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Corps de garde crénelé n° 3, année "1862" de Calgrac'h et batterie du Kernic (Ouessant)

Dossier IA29001886 inclus dans Ensemble fortifié (Ouessant) réalisé en 2005

LES FORTIFICATIONS DE LA RADE DE BREST, UN PATRIMOINE RECONNU

La défense maritime et terrestre des approches et des mouillages du port de Brest

Les réduits de batterie de côte modèle 1846 (2011)

Près de 160 corps de garde crénelés sont élevés sur le littoral français en Atlantique et en Méditerranée en une quinzaine d´années. En rade de Brest, trois vagues successives de construction ont lieu de 1846 à 1862 ; au total, ce sont ainsi 21 ouvrages nouveaux dont 15 corps de garde crénelés qui sont élevés durant cette période.

Il s´agit en grande majorité de sites déjà fortifiés a minima par implantation d´une batterie de côte dès le XVIIIe siècle. Seule l´implantation d´ouvrages défensifs de 1847 à 1849 sur l´îlot des Capucins constitue une véritable nouveauté dans le système défensif de la rade de Brest. Deux ouvrages récents, âgés d´à peine 34 ans, sont proposés au déclassement : les tours modèles de Saint-Marzin et de Créac´h Meur qui pâtissent de leur mauvais emplacement en falaise faisant doublon avec des ouvrages modernes : à l´ouest le réduit de la pointe Saint-Mathieu (1854) et à l´est les batteries du fort de Bertheaume. Prioritairement, il s´est agi de mettre en état de défense l´anse des Blancs Sablons dont le dispositif s´étend de l´anse de Porsmoguer au nord (Plouarzel) à la pointe de Kermorvan au sud (Le Conquet). Six ouvrages sont ainsi élevés de 1846 à 1852 et deux redoutes pour l´infanterie sont modernisées (à l´origine, des redoutes vaubaniennes mises en oeuvre par l´ingénieur Mollart). Dans le cas de l´îlot des Capucins (1848) et de la pointe Robert (1857), il s´agit de plans-types "contrariés" : dans le premier cas, la commission avait proposé l´établissement d´une tour crénelée n° 1 et dans le second cas l´établissement d´un corps de garde crénelé n° 1. Hors normes, ces ouvrages sont à rapprocher des casernes des redoutes-modèles. Programmé en 1847, le réduit de Quélern est construit de 1852 à 1856 sur des plans s´approchant de ceux des redoutes-modèles. À partir de 1858, le principe de l´artillerie rayée est adopté. Les conséquences sont les suivantes : un accroissement considérable de la portée, une plus grande justesse et une régularité des tirs qui sont aussi désormais beaucoup plus destructeurs du fait de l´utilisation de projectiles explosifs. Une dernière vague de constructions issue du programme de 1857, réalisée de 1859 à 1862, concerne tout particulièrement la défense de l´anse de Camaret et la rade de Brest (1859), l´anse de Morgat et l´île d´Ouessant. Les derniers corps de garde crénelés modèle 1846-1861, modifiés par l´élargissement des murs porteurs, sont construits en 1862. Sur l'île de l´Aber, le plan-type est adapté afin de lui permettre de porter de l´artillerie de petit calibre.

Si l´armement se maintient de 1841 à 1858, en 1870 le nombre de pièces d´artillerie destinées à la défense du port de Brest passe de 470 à 249 pièces soit une réduction de 53%. On assiste également à un rééquilibrage de la puissance de feu entre le nord et le sud du goulet. Le nombre de positions évolue logiquement à la baisse passant de 51 en 1858 à 20 en 1870. Le programme de fortification permanente de 1846 a été interrompu dans la décennie 1860 par les progrès de l´artillerie rayée embarquée qui rendent obsolètes ce type d´ouvrages : "Aujourd´hui [1885], ces réduits seraient complètement insuffisants. Ils sont généralement vus de loin, et tout coup destiné aux batteries peut s´il est long les atteindre et les détériorer de manière à les rendre dangereux et même intenables. Dans les batteries où les réduits existent, il n´y a pas lieu de les démolir ; il faut, au contraire les utiliser, en les modifiant pour le logement des hommes, ainsi que pour emmagasinement des poudres et des projectiles". En raison de l´importance stratégique de l´anse de Morgat, les batteries du Kador et de l´île de l´Aber, capables de croiser leurs feux, sont maintenues en 1870 comme défenses extérieures" et leur armement modernisé".

(Lécuillier Guillaume, 2011).

Lécuillier Guillaume (dir.), Jean-Yves Besselièvre, Alain Boulaire, Didier Cadiou, Christian Corvisier, Patrick Jadé. Les fortifications de la rade de Brest : défense d'une ville-arsenal. Rennes, éd. Presses Universitaires de Rennes, coll. Cahiers du patrimoine, 2011, n° 94, 388 p.

AppellationsFort du Kernic
Destinationspromenade
Parties constituantes non étudiéescorps de garde, caserne, escalier, latrine
Dénominationsfort, redoute, batterie
Aire d'étude et cantonParc Naturel Régional d'Armorique - Saint-Renan
HydrographiesBaie de Calgrac'h ; Baie de Béninou
AdresseCommune : Ouessant
Lieu-dit : Kernic

Fonction : défense du mouillage de la baie de Béninou. D'après l'Atlas des côtes de France 1818-1848 (tome 192 : direction de Brest) ; une batterie de côte désignée "batterie de Calgrac'h" est mentionnée dans la baie de Calgrac'h tantôt à "Penn ar Ru Meur" tantôt au nord du lieu-dit "Kernic". D'après l'état de 1820 et le plan de détail de Paulin, la batterie du Calgrac'h est dotée d'un "corps de garde pour 4 hommes" et d'un "magasin à poudre". Le 7 novembre 1844, le comité des fortifications s'appuyant sur le travail de la commission des côtes de 1841 (Atlas de défense des côtes, tome III, 2e arrondissement de Brest) recommande l'armement de la batterie (3 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer"). Il est précisé "que dans le cas de la réunion projetée de l'îlot de Keller à l'île d'Ouessant, cette batterie serait reportée sur la pointe de Keller". La batterie de Calgrac'h est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 2e degré d'importance, elle est armée de 2 "canons de 30" et 1 "obusier de 22". Un corps de garde crénelé n° 3 est construit en 1862 à Calgrac'h. Ce programme de fortification est interrompu par les progrès de l'artillerie rayée qui rendent obsolète ce type d'ouvrage. Les derniers corps de garde crénelés modèles "1846/1861", modifiés par l'élargissement des murs porteurs sont construits en 1862. Par la suite, la batterie cesse d'apparaître dans les états de défense des côtes (déclassement en 1876). Le corps de garde a été réoccupé en 1898-1899 lors de la crise de Fachoda.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1862, porte la date
Mursgranite
pierre de taille
moyen appareil
maçonnerie
moellon
Toitpierre en couverture
Plansplan rectangulaire régulier
Étagessous-sol, rez-de-chaussée
Couvrementsvoûte en berceau
Couverturesterrasse
États conservationsdésaffecté, mauvais état
Techniquesgravure rupestre
Précision représentations

Une date au dessus de l'entrée du réduit : "1862".

Etat sanitaire de l'édifice assez préocuppant.

Statut de la propriétépropriété de l'Etat (?)
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à étudier