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Chapelle des Paulines puis des Ursulines, rue Poul Raoul (Tréguier)

Dossier IA22132850 réalisé en 2017

Partie constituante du couvent des Paulines puis des Ursulines, la chapelle ou église conventuelle était un sanctuaire semi-privé ouvert vers la ville, accueillant les fidèles dans l'atmosphère recueillie de ses offices. L'édifice présente un plan à la fois simple et savant, symétrique par rapport à l'axe transversal, qui permet de séparer les fidèles des religieuses tout en assurant des perspectives visuelles. Cette distribution de l'espace est magnifiée par un décor raffiné de conception originale qui mêle éléments sculptés de la seconde moitié du 18e siècle et peintures de la seconde moitié du 19e siècle. Mis à mal par des affectations diverses, ce décor a bénéficié d'une restauration à la fin des années 1990. La chapelle compte désormais parmi les équipement culturels de la ville et abrite des expositions temporaires.

Cet édifice est protégé au titre des monuments historiques.

Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : rue Poul Raoul

Une histoire mouvementée

La chapelle des Paulines est construite autour de 1760 sur un terrain d'environ un hectare et demi, nouvellement acquis par la congrégation des soeurs de Saint Vincent de Paul, entre les actuelles rues Poul Raoul/Gambetta et Le Peltier. Elle forme avec le grand logis un ensemble conventuel disposé autour d'une cour intérieure (voir dossier correspondant).

Les Paulines disparaissent de Tréguier en 1792 et n'y reviendront jamais. L'intérieur de la chapelle est endommagé par le bataillon d'Etampes, affecté à Tréguier entre février et mai 1794, responsable d'exactions et d'actes de vandalisme dans la ville. Le couvent est affecté à l'armée jusqu'en 1802 (la chapelle sert d'écurie au régiment de cavalerie) puis aux hospices avant d'être vendu aux Ursulines en 1829, déjà installées dans le monastère depuis 1809.

En 1905, avec la séparation de l'Eglise et de l'Etat et l'interdiction aux religieuses d'enseigner, le couvent est transformé en école supérieure de jeunes filles. Il semble alors que le choeur des religieuses soit seul utilisé et que le reste de la chapelle soit abandonné comme en témoignent la récupération d'éléments de décor de la nef (angelots sous les niches) dans le choeur et les nombreux graffiti datés des années 1920 aux années 1950.

Un plan axial hérité d'Italie

Le plan adopte le modèle préconisé par Charles Borromée (évêque italien du 16e siècle, fondateur de la Compagnie de Jésus) avec avant-choeur des religieuses dans l'axe du sanctuaire et non perpendiculairement comme c'est majoritairement le cas dans les chapelles des couvents aux 17e et 18e siècles. Le mobilier de la chapelle a disparu, initialement l'autel (dû au sculpteur Le Merer) était placé devant l'arcade, entre la nef des fidèles et l'avant-choeur monastique. Une grille en bois se situait entre les religieuses et les fidèles comme l'attestent les traces d'arrachement et de clous de fixation de la clôture sur la tranche de l'arcade et des baies libres.

Un décor en deux grandes étapes

L'organisation générale du décor et la base de boiseries datent de la seconde moitié du 18e siècle avec un style de transition entre le rocaille et le néo-classique, autour de 1770-80. Les coquilles sous les consoles des niches, les petits angelots au-dessus de l'arcade (initialement sous les niches), les cartouches, les pilastres qui encadrent les fenêtres, les cornes d'abondances, les chutes de feuillages, de fleurs et de fruits sont tous réalisés en bois sculpté.

Un siècle plus tard, au début des années 1870, le décor est entièrement repensé par les Ursulines. Des orgues factices sont installés sur la tribune, des draperies en trompe-l'oeil sont peintes, les fenêtres sont parées de nouveaux vitraux, les armoiries du pape et de l'évêque de Saint-Brieuc et Tréguier sont sculptées au-dessus de l'arcade. Tout le décor peint date également du début des années 1870. Les cadres ornementaux accompagnés de graciles volutes et rinceaux sont attribuables sans doute à Raphaël Donguy, talentueux peintre décorateur briochin, ami de monseigneur David, évêque de Saint-Brieuc. Quant aux "images" des saints de la fausse voûte, elles sont signées Jacques-Marie Herlido, peintre décorateur originaire de Guingamp (1839-1876) " J. HERLIDO, XII.IMAGINES PINXIT.1871" (12 images peintes). La bénédiction de la chapelle a lieu le 18 mai 1873.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1760, daté par source
1871, porte la date
Auteur(s) Auteur : Herlido Jacques-Marie, peintre, signature
Auteur : Donguy Raphaël, peintre, attribution par analyse stylistique

Une église ouverte sur l'extérieur

La chapelle ou église conventuelle occupe le côté Ouest du carré claustral, construite perpendiculairement au grand logis avec lequel elle communique.

Non orientée, elle présente un plan très allongé à vaisseau unique, chevet plat et choeur monastique dans l'axe de l'édifice. Une sacristie double est construite contre la façade Ouest. La façade nord sur rue en pierre de taille de granite présente une composition symétrique avec oculus, bandeaux latéraux ornés d'une niche en plein cintre et porte à fronton et petit perron. Les façades Est et Ouest, l'une en pierre de taille de schiste, l'autre en moellon de schiste et granite, sont percées de cinq fenêtres en plein cintre ornées de vitraux.

Un volume intérieur divisé en trois parties

Le volume intérieur de la chapelle est divisé par une arcade qui sépare le choeur des soeurs de la nef des fidèles. Cet arc transversal est accompagné de deux baies libres et de deux niches à statues plates superposées. Il est architecturée des deux côtés par des pilastres, un fronton brisé et un entablement. Côté choeur, le muret de refend est orné des armes du pape Pie IX (1846-1878), côté nef, des armes (disparues) de Monseigneur Brossais Saint Marc, premier archevêque de Rennes. La différence de niveau entre le bas et le haut de la nef forme une sorte d'estrade pour l'autel, probablement délimitée à l'origine par une clôture basse. L'espace réservé aux fidèles est ainsi restreint à la partie basse de la nef, en contrebas.

Un décor spectaculaire

Le choeur des soeurs est occupé par une tribune avec orgue factice et draperies en trompe-l'oeil. En pendant à cet orgue, une tribune occupe l'autre extrémité de la nef. Le plafond est orné de 12 portraits de saints en médaillons. En plus du décor sculpté et mouluré, la chapelle abrite des décors peints à l'or sur les panneaux latéraux dont les motifs sont chaque fois renouvelés avec une grande finesse : guirlandes de fleurs, entrelacs, cornes d'abondance, palmettes, têtes de sauvage...

Murs granite pierre de taille
schiste pierre de taille
schiste moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Couvrements lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans croupe

Techniques sculpture
peinture
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1992/12/02

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de protection. 2 décembre 1992. Conservation des Monuments Historiques. Direction Régionale des Affaires Culturelles

    Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne - CID Documentation du Patrimoine
Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Tréguier, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 362/1-4
Bibliographie
  • l'architecture religieuse européenne au temps des réformes. Sous la direction de Monique Chatenet et Claude Mignot. Paris, Picard, coll. "De architectura", 2009, 296 p.

  • GUILLOU, Adolphe (préface d'Anatole Le Braz). Essai historique sur Tréguier par un Trécorrois. F. Guyon, Saint-Brieuc, 1913 (réédition collection Monographies des villes et villages de France. Paris, 1993, 204 p.)

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 7382

Liens web

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