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Commanderie du Palacret (Saint-Laurent)

Dossier IA22133195 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint Laurent
Dénominations commanderie
Aire d'étude et canton Bretagne - Bégard
Adresse Commune : Saint-Laurent
Lieu-dit : Palacret (le)

Les Hospitaliers sont établis, depuis le XIVe siècle, au lieu-dit du Palacret, à l’ouest du bourg de Saint-Laurent. Dans le cahier des pleds de l’hospital de Louargat, on retrouve un témoignage au temps où frère yves de savigne estoit comendeur du palacret, soit tout au long du dernier quart du XIVe siècle. Saint-Laurent est mentionné pour la première fois en tant que paroisse en 1427, lors de l’Enqueste et information faictes des parroissiens habitans et demourans en la parroisse de Lanlouran. Cependant, si les Hospitaliers sont fondateurs et préeminenciers de l’église, leurs noms n’apparaissent pas dans cette enquête, excepté un certain Nicolas Mahé, sergent à lospitalier et demeurant au village du Rumaudu. Ce n’est qu’à la Reformation des feux de 1448 que Messe Pierres de Kerenborgne chevalier Commandeur du Palacret est mentionné parmi les gentilshommes demourans en ladicte parroesse. Il fut inhumé l’année suivante en la chapelle du manoir hospitalier du Palacret. Le 17 mars 1574, frère Jean Pelletier, commandeur de Carentoir, rend aveu au nom de frère Edmé du Chesne, commandeur de La Feuillée et du Palacret. Dans cet aveu, il précise les dépendances de la commanderie, à savoir : les chappelles maisons moulins prez jardins vignes garainnes et boys de haultes fustayes du membre du palacret estant et situé en la parroisse de Lan Louran. Au mois de mars 1631, le commandeur René de Saint-Offange déclare que : leglise parrochialle de sainct laurant est fondée en la terre de la dite Commenderye et ledit seigneur Commendeur droict de patronnaige et presentation du recteur en ycelle avec sept escolier audit bourg. Selon l’état des revenus de la commanderie de La Feuillée de 1697, en l’église paroissiale de Saint-Laurent, le commandeur est patron fondateur et seigneur temporel et spirituel, il perçoit annuellement un denier pour la reconnaissance du droit de patronage, et sa commanderie [du Palacret] est érigée en haute, moyenne et basse justice. Les croquis d’arpentages du terrier de La Feuillée levés en 1705 permettent d’appréhender topographiquement le manoir commandal du Palacret et l’église hospitalière de Saint-Laurent au premier quart du XVIIIe siècle. Le manoir est composé d’un moulin, d’une chapelle et sa cour close, d’un appentis proche de la chapelle, puis, d’une seconde cour distribuant les écuries, plusieurs pavillons, une maison à four et le logis principal. Plusieurs parterres agrémentent la cour principale et des canaux, allées, prés et bois de hautes futaies environnent le manoir. L’église de Saint-Laurent est située au milieu d’un placître clos enserrant le cimetière paroissial, la nef est accessible par un portail occidental et un porche méridional, un reliquaire prend place à l’ouest du porche sud et trois autels sont signalés. Entretenu jusqu’à la Révolution Française, le manoir commandal du Palacret est vendu en tant que Bien National en 1797 et va peu à peu tomber en ruine. Le cadastre de 1818 ne signale que des ruines qui servent de carrière de pierre.

Période(s) Principale : 14e siècle, 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle

Du manoir du Palacret, il ne reste aujourd’hui que les canaux d’agréments, de minces ruines du logis principal, le moulin et la chapelle fortement remaniés. Cette dernière adopte un plan rectangulaire à nef unique percée à l’ouest d’un portail moderne en plein-cintre, les gouttereaux nord et sud sont percés de portes et fenêtres aménagées ces dernières années et sans grand intérêt. Quelques réemplois de remplages gothiques sont disséminés dans la chapelle et dans la maçonnerie du logis la juxtaposant. Les canaux d’agréments sont parfaitement conservés, ils cantonnaient autrefois l’allée principale du manoir encore visible parmi la végétation dense. Des fouilles récentes ont permis de mettre au jour une partie de la salle principale, de la cave en sous-sol et des trous de boulins, attestant du plancher du salon surmontant la cave et rappelant les éléments caractéristiques du manoir breton. Des tomettes ont été dégagées contre la cheminée sud de la salle principale et dans le remblayage de la cave suite à la déconstruction, elles sont gravées, entre autres, d’un cerf, de pampres et de fleurs de lis évoquant un niveau d’occupation du XVIIe siècle.

L’église paroissiale, située au bourg de Saint-Laurent, a conservé dans son ensemble, des élévations des XIVes, XVes et XVIes siècles. Deux armoiries, anciennement fichées dans le portail d'entrée du manoir du Palacret, sont englobées dans la maçonnerie de la clôture du placître, on reconnait les armes de René de Saint-Offange et Jacques de Jalesme. De la façade occidentale, l’élément le plus ancien est le portail à voussures multiples en arc brisé et ébrasements à colonnettes, surmontés d’une archivolte en accolade coiffée d’un fleuron. La façade a été remaniée dans le milieu du XVIIe siècle en clocher-mur de type Beaumanoir. Deux puissants contreforts à larmiers cantonnent le portail occidental et prennent appui sur les ébrasements confirmant une construction postérieure. Ils se prolongent jusqu’en partie haute, soutenant la terrasse à balustres et encorbellements du clocher, marquée aux angles par des gargouilles. Le clocher est à trois chambres ouvertes à linteaux sur coussinets et coiffé d’un clocheton domical réemployant un personnage en bas-relief semblant dater de la fin du Moyen Âge. Une tour cylindrique à l’angle sud-ouest abrite un escalier à vis permettant l’accès à la terrasse du clocher. La façade méridionale se compose, d’ouest en est, d’un reliquaire contemporain remplaçant un plus ancien, d’un porche monumental et d’une porte en arc brisé à voussures en tore et cavet dont l’archivolte repose sur des culots ornés de visages. Le porche monumental est remarquable, couvert d’un toit en bâtière, il est encadré par deux contreforts droits sommés de pinacles et ajourés chacun d’un quadrilobe, et deux autres contreforts en bâtière contrebutent les élévations latérales. Il ouvre sur deux arcades en plein-cintre à l’intrados orné de cinq lobes et retombant sur une colonne cylindrique et deux piles engagées. Les chapiteaux sont soulignés d’un astragale torique et les tailloirs sont moulurés. Le gâble du pignon est ajouré de trois quadrilobes posés sur une contre-courbe et dont les écoinçons sont comblés de deux trilobes. Deux fines colonnettes toriques soulignent les piédroits et se rejoignent au faîtage, tandis que les rampants sont ornés d’une balustrade ajourée de quadrilobes. Un écu effacé est fiché entre les deux arcades, un autre sous le faîtage surmonté d’une pierre figurant deux ossements croisés. Le porche abrite un portail renaissant à voussures multiples en accolade, la seconde voussure possédant des piédroits décorés de fines colonnettes aux chapiteaux feuillagés. L’épaisse archivolte repose sur des culots feuillagés et est coiffée d’un puissant fleuron surmonté des armes de Malte au niveau du tympan. À signaler qu’à l’intérieur du porche, une série de quatre arcs en plein-cintre surmontés d’un quadrilobe soutient la voûte en bâtière. On peut rapprocher le porche de l’église de Saint-Laurent à certains éléments architecturaux de la cathédrale de Tréguier. En premier, la voûte brisée du Porche des Cloches est aussi soutenue par une série d’arcs ornés de quadrilobes, donnant cette impression de cage thoracique de pierre, tandis que la modénature et les formes employées pour les arcades du cloître font écho aux deux arcades du porche de Saint-Laurent. On peut certainement fixer sa construction dans le milieu du XVe siècle. Cette datation est corroborée par le style des remplages des baies 2, 4 et 6 en façade méridionale : les baies 2 et 6 sont à deux lancettes trilobées surmontées d’un réseau à deux trèfles et un quadrilobe enserrés rappelant la baie du transept sud de la paroissiale de Plouisy. La baie n°4 se distingue par un remplage à deux lancettes à cinq lobes surmontées d’un réseau à cinq mouchettes en symétrie. Les têtes des lancettes ont conservé les fragments de vitraux figurants deux dais d’architecture datant de la seconde moitié du XVe sièc

Murs pierre moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 2 vaisseaux

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de la Vienne : 3H1 444
  • Archives départementales de la Vienne : Registre 450
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B2980
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B2983
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H516
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H545
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • Les Vitraux de Bretagne. Inventaire général du Patrimoine Culturel. Région Bretagne ; par Françoise GATOUILLAT et Michel HÉROLD. Rennes : Presses Universitaires de Rennes (P.U.R.), 2005. (Recensement des vitraux anciens de la France, Corpus Vitrearum, France - Recensement VII).

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