Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Chapelle Saint-Jean-Baptiste de Trévoazan (Prat)

Dossier IA22017385 réalisé en 2011
Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Bégard
Adresse Commune : Prat
Lieu-dit : Trévoazan

La chapelle tréviale de Trévoazan à Prat était originellement dédiée à Notre-Dame. Vestiges attribués aux Templiers (membres de la commanderie du Palacret en Saint-Laurent) remontant au 13e siècle. La chapelle est ensuite rattachée aux possessions des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem et placée sous la protection de saint Jean-Baptiste.

Chœur et pignon ouest datables de la fin du 15e siècle ; ossuaire et autel du 16e siècle ; reconstruction de la nef et des bas-côtés au 17e siècle. Cette chapelle appartenait au 16e siècle à la famille Le Chevoir (pierre tombale gravée du blason des seigneurs).

Effondrée avant la Première Guerre mondiale, la chapelle a été inscrite au titre des Monuments historiques en 1926. L'édifice a fait l'objet d'une restauration dans les années 1980.

(Guillaume Lécuillier, inventaire topographique, 2011)

En 1182, les Templiers se voient confirmer par Conan IV une aumône à trevoalan, puis, en 1444, le village de Tregoezan est mentionné en tant que trevia de la paroisse de Prat. Le chœur et le pignon ouest sont construits entre les années 1497 et 1500 par Jehan Jegou et Guillaume le Tacon, la charpente est montée par Pierre Le Dovill, et la serrurerie par Vincent Tily. C’est Tugdual Ploenevez qui pose le lambris en 1500. À cette période, la famille Le Chevoir semble posséder certains droits de la chapelle, car on peut lire leurs armes sur une dalle funéraire de la nef (de gueules, au croissant d'argent, surmonté de trois macles de même en chef). Au dernier tiers du XVIe siècle, le village de Trévoazan dépend de la commanderie de La Feuillée, le commandeur possède en 1575, en la parroisse de Prat, des rentes et le droit de dîme du villaige de Tregrazan avecq le mouling estant audit villaige et son destroit. En 1630, la nef est flanquée d’un bas-côté au nord et un demi-siècle plus tard, le clocher est remonté par Yves Lageat. En 1697, le commandeur ne doit aucun service ni obligation, mais il lui appartient le droit de coutume le jour du Pardon ainsi que le tiers des offrandes de la chapelle. À 500m de la chapelle, est affermé le moulin du Palacret, dépendant de la chapelle de Trévoazan, ainsi qu’un petit pré à proximité. Une arcade est ajoutée « en bas de l’église » en 1726. Sur le croquis du terrier levé en 1705, la chapelle St. Jan de Trevoisan adopte un plan en croix latine complétée d’un reliquaire hors-œuvre au sud-ouest et d’un porche méridional. L’aquarelle du terrier de 1730 révèle la présence d’un clocher à deux chambres de cloches, un reliquaire ajouré, une sacristie à l’aisselle sud-ouest du transept et un cimetière clos. Après la Révolution, la chapelle n’est plus desservie et tombe en ruine, elle ne sera reconstruite qu’à la charnière des années 1980-1990 par l’Association pour la Restauration de Saint-Jean de Prat.

(Stéven Lemaître, enquête thématique régionale, 2016)

Période(s) Principale : 13e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 20e siècle
Secondaire : 12e siècle

La chapelle Saint-Jean est située au village de Trévoazan à 2,5km à l’ouest du bourg de Prat. Elle adopte un plan en croix latine à nef unique accostée d’un bas-côté au nord, d’un reliquaire et d’un porche au sud, la sacristie à l’aisselle sud-est n’existe plus. La façade occidentale indique une construction dans la seconde moitié du XVIe siècle, le mur pignon est soutenu par deux contreforts obliques à base moulurée, doubles larmiers et sommés de pinacles. Le portail occidental est à voussures multiples en arc brisé dont la première est ornée d’une frise de sarment qui se prolonge aux piédroits. Il est surmonté d’une archivolte en accolade décorée de crochets et coiffée d’un fleuron, qu’encadrent deux pinacles en bas-relief. Au-dessus du portail, une longue tablette en saillie supporte un encadrement lithique accueillant, sans doute, autrefois des armoiries. Le gâble est percé d’une fenêtre en accolade torique à pinacles et fleuron. La façade méridionale est marquée par les nombreux chantiers de restauration de la chapelle, l’ossuaire occupe le premier quart de la façade mais a été complétement remonté, le porche méridional est voûté en berceau, ses voussures pénètrent directement les colonnes engagées des piédroits et les rampants sont terminés par des crossettes sculptées, en réemploi. Le porche abrite un portail en plein-cintre simplement mouluré et encadré par deux visages sculptés aussi en réemploi. Le chevet a conservé une baie au remplage gothique datable de la fin du XVe siècle. C’est une baie à quatre lancettes trilobées surmontées d’un réseau à multiples ajours en écoinçons, mouchettes et soufflets. Le mur pignon est soutenu par deux contreforts obliques identiques à ceux qui contrebutent le pignon opposé. Au transept nord, seule la baie à meneau en Y du gouttereau oriental témoigne d’une élévation de la fin du Moyen Âge.

La nef est séparée du bas-côté nord par une série de six arcades en plein-cintre reposant sur des piles octogonales à chapiteau polygonal. Le bras de transept sud s’ouvre sur deux arcades en ogive aux voussures à pénétration directe, un départ d’escalier hélicoïdal marque l’angle de ce transept et de la nef indiquant l’accès à une tribune aujourd’hui disparue. Le transept nord est signalé par deux arcades en plein-cintre reprenant la modénature des arcades du bas-côté. Deux crédences, situées de part et d’autre de l’autel du transept nord, rappellent les travaux de la fin du Moyen Âge, celle de gauche est en tiers-point presque outrepassé tandis que la seconde, à droite de l’autel, est trilobée et possède une cavité permettant l’ablution des mains du desservant. Contre et proche du chœur, plusieurs dalles funéraires forment le pavement, les inscriptions sont frustres mais l’une d’entre elles arbore les armes de la famille Le Chevoir (un croissant surmonté de trois macles en chef).

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 2 vaisseaux
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1926/01/20
Précisions sur la protection

Eglise de Trévoazan (cad. ZO 55) : inscription par arrêté du 20 janvier 1926.

Annexes

  • JOLLIVET, Benjamin-Philibert. 1859

    "Tréovazan était jadis chapelle tréviale [Une trève est une subdivision de la paroisse]. Elle a été régulièrement desservie par le vicaire de Prat jusqu´en 1791. On enterre encore aujourd´hui dans son cimetière les personnes appartenant à la section dite de Tréovazan. Il y a pardon très suivi à cette chapelle le jour de la Saint-Jean".

  • La chapelle Saint-Jean de Trévoazan par René Couffon (Répertoire des Églises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, 1940)

    "Membre de la commanderie du Palacret, c'était une église tréviale de Prat. En forme de croix latine, la nef avait été agrandie au 17e siècle d'un bas-côté de trois travées. Le chœur et le pignon ouest, en grand appareil, datent de la fin du 15e siècle. Les travaux de maçonnerie furent terminées en 1497 et 1498 par Jehan Jegou et Guille le Tacon, la charpente par Pierre Le Dovill, et la serrurerie par Vincent Tily ; enfin en 1500, Tugdual Ploenevez fit le lambris. Tout le reste de l'édifice, à l'exception de l'aile nord plus ancienne, qui remonte au 13e siècle, fut reconstruit au 17e siècle, vers 1630, et le clocher réparé en 1686 par Me Yves Lageat.

    Mobilier : il ne reste rien du riche mobilier indiqué par les comptes qui mentionnent entre autres l'image de saint Yves faite en 1681 par Philippe Le Goff, une bannière achetée à Jehan Landais, brodeur à Lannion en 1688, enfin le retable du maître-autel commandé le 12 avril 1726 au sr. de Keriven Le Liffer, maître sculpteur à Paimpol".

  • Notice des Monuments Historiques extraite de la base Mérimée (PA00089545 ; 1992)

    "Édifice construit aux 15e et 16e siècles, qui s'est effondré peu avant la Première guerre mondiale et dont il ne subsiste que la façade occidentale et son clocheton, ainsi que quelques pans de murs latéraux et la fenêtre du pignon de l'abside. L'édifice présentait à l'origine deux bras de transept, sans bas-côtés. Un ossuaire accoté au mur sud, prolongeait le mur de façade ouest".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H580
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 444
  • Archives départementales de la Vienne : Registre 450
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • BOCCARD, M. « L’architecture religieuse des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem en Bretagne au Moyen-Âge », mémoire de D.E.A, sous la direction de Fabienne Joubert et Dany Sandron, Université Paris IV – Sorbonne, 1998, 106p.

Périodiques
  • LE GOFF, Hervé (dir.). "La chapelle Saint-Jean de Trevoazan en Prat". Les cahiers du Trégor, n° 3, 1983.

  • LE GOFF, Hervé (dir.). "La chapelle Saint-Jean de Trévoazan en Prat". Les cahiers du Trégor, n° 4, 1983.

Liens web

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne ; (c) Stéven Lemaître - Lécuillier Guillaume - Lemaître Stéven