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Ciboire

Dossier IM35021391 réalisé en 2006

Fiche

Ce ciboire porte les même poinçons, de communauté et d´orfèvre que celui de Mernel, conservé au Musée de Bretagne ; la lettre-date E pour l´année 1638, en fait donc l´un des deux plus anciens exemples conservés parmi les pièces produites en Haute Bretagne. Malgré cette identité de date et de fabricant, l´objet ici se singularise par son originalité et la qualité de son exécution. L´estampage précis de la bordure du pied, les petits galons perlés qui l´accompagnent, assortis à celui qui borde le couvercle, la ciselure nerveuse du noeud piriforme, les bagues, et enfin la répartition judicieuse de la dorure, sont la marque d´une exécution raffinée, sans surcharge ornementale. Mais surtout, l´originalité peu ordinaire de ce ciboire réside dans le traitement de son couvercle. Au lieu d´être simplement unie ou ornée de l´habituelle rosace de feuillages, la partie supérieure de celui-ci, fortement renflée, est ciselée d´une couronne de fleur de lys alternant avec des perles qui reproduit de façon stylisée le modèle royal français. Cette ornementation fait donc de l´objet, au reste plus haut que la taille normale, un ciboire d´apparat, probablement réservé aux fêtes solennelles. L´emploi de couronnes fréquent au sommet des baldaquins de la Contre Réforme l´est aussi sur les dais d´exposition pour l´adoration du Saint-Sacrement. On connaît également des couronnes d´ostensoirs, en particulier au XVIIIe siècle. La parenté entre ciboire et ostensoir qui recèlent tous deux des hosties consacrées, explique l´emploi de cet attribut depuis le sommet du retable jusqu´au ciboire, à l´intérieur du tabernacle. Peut-être aussi faut-il envisager que de tels ciboires d´apparat, pouvaient être exposés temporairement au dessus du tabernacle, à la manière d´un ostensoir.

Quelques rares exemples similaires du XVIIe siècle sont connus, comme celui conservé, en Bourgogne, dans une église de Saône-et-Loire, qui présente une couronne à arceaux évidée posée sur un couvercle plat, rendant parfaitement évidente l´allusion iconographique. Parmi les rares exemples bretons connus, le ciboire de Concarneau, réalisé par l´orfèvre quimpérois Claude Appert en 1737 est un autre spécimen remarquable.

Les armes d´alliance gravées dans un écu losangique entouré d´une cordelière sont celles d´une veuve donatrice de l´objet. Le nom de Traourin livré par l´inscription pourrait être une déformation de celui de Troërin, famille ancienne du Léon, dont le manoir se trouve situé près de la chapelle de Notre-Dame-de-Lambader à Plouvorn, et dont les armes sont « d´azur à la fasce ondée d´argent accompagnée de six besants ». Le nom de terre de Guerguesten pouvant être une transcription de Kerguistin ou Kergestin (le lieu des châtaigniers), pour lequel existent plusieurs manoirs de ce nom en Léon et Cornouaille. Au demeurant, la représentation des armoiries est assez fantaisiste : la partie dextre de l´écu représentant deux fasces ondées au lieu d´une seule et deux petits écussons au lieu des six besants donnés par les armoriaux.

Dénominationsciboire
Aire d'étude et cantonHaute-Bretagne
AdresseCommune : Saint-Malo

Ciboire réalisé vers 1638, par l'orfèvre rennais Richard Drouais, à la demande de Catherine Traourin (ou Troërin), dame de Guerguesten (ou Kerguistin).

Période(s)Principale : 17e siècle
Dates1638
Lieu d'exécutionÉdifice ou site : Bretagne, 35, Rennes
Auteur(s)Auteur : Drouais Richard orfèvre
Personnalité : Tröerin Catherine , dit(e) donateur

Pied à galon estampé ajouré, noeud piriforme à têtes d'angelots, couvercle orné d'une couronne fleurdelysée.

Catégoriesorfèvrerie
Matériauxargent, repoussé, ciselé, ciselé au mat, estampage, doré
Précision dimensions

h = 30 ; d = 14

Inscriptions & marquesinscription concernant le donateur
poinçon de communauté
poinçon de maître
poinçon de charge
armoiries
Précision inscriptions

Poinçons (sous le pied) : initiales R et D, deux points en dessous, une fleur de lys au-dessus : maître Richard Drouais ; communauté de Rennes, vers 1638 : hermine passante, lettre R au dessus, lettre E entre les pattes. Armoiries : dans un écu losangique, mi parti, à dextre, trois quintefeuilles, à sénestre, une ou deux fasces ondées et deux meubles non identifiés. Inscription (gravée sous le pied) : DAMOISELLE CATHERINE TRAOURIN DAME DE GUERGUESTEN.

États conservationsmanque
Précision état de conservation

Il manque la partie supérieure de la croix du couvercle.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreÀ signaler
Protectionsclassé au titre objet, 1955/06/14