Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château de Saint-Gilles, dit le Grand Domaine (Saint-Gilles)

Dossier IA35046272 inclus dans Ferme La Basse-Cour, le Grand Domaine (Saint-Gilles) réalisé en 1972

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiées parc, communs, logement
Dénominations château
Aire d'étude et canton Rennes Métropole - Mordelles
Adresse Commune : Saint-Gilles
Lieu-dit : Grand Domaine (le)
Cadastre : 1965 E2

La seigneurie de Saint-Gilles était considérée comme châtellenie et exerçait un droit de haute justice. Sur le site d'un ancien château décrit comme ayant douves, pavillons et deux tours, une chapelle à l'intérieur, un colombier et un moulin, un château neuf de style néo-classique est construit en 1838-1839 par l'entrepreneur Louise. L'édifice, longtemps attribué à l'architecte rennais Louis Richelot, est plus certainement dû à Charles Langlois qui en a fourni des plans et élévations. Orain écrit : 'Le château de Saint-Gilles a perdu sa physionomie féodale. Il n'est plus qu'une maison bourgeoise, très belle maison, il est vrai, avec parc, bois, mais malheureusement sans horizon. M. de Guenyveau, avocat général près la Cour de Rennes, en est propriétaire' [en 1882].

Elise Lauranceau, étude thématique, 2004

Le château dit le « Grand-Domaine » est construit à 300 mètres à l’est d'un château beaucoup plus ancien qui se trouvait, sur le site de l’actuelle ferme de la Porte. Cet ancien château retourna à la famille de Saint-Gilles dans les années 1820. A cette époque le château est probablement en mauvais état, ce qui justifierait son remplacement par une nouvelle demeure construite par le marquis Gustave de Saint-Gilles, officier de Cavalerie à Paris. Elle fut ensuite, jusqu'en 1959, propriété du comte Jean Arnaud de Guényveau.

Ce nouveau château est terminé en 1839, comme l’indique une inscription relevée sur l'entrée du four à pain du sous-sol.

Aude Benoist, étude topographique, 2018

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1838, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Louise Pierre-Théodore-Marie,
Pierre-Théodore-Marie Louise (1782 - 1841)
Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.
entrepreneur, attribution par source
Auteur : Langlois Charles, architecte, attribution par source
Personnalité : Guényveau de, propriétaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Richelot Louis

Le château est de plan rectangulaire. Ses deux façades principales (sud et nord) sont ordonnancées de la même manière. Elles sont composées de cinq travées et de deux niveaux d'élévation posés sur un sous-bassement en pierre de taille de granit ajouré de quatre soupiraux. Au centre de la composition se trouve un perron à degré rectangulaire donnant accès au rez-de-chaussée et se compose de cinq ouvertures dont les impostes sont en plein cintre. Un bandeau vient souligner l'étage composé lui, de cinq fenêtres rectangulaires. Le toit est posé sur une corniche débordante à modillons. La maçonnerie est enduite et les encadrements des baies sont réalisées en pierre de taille de calcaire.

Les façades est et ouest sont similaires et s'ordonnancent sur trois travées et trois niveaux d'élévations. Seules les travées centrales sont percées, au rez-de-chaussée il s'agit d'une niche dont le motif de coquille forme un cul-de-four. Au deuxième niveau on peut voir trois baies rectangulaires avec linteaux en pleins cintres. Le dernier niveau reprend le motif des trois ouvertures mais seule celle se trouvant au centre est ouverte, les autres sont aveugles.

A l’intérieur, les pièces ont conservé leurs décors de boiseries d'origine. On peut noter la présence, dans la cave, de l’ancienne cuisine qui a conservé un four à pain dont on peut lire sur la gueule la date 1839. Les cheminées du sous-sol semblent avoir été remployées. Celles-ci adoptent des styles en vogue au 17e siècle. Elles pourraient provenir du château de Saint-Gilles, aujourd'hui disparu, sûrement construit par Paul de Bouays au 17e siècle, à l'est de l'ancien manoir de La Porte (visible sur le cadastre de 1829).

Murs granite maçonnerie
calcaire maçonnerie
enduit
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures croupe
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
escalier intérieur
Typologies reconstruction. Néoclassique
États conservations remanié
Techniques menuiserie
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • CARNÉ, Gwénaëlle de. L'architecture néo-classsique à Rennes. Louis Richelot 1786-1855, Bulletin de la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1986.

    "Le Grand-Domaine est réalisé à une époque où les commandes privées se multiplient. Il s’agit d’une époque où Louis Richelot ne cesse de simplifier son style tout en ne se détachant jamais du courant néo-classique. Les œuvres classiques de l’architecte italien Andrea Palladio l’inspirent pour ses constructions. Le château de St Gilles est une construction néo-classique aux formes très épurées qui marque l’aboutissement de la carrière de Richelot. L’architecte atteint le point culminant de son évolution de style en 1839 dans la réalisation du château du Grand-Domaine. Il simplifie les formes. Ce château se démarque du palladianisme par la légèreté de son volume grâce à l’utilisation de larges et hautes fenêtres dans une composition à cinq travées qui lui confèrent en même temps une certaine transparence et une grande luminosité.

    Louis Richelot atteint ici ce qu’il appelle la “pureté architecturale”. Il se démarque des productions de son époque où formes et répertoire décoratif se renouvellent et s’enrichissent."

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D.35, série 65 J : Fonds Louise.

  • A.C. Rennes, série 20 Z, Fonds Charles Langlois : 20 Z 65 Saint-Gilles, château.

  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 10Z42
Documents figurés
  • A.D. 35. Fonds Lagrée : 6 Fi (cartes postales anciennes).

Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON. Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne. Rennes, 1897.

    t. 1, p. 418
  • ORAIN, Adolphe. Géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine. Rennes : imp. A. Le Roy, 1882.

    p. 125
  • CARNÉ, Gwénaëlle de. L'architecture néo-classsique à Rennes. Louis Richelot 1786-1855, Bulletin de la Société Archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1986, t. 88.

    p. 96-97 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LAURANCEAU, Elise. Châteaux modernes en Ille-et-Vilaine (XIXe - XXe siècles) . Mémoire de D.E.A. sous la direction de Jean-Yves Andrieux, Université de Rennes II, juin 2004.

    p. 96