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Chapelle Saint Cado (Belz)

Dossier IA56005463 inclus dans Écart dit Île de Saint-Cado (Belz) réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

Genrede bénédictins
VocablesPrieuré de Saint-Cado
Parties constituantes non étudiéescalvaire, fontaine de dévotion
Dénominationschapelle
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Belz
AdresseCommune : Belz
Lieu-dit : île de Saint-Cado
Cadastre : 2003 AC 198-199

En 1089, les Bénédictins de l'abbaye de Quimperlé recueillent l'ermitage de l'île de Saint-Cado dont la fondation est attribuée à Cadoc moine breton du 6e siècle ou, plus probablement, à Catwodus, cité dans le cartulaire de Quimperlé comme émissaire du comte Waroch. Ils garderont les bénéfices de ce prieuré jusqu'à la Révolution. La chapelle romane date des 11e et 12e siècles. Des travaux d'embellissement touchant essentiellement la charpente, le couvrement, les portes ouest et sud et l'installation d'une tribune, remontent à la fin du 15e-début 16e siècle. La chapelle sud qui existe sur le plan cadastral de 1811 est remaniée en 1842 comme l'indique la date portée au dessus de la baie du pignon sud. C'est aussi à cette époque que l'on a édifié le clocheton. La sacristie au nord-est date également du début du 19e siècle. En 1921 quelques travaux de grosse réparation furent réalisés sur la charpente et la couverture, mais la restauration d'ensemble date de 1959-1960.

Période(s)Principale : 12e siècle
Principale : 16e siècle
Secondaire : milieu 19e siècle
Dates1842, porte la date

L'édifice primitif est de plan rectangulaire avec nef à trois travées, flanquée de deux bas côtés que séparent des arcades en plein cintre reposant sur quatre piliers ornés de simples larmiers ou tailloirs. L´abside du choeur est cantonnée à l'extérieur de minces contreforts. De part et d'autre dans le prolongement des bas-côtés, on devine la présence initiale d'absidioles dont il ne subsiste que les arcs des ouvertures (bouchées). Il subsiste également de cette première période trois ouvertures d'origine : deux petites fenêtres à larges ébrasements intérieurs, une dans le bas côté sud, une dans le choeur, et, jouxtant cette dernière, une baie axiale qui dans des proportions plus importante est soulignée à l'intérieur par un large tore sculpté. La crédence ou sacraire de l´abside du choeur à traverse et accolade est postérieure. Plus significative encore est l'arcade à double rouleau qui ouvre la nef sur le choeur. Elle repose sur des colonnes engagées coiffées de chapiteaux sculptés de motifs géométriques ou d'inspiration végétale telles ces volutes symétriques évoquant le calice d'une fleur. Leurs astragales sont moulurés de deux tores. Au cours des travaux de restauration de l'édifice en 1960, des colonnettes à chapiteaux romans prismatiques ont été observées noyées dans la maçonnerie de la partie haute du pignon orientale. Il s'agit sans doute des vestiges du clocheton roman ouvert de petites arcades à claire voie. L'une de ces colonnettes est toujours visible dans le parement extérieur du pignon oriental au-dessus de l'abside. La façade occidentale épaulée de minces contreforts identiques à ceux de l´abside, est remaniée partiellement. Elle présente une porte en anse de panier du début du 16e siècle dont l´ébrasement extérieur est mouluré de tores reposant sur des colonnettes. Elle est surmontée d´une accolade sculptée. Au-dessus un oculus éclaire la tribune intérieure. La façade nord conserve une porte cintrée ancienne et deux fenêtres rectangulaires à feuillures (19e siècle). La sacristie au nord-est, accolée à l´abside date du 19e siècle, comme la chapelle sud qui porte la date de 1842. De plan allongé, elle est éclairée d´une fenêtre rectangulaire au sud. Son pignon est coiffé d´un clocheton de plan carré, ajouré, entièrement réalisé en pierre de taille. On y accède par un escalier ménagé sur le rampant ouest du pignon. Dans l´angle un porche couvert en dalles de pierres protège la porte sud. Au cours du Moyen Âge la charpente est modifiée afin de couvrir sous deux longs pans l´ensemble des bas côtés et de la nef. Les deux pignons découverts de la chapelle accusent ainsi une légère rupture de pente. Un couvrement en bois repose sur chacun des volumes de l´édifice, dont un berceau brisé dans la nef. Le sol est entièrement recouvert de dalles de granite. Les murs intérieurs sont enduits et chaulés. Les inscriptions peintes dans la nef au dessus des arcades ont été restaurées en 1960. Elles accompagnaient des tableaux suspendus en dessous, illustrant la vie de saint Cado. L´ensemble des maçonneries extérieures de la chapelle est réalisé en moellons de granite, à l´exception de quelques reprises de la fin du Moyen Âge tel l´angle sud-ouest de la nef.

Mursgranite
enduit
moellon
pierre de taille
Toitardoise, granite en couverture
Plansplan allongé
Étages3 vaisseaux
Couvrementslambris de couvrement
voûte en berceau
Couverturestoit à longs pans
Escaliers
Typologiesplan bénédictin
Techniquessculpture
Précision représentations

Chapiteaux de l'arc du choeur sculptés de chevrons et de volutes (abîmés). Consoles sculptées en façade ouest. Croix sur les pignons. Putti aux angles du clocheton.

L'ensemble formé par la chapelle, la place et son calvaire, la fontaine constitue un site classé M.H. depuis 1936.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler
Sites de protectionsite classé
Protectionsinscrit MH, 1925/05/12

Annexes

  • Description en 1636 par Dubuisson-Aubenay :

    Au vitrail du maistre autel, sont les armes de Rosmadec, qui sont du sieur du Plessis Josseo [Plessis-Josso, en Theix, château passé au de Rosmadec, en 1565], qui a forces seigneuries par tout là. Le prieuré, au reste, est dépendant de l'abbaye noire de Kimperlé et vaut 200 escus de rente, possédé par le sieur de Kerprévost, chanoine de Vennes, frère du sieur de Keriergon, du nom de Kermarho*.

    Dans la chapelle, au costé austral du sanctuaire, est un tombeau massonné et couvert d'une lame de pierre dure, qu'ils appellent le doy de saint Cado [actuel lit de saint Cado] ; et disent que la chaucée susdite, qu'ils appellent pont Saint-Cado, qui n'est ni ouvrage romain, ni chose rare en sorte que ce soit, fut par le diable fait en une nuit, comme il se lit en la vie du sainct et que nous l'avons remarqué cy-devant au chapitre de Vennes.

    * Guillaume Guymarho, sieur de Kerprévost et de Keriargon en Belz, frère de Bertrand Guymarho, tout deux chanoines de Vannes et successeurs de leur oncle Bertrand (Estienne C., Archives départementales du Morbihan, Inventaire de la série G, clergé séculier, Vannes, 1901).

  • Inscriptions peintes sur les murs de la nef au dessus des grandes arcades.

    Texte relevé avant les restaurations de 1960, et publié par E. Gilliouard (1976).

    ANGLOIS DE NATION, PRINCE DE GLAMORGAN, PUIS ABBE, VIENT, DEBARQUE ET RESIDE CEANS.

    LES JUGEMENTS DE DIEU SANS CESSE MEDITANT, C'EST AINSI PELERIN QU'IL A VECU CEANS.

    AUX PIRATES PERVERS EN CE LIEU L'ASSAILLANT, IL DIT : JE SUIS SANS BIEN SOLITAIRE CEANS.

    ORATOIRE MON OEUVRE, A DIEU, DIT-IL PLEURANT. BELZ, T'OUBLIRAI-JE ? NON. IL CINGLA DE CEANS.

  • 20065604668NUCB : Archives départementales du Morbihan, 5 Fi.

    20065604759NUCB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Morbihan

    20065604760NUCB : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Morbihan

Références documentaires

Bibliographie
  • LE MENE J - M. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes, Vannes, 1891-1894.

    p. 57
  • GRAND Roger. L'art roman en Bretagne. Paris, 1958.

    p. 222
  • TILLET L. Bretagne romane. Zodiaque, 1982.

    p. 51
  • DANIGO Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Belz. Bannalec, 1986.

    p. 22
  • CROIX Alain (coord.), La Bretagne, d'après l'itinéraire de monsieur Dubuisson-Aubenay, P.U.R. Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, Rennes, 2006. Publication commentée du manuscrit rédigé lors de son voyage en Bretagne en 1636, conservé à la BNF, Nouvelles acquisitions françaises 4375. A Vannes Dubuisson-Aubenay recopie des manuscrits se rapportant à la vie de saint Cado. Il traverse la rivière d'Etel entre Belz et Plouhinec, sur le trajet de Vannes à Port-Louis. Il décrit la rivière d'Etel, ses franchissements possibles (3), les marais alentours de l'île de Saint-Cado, point de traversée retenu sur son itinéraire bien qu'il soit, dit-il, le plus fascheux, le plus large et aussy le moins fréquenté de tous.

    p. 475

Liens web