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Chapelle Saint-Jean de Keramanac'h (Plounévez-Moëdec)

Dossier IA22016820 réalisé en 2010
Vocables Saint-Jean-Baptiste
Parties constituantes non étudiées calvaire, enclos
Dénominations chapelle
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plouaret
Adresse Commune : Plounévez-Moëdec
Lieu-dit : Keramanac'h

Cette chapelle dite au 16e siècle Saint-Jean de Keramanac´h ou Saint-Jean de Kermenech (ou village des moines), appartenait à l´ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ou ordre de Malte et dépendait du membre de Plouaret, rattaché à la commanderie de La Feuillée au 17e siècle. En 1697, la commanderie ou membre de Plouaret dont dépendait la chapelle de Keramanac´h, possédait 13 tenures en Plounévez-Moëdec.

Elle est construite pendant la seconde moitié du 15e siècle. On trouve les armes de Pierre de Keramborgne en Vieux-Marché (?) (casque et coquille), commandeur de la commanderie de La Feuillée en 1449, sur le vitrail de la maîtresse vitre ainsi que les armes de Pierre Viault, commandeur d´Amboise et Procureur Général au Grand Prieuré d´Aquitaine en remplacement de Maurice de Lesmeleuc de la Salle commandeur de la Feuillé lors de la visite en 1603 (de gueules à l´épervier d´or accompagné de trois coquilles d´argent). La balustrade en bois de la chapelle porte l´inscription : "AV. GALLO. 1663.". Selon les croquis de la chapelle dans les terriers de 1701 et 1704, celle-ci était jouxtée au nord par deux maisons couvertes de chaume, et possédait 21 cordes de fond, un cimetière dans un enclos au sud.

Quatre fenêtres, le reliquaire et la toiture sont restaurés en 1708, par Jean Morvan, maçon, Jean Cloarec, menuisier, et Jacques An Moal, couvreur. La chapelle qui menace ruine, est restaurée en 1854 par le recteur de Plounévez-Moëdec, M. Rivoal, qui fait changer la toiture. Celle-ci est refaite en 1871 et deux ans plus tard, le jubé du 15e siècle (?) en chêne est déplacé dans l´église paroissiale. La chapelle fait l´objet d´une campagne de restauration en 1987.

(Gwénaël Fauchille, Guillaume Lécuillier, inventaire topographique 2010)

Les armes du commandeur de La Feuillée Pierre de Keramborgne (décédé en 1449), encore visibles dans le trilobe au-dessus de la lancette droite de la baie 6, indiquent une construction ou restauration de l’édifice dans le second quart du XVe siècle. En 1575, le commandeur Jean Pelletier rend aveu pour son confrère de La Feuillée et déclare posséder les rentes qui tombent au villaige de Keranmenech en la parroisse de Plomenez ainsi que le droict de disme et juridiction. Au milieu du XVIIe siècle, l’église Saint-Jean de Keranmenech est desservie par Mire philippe Locan Chapelain de Keranmenech. En 1697, selon l’état des revenus de la commanderie de La Feuillée, le commandeur perçoit quelques rentes en la chapelle, mais n’est tenu à aucun service. Cependant, il possède les issües y attenant avec ses bois de decoration (…) a la portée dun mousquetade il y à prez d’un ruisseau un emplacement de moulin apellé le moulin du Temple qui fue autre fois destruit du temps des guerres Civilles. Le membre de Keranmenach consiste en quatorze tenües, Touttes les d. Tenues sont sous le fief et juridiction de la commanderie du palacret qui se tiens au bourg de Plouaret, lesquelles tenues sont pareillemment sujectes aux droits quevaiziers. Sur le croquis du terrier de La Feuillée dressé en 1705, la chapelle, placée sous le vocable de Notre-Dame, est flanquée au nord de deux maisons non-communicantes et dotée au sud d’un porche, d’un reliquaire et d’un cimetière clos. Sur le croquis d’arpentement de la chapelle levé en 1730, les deux maisons mitoyennes au nord n’apparaissent plus et la chapelle est à nouveau mentionnée sous le vocable de Saint-Jean. Au milieu du XVIIIe siècle, le procès-verbal d’inventaire de la commanderie de La Feuillée dresse un état de ruine avancée de l’édifice. La Chapelle de notre dame de Keramenech à Plounévez est très vaste et na ny rentes ny fondation ce qui fait quelle est en mauvais etat de reparation tant de charpente que de couverture. Le tout etant percé et le lambry totalement deperis au bas de leglise. Le tout tres indescent pour loffice (…) la massonne manque aussy en quelques endroits. La cloche est fendüe on y dit la Messe Matinale Serte le dimanches. Ilny a que les offrandes et oblations qui aident aluy donne quelques Reparations. Lors de son Itinéraire en 1864, Pol Potier de Courcy signale une tribune en chêne, au bas de la nef, (qui) s'élève sur une voûte à nervures et à pendentifs, et les panneaux de sa galerie, encadrés dans des motifs flamboyants, contiennent les reliefs des douze apôtres. Il poursuit en décrivant le maître-autel, en pierre, est décoré d'un retable en albâtre représentant, en une multitude de petits personnages portant le costume et l'armure du xvie siècle, les principaux actes de la vie et de la mort de Notre-Seigneur. En 1873, les panneaux de la tribune sont enlevés et placés une décennie plus tard dans l’église paroissiale de Plounévez-Moëdec, et en 1903, le maître-autel en albâtre est vend avec l’accord de l’évêque et de la Fabrique.

(Stéven Lemaître, enquête thématique régionale, 2016)

Période(s) Principale : 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle

Chapelle orientée située en bordure de l´ancienne route Brest-Paris, associée à une croix et à une fontaine de dévotion. Edifice de plan allongé, long de 26 mètres et large de 13,5 mètres, à chevet plat, avec porche sud hors oeuvre décoré d´anges portant les instruments de la Passion, avec porte en arc en accolade à trois voussures sculptées et crochets. Clocher-mur percé d´un porche dans-oeuvre en arc brisé avec accolades ornées de crochets et de fleurons. Clocher à trois chambres de cloches superposées et ajourées avec balustre décoré de quatre feuilles, amorti de deux frontons et d´une courte flèche ornée de choux. Parement extérieur en grand appareil régulier de pierres de taille de granite. Nef de cinq travées à deux vaisseaux, avec bas-côté nord, couverte d´un lambris de couvrement. Arcades en arc brisé pénétrant directement dans les colonnes. Entraits à engoulants et charpente apparente. Sol couvert de dalles de granite. Banquette en pierre courant le long du mur sud.

(Gwénaël Fauchille, Guillaume Lécuillier, inventaire topographique 2010)

La chapelle Notre-Dame de Keramanac’h est située à 4km à l’ouest du bourg de Plounévez-Moëdec. C’est un édifice de plan rectangulaire à un vaisseau central flanqué d’un bas-côté au nord et dépourvu de transept. La façade occidentale est composée d’un portail à triples voussures brisées retombant dans les piédroits sur de fines colonnettes toriques à chapiteaux et bases stylisés. La troisième voussure est ornée de choux frisés et l’archivolte, présentant une légère accolade, est décorée d’une série de crochets et sommée d’un fleuron blasonné. Le mur pignon est soutenu par quatre contreforts à doubles larmiers, deux obliques aux angles, et deux en façade contre le parement extérieur, encadrant le portail. Il est coiffé d’un clocher à trois chambres de cloches ajourées en coussinet et reposant sur une demi-terrasse ceinte d’une balustrade en quadrilobe. La façade méridionale est percée de trois baies et flanquée d’un porche hors-œuvre. La baie 6, à gauche du portail, possède un remplage à trois lancettes trilobées surmontées d’une rosace ajourée de mouchettes, polylobes et écoinçons. La baie 4, à droite du porche, est à deux lancettes trilobées et tympan à un soufflet et deux écoinçons, et la baie 2 est à trois lancettes trilobées surmontées d’un réseau à mouchettes, soufflets et quadrilobes. Le porche méridional, hors-œuvre, est soutenu aux angles par deux contreforts obliques à larmier simple coiffé chacun d’un pinacle fleuronné. L’entrée du porche est à triples voussures en ogives moulurées en tore et cavet, une guirlande de vigne court le long de la troisième voussure et son voussoir central est blasonné. Le gable du pignon est timbré de deux autres écus frappés d’une croix engrêlée à gauche et d’un blason frustre à droite. Les rampants du pignon sont ornés d’une série de crochets. À l’intérieur du porche, la présence d’arcs doubleaux et formerets indiquent une voûte en croisée d’ogives à liernes sans tierceron dont les départs sont encore perceptibles aux angles. Le porche abrite un portail à triples voussures en accolade décorées d’une frise de sarments et retombant sur des colonnettes toriques au niveau des piédroits. La voussure extérieure est surmontée d’une archivolte en accolade ornée de choux frisés et anciennement d’un fleuron, aujourd’hui relégué à l’angle nord-est du bas-côté nord, sur une console sculptée d’un visage. Le portail est encadré par deux pinacles ornés de statues et bas-reliefs des Apôtres et son tympan sculpté présente, à gauche, l’Annonciation, et à droite, un personnage de l’Adoration des mages. Ces trois bas-reliefs présentent encore des éléments de polychromie, ocre, rougeâtre et bleu ciel. Le reliquaire qui prenait place à l’est du porche n’existe plus. Le chevet est plat et percé d’une grande baie ajourée en six lancettes trilobées et au réseau à trois tympans, un par groupes de trois lancettes, et un tympan en partie supérieure. Deux contreforts obliques à doubles larmiers contrebutent le mur pignon du chevet, les rampants sont simplement moulurés et ornés de crochets, et les crossettes sont sommées chacune d’un pinacle fleuronné. En léger retrait par rapport au chœur, le mur pignon oriental du bas-côté nord, orné de crochet, est percé d’une baie à deux lancettes trilobées au réseau à deux mouchettes et un soufflet. Le bas-côté nord est soutenu par quatre contreforts en façade à larmier simple. Son portail est en berceau à deux voussures à pénétration directe surmontées d’une archivolte torique à retour. Un bas-relief en réemploi figurant un visage aux traits agressifs (démon ?) marque en partie supérieure le portail.

À l’angle nord-ouest de la nef, une partie de l’ancienne tour-escalier menant à la tribune et au clocher est encore visible. La nef est séparée du bas-côté nord par une série de cinq arcades, les deux premières travées sont en arc légèrement brisé à doubles voussures chanfreinées pénétrants directement des piliers cylindriques, les trois suivantes sont à doubles voussures en ogive. À la troisième travée, l’arcade repose sur des piles engagées à pans multiples, à base simplement moulurée et au chapiteau mouluré en chanfrein et gorge. Les arcades des deux dernières travées reposent sur des piliers cylindriques flanqués au nord et au sud d’une fine colonnette engagée. Au niveau du gouttereau sud, le tympan de la baie 6 présente des fragments de Tétramorphe accompagnés des armes de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, de gueule à la croix d’argent, et du commandeur Pierre de Keramborgne, de gueules au heaume de profil d’or, accompagné de 3 coquilles d’argent. Le soufflet du réseau de la baie 4 présente en supériorité les armes des Saliou, vicomte de Lesmais, d'argent au greslier lié en sautoir de sable, accompagné de trois merlettes de même. Le tympan de la baie 2 présente en supériorité le blason des Plougras et le blason mi-parti des Plougras et Coatven, accompagnés d’anges musiciens dans les mouchettes adjacentes, et les armes des Plougras sont rappelées dans les deux quadrilobes au-dessus de la lancette médiane dont la tête est encore garnie d’un fragment de dais d’architecture. Au nord, le bas-côté abrite au niveau de la première travée un enfeu gothique à trois blasons frustres, et au niveau de la cinquième travée, une baie géminée en accolade renferme deux vitraux de la fin du XVe siècle, à gauche, Saint-Tugdual et l’inscription SAINT TUGDUAL CO(N)FESS(EUR), à droite, Saint-Fiacre et l’inscription SAINT FIACRE CONFESS(EUR). Au pied du chœur, gît quelques dalles funéraires gravées non identifiées et sur la balustrade est gravé AVGALLO 1663. Enfin, le tympan de la maitresse-vitre renferme de nombreuses armoiries, dont les armes pleines de Bretagne en supériorité, accompagnées d’anges portant des phylactères, des rosettes et des motifs végétaux.

(Stéven Lemaître, inventaire thématique régional, 2016)

Murs granite grand appareil
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux
Statut de la propriété propriété de la commune
Éléments remarquables chapelle
Protections classé MH, 1922/10/19
Précisions sur la protection

Chapelle de Keramanac'h, ainsi que le calvaire et l'enclos de la chapelle (cad. ZA 37) : classement par arrêté du 19 octobre 1922.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 444
  • Archives départementales de la Vienne : Registre 450
  • H 504 : terrier des commanderies du Palacret, de Plouaret et de Pont-Melvez.

    p. 1344
Documents figurés
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H582
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • Inventaire général du Patrimoine Culturel. Région Bretagne. Les Vitraux de Bretagne. ; par Françoise GATOUILLAT et Michel HEROLD. Rennes : Presses Universitaires de Rennes (P.U.R.), 2005. (Recensement des vitraux anciens de la France, Corpus Vitrearum, France - Recensement VII).

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • DE COURCY, P. De Rennes à Brest et à Saint-Malo. Itinéraire descriptif et historique, Paris, Hachette et Cie, 1864, in-12, IV, 421pp.

  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • DELESTRE Pierre, A la découverte des chapelles du Trégor, Lescuyer, Lyon, 1985, 132 p.

  • KERURIEN, Yvon. Le clocher de mon village à Plounévez-Moëdec, tome 1, Imprimerie Henry Perdenec, 1991.

Liens web

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