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Corps de garde, Pointe de Pordic (Pordic)

Dossier IA22013049 réalisé en 2008

Fiche

Dénominations corps de garde
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
Adresse Commune : Pordic
Lieu-dit : la Pointe de Pordic
Cadastre : 1834 D3

Le fort ne figure pas sur un inventaire de 1747, mais en 1774, le corps de garde et la poudrière sont presque détruits. En 1792, le corps de garde et la poudrière (dont la capacité est de 1500 à 1800 livres de poudre, de 100 gargousses et de 100 boulets) sont dits en bon état (reconstruits ?), ainsi que le lit de camp et le mobilier. Les canons ne sont pas montés sur leurs affûts. En 1795, les deux canons de fort calibre (36) du fort, placés à 20 mètres l'un de l'autre, sont acheminés vers le site et installés sur leur position respective. Il sont complétés par un signal et un four à boulets. Leur service est assuré par huit canonniers. Il s'élève à quinze au début de la guerre, mais l'effectif restera par la suite limité à cinq ou six hommes. Un mât ou signal permet de communiquer des messages avec les forts du Roselier, vers l'Est, et d'Etables vers l'Ouest (la Pointe de la Rognouse). La construction d'un four à boulets est commencé en 1794. Le fort figure encore sur un inventaire de 1810, avant d'être déclassé en 1841. Le corps de garde est utilisé par en temps de paix par le service des douanes. Le 29 janvier 1836, la foudre tombe sur le bâtiment, abattant la cheminée et la longère entre le pignon et la porte, et fendant le mur de la poudrière.

Période(s) Principale : 18e siècle

Un fort comprend une ou deux batteries, un corps de garde, une poudrière, une ou deux guérites et éventuellement un four à boulets. Les vestiges du corps de garde représentent un bâtiment de plan rectangulaire, dans charpente ni couverture, dont il ne reste qu'une partie des murs, sur une hauteur de 80 cm. Ces murs ont été protégés par un enduit à la chaux.

Murs schiste
granite
moellon
États conservations vestiges
Techniques maçonnerie
Mesures l : 700.0
la : 200.0

Les vestiges du 'fort' de la Pointe de Pordic sont à signaler, comme unicum sur la commune.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Le corps de garde de la Ville-Rouault

    Vers 1663, existe à la Ville-Rouault un corps de garde composé de 870 hommes chargés de veiller à la sécurité des côtes. Les paroisses de Pordic, Perneuf, Plaine-Haute, Saint-Donan, Trémuson fournissent le contingent des hommes et le seigneur de la Ville-Tréhen est mis à la tête du détachement pordicais.

    Une histoire est citée par rapport à ce corps de garde, rapportée par Yves Lanmour :

    Il advint que le soir de la veille de la Saint Jean en 1778, le navire corsaire à trois mâts 'l'Enjôleur', de Saint-Malo, fortement pressé pae deux frégates anglaises, vint se jeter dans l'anse de Cameret, tout près du corps de garde. Soit à dessein, soit par maladresse, les frégates qui dirigeaient leur feu vers la côte, au pied de la quelle était le corsaire, pointaient par trop haut et lançaient sur le terrain de la mitraille des boulets, qui allaient même au loin, déchirer le sol et percer les toits. Bientôt la garnison perdit pied, s'éparpilla et se cacha dans les champs de blé. Le bateau corsaire se défendit vigoureusement, et la nuit lui vint en aide : les Anglais mirent la partie au lendemain et cessèrent le feu. Dans la nuit, le capitaine Pignorel de la Côte Rault, maison la plus voisine, se rendit à bord, profita du flux qui survint et dirigea le bateau corsaire à la faveur des ténèbres entre la terre et les frégates anglaises où il passa inaperçu et le conduisit à saint-Malo.

    Suite à cet incident, on sentit bien que des fusils étaient insuffisants pour défendre les côtes et protéger les terres. Un navire vint de Saint-malo déposer deux pièces de 36 au Petit-Havre. On fraya à l'aide de la pioche et de la mine, un chemin oblique dans la falaise et on les traîna à force de chevaux et de bras sur le bout de la pointe où on les dressa en batterie. On retrancha un coin du corps de garde pour en faire une poudrière et l'on plaça un lit de camp dans le coin opposé. Ceci réduisit l'espace libre à 180 pieds carrés. Le corps de garde fut aussi frappé par la foudre le 2 février 1835. Il y avait à l'époque une guérite en pierre, un four à rougir les boulets (mais qui na jamais fonctionné), une cabane pour le garde des signaux, qui servit plus tard à l'usage de la brigade des douaniers. Il a aussi existé un smaphore qui a disparu en 1815.

  • Extrait du 'Pilote' de Thomassin, p.88

    Demie lieue plus loin, située au Sud-Est, se trouve la pointe de Pordic qui s'avance de près d'un quart de lieue en mer. Cette pointe est très escarpée et inabordable à tous égards, la mer ne quitte jamais le pied de la côte, il y a quantité de rochers qui en défendent l'approche. Sur le haut de cette pointe est construit un corps de garde qui n'est que pour l'observation, on y a placé un mât de pavillon qui répond par sa droite au Rozelier et par sa gauche à Etable.

  • 20082211926NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Numplan 1.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. 10 L 49. Fort de la Pointe de Pordic.

Bibliographie
  • CLOAREC, Jacqueline, LAMOUR, Yves, TURPIN, Marcel, VAULEON, Bernard. Pordic d'hier à aujourd'hui, Pordic : Association Un livre pour Pordic, 2007.

    p. 100-101
  • THOMASSIN, Anastase. Pilote côtier, Côtes Nord de la France, troisième partie : Des Héaux de Bréhat au cap de la Hague. Paris : Challamel aîné, 1875.

    p. 88
Périodiques
  • SALLIER DUPIN (DE), Guy. La mer et la Révolution dans les Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1992.

    p. 146