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Chapelle Notre-Dame de Locmaria (Nostang)

Dossier IA56007511 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

Les origines d'un lieu de culte à Locmaria sont très anciennes, elles remontent probablement au 12e siècle mais c'est au 15e siècle que la chapelle est érigée. On ignore cependant, la période et les raisons pour lesquelles le bras du transept nord fût obturé. La présence d'un bénitier frappé d'un écu dont les armes sont aussi visibles à Palivarch, mais dont la famille n'a pas été identifiée, laisse à penser que cet espace fût transformé pour accueillir une chapelle seigneuriale. Cependant, une autre hypothèse doit aussi être envisagée : celle d'un espace créé pour la sacristie lors de l'utilisation de la chapelle comme église paroissiale au 17e siècle.

Les nombreux écus présents dans cet édifice, et l'identification des familles à laquelle ils appartiennent (Bretagne et Botdéru) permettent d'affirmer que les seigneurs influents sur la chapelle de Locmaria n'était pas seulement issus de Nostang ou des communes voisines, mais parfois de communes plus éloignées. Les ducs de Bretagne ont certainement une part importante dans la construction de cette chapelle, preuve de son importance, soit comme chapelle de pèlerinage, soit comme marqueur territorial.

Outre les nombreuses armoiries, la chapelle possède encore un important décor peint, que l'adjonction d'un bâtiment au 19e siècle a permis en partie de conserver ; ce décor est malheureusement peu visible après restauration et menacé dans le bras sud, la chapelle n'étant pas encore tout à fait hors d'eau. La partie est de la nef, le chœur et les transepts étaient initialement entièrement peint. Des sondages visibles sur les murs de la nef, depuis la restauration de 2001, le confirment. Le décor le plus exceptionnel se situe sur le mur ouest du bras du transept nord. On parvient encore à distinguer trois personnages réduits à l'état de squelette et une croix à bras trefflé sur un fond ocre rouge (fig.26) . Le premier squelette est encore un peu charnu, celui du centre est totalement osseux (fig. 27) tandis que le dernier, sensiblement dans le même état que le précédent est recouvert d'un suaire (fig. 28). Il s'agit de la représentation des trois morts. Les trois vifs devaient très certainement se situer sur le mur nord, mais aucune trace de peinture n'est visible aujourd'hui. Ces trois personnages étaient représentés sous la forme de trois jeunes hommes élégamment vêtus. Cette iconographie du "Dit des trois morts et des trois vifs" dont le thème est l'évolution du corps après la mort (où la décomposition) était une scène très prisée au 15e siècle. Sur le mur est de cette pièce (fig. 29 et 30), un personnage a déjà disparu. Dans les ébrasements de la baie : sainte Catherine (fig. 31) et la Vierge Marie (fig. 32). Au dessus le Christ (fig. 33) et à côté, l'archange Gabriel (fig. 34). Dans les écoinçons du mur méridional, saint Pierre et saint Paul (fig. 35 et 36). Les fresques du transept sud ont quasiment toutes disparues et les quelques traces encore visibles ne nous permettent pas d'identifier le personnage représenté (fig. 37). Le décor peint dans l' intrados (19e siècle) de la chapelle est semblable à celui de la chapelle Saint-Bieuzy (fig.38). On notera aussi la présence des statues de saint Cornély et sainte Barbe (fig. 39) au chevet, et à l'extérieur, au sud-ouest de l'enclos de la chapelle, d'un vestige d'une croix (fig.40).

VocablesNotre-Dame
Parties constituantes non étudiéesmonument
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Port-Louis
AdresseCommune : Nostang
Lieu-dit : Locmaria
Cadastre : 1837 D, 384

La chapelle actuelle de Locmaria appelée aussi Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle est érigée au 15e siècle. Cette chapelle devait dépendre primitivement, semble-t-il, de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem (mentionnée en 1160). En 1308, deux chartes de l'abbaye de la Joie indiquent le village de "Locmaria de Laustence", et le village de "Notre-Dame de Laustenc". A la fin du 17e siècle, alors que la première église de Nostang tombait en ruine et pendant le temps de la construction de la nouvelle église, les offices paroissiaux furent célébrés à la chapelle de Locmaria (1681-1685). Au 18e siècle, l'ancien clocher est remplacé. A une époque encore indéterminée le bras du transept nord, à l'origine ouvert d'une grande arcade comme le bras sud, est partiellement obturé (fig. 19). Une porte est alors rajoutée. Par ailleurs, la nef a été rallongée d'une ferme et la façade ouest a sans soute été déplacée. En 1981, l'atelier Hubert de Sainte Marie, restaure et remplace quelques fragments de vitraux dans le quadrilobe et les lancettes de la baie axiale (fig. 24). D'après les sources, il semblerait que leur ordre ait été transformé lors de cette restauration. Au centre, on distingue le visage du Christ (fig. 25). Dans le lobe supérieur : un écusson d'azur au chevron d'argent accompagné à l'origine de trois billettes d'or, l'une a été perdue lors de la dernière restauration. Il s'agit des armes de la famille Botdéru, famille originaire de Plumelin et Carnac et citée de 1426 à 1536 dans les réformations du domaine ducal et dans les montres. Dans le lobe droit : un écu losangé avec les armes de la Bretagne et de la France. Dans le lobe inférieur : les armoiries de la Bretagne. Celles de gauches n'ont pas été identifiées. En 1992, le mur méridional de la nef est démoli puis reconstruit. En 1994, démolition et remontage du lambris de la partie ouest de la nef. Cinq ans plus tard, la toiture et la charpente de cette nef sont refaites.En 2001, le transept nord est restauré. Une nécessaire campagne de restauration doit intervenir dès 2013.

Période(s)Principale : 15e siècle
Secondaire : 18e siècle
Secondaire : 20e siècle

La chapelle est de plan en Tau (doc. 1), orientée et enduite à l'exception des pignons ouest et sud, en pierre de taille, de même que la fenêtre passante au sud. La façade occidentale (fig. 2) possède une mise en oeuvre très régulière ; ses rampants chanfreinés sont assis sur des pierres horizontales saillantes. La façade est percée au centre d'une porte basse en arc-brisé fortement moulurée de gorge et tores et est surmontée d'une ouverture étroite, largement ébrasée vers l'intérieur. Le sommet du pignon est couronné d'une croix chanfreinée. La nef est divisée en deux parties par un mur diaphragme visible à l'extérieur aux deux contreforts et au pignon saillant de la toiture (fig. 3 et 4). Ce mur est surmonté d'un clocheton à toit pyramidal. Des traces de reprises dans la maçonnerie indiquent la place de l'ancien clocheton. Deux baies s'ouvrent dans la façade sud : la nef est éclairée d'une fenêtre en accolade passante et suivie d'une porte au modèle proche de celle du pignon ouest. La nef est surmontée d'une croix et les pignons sont en pierre de taille. Au delà du contrefort une porte basse en tiers-point moulurée permet d'accéder au sanctuaire. Coté nord (fig. 5), la nef est éclairée par une étroite fenêtre ébrasée vers l'intérieur (fig. 6). Côté est (fig. 7), les bras nord et sud du transept étaient à l'origine, éclairés par une petite fenêtre. Celle du nord est encore en place, celle du sud fût comblée certainement au moment de la construction de la nouvelle baie au 17e siècle (fig. 8). Le chevet est éclairé, au centre par une baie en arc brisée à remplage quadrilobé. A l'intérieur de l'édifice, le désaxement de la nef est nettement visible (fig. 9 et 10) : passé l'arc diaphragme, la partie haute de la nef s'oriente vers le nord. Brisé et à double rouleau, l'arc repose sur de larges piliers en partie pris dans la maçonnerie du mur (fig. 11 et 12). Au dessus de cette structure des traces de reprises indiquent là aussi la reconstruction du clocheton. Le sol de la nef, côté ouest est en terre cuite, côté est, constitué de larges dalles. L'ensemble est pourvu de bancs muraux et couvert de lambris certainement peints à l'origine (fig. 13, 14 et 15). Une arcade en plein cintre ouvrant sur le bras sud repose sur des massifs à corniche saillantes et colonnes engagées (fig. 16 et 18). L'arcade qui permettait d'accéder à la sacristie au nord est comblée mais des traces de peintures témoignent de sa présence (fig. 19). Une porte avec encadrement de bois peint autorise l'accès à la sacristie. A son entrée, un petit bénitier en granit est frappé de deux blasons non identifiés : le premier à trois fasces endanchées, le second représentant un cerf aux bois inclinés (fig. 20), tel celui figurant sur une porte du manoir de Palivarc'h à Nostang. Le choeur est séparé de la nef par une balustrade (fig. 21 et 22). L'autel de pierre, sur lequel repose un tabernacle (fig. 23), se dissimule derrière un coffre de bois décoré de médaillons et d'arabesques. Le chœur est éclairé par une fenêtre dont les vitraux les plus anciens, remontant à la 1ère moitié du 15e siècle, sont maintenus dans le décor quadrilobé du remplage et dans les têtes des deux lancettes (fig. 24). Dans les lobes, quatre blasons (fig. 25), peut-être pas tous contemporains et n'appartenant pas initialement à une même baie.

Mursgranite
ciment
enduit
pierre de taille
moellon
Toitardoise
Plansplan régulier
Étages1 vaisseau
Couvrementslambris de couvrement
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
Typologieschapelle à arc diaphragme
Techniquessculpture
vitrail
Précision représentations

Armoiries de deux familles non identifiées sur deux faces du bénitier nord : à trois fasces endanchées (face sud), ornée d'un cerf (?), peut-être les mêmes armes que celles existant au manoir de Palivarch.Vitrail est orné des armes de Botdéru, de France et de Bretagne.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 2005/04/29

Annexes

  • 20105607735NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3 P 195.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Nostang. Plans cadastraux, 1837. Plan d'assemblage. Plans par feuilles..

  • DU HALGOUET, Hervé, Notes archéologiques sur le département du Morbihan. A.D. Morbihan.

    T. II, p. 59-60
Bibliographie
  • DANIGO, Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Port-Louis. S.l., 1984.

    p.82-85
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 48
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan Paris, 1863.

    p. 60-61
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 911

Liens web