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Cloître de la cathédrale Saint-Tugdual (Tréguier)

Dossier IA22133209 inclus dans Cathédrale Saint-Tugdual (Tréguier) réalisé en 2017

Par le bras nord on accède au cloître, chef-d´œuvre du flamboyant breton. A la différence de la plupart des cloitres monastiques réservés au religieux, et comme la plupart des cloitres cathédraux, celui de Tréguier fut destiné à plusieurs usages. Outre son usage premier comme lieu de recueillement pour les chanoines, devait accueillir les nombreux pèlerins qui affluaient sur le tombeau de saint Yves, et servait aussi de marché couvert dont le chapitre tirait des revenus. Ces multiples usages expliquent sans doute son envergure en forme de parallélogramme, bien au delà du chevet de la cathédrale où se trouve dès sa conception du coté sud un accès pour les jours de foire. On voit encore au niveau de la jonction de la galerie sud avec le chevet de la cathédrale l’ancien guichet qui correspondait à la perception du droit d'étal.

C'est l'une des rares parties de la cathédrale dont l'historique soit bien connu par les comptes du chapitre. Le chantier entrepris vers 1450 sous l´évêque Jean de Ploeuc, dont les armoiries ornent le vitrage de la sacristie, fut achevé sous l´épiscopat de Christophe du Chastel, évêque de 1466 à 1479, dont les armes se voient, au dessus de la porte de communication entre le bras nord et le cloître. Il est l’œuvre de Pierre Le Tirant et Rolland Le Besque, maîtres d´œuvre de la cathédrale.

Par ailleurs la préexistence des chapelles du déambulatoire sud du chœur, édifiées vers la fin du 14e siècle a empêché la réalisation d'un cloitre continu et par la même entrainé l'aboutissement en cul de sac des galeries ouest et sud. Cette contrainte fut compensée par la création d'une porte dans la première des chapelles rayonnantes du chevet qui devait permettre aux chanoines un accès direct au cloitre depuis leurs stalles du chœur.

La porte Saint-Jérôme (murée) donnait directement dans la cathédrale depuis la chapelle homonyme. L'aspect actuel de cette partie résulte de la restauration de la cathédrale à la fin du 19e siècle : les queues de pierre inesthétiques qui dépassent de son archivolte montrent que l'on avait lors de la création de cette porte complétement muré la baie axiale de la chapelle du déambulatoire.

Entre cette porte et l'entrée dans la galerie sud depuis la ville, dans le mur, trois écus (partiellement buchés), timbrés de la mitre et de la crosse épiscopale, correspondent aux armoiries des trois évêques ayant présidé à la construction du cloitre au 15e siècle, à savoir : Christophe du Chastel (à gauche), Jean de Ploeuc (au centre) et Jean de Coëtquis (à droite).

Trois autels déterminant chapelles existaient dans le cloitre (voir en annexe l'extrait de l’article de René Couffon) : l'autel de Notre-Dame de Pitié et l’autel de Saint-Jean Baptiste, et l'autel de saint Yves. Deux crédences liturgiques, l'une parfaitement conservée dans l'angle nord-ouest du cloitre et l'autre, transformée à quelques mètres de l'angle nord-est correspondent aux deux premiers autels. Quant à l'autel de saint Yves une pièce d'archive atteste qu'il était éclairé par la fenêtre de l'angle sud-est donnant sur la ville.

A l'extrémité est de la galerie nord, deux portes en arc brisé d'origine, l'une plus large que l'autre devaient ouvrir sur un corps de bâtiment figuré sur le cadastre de 1834 et mentionné sur ce dernier comme "entrée du cloitre". Cette partie qui servait de "sas d'entrée" pour la foule des pèlerins abritait aussi des latrines. Pendant la grande foire de Tréguier dite "foire de de la saint Tugdual" qui débute le lundi suivant la Fête-Dieu pour deux semaines en juin, l'encombrement du cloître est tel que les chanoines demandent la permission de se servir des latrines de l'évêque (Minois, 1981). Au pied du revers de la petite porte, une évacuation d'eau ancienne devait servir pour les eaux utilisées pour laver le sol des galeries du cloitre.

Les arcatures quadrillées de la claire-voie du cloitre de Tréguier, leurs remplages à peine flamboyants qui reprennent l´association de quadrilobes et de deux trilobes omniprésente dans toutes les baies de l´édifice, ses colonnettes à chapiteaux unis ainsi que les culées détachées à pinacles aigus qui scandent les groupes de travées et se rattachent à la claire-voie par de graciles arcs-boutants, témoignent d´une volonté d´accompagner l´élévation du chevet, antérieure de près d´un demi-siècle. Cette recherche d'archaïsme est contrebalancée par la finesse de la modénature dans laquelle apparaissent, dans les angles des moulures croisées. La grande lucarne à claire-voie qui éclaire en second jour du côté ouest l´ancienne sacristie, de même que les deux portes dont l'imposte est ajourée appartiennent également à l´esthétique nouvelle.

Jean-Jacques Rioult, mars 2018.

Dénominations cloître
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier

Entrepris vers 1450 sous l’épiscopat de Jean de Ploeuc (1442-1453) dont les armoiries ornent le vitrage de la sacristie ("revestarium" en latin), le cloître de la cathédrale de Tréguier est achevé par Christophe du Chastel, évêque de 1466 à 1479, dont les armes se voient, côté cloître au-dessus de la porte de communication entre le bras nord de la cathédrale et le cloître. Dans la galerie nord du cloître, on peut également voir les armoiries (deux fois) de Jean de Lantillac (il a son enfeu dans le collatéral nord de la cathédrale), archidiacre de Plougastel et chanoine de Tréguier en 1461 qui sont "d'argent à la fasce de sable frettée d'or, accompagnée de trois roses de gueules".

De style gothique flamboyant, le cloître été édifié par Pierre Le Tirant et Rolland Le Besque, maîtres d’œuvre de la cathédrale aidés par plusieurs "picoteurs de pierres" : Alain Menou, Jehan Huet, Jean Pezron, Jehan Tobarec, Jehan Jégou et Jehan le Coguiec. Selon les comptes du chapitre, la charpente a été réalisée par Yvon Cogian. Le chapitre tirait profit de sa location comme marché couvert lors des foires à raison de 2 c le pied). C'est l'une des rares parties de la cathédrale dont l'historique soit bien connu par les comptes du chapitre.

Le cloître de Tréguier fut béni le 25 septembre 1468.

Période(s) Principale : 3e quart 15e siècle
Dates 1468, daté par travaux historiques

Le cloître de Tréguier adopte la forme d'un trapèze comprenant quatre galeries d'inégale longueur. La galerie sud s'interrompt au niveau du chevet à la rencontre des chapelles échelonnée du chœur de la cathédrale. A cet endroit se voit encore un guichet destiné à la perceptions des droits de foire et sans doute aussi à la surveillance de l'entrée du côté de la ville. Au nord-ouest se trouve la partie médiévale du palais épiscopal, à l'ouest la sacristie et à l'étage l'ancienne librairie (construction contemporaine du cloître). On accède au cloître par le bras nord de la cathédrale Saint-Tugdual (porte Saint-Jean) et directement par la ville : par le nord (accès des pèlerins via la venelle du Cloître) et par le sud (escalier et porte situés en haut de l'actuelle rue Ernest Renan).

La porte Saint-Jérôme (murée) donnait directement dans la cathédrale depuis la chapelle homonyme.

Entre cette porte et l'entrée dans la galerie sud depuis la ville, dans le mur, trois écus (partiellement buchés), timbrés de la mitre et de la crosse épiscopale, correspondent aux armoiries des trois évêques ayant présidé à la construction du cloitre au XVe siècle, à savoir : Jean de Ploeuc (à gauche), Christophe du Chastel (au centre) et Rolland de Coetquis (à droite).

Selon Paul Chardin (1886), les processions qui se faisaient autour du cloître rentraient de la cathédrale par la porte Saint-Jérôme et sortaient par la porte du transept nord dite porte de Saint-Jean.

Les galeries du cloître comprennent sur un soubassement continu 46 arcatures quadrillées (au nord : 16 arcatures, à l'est : 14, au sud : 5, à l'ouest : 11) à remplages gothiques flamboyants (motifs d'ornementation de style ogival) associant, à chaque fois, un quadrilobe (quatre-feuilles) et deux trilobes (trèfles) sur des colonnettes à chapiteaux, simples (au centre de chaque arc) ou quadruples (aux extrémités des arcs). Côté cour, 14 culées d'arc-boutant (dont 9 à pinacle) scandent également la composition. A l'ouest, une grande lucarne à remplage éclaire en deuxième jour la baie de l'actuelle sacristie.

A l'extrémité est de la galerie nord, deux portes en arc brisé d'origine, l'une plus large que l'autre devaient ouvrir à l'origine sur un corps de bâtiment. Le cadastre de 1834 montre les portes donnant sur un espace non construit nommé "entrée du cloitre". Il se peut que cette partie qui servait de "sas d'entrée" pour la foule des pèlerins, ait aussi abrité des latrines. Au pied du revers de la petite porte, une évacuation d'eau ancienne devait servir pour les eaux utilisées pour laver le sol des galeries du cloitre.

Sous les galeries du cloître sont conservés plusieurs gisants et pierres tombales de diverses provenances : anciennes églises abbatiales de Beaulieu (à Megrit prés de Jugon), de Bégard, de Notre-Dame de Bon-Repos (à Saint-Gelven), et de la chapelle Saint-Pierre de Matignon.

Au centre de la cour du cloître se dresse une croix en granite provenant de Keralio à Plouguiel.

Murs granite pierre de taille
maçonnerie
moellon
Toit ardoise
Couvertures toit à un pan
États conservations état moyen

18 04 1914 (J.O.).

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1840
Précisions sur la protection

Cathédrale (ancienne) et cloître : classement par liste de 1840.

Annexes

  • "Chapelles, autels, enfeux de la cathédrale de Tréguier" Couffon René, Bulletins et mémoires de la Société d'émulation des Côtes du Nord, 1932.

    "...Rappelons à ce sujet qu'il existait trois autels dans le cloître : l'autel de N.-D. de Pitié au cloître sur lequel était desservie la chapellenie fondée par le trésorier Barbuti le 12 juin 1483 ; l'autel Saint-Jean-Baptiste au cloître, mentionné dès septembre 1484 dans un acte autorisant le chanoine Pierre Lesné à mettre et placer au cloître, sur l'autel où était l'image de Saint-Jean-Baptiste, une image de Saint-Pierre qu'il avait fait peindre. ...... enfin l'autel de Saint-Yves au cloître. Par testament du 17 mai 1493, messire Yves de Kermel, archidiacre de Tréguier, désirant être enterré dans le cloître, devant l'autel Saint-Yves qu'il avait fait bâtir et « auquel en la vitre jouxte sont peintes ses armes »,

  • La porte nord du cloître, une oeuvre de André Le Picard

    Entré en 1930 à l'école supérieure des Arts décoratifs à Paris, André Le Picard (1911-1989), menuisier sculpteur revient en 1939 à Tréguier et intègre l'atelier familial situé rue de La Chalotais : il a réalisé les portes aux motifs décoratifs tout en courbes du cloître de la cathédrale de Tréguier (le fonds Le Picard est conservé aux archives départementales des Côtes-d’Armor).

Références documentaires

Bibliographie
  • GALLET, Yves. "Tréguier, cathédrale Saint Tugdual" in Monuments des Côtes-d’Armor, Le "Beau Moyen Age", congrès archéologique de France n°173, 2017.

  • CHAURIS, Louis. "Un écrin pour un tombeau ou la pierre dans la cathédrale de Tréguier" in Saint Yves et les Bretons : Culte, images, mémoire (1303-2003) [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2004 (généré le 13 décembre 2017).

  • BONNET, Philippe, RIOULT, Jean-Jacques. Bretagne gothique. Édition Picard. 2010.

Périodiques
  • CHARDIN, Paul. "Recueil de peintures et sculptures héraldiques. Cathédrale de Tréguier" in Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques, 1886, p. 287-313.

  • COUFFON, René. "Chapelles, autels, enfeus et sculptures héraldiques de la cathédrale de Tréguier". Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, extrait des Mémoires de la société d’émulation des Côtes-du-Nord. 1932, p. 162-247 p.

  • MINOIS, Georges. "Origine et transport des matériaux pour le cloître et le clocher de la cathédrale de Tréguier au 15e siècle", in Artistes, artisans et production artistique en Bretagne au Moyen Âge. Rennes, 1983, 402 p.

  • MINOIS, Georges. "Le climat, les dîmes et les prix trégorrois à travers le culte de Saint-Yves (17e - 18e siècles). In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 88, numéro 1, 1981, p. 87-108.

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