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Édifices militaires de Larmor-Plage

Dossier IA56006363 réalisé en 2008

Fiche

Aires d'études Bretagne
Dénominations édifice militaire
Adresse Commune : Larmor-Plage
Lieu-dit : Locqueltas le Kernevel

L´implantation de fortifications à Larmor-Plage dès le 18e siècle s´explique par l´importance stratégique du site, à l´entrée de la rade de Lorient et face à la citadelle du Port-Louis. Il s´agit en effet de protéger les chantiers de construction navale de la toute nouvelle Compagnie des Indes, installés en 1666, sur les bords du Scorff. C´est d´ailleurs à cet endroit, et en 1709, que la ville de Lorient est créée, sans protection particulière, dans un premier temps, la citadelle de Port-Louis, construite à la fin du 16e siècle, paraissant suffisante pour empêcher une attaque par la mer. Pour les Anglais, le développement de cette ville présente un double danger, à la fois économique et politique. C'est encore plus vrai après 1731, quand la ville regroupe toutes les activités de la Compagnie sous la direction du contrôleur général Orry. De fait, de la fin du 17e siècle à la fin du siècle suivant, les tentatives anglaises de débarquements sont nombreuses. Il faut donc renforcer la protection de Port-Louis et l´accès à la rade en installant des batteries garde-côtes à son entrée. La première est aménagée en 1695 dans les remparts même de la ville de Port-Louis, à l´est de la plage. La même année, on décida la construction de deux batteries, l´une à Gâvres et l´autre à Larmor sur le littoral sud de la future commune. Il faut ajouter qu´à cette période, la fortification côtière joue un rôle décisif. En effet, le tir des navires est devenu de plus en plus dangereux et seul les feux croisés de deux ou trois forts bien placés sont capables de repousser une escadre. Mais il faudra attendre la tentative de débarquement des Anglais à Ploemeur, en 1746, pour que la décision soit prise de couvrir de batteries et de fortifications les rivages de cette localité pour mieux défendre le grand port de la Compagnie des Indes. Ploemeur devient à partir de ce moment la base avancée de la défense lorientaise. Plus tard, à la fin du 19e siècle, Larmor-Plage est devenue une petite station balnéaire et les forts installés sur le littoral sont la cause de frictions entre l´armée, qui veut conserver ses installations, et la municipalité soutenue par les propriétaires riverains qui souhaite voir l´accès aux plages et à l´espace littoral libéré. Au point fort du développement de la station, dans les années 1920-1930, les élus entament même des démarches auprès du ministère de la Guerre pour acquérir les terrains autour des forts de Locqueltas et de Kernevel. Le second conflit mondial va clore rapidement ces demandes. A la suite à l´échec de l´invasion de l´Angleterre à l´été 1940, Hitler change de stratégie et décide de lancer des attaques sous-marines contre les convois en provenance du Nouveau Monde. Aussitôt débutent les plus grands chantiers ouverts par l´armée d´occupation en Bretagne : il s´agit des trois bases de sous-marins de Brest, Saint-Nazaire et Lorient. Les travaux avancent à marche forcée jusqu´au printemps 1942. Mais l´Allemagne est prise au piège d´une guerre sur deux fronts. Elle doit partager ses forces contre l´URSS et lancer la mise en défense des côtes de l´Europe occidentale. Le projet du 3e Reich prévoyait la construction de 3 600 installations bétonnées permanentes, dont 2 000 dans les secteurs les plus vulnérables comme les bases de sous-marins et les ports. Il faut construire de nombreux bâtiments de tir (batteries d´artillerie, casemates), des postes d´observation et de commandement, des magasins et abris divers. Ces ouvrages sont encore présents en très grand nombre aujourd´hui tout autour de la rade de Lorient. Le 21 juin 1940, l´armée allemande entre dans Lorient. La Kriegsmarine transforme ce port en base de ravitaillement pour sous-marins. Le siège du commandement de l´état-major allemand défendant la poche de Lorient s´installe au Kernevel, notamment dans la villa Kerlilon construite par la famille Ouizille en 1899. C´est de cette villa que le général Dönitz dirige, entre 1940 et 1942, la bataille de l´Atlantique et toutes les opérations sous-marines. En 1941, la Kriegsmarine aménage des emplacements de campagne pour mettre les canons en batteries avant de les installer progressivement sous casemates. De plus, lors du raid anglais sur Saint-Nazaire de fin mars 1942 et du débarquement allié de Dieppe en août 1942, les Allemands constatent certaines lacunes dans leur dispositif et décident de renforcer l'artillerie côtière autour des ports importants par l´intégration de batteries lourdes. En 1943 Lorient est sous la garde des batteries du Talut, de Locqueltas, du Kernevel et de Gâvres. Dans le secteur de Lorient, la puissance de feu de l'artillerie côtière allemande est consolidée par la mise en place à l´entrée de la presqu´île de Quiberon d'une batterie et sur l´île de Groix d´une batterie sous tourelle. Autour des casemates principales, on trouve d´autres abris, pour la garnison, les munitions, parfois des blockhaus pour mitrailleuse ou canon antichar et des tobrouks pour la protection rapprochée : on estime qu´il existait en juillet 1944, au moins 550 ouvrages pour assurer la défense de Lorient. Du 7 août 1944 au 10 mai 1945, Lorient est assiégée par les troupes américaines et françaises ; ce fut « la poche de Lorient ». La concentration exceptionnelle des moyens de défense du Mur de l'Atlantique aux abords de ce port important, notamment l´artillerie lourde côtière, dont celle du site du Kernevel empêcha sa libération rapide. Aujourd´hui, la majeure partie des installations héritées du 18e siècle et des années 1940 existe toujours. Ces installations militaires ont fait l´objet de réhabilitations parfois surprenantes comme les bunkers de Locqueltas transformé en théâtre. D´autres servent de remises municipales ou abritent un club nautique ou des associations de pêcheurs amateurs.

Période(s) Principale : milieu 18e siècle
Principale : milieu 20e siècle

Ensemble de bâtiments et d´infrastructures très hétérogènes.

Décompte des œuvres repérés 24
étudiés 3

Annexes

  • Thème patrimonial : Défense militaire des côtes.

    Intérêt de l'édifice ou de l'ensemble selon l'Observatoire du patrimoine maritime culturel  : intérêt de mémoire ; intérêt technique ; intérêt paysager et pittoresque

    Précisions sur l'intérêt de l'édifice ou de l'ensemble selon l'Observatoire du patrimoine maritime culturel : L'ensemble de ces ouvrages fortifiés témoigne de la forte implantation militaire à Larmor-Plage, à proximité de la rade de Lorient, et de son intérêt stratégique. Sur un même site se trouvent les vestiges de trois siècles de défenses militaires de types extrêmement différents (18e siècle-Mur de l´Atlantique). La plupart des ouvrages ont été bien conservés et présentent un intérêt technique.

Références documentaires

Bibliographie
  • GAMELIN, Paul. Les bases sous-marines allemandes de l´Atlantique et leurs défenses, 1940-1945. La Baule : éditions des paludiers, 1981.

    p. 38-41
  • FAUCHERRE, Nicolas ; PROST, Philippe ; CHAZETTE, Alain. Les fortifications du littoral. La Bretagne Sud. Prahecq : Editions Patrimoines et Médias. 1998.

    p. 198-200
  • HUCHET, Patrick ; LUKAS, Yann ; MOY, Maryvonne. Histoire du Pays de Ploemeur. Quimper : Editions Palantines, 2000.

    136 p
  • www.festunglorient.blogspot.com. Les batteries côtières allemandes de Lorient. Rédacteur : GIL (?). Dernière mise à jour : février 2007.

  • www.histoire-genealogie.com. La citadelle de Port-Louis. Au cur d´un système de défense. Les premières batteries garde-côtes. LE LAN, Jean-Yves. Dernière mise à jour : janvier 2008.

  • www.fortiff.be/iff/index. Index de la fortification française 1874-1914. MALCHAIRE, Luc. FRIJNS, Marco. MOULINS, Jean-Jacques. PUELINCKX, Jean. Dernière mise à jour : janvier 2008.

Périodiques
  • DESQUESNES, Rémy. Les vestiges architecturaux du mur de l´Atlantique sur les côtes de Bretagne. Rennes : Mémoire de la Société d´Histoire et d´Archéologie de Bretagne, Tome LXIX, 1992.

    p. 357-364