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Château de la Conninais (Taden)

Dossier IA22132829 réalisé en 2017

Fiche

Dossiers de synthèse

Le château de la Conninais inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis 1926, a conservé l’essentiel de ses abords, cour d’honneur, quelques jardins, terrasses, étang, chapelle et communs.

Son histoire est relativement complexe car le château du 16e siècle a fait l’objet de plusieurs remaniements et agrandissements aux 18e, 19e et 20e siècles. Chaque période soulève des questionnements et révèle une qualité d'exécution de la maitrise d’ouvrage. Au 16e siècle, l’aménagement d'un vestibule luxueux qui donne accès aux pièces du rez-de-chaussée et à l’escalier arrière indique une période de mutation. Il en est de même pour le décor sculpté des baies où se mêlent références gothiques à celles de la Renaissance. Ce goût éclairé des mécènes, se retrouve au 18e siècle dans l’agencement des jardins. Celui de l’ouest possédait, chose rare, un méridien central. Enfin, l’acquisition du château au 19e siècle par les Surtess puis par James Gasquet et Elisabeth Tibits Pratt ont donné une touche finale à la cour d’honneur : agrandissement du logis avec une nouvelle tour, construction de la chapelle, ajouts de décors réemployés ou créés comme la lucarne des communs avec sa tête de licorne. L’aménagement intérieur, tel que nous le décrit la notice de visite de 1929 restitue une atmosphère historique réinventée, à la mode au 19e siècle dans les pays anglophones, connue par l’expression anglaise de « period room ».

Parties constituantes non étudiées communs, colombier, chapelle, jardin, étang
Dénominations château
Aire d'étude et canton Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Taden
Lieu-dit : Conninais (la)

La reconstruction du château au 16e siècle

Alain Mucet de la Conninais, porteur d’une brigandine et armé d’une jusarme est mentionné dans la liste des nobles de Dinan en 1480. Il déclare la modeste somme de 20 livres de revenu. La construction du grand logis seigneurial du 16e siècle est davantage attribuable à ses descendants. Estasse Mucet se marie vers 1530 à Olivier Mélas, leur fille par mariage fait passer le château à la famille Vallée dont plusieurs membres sont conseillers à la cour puis au Parlement de Bretagne. Jacques de la Vallée, écuyer, seigneur de la Conninais, époux de Jeanne Ferron fut autorisé par lettres d’Henri IV, du mois d’août 1607, à ajouter la particule devant son patronyme.

La qualité des décors de la tour d’entrée et du logis principal où se combinent références gothiques et renaissances conduit vers une datation proche du milieu du 16e siècle. L’aménagement d'un grand vestibule qui donne accès aux pièces du rez-de-chaussée et à l’escalier arrière indique une période de transition combinant à la fois l’attachement aux formes anciennes avec tour d’escalier en vis hors œuvre et le désir de modernité s’exprimant par une distribution organisée à partir d’un espace d’apparat, en pierre de taille avec ordre d'architecture et niche à statue.

Les grands travaux du 18e siècle

Le logis seigneurial

Françoise Geneviève de la Vallée (1717-1763) épouse le 17 janvier 1745, Louis Julien Jean du Chastel, chevalier, seigneur de la Rouaudais en Langrolay. En l’absence de source sûre, il est fort vraisemblable que les travaux de rénovation du logis leur soient attribués. Une nouvelle façade de quatre travées régulières est ainsi agencée. Le petit corps antérieur de garde-robe, dont on aperçoit les portes murées à l’ouest du logis, est supprimé et de nouvelles fenêtres à croisées de bois sont créés afin de mieux éclairer les différentes pièces qui seront également agencées. La façade est recouverte d’un enduit et les décors gênants en relief des encadrements des baies sont rabotés. L’inventaire des différentes pièces, lors de la réquisition des biens des émigrés, donne une idée de l’ameublement, très conforme à l’esprit raffiné du moment : la grande salle est lambrissée avec cheminée en marbre de gêne, deux armoires d’attache, quatre attique en peinture de différents paysages avec des bordures dorées à l’huile. Le grand salon, dans la pièce occidentale est chauffé par une cheminée, en bois passé en couleur de marbre. (Voir complément descriptif en annexe).

Jardins, terrasses et méridien

La description des jardins en 1794, fait apparaitre leur bonne tenue, leur agencement en terrasses mais aussi un nombre important d’arbres fruitiers. Le petit jardin arrière, clos de murs était divisé en plusieurs quartiers plantés d’arbres de différentes espèces et de quelques jeunes pommiers. Le grand jardin occidental, où se situe le colombier (oublié sur le cadastre de 1844) est planté d’arbres fruitiers et d’arbres en espaliers de différentes espèces. Une grande allée conduisait à un espace circulaire au centre duquel était placé un méridien, sur un poteau de pierre. Cet instrument astronomique, rarement mentionné, reflète l’instruction des commanditaires et leur goût pour la science. Ce dernier n’a pas été maintenu in situ.

La « gentry » des 19e et 20e siècle

La mode des « périod rooms »

La propriété de la Conninais est acquise en 1820 par John Surtess qui la transmet à sa fille Louise-Marie-Sara Surtess qui épousa en 1823 Albert Jean François Tanneguy du Chastel, officier au régiment des gardes-françaises et colonel d’infanterie. Elle se remarie en 1835 à Louis Frédéric de Quérangal de Villleguries, receveur particulier des finances à Dinan. Une fille du premier mariage Marie Françoise-Césarine du Chastel épousa à Taden en 1852, l’armateur Louis Rouxel de Villeféron. Leurs enfants vendirent la Conninais, le 28 août 1902 à Guillaume- Amédée de Gasquet James et à sa femme Elisabeth Blecker Tibits Pratt, sujets américains demeurant également à Dinard, à la Belle-Issue. Ils gardèrent le château jusqu’en 1926.

Ces familles vont transformer progressivement le château, parmi les quelques sources que nous avons, il est fait mention d’acquisition de mobilier vers les années 1860, notamment un banc de pierre situé à l’extérieur mais aussi d’une campagne de travaux, notamment en 1868 pour la construction d’une nouvelle chapelle. Ces différents ajouts tant à l’extérieur qu’à l’intérieur contribuent à recréer une atmosphère historicisante, très à la mode dès le début du 19e siècle en Angleterre.

Un imbroglio historique

Une notice, réalisée en 1929, pour la visite touristique du château est tout à fait surprenante, on y trouve un historique incertain mais une description assez précise des abords et des pièces visitables. Elle révèle des changements importants depuis l’état des lieux réalisé en 1794.

L’entrée, en 1929, se situait plus au nord, du côté de la chapelle, « on accède à ce manoir par une avenue qui borde un étang profond », « la grille d’entrée du château est flanquée à gauche d’une antique chapelle castrale ». Les noms des différentes pièces, « salle des gardes », « salle au pilier », « la vieille bibliothèque », « la cachette », « la salle à manger », « la salle ronde », « le vieux pigeonnier », « la tour d’amour, où tour du péché » (…) évoquent un imaginaire troubadour qui est éloigné de l’inventaire fonctionnaliste des biens des émigrés notant pour le rez-de-chaussée, « un grand vestibule », « un office et une boulangerie », « une grande salle », « un grand salon », « un petit caveau ». Les lambris et les cheminées en marbre ou en faux marbre du 18e siècle ne sont plus en place. Dans la « vieille Bibliothèque » qui correspond probablement au salon se situe « une superbe cheminée renaissance » et dans la salle à manger, une « belle cheminée à bas-relief ». Dans le petit caveau, il est fait mention du dépôt de la cloche de l’ancienne chapelle datée 1694. Dans la « salle au pilier » qui correspond à la cuisine s’y trouve un pilier torsadé, « fait d’assises successives ». Enfin une nouvelle salle ronde apparaît, vraisemblablement celle de la tour neuve à l’est, lambrissée « de boiseries remarquables aux motifs très variés ».

Pour finir, il est dit que la « tour d’amour », située à l’entrée de la cour aurait été la résidence au 18e siècle, de l’abbé, Jean-Marie du Chastel, ami de la famille, fils de Jean-René du Chastel, seigneur de la Rouaudais et d’Anne Marie Moussey de Mauny. Confesseur de Marie Leczinska puis confident et aumônier de la reine Marie-Antoinette, il meurt en exil à Jersey, le 23 février 1799.

Période(s) Principale : 16e siècle, 18e siècle, 19e siècle

Le logis a été agrandi vers l’ouest d’une aile basse et de deux tours, l’une de forme carrée, l’autre circulaire, toutes deux coiffées d’un toit conique. Une aile arrière, en retour sur l’angle, fait également partie d’une campagne d’agrandissement qui reprend le style des lucarnes du logis principal.

Le logis principal présente un plan relativement courant, dit en T renversé. Présence d'un contrefort à l'angle sud-est de la façade. Une tour d’escalier circulaire est flanquée au nord-ouest de l’aile arrière sur laquelle est venu se greffer un corps de latrines en appentis, transformé depuis. Un pavillon s’est accolé au nord-est de l’aile arrière et forme un ajout au plan initial. Intérieur non visité, hormis le vestibule qui donne accès aux pièces du rez-de-chaussée et à la cave située sous l'ancien salon (pièce occidentale). D’après Monier : « Les pièces du manoir, au rez-de-chaussée renferment des cheminées monumentales superbes, avec des hottes et des jambages sculptés. L’une d’elles, visiblement rapportée, montre de gracieux putti en haut-relief agitant des rubans et unis avec des guirlandes de fleurs et de fruits. »

Décor de la porte d’entrée : cariatides en gaines soutenant un entablement surmonté d’un cadre dans lequel s’insère des armoiries bûchées. Dieux lions affrontés en support du blason.

Fenêtres du rez-de-chaussée : Les deux appuis des fenêtres ornées du rez-de-chaussée sont sculptés de godrons. Les linteaux et encadrements sont différents, pour celle de l’est, décor de style renaissance avec angelots et pilastres ioniques arasés, pour celle de l’ouest une accolade fortement mouluré de part et d’autre deux décors incomplets.

Fenêtres de l’étage : à accolade, se mêle un décor héraldique d’hermine et de fleur de lys à d’autres fleurs et des motifs géométriques, losanges, cabochons.

Pignons : rampants sculptés de feuilles retournées.

La Chapelle. Non orientée. De plan rectangulaire avec un chevet à pans coupés. Façade principale nord de style gothique flamboyant remployée. Porte à accolades gothiques avec fleuron, feuilles retournées et pinacles. Au-dessus des armoiries sculptées timbrées d’une couronne de marquis, reprenant sans doute les armes des du Chastel qui portaient : « de gueules au château donjonné de trois tours d’or, supporté par deux lions affrontés de même ». La façade ouest sur la cour présentait avant la restauration du 20e siècle, une porte ogivale qui a été remplacée par une porte rectangulaire faite de remplois de pierres anciennes. Au-dessus se situe une fenêtre, remploi également d’une niche de style gothique. Remploi également d’une ancienne baie au sud.

Aile est sur la cour. La description de 1794 indique « un embas, chambre, cabinet et grenier au-dessus, une grande écurie au bout et grenier au-dessus ». L’escalier latéral, de facture ancienne, avec sculpture de chien est un remploi provenant d’un autre édifice.

Tour de l'entrée. Ancienne tour d’habitation éclairée par trois travées de baies. Intérieur non visité.

Décor de la travée donnant sur l’entrée : 1er niveau : porte en plein-cintre à cavets, sans arc de décharge. 2eme niveau : linteau de la fenêtre décoré d’une accolade, en forme de virgule entourée de motifs géométriques, cercle et losanges. Au 3eme niveau : fenêtre avec encadrement et appui mouluré sans autre ornement sculpté. 4eme niveau : lucarne à fronton triangulaire encadré de deux niveaux de pilastres composites. Dans le fronton se situe un buste de femme de profil, avec riche costume, manche à crevés renaissance.

Travée sur la cour :1er niveau : porte à cavet en arc surbaissé, sans arc de décharge, 2eme niveau : linteau de la fenêtre décoré d’une accolade « fantaisiste » avec décor de cercles, 3ème niveau : fenêtre avec appui mouluré orné d’un fronton triangulaire et de trois candélabres de style Renaissance. 4eme niveau : lucarne à gâble gothique avec appui mouluré

Travée de l'est non vue :

Porte de la tour : Réemploi d’un buste dans un médaillon, portrait de style Henri II.

Les communs, au sud de la cour. La description de 1794 indique « un logement consistant en un embas avec cheminée, une remise au bout, deux greniers et un fruitier au-dessus du tout. A la suite de la remise et l’ancienne écurie, est une étable au bout avec un grenier sur les deux, au bout occident de la maison principale est un hangar construit en bas-côté donnant sur le jardin de derrière. » La porte de la remise est ornée d’un fronton triangulaire de style renaissance. Création de deux lucarnes très ornées de style gothique au 19e siècle, l’une sur la cour, l’autre sur l’entrée.

Puits couvert en ferronnerie au centre de la cour. Base polygonale, margelle circulaire. Décor abîmé. Rapporté ?

On accède aux jardins par une porte, fermée d’une grille en fer forgé, encadrée de piliers couronnés de vases de fleurs sculptés.

Colombier circulaire en place.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble, sous-sol
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
toit conique
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Typologies tour d’escalier postérieure, puits couvert en ferronnerie
États conservations bon état, restauré
Techniques sculpture
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections inscrit MH, 1926/09/28

Annexes

  • Visite des biens nationaux provenant d’émigrés, 6 mars 1794, la Conninais

    1Q245 : Visite des biens nationaux provenant d’émigrés, 6 mars 1794.

    Extraits

    « (…) Nous sommes transportés sur le bien appelé maisons et logements et retenue de la Conninais situé dans la municipalité de Taden provenant de l’émigré Louis Tanguy Duchâtel, lequel bien en totalité est exploité par Françoise Bréen et le citoyen Brouhais aux fins d’acte du 4 octobre 1792 (…)

    En conséquence nous avons d’abord tracé et désigné le bien cy après pour former le premier lot de division ainsi qu’il suit :

    Savoir la Maison de la Conninais ayant façade au midi,

    Consistant au rez-de-chaussée en un grand vestibule d’entrée, cuisine au derrière garnie de fourneaux, une armoire d’attache, un office et une boulangerie, deux cabinets au-dessus dont l’un est a cheminée, une grande salle sur devant, boisée en plein, avec cheminée en marbre de gêne, deux armoires d’attache, quatre attique en peinture, de différents paysages avec des bordures dorées à l’huile ; aussi d’attache, en la partie occidentale un grand salon avec cheminée en bois passé en couleur de marbre, deux armoires d’attache, un petit caveau a côté au-dessous dudit rez-de-chaussée une grande cave et un caveau, un autre caveau sous l’escalier.

    Au premier (…),

    une chambre à feu, cabinet au côté orient de ladite chambre, dans lequel il y a deux bibliothèques, six petites armoires au bas à hauteur d’apuy, deux autres grandes armoires le tout d’attache, à côté du cabinet une chambre que l’on nous a déclaré être à feu dans laquelle on nous a dit être une alcôve et deux garde robes avec une armoire d’attache, ce que nous n’avons pu vérifier attendu que sur la serrure de la porte il y existe une bande de celée signée Besné ; une autre chambre avec une cheminée de marbre de Gêne, une alcôve, une garde-robe a côté, trois armoires d’attache, deux cabinets au côté orient de la dite chambre, dont l’un est y a feu, et dans l’autre il y a deux bibliothèques ayant quatre petites armoires à hauteur d’ appui.

    Partie occidentale, une grande chambre que l’on nous a déclaré être avec cheminée garnie de marbre de gêne, deux armoires d’attache, une alcôve, une garde-robe, un cabinet de toilette, ayant sur la serrure de la porte une bande scellé, signée Besné.

    Au second

    Un cabinet avec une alcôve et deux garde robes et une petite armoire d’attache, un autre aussi avec alcôve deux garde robes et une petite armoire d’attache, un autre cabinet avec cheminée, une alcôve deux garde robes dans l’une desquelles est une petite armoire d’attache, une grande chambre avec cheminée, et à côté une autre petite chambre ; Partie occidentale une chambre avec cheminée avec une attique empesage, deux cabinets a côté, une petite bibliothèque de deux rangs de tablettes avec six armoires d’attache à hauteur d’appuy.

    Trois greniers sur le tout sous couverture d’ardoises ; les appartements des premiers et second sont desservis par des corridors, des glaces, tapisseries et baguettes.

    Lesdits appartements (..) ont été réclamés par le citoyen Lagrée, les ayants acquis lors de la vente du mobilier ; grand cour au-devant de ladite maison dans laquelle est un puits, ayant entrée par deux grands portails ;

    Au côté orient de ladite cour

    sont construits quatre cabinets en bas-côté, l’un servant de latrines trois autres de refuges à porcs et volalleries ; bâtiment au même coté au bout midi des précédents, consistant en un embas, chambre, cabinet et grenier au-dessus, une grande écurie au bout et grenier au-dessus dont les cheneaux( ?) appartiennent au citoyen lagrée ainsi que nous la déclaré son épouse.

    Au bas de ladite cour

    est une tour, dans l’embas de laquelle est un four, chambre et charbonnière au-dessus avec un grenier, au bas de ladite cour un logement consistant en un embas avec cheminée, une remise au bout, deux greniers et un fruitier au-dessus du tout. A la suite de la remise et l’ancienne écurie, est une étable au bout avec un grenier sur les deux, au bout occident de la maison principale est un hangar construit en bas-côté donnant sur le jardin de derrière cy après, tous lesquels logements nous ont paru en bon état et sont sous couverture d’ardoises.

    Au derrière de la maison principale

    Est un petit jardin par lequel on descend à l’étang au moyen d’un grand escalier en pierre, au bout orient duquel jardin est construit une petite chapelle.

    Ledit jardin bien clos de murs, divisé en plusieurs quartiers planté d’arbres de différentes espèces et de quelques jeunes pommiers, contenant dix-huit cordes ou environ y compris l’emplacement de la chapelle.

    Un grand jardin au côté occident de ladite cour, au bout orient duquel est un colombier, dans la grande allée dudit jardin est un méridien placé sur un poteau de pierre, ledit jardin très bien planté d’arbres fruitiers et des paliers de différentes espèces, contenant soixante-sept cordes environ (…)

    Une terrasse au bout occident bien planté d’espaliers autour des murs (…)

    Une terrasse au côté du midi dudit jardin très bien plantée de différentes espèces d’arbres (…)

    Une grande terrasse au-dessus des précédentes se prolongeant le long au bout occident du verger cy après ayant les murs garnis de plusieurs espaliers.

    Un verger au costé d’une des terrasses très bien planté (…)

    Une autre terrasse ou levée au bout orient du verger (…).

  • Vente des biens nationaux, 1794, la Conninais

    1Q245 : Vente de biens nationaux provenant d’émigrés. Procès-verbal de première enchère et d’adjudication définitive. District de Dinan, 11 avril 1794.

    « Le vingt-deux jour du mois de germinal de l’an second de la république française, (…), nous nous sommes réunis, accompagnés de l’agent national, dans la salle des séances dudit directoire (…) pour la vente des biens ci-après désignés (…) La maison principale de la Conninais située commune de Taden provenant de l’émigration de Louis Tanguy Du Chastel, Consistant en plusieurs chambres, cabinets, salle, salon, cuisine, office, boulangerie, grenier, cour, puits, refuges à porc, four, remises, hangar, étable, une chapelle, un colombier, le tout sous couverture d’ardoises.

    Au derrière de la maison principale est un petit jardin bien clos de murs, divisé en plusieurs quartiers, planté d’arbres de différentes espèces et de quelques jeunes pommiers contenant dix-huit cordes, ou environ y compris l’emplacement de la chapelle. Un grand jardin au côté occident de ladite cour, au bout orient ou est un colombier, le dit jardin très bien planté d’arbres fruitier et d’espalier de différentes espèces, contenant soixante-sept cordes ou environ ;

    Une terrasse au bout occident bien plantée d’espaliers autour des murs contenant sept cordes ou environ.

    Une terrasse au côté midi dudit jardin très bien plantée de différentes espèces d’arbres contenant onze cordes ou environ.

    Une autre grande terrasse au-dessus des précédentes, le long du bout occident, les murs garnis de plusieurs espaliers contenant vingt-trois cordes ou environ.

    Un verger au côté du midi d’une des terrasses très bien plantée de pommiers contenant deux journaux ou environ.

    Une autre terrasse ou levée au bout orient du verger contenant cinquante cordes environ ; Une petite pièce de terre avec ses fossés au côté midi et bout orient, en pointe appelée la pointe de la levée contenant environ huit cordes.

    L’avenue et la vallée au côté orient jusqu’à l’entrée de la chaussée de l’étang plantée en chênes, châtaigniers, hêtres et marronniers contenant trois quart de journal ou environ.

    L’étang de la Conninais y compris la chaussée contenant un demi journal ou environ au côté nord du dit étang, une vallée plantée en chênes, hêtres et châtaigniers et une fontaine, cette portion de vallée contenant trois quart de journal ou environ.

    Une autre petite vallée au côté nord de l’étang contenant vingt cordes ou environ.

    Une pépinière avec des fossés au côté occident et bout midi contenant dix-huit cordes ou environ.

    Une prairie contenant un journal et demi et une vallée très bien plantée de chênes et de hêtres au côté orient de ladite prée contenant un petit angle planté de hêtres et de chênes sur laquelle passe le chemin nouveau qui de Dinan conduit à la Conninais, contenant environ sept cordes. La prairie d’épinel avec ses fossés tout autour à l’exception avis le bois Pinel et des noës Gourdais contenant deux journaux et seize cordes ou environ.

    Une vallée au trois quart plantée de jeunes châtaigniers contenant soixante cordes ou environ ayant son fossé par la pointe et au côté nord joignant… midi. Lesdits biens ci-dessus contenant par fond le tout ensemble environ douze journaux soixante-quinze cordes. »

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de la conservation régionale des Monuments Historiques. Drac Bretagne.

    Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne - CID Documentation du Patrimoine
  • A.D des Côtes d'Armor : 1Q245 : Visite des biens nationaux provenant d’émigrés, 6 mars 1794 et vente de biens nationaux provenant d’émigrés. Procès-verbal de première enchère et d’adjudication définitive. District de Dinan, 11 avril 1794.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q245
Bibliographie
  • MONIER M.E. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : Joseph Floch, 1975 (nouvelle édition revue et augmentée).

  • Montecot, Charles. La Fontaine-des-Eaux minérales de Dinan. La féerie de l'Argentel. E : La Griffe du temps, temps, Dinan, 2011.

Liens web