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Demeure dite des Courtils-Launay (Saint-Coulomb)

Dossier IA35004295 réalisé en 1999

Catherine Hervé-Commereuc, à l'occasion de la Commisssion régionale du patrimoine historique, archéologique et ethnographique du 28/01/1993

Cette grande malouinière, datée 1724, aurait été construite par un corsaire du nom de Launay. Elle se révèle assez atypique par rapport aux malouinières construites à la même époque. Certains aspects sont bien représentatifs de leur architecture et de leur décor, comme la façade sud avec sa recherche rythmique (en dépit des quatre travées : le nombre pair de travées est presque inconnu dans les malouinières, car il ne permet pas de mettre en valeur la travée axiale) ; la modénature des baies sans harpages en arcs segmentaires et des lucarnes ; le toit à croupe rythmé par des cheminées épaulées.

D´autres aspects sont complètement atypiques et ne laissent pas d´étonner : l´orientation unique (la façade nord étant pratiquement aveugle et sans ordonnancement) ; la profondeur réduite du logis et la distribution des pièces, selon un plan original et qui rappelle l´architecture manoriale : le grand salon occupe la moitié ouest du logis, tandis que l´escalier, puis la salle, se partagent la moitié est. L´escalier est cependant d´un type commun aux malouinières. Il en est même un exemple particulièrement travaillé et réussi, tant par sa mise en oeuvre que par son décor sculpté. La cuisine se trouve reléguée dans l´ancien manoir, situé dans le prolongement du logis, à l´est ; une porte percée dans le mur est de la salle permet de communiquer avec la cuisine.

Les modifications apportées à l´architecture (reprise complète de la façade sud des communs dans la seconde moitié du 19e siècle, percement des deux baies du rez-de-chaussée) et au décor compliquent encore le problème : si la co-existence d´éléments du 18e et d´éléments de la transition 18e-19e peut être expliquée par une vaste campagne de réaménagement à la charnière des 18e et 19e siècles, la présence de lambris du 17e siècle au palier du second étage soulève le problème de la datation de cet édifice. Est-ce une construction du 18e (auquel cas ce lambris serait un simple réemploi), ou bien la date de 1724 portée sur la façade sud ne correspond-elle qu´à un simple « réhabillage » d´un manoir antérieur, pour des raisons d´économie ?

Cette dernière hypothèse est loin d´être prouvée. Elle expliquerait cependant à la fois l´orientation unique, l´archaïsme du plan, la réutilisation d´une cuisine manifestement très antérieure et donc la disposition atypique des communs par rapport au logis. Quelle qu´en soit la raison (simple adaptation à la déclivité du terrain ou reprise d´un édifice antérieur), les Courtils-Launay est un exemple d´adaptation du modèle de la malouinière, un exemple à la fois assez original (par ses dispositions d´ensemble) et assez représentatif (par l´ordonnancement délibéré de la façade sud) pour justifier d´une inscription à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Dénominationsdemeure
Aire d'étude et cantonIlle-et-Vilaine - Cancale
AdresseCommune : Saint-Coulomb
Lieu-dit : les Courtils Launay
Cadastre : 1982 T 136
Datée 1724, cette malouinière se distingue, sensiblement, par une composition de façade présentant un rythme pair inhabituel dans les ouvrages du même genre.
Période(s)Principale : 1er quart 18e siècle
Secondaire : limite 18e siècle 19e siècle
Secondaire : 2e moitié 19e siècle
Dates1724, porte la date
Statut de la propriétépropriété d'une personne privée
Protectionsinscrit MH partiellement, 1993/08/03
Précisions sur la protection

Façades et toitures du logis et du bâtiment des communbes, ainsi que l'escalier du logis et le mur de l'enceinte (cad. T 136 à 138) : inscription par arrêté du 3 août 1993.

Références documentaires

Bibliographie
  • [Exposition. 1975]. Les malouinières : exposition itinérante, organisée avec le concours de la Société d'histoire et d'archéologie de Saint-Malo et de la ville de Saint-Malo, 1975. Réd. Françoise Hamon. Rennes : Commission régionale d'inventaire de Bretagne, 1975.

    p. 24

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