Logo ={0} - Retour à l'accueil

Château de Bienassis (Erquy)

Dossier IA22004077 réalisé en 2004

Fiche

Parties constituantes non étudiéesallée, pont, cour, jardin, colombier, chapelle, ensemble agricole, puits, fontaine, moulin, logement, fossé
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
AdresseCommune : Erquy
Lieu-dit : Bien-Assis
Cadastre : 1811 K1 290-326 ; 1846 E2 156-203 ; 1987 E2 127, 128, 129, 222-229

Le château de Bienassis est une construction multiphasée dont les origines remontent au milieu du Moyen Age. Ce château du 15ème siècle, transformé et agrandi au goût de la Renaissance au cours du 17ème siècle, a succédé à un manoir du 12ème ou du 13ème siècle à salle à plan basilical et à ossature de bois cerné d´une douve primitive prolongée au cours de la 1ère moitié du 15ème siècle. Propriété d´une famille dénommée de La Motte au milieu du Moyen Age, probablement seigneurs de La Motte d´Erquy, la terre de Bienassis fut acquise au début du 15ème siècle par Jean de Quelennec, seigneur de Quelennec en Quintin, uni à Tiphaine du Fou en 1374. L'actuel corps de logis a été reconstruit pour Geofroy de Quelennec, fils cadet de Jean de Quelenec, entre 1414, date à laquelle le manoir primitif est déclaré en ruine, et 1434, date à laquelle l´existence d´un manoir neuf est attestée. Une enquête datée de l'année 1434 stipule en effet que le manoir primitif « estoit mal logé et y avoit une ancienne salle gasté et vidé, laquelle ledit Geoffroy [de Quellenec] a fait tresbien réparer et édiffier et auxi y a fait une meson neufve ». Occupé par les troupes du duc de Mercoeur pendant les guerres de la Ligue (fin du 16ème siècle), il a connu d´importantes transformations et a été agrandi vers l´ouest au cours du 17ème siècle. D´après Gwyn Meirion-Jones et Michael Jones, les travaux furent entrepris par Gilles Visdelou, seigneur de La Goublaye en Saint-Alban, et son épouse Françoise de Quelennec, qui consacrèrent toute leur attention à la reconstruction de l´entrée de la cour (pont, mur, porche et pavillons d´angle) durant la première décennie du 17ème siècle. Toujours selon les mêmes sources, il est très probable que le mur d´enceinte actuel date du 15ème siècle et qu´il fut modifié lors des travaux de transformations du début du 17ème siècle. Jusqu´à la fin du 17ème siècle, la deuxième campagne de travaux concerna l´ensemble du corps de logis. Plusieurs modifications d´ordre structurel motivées par la recherche d´un plus grand confort et de l´intimité (surélévation du rez-de-chaussée, ajout de cloisons et de boiseries, insertion de plafonds/planchers) furent entreprises et la façade antérieure fut rhabillée au goût du jour. Le corps de logis fut agrandi vers l´ouest d´une nouvelle cage d´escalier et d´un corps de bâtiment, puis la tour d´angle antérieur gauche du 15ème siècle fut rebâtie à l´extrémité du nouveau bâtiment. Sous la revolution, le château et son domaine ont été confisqués et vendus comme bien national. Les propriétaires du château entreprirent au cours du 19ème siècle et au début du 20ème siècle une réorganisation de l´espace bâti essentiellement dans la cour intérieure (c´est de cette époque, plus précisément vers 1905, que date notamment le bâtiment dit du dôme de l´horloge). Les façades et les toitures, le grand escalier, la grande avenue et le jardin, ainsi que la poterne d'entrée ont été classés Monument Historique par arrêté du 29 août 1945.

Période(s)Principale : Milieu du Moyen Age
Principale : 1ère moitié 15e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle

Le château de Bienassis est situé au coeur d'un domaine important localisé à environ 5 km au sud-ouest du bourg d'Erquy, aux limites des communes de Saint-Alban et de Pléneuf-Val-André. L'ensemble forme une importante entité architecturale édifiée en grès, granit et poudingue et comprend d´importantes structures paysagères (allée, jardins clos). Une grande allée, dénommée « grande avenue » dessert un important corps de logis situé dans un enclos constitué de deux plates-formes inégales bordées de douves aménagées en forme de huit rectilinéaire enjambées au sud par un pont ayant succédé à un pont levis. Le corps de logis construit en grès et granite présente deux époques de construction distinctes (15ème siècle à l´est, 17ème siècle à l´ouest) dissimulées par une façade antérieure homogène ajourée de six travées régulières et cantonnée d´une tour hors-oeuvre à chaque angle. Il est composé d´un sous-sol, d´un rez-de-chaussée surélevé, d´un étage carré et d´un étage de comble. Le parti pris régulier et symétrique apparent de la construction résulte des modifications apportées au 17ème siècle. La partie ancienne existante, ou partie médiévale, est un bâtiment à trois pièces par étage (structure ternaire) construit sur un plan en T renversé avec tour d´escalier demi-hors-oeuvre dans l´angle sur élévation postérieure, tour hors-oeuvre sur l´angle sur élévation antérieure, aile postérieure abritant les cuisines au rez-de-chaussée et corps de bâtiment principal comprenant des chambres de part et d´autre d´une salle basse et d´une salle haute sous charpente avec galerie en surplomb à l´est. Selon Gwyn Meirion-Jones et Michael Jones, divers indices, notamment la présence d´un escalier en vis dans l´angle nord-est de la salle, suggèrent à l´ouest la présence à l´origine d´un corps de bâtiment à pièce unique par étage avec tour d´escalier hors-oeuvre sur l´angle sur élévation antérieure, et probablement une autre tour à l´arrière abritant des latrines. Cette partie ancienne était donc un bâtiment composée de quatre pièces par étage à l'origine. La partie « récente », ou partie renaissance, prolonge la partie ancienne vers l´ouest. Elle comprend une cage d´escalier centrale abritant un escalier de distribution en maçonnerie monumental à deux volées, tournant à retours sans jour, à balustres et un corps de bâtiment abritant un grand salon au rez-de-chaussée.

Mursgrès
granite
poudingue
moellon sans chaîne en pierre de taille
pierre de taille
Toitardoise
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
toit conique
toit en pavillon
toit à l'impériale
appentis
noue
croupe brisée
pignon découvert
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier en vis en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en maçonnerie
Typologiescour fermée. Logis à quatre pièces par étage. Tour d'escalier demi-hors-oeuvre dans l'angle sur élévation postérieure. Salle basse. Salle haute sous charpente. Style Renaissance. Escalier dans-oeuvre tournant à retours sans jour

Oeuvre protégée. L'étude est souhaitable.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Protectionsclassé MH, 2013/04/25
Précisions sur la protection

Eléments protégés : façades et toitures, grand escalier, poterne d'entrée, allée et jardin.

Annexes

  • 20042207651NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 60 J 226.

    20042207647NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/10, Numplan 17.

    20042207648NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/20, Numplan 25.

    20042207657NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/10, Numplan 17.

    20042207658NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 num 1/20, Numplan 25.

    20042207649NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 60 J 226.

    20042207650NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 60 J 226.

    20042207652NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi, Erquy.

    20042207653NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi, Erquy.

    20042207656NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi, Erquy.

    20042207654NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi, Erquy.

    20042207655NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi, Erquy.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : E 119 (1542-1555).

  • AD Côtes-d'Armor : E 136 (1556-1558).

  • AD Côtes-d'Armor : E 239 (1450-1710).

  • AD Côtes-d'Armor : E 240 (1558-1709).

  • AD Côtes-d'Armor : E 241 (1422-1765).

  • AD Côtes-d'Armor : E 242 (1426-1483).

  • AD Côtes-d'Armor : E 243 (1473-1624).

  • AD Côtes-d'Armor : E 244 (1625-1682).

  • AD Côtes-d'Armor : E 245 (1690-1743).

  • AD Côtes-d'Armor : E 246 (1468-1770).

  • AD Côtes-d'Armor : E 247 (1496-1682).

  • AD Côtes-d'Armor : E 248 (1429-1751).

  • AD Côtes-d'Armor : E 490 (18ème siècle).

  • AD Côtes-d'Armor : E 510 (1789).

  • AD Côtes-d'Armor : E 511 (1789).

  • AD Côtes-d'Armor : E 1529 (1434-1789).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 494.

    plan de la paroisse d'Erquy en 1786
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/10, plans cadastraux parcellaires de 1811.

    Numplan 17, section K, 1ère feuille
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/20, plans cadastraux parcellaires de 1846.

    Numplan 25, section E, 2ème feuille
  • AD Côtes-d'Armor : fonds Frotier de La Messelière, 60 J 226 : planches de dessins de monuments et de sculptures, recueil in-plano (Penthièvre : 138 planches).

Bibliographie
  • AD Côtes-d'Armor : 7 bi 118 (1). Frotier de La Messelière, Henri. Manoirs et principaux fiefs du département des Côtes-du-Nord. I : L'Abbaye - Le Clos-Olivier.

  • GIRARD, Raymond. Château de Bienassis. In : Congrès archéologique de France, 107ème session, Saint-Brieuc, Paris, 1949.

    p. 165-171
  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de. Châtellenie de Lamballe. Vieilles demeures et vieilles gens. Hénansal : Daniel de la Motte-Rouge, 1977.

    p. 158-171
  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de.Vieux logis, vieux écrits du duché de Penthièvre. Le Mans : Imprimerie M.G.T., 1986.

    p. 182
  • LE GAL LA SALLE, Jean-Pierre. Histoire d'Erquy. Erquy sous l'Ancien Régime. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1991, 1.

    p. 317-372
  • MEIRION-JONES, Gwyn. The seigneurial domestic buildings of Brittany. First Interim Report, 1983-1985. London : London Guildhall University, 1986.

  • MEIRION-JONES, Gwyn, JONES, Michael, BRIDGE, Martin. Bienassis en Erquy. In : Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, actes du congrès de Lamballe, Bannalec : Imprimerie Régionale, 2003, 81.

    p. 545-602

Liens web