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Couvent des Filles de la Croix puis des Soeurs du Christ, rue Saint-André (Tréguier)

Dossier IA22133307 réalisé en 2017

Fiche

Le couvent des Filles de la Croix créé à la fin du 17e siècle a évolué au cours de la seconde moitié des 19e et 20e siècles. Certains bâtiments ont été remaniés, d'autres reconstruits, d'autres encore édifiés ex-nihilo. Malgré ces nombreux remaniements, le couvent a conservé son organisation spatiale à l'exception de la chapelle, autrefois intégrée dans l'aile des sœurs puis "externalisée" sur le côté ouest de la cour. Ce sanctuaire de la seconde moitié du 19e siècle présente un intérêt patrimonial avéré du fait de son décor sculpté et peint, de son mobilier mais également de sa jonction très intéressante avec le bâtiment des pensionnaires et son infirmerie. L'organisation de son volume en deux parties - chœur des sœurs au nord, chapelle des fidèles au sud - est comparable à celui de la chapelle des Paulines. La permanence de l'enclos, espace libre bordé de hauts murs autrefois consacré au verger-potager, participe à l'identité du tissu urbain de Tréguier composé notamment de grandes parcelles paysagères propres aux couvents.

Parties constituantes non étudiées enclos, verger, puits, cour, chapelle
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Tréguier
Adresse : rue saint André , rue chantrerie (de la)

Origine des Filles de la Croix

La congrégation des Filles de la Croix prend naissance dans la petite communauté fondée à Roye (Picardie) en 1625 par le prêtre Pierre Guérin. Sous sa direction spirituelle, cette communauté de quatre maîtresses, les Filles dévotes, s'emploie à l'instruction des jeunes filles de la ville. Le siège de Roye en 1636 oblige la compagnie à déménager près de Paris (Brie-Comte Robert), accueillie par Marie L'Huillier, veuve de Monsieur de Villeneuve (maître des requêtes de l'hôtel du Roi) qui consacre sa vie à de bonnes oeuvres. A cet effet, elle entretient une correspondance nourrie avec Vincent de Paul (fondateur de la Mission), Jeanne de Chantal et François de Sales (fondateurs de la Visitation). Elle s'intéresse vivement à l'institut des Filles de la Croix et songe à transplanter cet institut à Paris. Rapidement, elle entre en désaccord avec Pierre Guérin notamment sur la question des voeux, ce denier refusant que les filles prononcent des voeux irrévocables conformément aux règlements de la communauté. L'institut se scinde alors en deux en 1644 :

- la branche de Roye, refusant de faire des voeux avec Guérin pour directeur avait trois maisons (Roye, Brie-Comte Robert et l'école Saint-Servais),

- la branche de Paris faisant des voeux avec Froger pour supérieur, avait la maison centrale du Séminaire de la Croix à Paris, celle de Ruel et allait bientôt se ramifier par de nombreuses fondations à Aiguillon, à Barbezieux, à Guingamp, à Limoges, à Montluçon, à Moulins, à Narbonne, à Paris, à Québec, à Rouen, à Saint-Brieuc, à Saint-Flour, à Saint-Malo, à Tréguier, etc.

Conformément à leurs constitutions, les Filles de la Croix ont pour vocation d'instruire les jeunes filles en élevant chez elles des pensionnaires ou en tenant des petites écoles, d'accueillir des femmes plus âgées souhaitant vivre dans le recueillement et la méditation ou des personnes en retraite.

Les Filles de la Croix à Tréguier

Appelées de Saint-Flour (Auvergne) par monseigneur Balthasar Grangier, évêque de Tréguier, deux premières soeurs arrivent dans la cité épiscopale le 29 mars 1667. Après sept années passées à l'hôpital général, elles acquièrent, en octobre 1674, un important terrain et deux petites maisons entre la rue Saint-André et la rue des buttes dans lesquelles elles établissent leur couvent. Elles obtiennent leurs lettres patentes en 1682 et commencent la construction du couvent l'année suivante. Dans les dernières années du 17e siècle, Hélène Vorèse, mère supérieure et fondatrice de la communauté, fait construire la maison conventuelle dont la chapelle est bénite le 3 mai 1700.

Dans le courant du 18e siècle, le couvent se développe grâce aux exercices de retraites mis en place par la Mère Vorèse dont le modèle servira dans toute la Bretagne. En 1706, la communauté compte déjà 45 religieuses.

A la Révolution, le couvent est vendu comme bien national, les religieuses se dispersent et la communauté est dissoute. Celle-ci se reforme en 1804 et loue une partie du couvent mais, victime de discriminations, elle périclite d'année en année et se voit obligée de quitter Tréguier en 1820 pour le couvent de Montbareil à Guingamp. Treize ans plus tard, les soeurs réussissent à racheter leur couvent, à le restaurer pour s'y installer à nouveau avant d'acquérir, en 1839, le grand enclos qui dépend de leur monastère.

Avec la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'interdiction aux congrégations d'enseigner (7 juillet 1904) engendre la fermeture de l'école. Cependant, la communauté assure toujours les retraites spirituelles et l'accueil des personnes âgées. Le compromis trouvé entre Pie XI et la République, via la création des associations diocésaines (1924), permet aux soeurs de diriger à partir de 1927, l'école Notre-Dame (rue Lamennais) et d'ouvrir un internat. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands réquisitionnent les bâtiments de la ville et l'école Notre-Dame est rapatriée au couvent en 1940. Son développement nécessite la construction d'une nouvelle aile à l'est en 1962, en remplacement de l'ancien pensionnat.

En 1976, la congrégation prend le nom de "Soeurs du Christ" après sa fusion avec d'autres communautés. La maison de retraite se développe avant de fermer en 2008. En décembre 2017, le couvent est racheté par Lannion-Trégor-Communauté en vue de sa réhabilitation.

Organisation spatiale d'origine du couvent

Sur le plan cadastral de 1834, on retrouve l'organisation primitive des bâtiments conventuels et leurs dépendances, tels qu'ils sont décrits dans les inventaires révolutionnaires de la fin du 18e siècle (cf. Annexe).

La porterie se trouve à l'angle nord-ouest et les parloirs situés en retour d'angle le long de la rue Saint-André ouvrent sur une petite cour nord. Celle-ci forme un espace tampon entre les parloirs et la maison conventuelle à l'époque où les soeurs étaient cloîtrées.

Autour du parterre, l'ensemble comprend :

- au nord, la maison conventuelle avec la chapelle d'origine (intégrée dans le bâtiment) et le réfectoire surmontés de 36 cellules réparties dans les 1er et 2e étages ; une cuisine perpendiculaire au réfectoire donnant sur la petite cour nord,

- à l'ouest deux corps de bâtiment dont la jonction forme un angle rentrant sur la rue, occupés par des salles de communauté, une "manufacture" avec un métier à tisser, une boulangerie au rez-de-chaussée, une infirmerie, une lingerie, 28 cellules et un noviciat dans les niveaux supérieurs. Celle aile ouest est reliée à la maison conventuelle,

- à l'est, le pensionnat, comprend une grande salle pour l'instruction et une buanderie au rez-de-chaussée, quatre chambres à l'étage contenant 34 lits,

- au sud, des dépendances abritent une "tisserie" (avec deux métiers) et un hangar pour le pressoir à cidre et les combustibles,

L'ensemble cerne le parterre, dit cour de Paris, dans lequel se trouve le cimetière des soeurs. Les supérieures sont, à cette époque, inhumées sous la chapelle de la maison conventuelle.

La cour au sud, dite cour de Rome, est séparée du couvent proprement dit par les dépendances, elle est occupée par la maison des prêtres construite au début du 18e siècle (voir dossier correspondant).

Une petite chapelle funéraire est édifiée au sud de l'enclos, contre le mur de clôture. Le cimetière des soeurs est transféré à côté.

Les grandes campagnes de constructions du couvent

L'aile Ouest est édifiée en 1683 après que les religieuses aient obtenu leurs lettres patentes.

L'aile Nord dite maison des soeurs ou grand corps de logis est le seul bâtiment conventuel d'origine encore en place, construit entre 1698 et 1700. Elle est restée dans son état initial, avant l'aménagement d'un dortoir de pensionnat dans la mansarde (1892) et la transformation de la chapelle en salle de récréation (1898) par Paul-François Courcoux, architecte de Saint-Brieuc. Son mobilier est évacué, ses boiseries remplacées et ses fenêtres agrandies en les abaissant de 1 mètre 33 mais son volume est conservé. Dans les années 1950-60, l'aile nord subit de profonds remaniements : le toit brisé à croupes est remplacé par un simple toit à longs pans ; l'escalier central reconstruit en béton ; la chapelle est divisée par un plancher, ses baies en plein cintre sont rétrécies au nord comme au sud pour permettre le percement d'une rangée de fenêtres en partie basse.

L'aile Est qui abritait le pensionnat est construite en 1730. La niche à Vierge datée 1730 est un remploi provenant de l'édifice antérieur.

La maison des prêtres est établie dans la cour dite de Rome à la fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle.

La petite chapelle funéraire au Sud de l'enclos est édifiée dans la seconde moitié du 18e siècle.

Concernant les autres parties du couvent, les religieuses engagent d'importants travaux de reconstructions dans la seconde moitié du 19e siècle qui s'échelonnent sur plusieurs campagnes, des années 1850 aux années 1890.

En 1856, d'après les annales des soeurs, une jonction est établie entre la maison conventuelle et le pensionnat (aile Est) en l'exhaussant et en l'agrandissant. Pourtant le cadastre de 1834 et le plan de 1862 témoignent d'une jonction avec l'aile des communs située au sud et non avec la maison conventuelle.

En 1863, une nouvelle chapelle est construite à l'emplacement de la boulangerie, dans la partie sud de l'aile Ouest car la chapelle primitive de la maison conventuelle s'avère insuffisante aux époques des retraites. C'est M. Le Goff, aumônier de la communauté, qui se charge des plans et du suivi des travaux.

La troisième campagne concerne la démolition et la reconstruction de la totalité de l'aile Ouest. La chapelle de 1863, disgracieuse, trop basse et trop petite, est reconstruite entre 1876 et 1878 sur les plans de Guillaume Lageat, architecte de Lannion. Les boiseries de style néo-gothique ne sont réalisées qu'en 1890 par le sculpteur Philippe Le Mérer de Lannion.

La reconstruction des parties restantes de l'aile ouest, de la porterie et de l'hôtellerie en retour d'angle sur la rue Saint-André est également réalisée entre 1876 et 1878. Ces travaux de reconstruction sont liés, d'une part au mauvais état de l'aile ouest, d'autre part au plan d'alignement imposé dans la partie nord de la rue de la Chantrerie. Le pan coupé à un carrefour, sur une des entrées principales de la ville n'est pas anodin. Sa composition classique avec pilastres, entablement, niche, fronton échancré surmonté d'une croix s'apparente à celle d'une façade de chapelle du 18e siècle. La statue de François de Sales, grand prédicateur et missionnaire dans la France du 17e siècle ainsi que les armoiries épiscopales en font un signal fort de la reconquête de l'ancienne cité épiscopale par l'Eglise en cette seconde moitié du 19e siècle.

En 1894, une partie de l'enclos, au sud, est sacrifiée pour la construction de l'aumônerie. Le plan est réalisé par l'architecte Guillaume Lageat, les travaux sont dirigés par les soeurs et l'aumônier.

Dans la cour sud dite de Rome, séparée du couvent proprement dit, la "Maison Saint-Joseph" est édifiée en 1865 (voir dossier correspondant).

Dans le troisième quart du 20e siècle, l'aile Est est reconstruite en 1962 (date portée) pour abriter le pensionnat Notre-Dame.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle, 4e quart 19e siècle, 3e quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 18e siècle, 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Principale
Dates 1683, daté par source
1700, daté par source
1730, porte la date, daté par source
1865, daté par source
1877, daté par source, porte la date
1894, daté par source
1962, porte la date
Auteur(s) Auteur : Lageat Guillaume, architecte des Monuments historiques, attribution par source
Auteur : Le Mat, entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Le Mérer Philippe, ébéniste, attribution par source
Auteur : Piriou Joseph, maître verrier, attribution par source

Le couvent est établi au carrefour des rues Saint-André et de la chantrerie. Les bâtiments conventuels sont édifiés autour d'un parterre fermé par un corps de passage. Hors cette clôture, au sud, la maison Saint-Joseph, quelques dépendances et l'ancienne maison des prêtres occupent une petite cour séparée qui ouvre rue des buttes. Dans l'enclos qui se développe à flanc de coteau au sud-est des bâtiments, se trouve une petite chapelle funéraire (cf. dossier correspondant). Couvrant plus de deux hectares, ce vaste terrain clos de hauts murs était divisé en deux parties : près de la Maison Saint-Joseph, un jardin d'agrément avec allées dessinées dont l'une dans l'axe de la chapelle ; dans la partie basse, une prairie qui remplace l'ancien potager-verger destiné à l'alimentation des soeurs et des pensionnaires.

Occupant le côté nord de la cour, la maison conventuelle est édifiée en moellon de schiste et granite. Au rez-de-chaussée, il abrite le réfectoire et une salle de récréation (ancienne chapelle dont le volume a été divisé) séparés par un vestibule et une cage d'escalier. A l'extrémité ouest, un deuxième vestibule avec escalier dessert les deux étages occupés par les cellules tandis que le comble est aménagé en dortoir. Les trois grandes baies cintrées marquent l'emplacement de l'ancienne chapelle tandis que les petites fenêtres correspondent aux cellules des soeurs. Le toit est surmonté à l'ouest d'un campanile en charpente. A l'intérieur, les deux arcs en plein cintre ouverts dans le mur de refend ouest, au rez-chaussée et à l'étage, correspondent à l'entrée dans l'avant-choeur de l'ancienne chapelle (avant-choeur bas et avant-choeur haut ou tribune).

Une courette nord forme un espace tampon entre la maison conventuelle et l'hôtellerie du couvent aménagée en retour d'angle le long de la rue Saint-André, en rez-de-chaussée. Sur cette courette donne la cuisine construite perpendiculairement au réfectoire.

L'aile ouest communique au nord avec la vieille maison conventuelle, au sud avec la chapelle (neuve) construite dans son prolongement au sud. Au rez-de-chaussée, elle comprend la porterie, les parloirs, une petite pièce affectée aux marchands et deux salles de communauté dont l'une, celle des soeurs converses, se trouve sous l'avant-choeur de la chapelle, à côté d'une petite cave. Les étages abritent l'infirmerie, la lingerie et le noviciat. La façade sur rue en pierre de taille de granite présente une mise en oeuvre particulièrement soignée au niveau du pan coupé sur l'angle nord-ouest qui marque l'entrée principale du couvent. La façade sur cour en moellon offre une élévation ordonnancée à six travées avec porte médiane en anse de panier qui ouvre sur un vestibule avec escalier tournant à retours en bois. Les deux premiers niveaux communiquent avec la chapelle édifiée dans le prolongement au sud : au rez-de-chaussée avec l'avant-choeur des soeurs, au premier sur la tribune réservée aux malades depuis l'infirmerie.

La chapelle proprement dite abrite donc deux unités - l'avant-coeur des soeurs et la chapelle des fidèles - que sépare un arc diaphragme orné d'un décor boisé et sculpté de style néo-gothique. Un autel à double face, aujourd'hui disparu, était placé entre les deux espaces, sous l'arc. Côté soeurs, l'avant-choeur est couvert d'une fausse-voûte surbaissée, héritage du précédent sanctuaire dont on a conservé la toiture, la charpente et le grenier par un savant étayage lors de la reconstruction. La chapelle des fidèles est accessible depuis la rue de la chantrerie, elle est couverte d'un berceau brisé en lambris et conserve un décor peint néo-gothique sous le chaulage de ses murs, comparable à celui de la petite chapelle latérale accolée à l'est. Une sacristie accessible depuis l'avant-choeur et le choeur est également accolée à l'est.

La cour sud est séparée de la cour nord par un corps de passage et un grand bâtiment en T dite Maison Saint-Joseph (voir dossier correspondant) avec dépendance et remise construites dans l'alignement au sud. En vis à vis, l'ancienne maison des prêtres borde la cour à l'ouest (voir dossier correspondant).

Murs schiste moellon
granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit à longs pans pignon couvert
noue
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Techniques sculpture
Représentations armoiries
Précision représentations

Armoiries de Monseigneur Augustin David, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier : "D'azur à la tour crénelée d'argent mouvante d'ondes. En courroux de même et surmontée d'une étoile d'or".

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Inventaire des effets mobiliers appartenant à la communauté des filles de la Croix de Tréguier. 23 août 1792 (A.D. 22, série 1 Q 146. Biens nationaux de 1ère origine)

    La maison principale est composée de deux corps de logis à 3 étages, le 1er a 140 pieds de longueur et contient au rez-de-chaussée une chapelle, une sacristie, un réfectoire, une cuisine et une office.

    La chapelle est ornée de 7 grands tableaux, 10 moins grands et plusieurs petits.

    Dans l'avant-choeur 3 armoires, 1 confessionnal, 6 chaises et deux prie-Dieu.

    La sacristie est meublée d'un bureau à 3 tiroirs, quelques tableaux, un fauteuil et quelques chaises de clisse.

    Vases sacrés

    Un calice d'argent, 2 ciboires d'argent et un soleil d'argent doré,

    Un encensoir et une navette d'argent, 2 lampes, l'une d'argent l'autre de cuivre,

    Quatre vieux flambeaux d'argent à l'antique dont deux grands et 2 petits,

    2 garnitures de chandeliers pour les cierges de l'autel, l'un de métal argenté l'autre de bois doré une troisième de bois peint,

    3 garnitures de bouquets d'autel.

    Parement et linge

    8 devant d'autel 3 galonnés en or et 5 plus médiocres galonnés en soie,

    12 chasubles, partie galonnée en or, partie en dentelle d'argent,

    26 aubes tant de batiste que de toile,

    27 surplis et crochets aussi de batiste et de toile,

    2 chapes d'étoffes de soie, une de laine deux dalmatiques et un drap mortuaire,

    1 douzaine de nappes d'autel,

    4 douzaine de serviettes.

    Le Réfectoire et la cuisine

    Le réfectoire est meublé de 12 tables, des bancs, une armoire et 2 tableaux.

    L'argenterie de la communauté consiste en

    26 couverts d'argent, une écuelle et 6 cuillères à café d'argent pour le service du salon.

    Toute la vaisselle est d'étain et consiste en

    24 douzaines d'assiettes,

    5 douzaines de grands plats,

    20 douzaines petits plats de portion,

    3 douzaines d'écuelles.

    Cuisine

    La cuisine contient un rôtissoire, 3 fourneaux, 3 tables et une maie.

    Batterie de cuisine

    16 casseroles tant grandes que petites,

    8 tourtières,

    7 bassins,

    7 poêles à frire et un tournebroche,

    8 marmites 5 trépieds et autres menus ustensiles nécessaires,

    L'office est garnie de plancher et contient 10 barreaux de différentes grandeurs pour les provisions de beurre et de lard,

    Une armoire d'attache enferme partie de la vaisselle d'étain détaillée ci-dessus et des plats de terre et jattes de bois.

    Au 1er étage

    Une lingerie et 9 chambres ou cellules.

    Dans la lingerie une grande table et 5 armoires qui ... à d'autres armoires distribuées dans les chambres et dortoirs, contiennent

    4 douzaines linceuls fins,

    2 douzaines de souilles d'oreillers,

    40 douzaines de gros linceuls en grande partie très usés,

    45 douzaines de serviettes fines,

    22 douzaines de plus grosses,

    8 douzaines de nappes de différentes qualités.

    Au second étage règne un dortoir d'un bout à l'autre lequel a 27 chambres ou cellules 14 d'un côté et 13 de l'autre, l'escalier étant vers le milieu.

    Les chambres sont meublées la plupart d'un lit quelqu'une de deux, une table deux chaises de bois, ou de clisse, un prie-Dieu (dans plusieurs mais non en toutes). Les religieuses occupent partie de ces cellules, celles dont les meubles sont à l'usage de la communauté ont des lits de différentes valeurs, la plupart des rideaux sont de serge ou de drap (fort mité) plusieurs de berlinge.

    Au troisième 2 grands greniers très vastes et 5 cellules en mansardes.

    Le second corps de logis a 179 pieds.

    Il contient au rez de chaussée une chambre basse servant de décharge, meublée de 3 mauvais lits de domestiques et de 4 armoires beaucoup de débris de lits démontés et de plancher non travaillé.

    2 salles de communauté garnies de quelques tableaux, beaucoup de vieilles images de papier, et de plusieurs bancs et chaises de bois.

    Une 3e salle ou manufacture contenant une armoire, un métier à ourdir, un coffre et plusieurs barreaux.

    Une très petite cave sous l'escalier.

    Une boulangerie qui occupe 3 etres dans l'un est un moulin à venter le blé, un établi de menuiserie, une petite armoire, 1 coffre, dans le second des bassins pour la cuisson, dans le troisième un blutoir pour passer la farine, plusieurs sas et cribles, deux maies à pâte, un four et tous les menus ustensiles nécessaires à une boulangerie.

    Au premier étage une chambre servant de parloir ou il n'y a que des bancs et des chaises de bois et des confessionnaux.

    Une infirmerie garnie de 4 lits à rideaux de serge, une armoire, une table, un fauteuil et des chaises.Une pharmacie garnie de plancher où sont placés des ustensiles en étain.

    Le plan considérable est un alambic pour la distillation, de petites bassines de cuivre, des pots, des bouteilles et une armoire qui enferme des drogues et des sirops pour les remèdes.

    Un dortoir étroit lequel n'a de chambres que d'un côté au nombre de 19 garnies comme les autres de deux lits dans quelqu'une et un seul en plusieurs occupées par les religieuses.

    Une vêterie meublée de 3 grandes armoires et une table, au dessus un grand et deux petits greniers.

    Au 2e étage une grande chambre qui était le noviciat garnie de 5 lits, 3 armoires, un buffet, une table et des chaises.

    A côté une chambre garnie de 5 lits, 1 armoire et une table.

    Un petit dortoir qui a 4 chambres d'un côté (et une au bout contenant des bancs) une desquelle chambre sert de procure et enferme les papiers de la maison qui sont dans une grand coffre à 3 clefs, il y a de plus un lit, une armoire et un moyen coffre, un autre grand coffre placé dans l'escalier enferme les papiers inutiles.

    Au troisième étage un petit dortoir qui a 5 cellules en mansardes, une chambre à chaque bout dont l'une sert de garde-meuble et contient tapis, couvertures et matelas de quoi garnir quinze lits honnêtes, 25 plus médiocres et 40 composés seulement de paillasse, matelas ou couette de balle et 2 mauvaises couvertures, les couettes de plumes sont distribuées dans différents appartements.

    Au delà de ce second corps de logis est un petit bâtiment en appentis qui contient une tisserie où il y a 2 métiers l'un pour étoffe, l'autre pour toile, une petite chambre ou se fait l'accommodage du lin, plus loin et à la suite est un hangar où il y a un pressoir à cidre et une auge de pierre.

    Dans différents lieux de la maison sont placés des planchers, chevrons et soliveaux non travaillés qui montent à peu près à une douzaine de planchers, 100 chevrons et 100 soliveaux.

    Un bâtiment dans une cour séparée distribué en 4 appartements, les deux d'en bas sont l'un le logement des domestiques meublé de 4 lits, une armoire, des coffres et des bancs, l'autre non meublé sert de décharge. Au dessus deux appartements honnêtes, deux lits dans chacun, bons et propres composés de couettes, matelas et couvertures, une armoire, 2 prie-Dieu, 1 sofa, un grand fauteuil et des chaises.

    Dans la même cour sont des appentis pour servir de crèche aux cochons et de poulailler.

    Le pensionnaire

    Un bâtiment séparé dans le petit jardin contient dans l'embas une grande salle pour l'instruction sans autres meubles qu'un grand buffet et des bancs.

    Au dessus 4 chambres à coucher contenant 34 lits composés de matelas, paillasses, ..., tapis et couvertures de bas prix, rideaux de coutil et de berlinge la plupart très usés.

    Dans les chambres et sur les paliers sont distribués 17 armoires ou buffet et 5 tables.

    Dans le même bâtiment, une maison à buée, un puits sous une arcade avec 3 grandes auges de pierre, pour laver 2 grandes cuves, pour couler plusieurs ... et un grand bassin.

    A l'entrée de la maison un bâtiment ou sont les parloirs et un petit salon très simplement meublé d'une armoire et 12 chaises de clisse. Dans les parloirs des chaises de bois, un grenier au dessus.

    Nota, dans les deux grands corps de logis sont distribuées dans le dortoir et sur les paliers environ 10 armoires.

    Dans la cellule de la supérieure est placée la bibliothèque de la communauté composée d'environ 350 volumes de livres de piété.

    Tel est l'inventaire des meubles et effets appartenant à notre communauté que moi soussigné Supérieure certifie véritable ce jour vingt troisième aout mil sept cent quatre vingt douze soeur Constance Modeste de Chateaubriand.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Série 1 Q 1/33. Biens nationaux de première origine. Arrondissement de Lannion

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1 Q 1/33
  • 1 Q 146. Biens nationaux de première origine. Renable de la communauté des soeurs des soeurs de La Croix de Tréguier

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1 Q 146
  • Soeur Tugdual Salaün. "Les Filles de la Croix. Une congrégation religieuse à Tréguier". Document dactylographié d'après un travail manuscrit rédigé par Soeur Marie de Chantal Le Guillou, 1905.

    Archives diocésaines de Saint-Brieuc
  • Monastère Notre-Dame de la Providence (Ploumagoar)
Documents figurés
  • Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Tréguier, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P 362/1-4
  • Série S sup 137. Plan de tréguier, 1862

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : série S sup 137
Bibliographie
  • CORBLET, J. (abbé). Origines royennes de l'institut des Filles-De-La-Croix d'après des documents inédits. Extrait de la Revue de l'Art chrétien. Paris, 1869

  • HELYOT, Pierre. Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires et des congrégations séculières. Paris, 1718

(c) Région Bretagne (c) Région Bretagne - Tanguy-Schröer Judith
Judith Tanguy-Schröer , né(e) Tanguy
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