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Château de Kerambourg (Landaul)

Dossier IA56007508 réalisé en 2009

Fiche

  • Logis, élévation nord
    Logis, élévation nord
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • colombier
    • enclos
    • enceinte
    • chapelle
    • puits
    • grange
    • allée
    • four

Dossiers de synthèse

Sur le plan cadastral de 1840, le château de Kerambourg apparaît dans un vaste espace de larges parcelles en partie encloses, entouré de douves sur trois côtés, nord, ouest et une partie du sud avant le logis ; ces douves ont totalement disparu. Plusieurs allées menaient au château : à l'ouest, l'allée enjambait les douves et passait sous un corps de passage dont ne subsiste aujourd'hui que la partie sud. Bien que large et rectiligne, cette allée large et tectiligne n'était sans doute pas l'allée principale, car elle conduit à la frontière de la commune délimitée par un ruisseau. Au 19e siècle, elle s'interrompt sur un bois taillis. Cette allée a disparu lors du remembrement dans les années 60. La seconde entrée, à l'est, est plus évidente bien que moins large : venant du bourg, l'accès se fait par une porte charretière doublée d'une porte piétonne, cette dernière murée. Ce portail à double entrée remontant au 16e siècle est percé dans un mur d'enceinte reliant les corps sud et nord ; une tour au sud du portail dotée de bouches à feu a peut-être été édifiée lors des troubles de la Ligue.

Enfin un troisième accès menait au Grillec, ferme du domaine au sud, et à la métairie et passait près du colombier. Ce dernier était logé dans un jardin enclos dans le mur duquel le plan cadastral de 1840 montre le tracé d'une tour de surveillance disparue.

Les bâtiments sont disposés autour d'une vaste cour totalement enclose à l'origine : trois corps de bâtiments occupaient les côtés nord, sud et ouest tandis que le côté est est fermé par un mur ; un remarquable puits à côtés concaves en pierre de taille et une vasque monolithe ronde qui datent du 16e siècle, oeuvre probable de la famille de Malestroit, occupent le centre de cette cour.

Au nord de la cour, le premier corps de bâtiment remonte au 15e siècle : il s'agit d'un rare et remarquable exemple de dépendance associant une grange à l'est et un logis à étage à l'ouest. La grange qui occupe la partie est consiste en un vaste volume unique ; une haute porte en arc brisé en permet l'accès. Le grenier planchéié a disparu, mais son accès à partir de la partie ouest est encore visible. Cette dernière, à étage, pobablement le logis du métayer, a vu ses ouvertures remaniées au début du 20e siècle, avec des encadrements de bois, à l'exception de la porte d'entrée rectangulaire chanfreinée. Dans le mur nord, à l'étage, la trace de l'ancienne fenêtre de la chambre haute, agrandie, est marquée par un arc de décharge. A gauche de cette fenêtre, deux pierres saillantes pourraient être le vestige de latrines en surplomb disparues. L'étage est en partie desservi par un escalier en vis en bois dont seule est conservée la seconde révolution. Visible au pignon ouest, le four figure sur le plan cadastral ancien.

Le corps de passage à l'ouest de la cour, identifié comme logis neuf dans un acte de 1500 (Landaul hier et aujourd'hui : Kerambourg) est aujourd'hui très fragmentaire : en ruines sur le plan cadastral de 1837, il comportait au pignon sud, une tour desservant l'étage : il est réputé comme logis principal et semble figurer sur une gravure des propriétés de Robien. Seule la partie au sud du passage a été remontée : c'est une dépendance à étage remaniée dans la 2e moitié du 19e siècle ; quelques ouvertures au rez-de-chaussée du mur ouest, dont une porte bouchée, sont les seuls éléments permettant une datation de cette partie, peut-être de la fin du 15e siècle. De la partie nord, se voient les vestiges d'une cheminée au rez-de-chaussée du logis.

Le grand corps de logis a subi de nombreux remaniements au cours des siècles et sa structure est aujourd'hui plus difficile à interpréter ; il semble constitué au départ d'un plan classique pour l'époque, avec à deux pièces par niveaux (salle, cuisine et chambres) desservies par une tour d'escalier, suivie d'une partie plus récente vers l'est comprenant la chapelle à l'extrémité. Cependant, dans certains grands manoirs comme à Kernault en Mellac, on retrouve au 15e siècle cette structure de grand logis terminé par une chapelle et on ne peut exclure un tel plan dès l'origine.

La partie ouest de ce grand logis est la plus ancienne et remonte au 15e siècle : elle consistait en deux pièces superposées desservies par une tour d'escalier hors-oeuvre avec pièce haute au sommet. Sur le mur sud, les grandes fenêtres de l'étage à appui mouluré datent plutôt du 16e siècle. Les ouvertures du mur nord sont reprises au cours du 18e siècle. Elles correspondent à l'agrandissement vers le sud ou à la reprise totale de ce logis. La construction (ou la reprise) de la chapelle est contemporaine. L'escalier en demi-hors-oeuvre logé dans le pavillon carré en saillie sur le mur sud qui dessert l'étage est construit dans la 2e moitié du 19e siècle et correspond à un nouveau remaniement du logis suite à l'acquisition par la famille Parmentier. A cette époque, la chapelle désaffectée est divisée en deux niveaux et sert de dépendance : une porte haute est percée dans le pignon est.

Le colombier au sud du manoir, de grandes dimensions, est contruit en moellon et a perdu sa voûte. Une accolade profonde orne le linteau de la porte.

Malgré les nombreux remaniements résultant de changements de propriété, le château a conservé des éléments très intéressants de l'origine de sa construction, comme la grange, le puits et la vasque de la cour, le vaste colombier : ce sont donc plutôt les dépendances que le logis qui attirent l'attention aujourd'hui, malgré la déplorable modification de son environnement naturel après le remembrement des années 1970.

VocablesSainte-Marie de Kerambourg
Parties constituantes non étudiéescolombier, enclos, enceinte, chapelle, puits, grange, allée, four
Dénominationschâteau
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Pluvigner
AdresseCommune : Landaul
Lieu-dit : Kerambourg
Cadastre : 1840 D2 73, 74 ; 2010 ZE 75

La seigneurie est mentionnée vers 1300 appartenant à Henry de Kerambourg, cité par Dom Morice. On ne sait comment elle provient ensuite à la famille de Laval qui en 1392, l'aurait vendue à la puissante famille de Ker ou Kaer, signalée dans la réformation de 1427. Cette seigneurie appartenait à la famille de Malestroit depuis le mariage de Marie de Ker avec Jean de Malestroit vers 1350. C'est à cette famille de Malestroit de Ker qui conserve Kerambourg jusqu'au milieu du 17e siècle qu'il faut attribuer la majorité des campagnes de travaux effectuées à Kerambourg. En 1552, Kerambourg devient une vicomté tandis que Ker est élevé au rang de baronnie. A la fin du 16e siècle, les guerres de la Ligue qui sont l'occasion de nombreux troubles dans la région, voient l'occupation et la dévastation du manoir par les ligueurs tandis que René de Malestroit, possesseur du lieu resté fidèle au roi, s'enfuit dans la presqu'île de Rhuys où il meurt vers 1600. Sans postérité, la seigneurie échoit à son neveu, puis la seigneurie est vendue en 1644 à Jean de Robien. On peut attribuer à cette famille la reprise du logis sud. La seigneurie devient propriété de Christophe-Paul de Robien en 1728 par mariage avec sa cousine : bien que ne résidant pas de manière permanente à Kerambourg (il habite le Plessis Ker à Crach), il est sans doute à l'origine du remaniement complet du grand logis dont les ouvertures sur la cour remontent au milieu du 18e siècle, ainsi que de la construction de la chapelle à l'extrémité est : les armes en alliance buchées au-dessus de la porte sont malheureusement illisibles. L'achat du manoir au milieu du 19e siècle par la famille Parmentier entraina de nombreuses modifications intérieures du logis dans la 2e moitié du 19e siècle. La partie la plus ancienne semble les communs au nord occupé en majorité par une grange, et qui remontent au 15e siècle. Le logis sud est construit au 15e siècle dans sa partie la plus ancienne, à l'ouest et complété vers l'est par la chapelle au et au sud aux 17e et 18e siècles, puis remanié au 19e siècle. Le logis ouest qui est construit peu avant 1500 d'après les aveux de cette date, est en ruines en 1840 (plan cadastral), puis reconstruit au milieu du 19e siècle : il était réputé être le logis principal ruiné durant les Guerres de la Ligue, peut-être représenté sur unegravure de Ch.-.P de Robien.. Au sud du château, le colombier en ruines a été édifié au 15e siècle.

Période(s)Principale : milieu 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Auteur(s)Personnalité : Robien de commanditaire attribution par travaux historiques

Cour enclose avec portail d'entrée avec tour de défense à l'est. Bâtiment au nord en moellon couvert en ardoise, dont la partie est en rez-de-chaussée est occupée par une grange tandis que la partie ouest à usage de logement possède un étage desservi par un escalier en vis en bois. Bâtiment sud en moellon comprenant un logis à l'ouest suivi d'une chapelle à l'est. 1 étage carré, escalier à retours en bois. Corps d'escalier en saillie et ancienne tour d'escalier greffés sur le logis au sud. L'ouest de la cour était fermé par deux corps de logis dont seul subsiste celui du sud, à usage de dépendance à étage ou à double grenier.

Mursgranite
moellon
Toitardoise
Étages1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
toit conique
toit en pavillon
pignon découvert
noue
croupe ronde
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour en charpente
escalier intérieur : escalier tournant à retours sans jour en charpente
Techniquessculpture
Précision représentations

Au-dessus de la porte de la chapelle, deux blasons en alliance sculptés dans une pierre calcaire, aux armes buchées, surmontent une niche à saint encadrée de pilastres et à corniche incurvée. Une croix surmonte le pignon est de la chapelle.

Les nombreux remaniements observés au fil des changements de propriété n'ont pas altéré la qualité d'ensemble de ce manoir, dont l'histoire est intimement mêlée à celle de la commune. C'est un des éléments majeurs de l'architecture noble du territoire de la Ria d'Etel, moins par son logis dont la structure initiale est partiellement visible en l'état actuel, que pour la qualité des dépendances, particulièrement de la vaste grange et du colombier, sans oublier le remarquable puits accompagné de sa vasque.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablespuits

Annexes

  • 20095606040NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 P 134.

    20095606041NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 P 134.

    20105601509Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_02/29.

    20105601510Z : Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne, 096_56_69_bande_03/30.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan, série 3P, cadastres. Landaul. 3P 134. 1837. Plan général d'assemblage de la commune. Plan d'assemblage des sections. Plan cadastraux par feuilles.

Bibliographie
  • AUBERT, Gauthier. Le président de Robien, gentilhomme savant dans la Bretagne des Lumières.PUR, Rennes, Copy. 2001.

  • FLOQUET, Charles. Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan. Mayenne, Yves Floch, 1991.

    p.
  • JAFFRE, François. Landaul Hier et aujourd'hui, des siècles d'histoire. .S.l. n. d.. Multigraphié.

  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 271-274
  • LE MENÉ, Joseph-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, Galles, 1891-1894.

    p. 389
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.

    p. 429
  • Le patrimoine des communes du Morbihan, collection le patrimoine des communes de France, s.l., Editions Flohic, 2 t., 1996.

    p. 825