Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Couvent des Augustines - ancien Hôtel-Dieu, rue de La Chalotais (Tréguier)

Dossier IA22132851 réalisé en 2016

Fiche

Le couvent des Augustines présente un grand intérêt du point de vue de l'histoire de l'art en raison de la qualité architecturale et de l'authenticité intérieure du grand corps de logis de 1663. Ce bâtiment a conservé ses dispositions d'origine et constitue, de ce fait, un conservatoire exceptionnel de la vie conventuelle du 17e siècle. A cela s'ajoute l'intérêt du décor peint de la chapelle du cimetière et la nécessité de conserver le témoignage de l'hôpital médiéval fréquenté par saint Yves.

Protégé au titre des Monuments historiques, cet édifice dispose d'une notice sur le portail Mérimée du Ministère de la culture, notice accessible par le lien en bas de page.

Dénominations couvent, hôtel-Dieu
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : rue de la Chalotais , rue Gambetta

Dès le 13e siècle existe à Tréguier un hôtel-dieu que fréquente saint Yves (1253-1303). Il était desservi par une petite communauté religieuse dont il subsiste les bâtiments du 15e siècle disposés autour d'une courette formant le noyau ancien du couvent : la "salle des passants" qui abritait les malades et communiquait directement avec la chapelle Sainte-Marie-Madeleine construite perpendiculairement ; le bâtiment de l'infirmerie édifié contre la chapelle à l'ouest. A l'origine, la salle des passants n'avait pas d'étage, peut-être même était-ce une salle sous charpente.

En 1654, l'Hôtel-Dieu de Tréguier est en très mauvais état. Grâce à l'intervention de Pierre de Loz, seigneur de Kergoanton, et de sa femme Françoise de Kergroadez, appuyés par l'évêché de Tréguier en la personne de Monseigneur Grangier, la communauté de ville admet la fondation d'un nouvel établissement et fait appel à des Augustines Hospitalières de Quimper. Les religieuses commencent par restaurer la chapelle Sainte-Marie-Madeleine en 1655 comme en témoigne la plaque de fondation placée dans le choeur. La hauteur de la salle des passants est abaissée de 3 ou 4 rangs de pierre de taille pour construire au-dessus le choeur des soeurs en communication avec la chapelle Sainte-Marie-Magdeleine. En réponse à ce nouvel aménagement, la circulation à l'intérieur de la chapelle est modifiée : la clôture d'origine qui séparait la nef du choeur est supprimée, les religieuses disposant dorénavant d'un nouveau choeur à la mesure de leur congrégation. Entre 1662 et 1663, les travaux se poursuivent par l'édification d'un grand corps de logis comprenant une allée de cloître, un réfectoire, un double dortoir, une salle de communauté, un noviciat. De 1666 à 1669, un nouvel hôpital est construit dans le prolongement de la chapelle, avec une salle des hommes (1672) et une salle des femmes (1695). Ces bâtiments sont démolis fin 1852 pour élever à la place un nouvel hôpital terminé en 1856, converti en hôtel-restaurant en 1990.

Dans le jardin du couvent, la petite chapelle du cimetière, édifiée dans la seconde moitié du 17e siècle, est reconstruite au début du 19e siècle (voir dossier correspondant).

En 1823, commence la construction d'une aile perpendiculaire au corps de logis pour loger le pensionnat de filles.

En 1896, la maison Saint-Yves, destinée au repos des prêtres, est construite dans le prolongement de l'hôpital.

En 1935, une galerie de jonction entre le cloître et l'hôpital est ajoutée car, contrairement à l'ancien bâtiment du 17e siècle, le nouvel hôpital de 1856 n'est pas de plein pied avec la chapelle mais décalé vers l'ouest (cf. plan cadastral de 1834).

Les religieuses quittent le monastère en 1995, la propriété appartient désormais à l'association Diocésaine. L'ensemble a fait l'objet d'une protection au titre des monuments historiques : l'aile de 1823, les façades et toitures des bâtiments reliant le parloir à l'aile du 17e siècle et ceux y donnent accès à partir de la rue Gambetta sont inscrits Monuments historiques en 1997 ; la chapelle de la Madeleine, le choeur des religieuses, l'aile du 17e siècle et la chapelle du cimetière sont classés MH en 1999.

Période(s) Principale : 1ère moitié 15e siècle, 2e moitié 17e siècle, 1er quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates
1655, porte la date
1663, porte la date
1669, daté par source
1823, porte la date
1856, daté par source
1896, daté par source
1935, daté par source

Le couvent est établi au carrefour des rues de la Chalotais et Gambetta. Le grands corps de logis, l'aile des pensionnaires et l'hôpital sont disposés autour d'un parterre ouvert à l'Ouest sur le jardin du couvent dont la surface couvre un hectare. Accolé à cet ensemble, au Sud-Est, quatre autres bâtiments sont regroupés autour d'une petite cour intérieure formant le noyau primitif du monastère.

La partie la plus ancienne, dite "salle des passants", est accessible depuis la rue de La Chalotais, éclairée par cinq fenêtres en arc brisé. Cette pièce en demi sous-sol abrite le vieux parloir. Celui-ci est surmonté par le choeur des religieuses construit perpendiculairement à la chapelle Sainte-Marie-Madeleine avec laquelle il communique par une grille en fer forgé monumentale. La chapelle présente une nef unique dont le chevet plat était à l'origine éclairé par la baie du pignon Est avant que le grand retable occupe toute sa hauteur. Outre leur architecture de grande qualité, ces bâtiments ont conservé un mobilier remarquable, notamment les stalles et le retable en bois doré du 17e siècle. Le bâtiment de l'infirmerie est construit contre la chapelle, à l'ouest. Un hagioscope pratiqué dans le mur nord de la chapelle permet aux malades de suivre l'office depuis l'infirmerie située au 1er étage. Enfin, une aile reliant la salle des passants au grand corps de logis et à l'infirmerie ferme le quatrième côté de la petite cour intérieure. Elle abrite un parloir au rez-de-chaussée et une sacristie à l'étage qui dessert le choeur des religieuses.

L'hôpital est construit dans le prolongement ouest de la chapelle, le long de la rue Gambetta, relié au sanctuaire par une galerie. Il comprend deux étages éclairés par une série de fenêtres en plein cintre. L'arcade ménagée dans le pignon ouest de la chapelle avec sa clôture pour les malades témoigne de l'époque où l'ancien hôpital communiquait directement avec le sanctuaire.

Ouvert sur le jardin, le grand corps de logis est édifié dans le prolongement de l'infirmerie avec laquelle il est raccordé par l'imposant escalier à retours en pierre qui dessert les étages. Il présente une élévation ouest ordonnancée à trois niveaux plus combles : au rez-de-chaussée un cloître à neuf arcades en plein-cintre, au 1er étage des petites fenêtres, au 2e étage des fenêtres mansardées surmontées d'un fronton alternativement plein-cintre et triangulaire. Cette aile abrite l'oratoire, le réfectoire, la cuisine et l'escalier. Au 1er étage, 18 cellules reliées à l'infirmerie. Au 2e étage, les 17 cellules du noviciat (la 18e remplacée par un dégagement qui permet d'accéder à l'aile 19e siècle), une bibliothèque et la lingerie au-dessus de l'infirmerie. Les dispositions d'origine subsistent, notamment les cellules et les pièces de communauté, avec leurs décors intérieurs, huisseries des portes, clôtures, lambris, cheminées.

L'aile du pensionnat est construite perpendiculairement au grand corps de logis. Il présente trois niveaux plus double comble qui ne correspondent pas à ceux de l'aile 17e. L'élévation sud est ordonnancée, à huit travées : au rez-de-chaussée le cloître et ses arcades en plein cintre, au 1er et 2e étage des petites fenêtres, dans les combles des lucarnes rectangulaires. Les étages sont desservis par deux escaliers : un escalier tournant à retour en bois situé dans la première travée Est et un escalier secondaire au centre du bâtiment. Le rez-de-chaussée de ce pensionnat abrite salle de réunion et salle à manger tandis qu'aux étages, des chambres sont disposées de part et d'autre d'un couloir central clos par une porte à claire-voie comme dans l'aile du 17e. Le comble est dévolu au dortoir des pensionnaires.

Murs schiste moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon couvert
croupe
noue

Escaliers
escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie, en charpente
escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété d'une association diocésaine
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1997/06/02
classé MH, 1999/09/08

Références documentaires

Documents d'archives
  • Annales des religieuses Augustines Hospitalières de Tréguier

  • Monastère Notre-Dame de la Providence (Ploumagoar)
Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Tréguier, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 362/1-4
  • Série S sup 137. Plan de tréguier, 1862

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : série S sup 137

Liens web

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Tanguy-Schröer Judith - Rioult Jean-Jacques