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Château d'Artois (Mordelles)

Dossier IA00007850 réalisé en 1986

Fiche

Daté de 1685 et bâti à l'emplacement d'un ancien manoir, le château d'Artois avec ses nombreuses dépendances constitue un ensemble de grande qualité. Peu modifié depuis le 17e siècle, malgré l'incendie de 1939, le domaine d'Artois avec son logis classique a très largement conservé son authenticité. L'environnement immédiat du château avec ses anciens parterres, la passerelle qui enjambe les douves, les bosquets et les nombreuses prairies attenantes ont également été conservés et participent encore aujourd'hui à la qualité paysagère du site. Le château d'Artois est représentatif des demeures de plaisance érigées par une dynastie de parlementaires rennais. Bien que qualifié de retenue à la fin du 18e siècle, le château d'Artois n'est pas une simple maison des champs pour ces nouvelles élites urbaines du 17e siècle, mais une construction imposante, sobre et élégante, d'une grande qualité architecturale.

Parties constituantes non étudiées chapelle, communs, orangerie, moulin, parc, fossé
Dénominations château
Aire d'étude et canton Rennes Métropole
Adresse Commune : Mordelles
Lieu-dit : Artois
Cadastre : ?

Le domaine d'Artois était une ancienne seigneurie qui appartenait dès le Moyen Age aux seigneurs du même nom. La seigneurie d'Artois possédait un droit de haute justice et jouissait également de droits seigneuriaux sur l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Mordelles, au même titre que les seigneurs de la Haichois, de la Grigonnaye ou de la Motte. Les seigneurs d'Artois possédaient également un enfeu installé dans l'ancienne église paroissiale de Mordelles et les armes de la famille ornaient certains des vitraux de l'édifice aujourd'hui disparu.

Au 15e siècle, la propriété du domaine passa par alliance aux le Vayer qui vendirent vers 1490 le manoir de la Rivière et sa seigneurie d'Artois à la famille Gougeon. Au milieu du 16e siècle, le domaine revint par alliance à la famille de la Porte dont certains des membres furent conseillers au Parlement de Bretagne. René de la Porte, issu du mariage de Jean de la Porte et d'Emmanuelle le Meneust de Bréquigny, hérita du domaine et fit construire le logis actuel durant la seconde moitié du 17e siècle sur les plans de l'architecte P. Lecompte.

La seigneurie d'Artois fut érigée en vicomté en 1679 et le domaine appartenait alors à la famille de Rousselet, suite au mariage entre Marie-Anne-Renée de la Porte, dame d'Artois, et François-Louis de Rousselet, marquis de Châteaurenault, chevalier des ordres du Roi, vice-amiral et maréchal de France. Ce sont les constructeurs de l'actuel château. A partir du milieu du 18e siècle, le domaine d'Artois appartenu successivement aux Comtes d'Estaing, à la famille Visdelou de la Villethéart, de Rochemure et enfin aux Bourgeois du Marais qui possèdent le château depuis 1898.

Dans la nuit du 29 au 30 janvier 1939 un incendie se déclenche dans le château, engendrant de nombreuses destructions dans l'aile ouest qui abritait alors la cuisine, le salon, la bibliothèque avec ses trente mille ouvrages et plusieurs chambres à coucher. L'ensemble du domaine d'Artois comprenant le logis et le bâtiment des communs en retour, la chapelle Sainte-Christine, l'ancien moulin, les communs à l'ouest du château, l'orangerie, les murs d'enceinte, les douves, la motte castrale située sur la commune de Talensac, est inscrit au titre des Monuments historiques depuis le 21 mai 2014.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : limite 18e siècle 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Lecompte, architecte, attribution par source
Personnalité : de la Porte d'Artois René, commanditaire, attribution par source

Le château d'Artois se situe à l'ouest de la commune de Mordelles, sur la rive orientale du Meu au creux d'une boucle que dessine la rivière sinueuse aux berges bordées d'arbres. Le domaine prend place sur un site d'occupation ancienne, comme en témoigne la motte castrale encore conservée de l'autre côté du Meu sur la commune de Talensac au lieu-dit "Le Mont". L'actuel château d’Artois est une construction non fortifiée de la seconde moitié du 17e siècle à l’emplacement d'un ancien manoir appelé "La Rivière", siège de la seigneurie d'Artois. Un aveu du 5 mai 1556 nous renseigne sur l'organisation primitive du domaine. La terre se composait alors des "manoir, motte ancienne, douves et pont-levis, colombier, rabines, bois et pourpris de la Rivière". La construction moderne du château d'Artois et de ses dépendances (ailes de communs, douves, moulin, orangerie et chapelle) daterait de 1675.

Le logis est composé d'un corps central à deux étages carrés et un étage de comble, flanqué de deux ailes saillantes. Le bâtiment est couvert d'un toit à croupes et à coyau. La façade principale du corps central aspectée au sud et la façade antérieure présentent chacune quatre travées. Sur la façade méridionale, l'une d'elles comprend la porte d'entrée dont l'encadrement en pierre calcaire est surmonté d'un fronton triangulaire sur lequel est gravé la date de 1645. Les ailes latérales ne présentent qu'une seule travée sur leur façade nord et sud. La façade est de l'aile orientale présente quant à elle deux travées. L'ensemble des murs du corps de logis sont maçonnés en moellons de schiste et enduits. Les encadrements des ouvertures sont harpés en pierre de taille de granite au rez-de-chaussée et en pierre calcaire pour celles des niveaux supérieurs. Les façades sont composées selon la même ordonnance : bandeaux horizontaux entre chaque niveau, corniche denticulée sous le toit, fenêtres des étages carrés couronnées d'un larmier. L'étage de comble est éclairé par des lucarnes à fronton triangulaire.

Vers l'ouest et perpendiculairement au corps de logis principal, une aile de communs est construite. Cet élégant bâtiment de plan rectangulaire constitue probablement un vestige de l'ancien manoir de La Rivière habilement intégré à la composition d'ensemble du nouveau château. Constitué d'un rez-de-chaussée et d'un étage carré, ce bâtiment présente comme le logis un corps central flanqué de deux ailes plus hautes mais à l'alignement. Les façades présentent des travées régulières. Le toit à pan brisés des communs est percé de lucarnes à fronton triangulaire ou arrondi maçonné en pierre calcaire. Les piédroits de la lucarne aveugle à fronton arrondi qui surmonte la porte d'entrée de la façade orientale sont épaulés de volutes.

Située au sud est de l'assiette du château, la chapelle est construite sur une petite colline, entre deux boqueteaux. Consacrée à Sainte-Christine, elle est orientée à l'ouest et le chœur est surmonté d'un clocheton. Reconstruite dans la première moitié du 19e siècle, elle accueille encore aujourd'hui les sépultures des propriétaires d'Artois.

Le château d'Artois a conservé son orangerie. Il s'agit d'un petit bâtiment rectangulaire couvert d'un toit à croupes et léger coyau. La façade sud est percée de quatre fenêtres d'une grande hauteur en arc brisé et d'une porte centrale en plein cintre surmontée d'une lucarne à fronton triangulaire.

Le domaine d'Artois comprend également un moulin. Construit en moellons de schiste, le bâtiment est installé perpendiculairement au tracé du Meu. Autrefois, un autre moulin était installé sur la rive gauche du biais, prouvant le droit pour la seigneurie d'Artois d'établir deux installations de ce type en cet endroit de la rivière.

Murs schiste
calcaire
enduit
moellon
pierre de taille
granite
Toit ardoise
Plans plan régulier en H
Étages 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit à longs pans brisés
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours
Typologies plan en h
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 2014/05/21

Annexes

  • 19883500414X : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8Fi.

    19883500415X : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8Fi.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de pré-inventaire, Service de l'inventaire du Patrimoine de Bretagne, 1973

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : 196 - Mordelles
Documents figurés
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5424
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 3 P 5817
Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

Liens web