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Croix d'autel reliquaire

Dossier IM56006317 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

L´inscription gravée au revers du piédestal de cette belle croix d´autel, décrit de façon explicite l´origine de la relique contenue dans le réceptacle de sa face antérieure. Selon une pratique courante depuis le Moyen-Age et qui perdure jusqu´à la fin du XIXe siècle, ce fragment supposé de la Vraie Croix aurait été ramené en 1727 d´un pèlerinage à Rome par un ancien recteur de Questembert. La croix d´autel, faite bien des années après si l´on en croit le poinçon de communauté de Rennes qui porte la lettre date G pour 1756-1762, acquiert par l´incorporation de ces reliques une sacralisation supplémentaire. La croix elle-même, très simple, légèrement bombée et surlignée d´une bordure moulurée, est ponctuée des traditionnelles fleurs de lys, propres aux modèles du XVIIIe siècle. Le Christ, fondu, habilement repris en ciselure, le soleil qui masque le raccord de la croisée, en font une oeuvre de bonne qualité qui pour autant n´en demeure pas moins relativement banale. En fait la principale originalité de l´objet, non visible réside dans son raccord avec le pied, qui se fait à l´aide d´un large pas de vis. Ce montage qui rappelle celui des calices, peu habituel pour les croix d´autel, a peut-être été employé ici pour que la croix puisse aisément se remonter sur une hampe afin de servir également de croix de procession. L´absence d´une hampe et d´un noeud assortis dans le trésor paroissial ne permet pas d´aller plus loin dans l´hypothèse, mais des pièces d´orfèvrerie à double usage comme des pieds de calice pouvant servir également de support d´ostensoir sont connus dans l´orfèvrerie de basse Bretagne à la fin du XVIe siècle. D´autre part, une croix d´autel reliquaire conservée à Carnac, due à l´orfèvre lorientais Thomas Rousse, de hauteur importante et enrichie de rayons à la manière des croix de procession, présente ce même mode de vissage qui permet d´envisager un tel usage mixte. La silhouette à pans concaves du piédestal rectangulaire, et surtout son sommet en niche ont été dessinés afin de mettre en valeur le reliquaire. Les importants pieds rocailles, fondus et repris en ciselure à la manière des bronzes d´ameublement parisiens contemporains, modèle qui n´est guère employé en Bretagne que par les orfèvres de Rennes, sont parfaitement assortis au décor ciselé des pans latéraux. Les bourrelets ciselés d´une frise d´oves et de dards qui rehaussent les lignes, l´emploi de jeux de fonds différenciés, sablé ou en écaille sont caractéristique des beaux ouvrages d´orfèvrerie de l´époque de Louis XV. Ici l´orfèvre rennais Jean-Baptiste Dréo, dont peu d´oeuvres sont conservées, donne la mesure de son talent, égal en l´occurrence à celui d´un Michel-Eloi Le Tailleur ou d´un Jean-Baptiste Buchet.

Dénominations croix d'autel
Aire d'étude et canton Haute-Bretagne - Questembert
Adresse Commune : Questembert
Emplacement dans l'édifice sacristie

Oeuvre exécutée entre 1756 et 1762, par l'orfèvre rennais Jean-Baptiste Dréo.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Lieu d'exécution Édifice ou site : Bretagne, 35, Rennes
Auteur(s) Auteur : Dreo Jean-Baptiste, orfèvre
Catégories orfèvrerie
Matériaux argent, repoussé, ciselé, ciselé au mat, fondu
Précision dimensions

h = 63,1 ; la = 32. Largeur bras. Dimension du pied : la = 24,5.

Inscriptions & marques poinçon de maître
poinçon de communauté
poinçon de charge
inscription
Précision inscriptions

Poinçons (sous le pied) : initiales J et D séparées par une hermine avec une fleur de lys couronnée en chef entre deux grains de remède. Communauté de Rennes de 1756 à 1762 : lettre G couronnée ; charge de Rennes : 9 couronné une hermine dans l'oeil. Inscription (gravée dans un cartouche sur la face postérieure du pied) : MRE R. F. LE MAUFF ANCIEN RR ET NATIF DE LA VILLE ET PAROISSE DE QUESTEMBERT APPORTE DE ROME EN 1727 CETTE SAINTE RELIQUE DONT IL FIT PRESENT A L'EGLISE DUDIT LIEU. Poinçons (sous le pied).

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre À signaler
Protections classé au titre objet, 1991/11/14