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Chapelle Saint-Jean-Balanan (Plouvien)

Dossier IA29131843 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean
Parties constituantes non étudiées fontaine
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Bretagne - Plabennec
Adresse Commune : Plouvien
Lieu-dit : Balanan
Cadastre : 1830 Section C feuille 1 du Bourg, AD29 3 P 210/1/8

Une aumône est confirmée dans le territoire de Banazlant en 1160 par le duc Conan IV en faveur des hospitaliers. En 1443, Perrot du Dresnay est mentionné en tant que gouverneur du Balaznant et chevalier de Rhodes lors de la Réformation du Léon pour la paroisse de Plouvien. Dans une déclaration hospitalière de 1574, le village de Ballaznant dépend de la commanderie de La Feuillée, il est composé d’une chapelle, d’une maison, d’un étang et d’un moulin. En 1617, il est précisé que la maison est occupée par le chapelain de Balanan dont la nomination est exclusivement réservée au commandeur. La déclaration de la commanderie de La Feuillée de 1697 ajoute la possession de plusieurs pièces de terre, de maisons en vis-à-vis près du moulin et que la chapelle en équerre de l’église est réservée au seigneur de Penmarch. En 1720, il est noté la présence d’une relique de Saint-Jean renfermée dans un bras d’argent. Les plans du terrier de La Feuillée des années 1705 et 1730 montrent organisés autour de la cour du manoir, la chapelle Saint-Jean, la maison principale au sud et un petit bâtiment à l’ouest à l’emplacement de l’actuelle fontaine. Plus au sud, dépendent trois autres maisons, quelques terres et jardins et un étang dont l’écoulement rejoint le bief du moulin situé en contrebas du village. En 1758, la sacristie prend place dans la chapelle attenante qui est toujours dépendante du fief du seigneur de Penmarch. Vers la fin du XIXe le manoir est appelé La Commanderie par les habitants du village de Balanant.

Période(s) Principale : 15e siècle, 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 12e siècle , daté par source , (?)

Le village de Saint-Jean Balanan est situé à moins de deux kilomètres à l’est du bourg de Plouvien, de l’ensemble manorial, il ne subsiste aujourd’hui que la chapelle Saint-Jean. C’est un édifice rectangulaire réparti en une nef et un collatéral divisés en quatre travées. Les parements extérieurs du mur pignon ouest, du gouttereau nord et les deux tiers du chevet sont en moyen et grand appareil de granite tandis que le gouttereau sud et les premières assises du chevet sont en moellons mixtes. Sur la façade occidentale, la saillie de l’escalier à vis éclairé par de minces ouvertures et soutenu en aplomb d’un contrefort partage l’élévation en deux. À gauche, une baie en tiers-point simplement chanfreinée encadre un remplage à deux lancettes surmontées de trois jours, à droite, un portail flamboyant cerné de pinacles fleuronnés distribue la chapelle. Sa modénature est plus complexe que la majorité des édifices hospitaliers de Bretagne, une rangée de trois colonnettes toriques forment les piédroit et se prolongent dans les voussures en tiers-point. Une série de choux frisés orne l’extrados qui se termine d’un arc aigu en dos-d’âne surmonté d’un puissant fleuron. Un trumeau à base prismatique attenant un bénitier à dais gothique et surmonté d’un Ecce Homo sépare le portail en deux baies travaillées en gorge, cavet et tore sous une accolade surbaissée. Un linteau décoré partiellement d’une frise de sarment sépare le portail du tympan presqu’entièrement dépouillé de son décor. Seul un haut-relief en kersantite représentant le Baptême du Christ subsiste au centre du tympan. 17 cavités rappellent les nombreuses armoiries, aujourd’hui arrachées, qui constellaient le pignon occidental et le gouttereau nord ainsi que leurs contreforts. La façade septentrionale est percée d’une porte flamboyante à voussures multiples en accolade surbaissée et est maintenue par un contrefort à larmier et glacis fortement empatté. La transition de la maçonnerie et les traces d’un arc brisé en façade indiquent l’emprise de l’ancienne chapelle prohibitive des seigneurs de Penmarch mentionnée dans les nombreux actes hospitaliers. Le mur pignon du chevet a été repris au XVe siècle lors de l’installation de la baie géminée de la maitresse-vitre comme l’indique le changement de maçonnerie au premier tiers et les nombreux boulins de l’échafaudage présents uniquement en partie haute. La maitresse-vitre combine deux baies jumelles dont le remplage est composé de trois lancettes trilobées prolongées en accolades qui se croisent au niveau du réseau enserrant une mandorle cernée d’ajours polylobés. Le mur gouttereau sud-est composé de moellons mixtes et semble être l’élévation la plus ancienne de la chapelle. Deux des quatre contreforts qui le maintiennent s’appuient sur les jambages de la porte qui distribue l’ancienne cour du manoir et sur une fenêtre à linteau monolithe aujourd’hui aveugle. Une porte aveugle, au même niveau que la première, ouvrait le mur gouttereau méridional entre les deux derniers contreforts à l’est. Les contreforts en granite sont simplement adossés au parement extérieur, sans glacis ni empattement.

À l’intérieur, le niveau de sol est en terre battue et les murs sont entièrement enduits d’un badigeon de chaux. La chapelle devait être entièrement peinte comme l’indiquent les fragments de fresque qui apparaissent à plusieurs endroits sous l’enduit de chaux. Au nord, l’empreinte de l’arc brisé desservant la chapelle des Penmarch se voit très nettement, une chaire à prêcher est adossée contre le refend qui le comble. La nef et le bas-côté sont séparés d’une série de quatre arcades en arc brisé à deux ressauts simplement chanfreinés. Les piliers à base losangée sont constitués d’un noyau circulaire pour les deux premiers et cruciforme pour le troisième et le pilier engagé du bas-côté. Ils sont flanqués de quatre colonnettes aux chapiteaux ornés d’une vigne pénétrant la face antérieure de la corbeille et séparés du fût par un astragale très prononcé. L’alternance des matériaux mise en œuvre dans les piliers constituent un jeu de couleur assez singulier entre la nef et le bas-côté. Devant le maître-autel contre le chancel, une pierre tombale à l’écu bûché présentait autrefois trois croix, cela peut-être les armes d’un chevalier de Malte. Le parement intérieur du gouttereau sud-est bordé d’un banc dont l’une des assises est gravée d’une croix fourchée. L’ensemble est couvert d’une charpente à ferme et panne avec liens courbes de type « armoricaine » et d’une voûte lambrissée postérieurement.

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1913/07/22

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 444
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : H460
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
Documents figurés
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 449
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H582
Bibliographie
  • BOTHOREL, Louis, « Sant Yann Balanant e parres Plouvien », dans Les cahiers de Saint-Jean, bulletin trimestriel de l'ordre souverain de Saint-Jean-de-Jérusalem O.S.J., VIe série, no 15, 1997, p. 40-43.

  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • LE GUEN (abbé), « Antiquités du Léon et plus spécialement du canton de Plabennec », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1888

  • POL POTIER DE COURCY. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Joseph Floch Editeur, Mayenne, 1970.

Liens web

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