribution. En 1973, le poste de 63 kV est agrandi et un bâtiment est construit pour abriter un second poste de 20kV. En 1985, la partie transport du poste de 63 kV est rénovée. Ainsi, deux lignes haute tension de 63 kV assurent le transport de l'électricité et à la sortie du poste, un centre de distribution alimente les usagers en 220-380 V à partir de lignes de 20 kV et de transformateurs. La centrale hydroélectrique est toujours en activité. Deux turbines Kaplan entraînent deux alternateurs qui produisent une puissance de 5 mW. En 1966, les régulateurs liés aux turbines sont rénovés. Le site est inscrit et protégé depuis 1945.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle
Dates 1931, daté par source, daté par travaux historiques, daté par tradition orale
1934, daté par source
1935, daté par source
1936, daté par source
1973, daté par source
1985, daté par source

Appuyé d'une part, sur une falaise rocheuse, et d'autre part sur le saillant des vallées de la Rance et du Néal, le barrage de Rophemel, à voûtes multiples et contreforts, est construit en béton armé. Etabli sur le rocher granitique, il se compose de trois éléments essentiels : le rideau, formé de voûtes circulaires en plein cintre ; les contreforts qui supportent le rideau ; et le radier d'étanchéité. Les voûtes circulaires, au nombre de seize, mesurent 30 cm d'épaisseur à la base et 20 cm au sommet. Elles sont inclinées à 45°, toutefois, à la partie haute du barrage, elles se relèvent pour devenir verticales à la crête, de façon à ce que le rideau ait la forme d'un cylindre de révolution à 45 °, surmonté d'un tore, puis d'un cylindre de révolution vertical. Le rideau est couvert sur son parement amont, d'un enduit au mortier de ciment ; cet enduit contient un grillage métallique et est recouvert d'un enduit asphaltique ou bitumineux. Les contreforts, en béton armé ne sont pas parallèles entre eux, mais convergent vers un axe vertical de sorte qu'en plan, le barrage présente la forme d'une circonférence de 370 m de rayon, le long de laquelle les contreforts sont espacés de 5, 55 m d'axe en axe et convergent vers le centre. Les contreforts sont raidis par des nervures verticales, espacées de 5 m ; ils sont contreventés par une série d'entretoises, appuyées sur les nervures et disposées en nappes parallèles à l'axe des conduites de prise d'eau. Le radier d'étanchéité, d'une largeur minimum de 4 m, a pour rôle essentiel de fermer autant que possible le joint qui peut se former entre le béton du barrage et le rocher sous-jacent. Deux prises d'eau sont placées dans des travées distinctes du barrage et séparées l'une de l'autre par une travée normale ; elles alimentent les turbines. La crête du barrage, qui atteint 126 m de large, se situe à 26 m au-dessus du sol ; la longueur du lac atteint, quant à elle, à 7 km. Le barrage a une capacité de retenue de 5 millions de m3 d'eau et la surface du bassin versant est de 356 km2. Située en contrebas et au pied du barrage, la salle des machines entièrement construite en béton armé présente la forme d'un vaisseau couvert d'un berceau surbaissé. Les logements et le restaurant, disposés de part et d'autre du barrage sur les flancs de la vallées, sont bâtis en parpaings de béton recouverts d'enduit et présentent des couvertures à longs pans en ardoises.

Murs béton
enduit
parpaing de béton
béton armé
Toit ardoise, béton en couverture
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvertures terrasse
toit à longs pans
Énergies énergie électrique
produite sur place
turbine hydraulique

Présence de l'équipement énergétique d'origine (turbines, alternateurs et régulateurs). Machine étudiée dans la base Palissy.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 17 S : 17 S 1 (36). Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassin de la Rance, la Rance, 1824-1938.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 22 (1). Service hydraulique. Versant de la Manche. Bassin de la Rance, la Rance, 1854-1929.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; S supplément 6. Electrification et distribution d'énergie électrique, usine de Rophemel : expropriations, acquisitions de terrain, etc., 1921-1948.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; S supplément 7. Electrification et distribution d'énergie électrique, établissement et aménagement d'usines hydroélectriques : sur la Rance à Rophemel, enquête d'utilité publique, expropriations, etc., 1931-1937.

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; S supplément 73. Barrage de Rophemel : projet, enquête d'utilité publique, concession de la construction et de l'exploitation à la Société Hydroélectrique de Haute Rance, etc., 1929-1957.

Bibliographie
  • LOUESSARD, Eric. Caulnes pays de Rance et son canton. Guingamp : éditions de la Plomée, 2000.

    p. 289-292