Logo ={0} - Retour à l'accueil

Eglise paroissiale (Saint-Hélen)

Dossier IA22133362 réalisé en 2018

Fiche

De fondation romane, l’église est reconstruite au 15e siècle. Des dates et inscriptions intégrées au gros œuvre rendent comptent de plusieurs périodes de remaniements et de restaurations aux 18e et 19e siècles. Un incendie a ravagé l’église en 1941, telle un phénix qui renait de ces cendres, elle est entièrement refaite grâce à de nombreux dons. Parmi les particularités, il faut signaler la présence d'un porche au nord.

Vocablessaint Hélen
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonProjet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
AdresseCommune : Saint-Hélen

Saint Hélen

L’église paroissiale est dédiée à saint Hélen, dont l’hagiographie est incertaine. Benjamin Jollivet, dans les Côtes-du-Nord, histoire et géographie reprend la légende des sept frères : sous le règne de Clovis, une petite colonie irlandaise composée de sept frères (Gébrien, Hélen, Pétran, Germain, Véran, Abran et Tressaint) et de trois sœurs (Frande, ¨Promptie et Possène) débarque sur le continent, à l’embouchure de la Rance...

Une paroisse de création médiévale

La tradition rapporte également que vers le commencement du 12e siècle, le Comte de Dinan, qui était en même temps Seigneur de Coëtquen, a initié la construction d’une première église. Il est probable, en effet, que le petit appareil de la nef, encore bien visible au sud, remonte à cette période. Cependant, la paroisse est mentionnée dans les sources seulement à partir de 1267, Démembrement de celle de Pleudihen, elle dépend sous l’Ancien Régime du diocèse de Dol. Le seigneur de Coëtquen en est le fondateur et le principal décimateur de l’impôt sur les productions agricoles.

Une église « retouchée à différentes époques »

L’enquête générale de 1858, sur l’état des églises des diocèses, mentionne qu’elle est bâtie dans le courant du 15e siècle mais qu’elle a été « retouchée à diverses époques. En fait le volume du 12e siècle a été agrandi et deux grandes baies gothiques ont remplacées les petites fenêtres romanes. A cette période sont également crées des accès au nord et au sud, qui sont obstrués aujourd’hui. Des aménagements sont également attestés par des sources et des dates portées en 1630, entre 1741 et 1742, entre 1770 et 1774. La chapelle nord et une partie de la nef sont repris au 18e siècle. En 1844, le recteur Merven, « aidé de la charité publique a fait reconstruire le chœur et la sacristie, dont les murs, ne tenant plus leur aplomb étaient sur le point de s’écrouler ». Il a fait replacer dans le chœur, les anciens vitraux de la maitresse vitre de la chapelle Saint-Martin-de-Coëtquen. Une inscription extérieure, au-dessus de la maitresse vitre, mentionne ces travaux.

Un nouveau clocher en 1876

Le recteur de la paroisse, Paul Bonnier, entreprend en 1876, la construction d’un clocher, en bas de nef, sur les plans de l'architecte Alfred Louis Frangeul. Ces travaux devaient se poursuivre à la nef, mais ces derniers n’ont pas été réalisés.

L’incendie de 1941 et la reconstruction de la voûte

Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1941, l’installation électrique défectueuse et la neige provoquent l’incendie du lambris de couvrement qui s’étend rapidement au reste de l’édifice et détruit les vitraux du 15e siècle. Le clocher perd deux de ses trois cloches. La reconstruction n’est possible que grâce aux dons, tel que le bois, pour la réfection de la charpente, qui est offert par Madame de Boishue, propriétaire du château de Coëtquen. Des premiers travaux de consolidation sont menés sous la direction d’Eugène Olichon, architecte à Saint-Malo, puis la voûte est refaite en 1948 par l’entreprise A. Fabre et Fils (Paris), spécialisée dans les voûtes portantes.

La même année, un nouvel maitre autel est réalisé par Eugène Gallée qui effectue également en 1949, la chaire à prêcher. Le vitrail représentant la Résurrection est dessiné par le maitre verrier Jean Mayme. Le chemin de croix a été offert par un capitaine de pêche : Augustin Hamoniaux résidant à la Hautière.

« Mémoires »

En 1907, Henri Frotier de la Messelière attire l’intérêt des lecteurs, de la société d’émulation des Côtes-du-Nord, sur l’urgence d’une protection et d’une restauration au titre des Monuments Historiques des vitraux de l’église de Saint-Hélen. Depuis l’incendie de 1941, il ne nous reste plus que sa description et ses dessins relevés in situ. Si , « l’église de Saint-Hélen n’est pas belle ; à part trois ou quatre fenêtres et une porte des 14e et 15e siècles, très sobre d’ornementation et perdues dans une construction sans style, ou du moins si remaniée qu’elle n’en a plus, elle ne tente guère par son extérieur la curiosité du touriste. A l’intérieur de nombreuses pierres tombales, les unes ornées d’écussons, blasonnés ou frustes, les autres chargés d’épitaphes, recouvrent pour la plupart les sépultures des anciens officiers de la juridiction et du marquisat de Coëtquen. Mais si on rentre dans le chœur on se trouve, derrière le maitre autel, en présence des débris d’une intéressante verrière ». Celle-ci réalisée entre 1486 et 1502 présente une grande figure du patron de la paroisse : saint Hélenus, représenté en évêque terrassant le dragon, et dans la partie inférieure, divisée en quatre panneaux, les seigneurs de Coëtquen. Du côté de l’évangile, sont placés Jean III, sire de Coëtquen et Jacquemine Tournemine, son épouse et du côté de l’Epître Jean IV, leur fils et leur belle-fille Hardouine de Surgères. Tous les quatre sont représentés à genoux sur un prie-Dieu. Ces personnages importants sont les témoins d’une « page la plus importante de Bretagne, celle de la réunion de cette province à la France : Jean III de Coëtquen, fils d’un breton passé au service du Roi Charles VII, marie son fils Jean IV à une française et travaille de tout son pouvoir à la réunion des deux patries après avoir rendu à la dynastie de ces ducs les plus éminents services.

Période(s)Principale : 12e siècle, 15e siècle, 19e siècle, 20e siècle
Secondaire : 17e siècle, 18e siècle
Dates1630, daté par travaux historiques
1741, porte la date
1742, porte la date
1844, porte la date

Auteur(s)Auteur : Frangeul Alfred-Louis architecte attribution par travaux historiques

Plan en croix latine. Clocher en bas de nef. Porche latéral nord. Sacristie en appentis au sud du chœur. Avant l’incendie de 1941, la nef et le chœur était recouverte d’une charpente lambrissée. Toiture en ardoise, sauf pour la flèche en pierre.

Le cadastre de 1844, présente un développement du cimetière au sud, alors que le porche se situe en façade nord.

Inscriptions : Transept sud : Prioul (jean Prioul, recteur de la paroisse entre 1619 et 1659), Chevet : M(esssire) MALO PH(ilippe) ADAM R(ecteur), (entre 1719 à 1763)

Dates portées : 1741, 1743

Mursgranulite moellon
granite pierre de taille
Toitardoise, pierre en couverture
Plansplan en croix latine
Couvertures

Références documentaires

Bibliographie
  • ROBIN Jean. Saint-Hélen. Son histoire. Par un hélenais d’adoption [Monographie imprimée, sans date, sans édition]. P.83

  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

  • JOLLIVET (P.-B.), Les Côtes du Nord : histoire et géographie de toutes les villes et communes du département, Guingamp, imprimerie Rouquette, 1859, tome 4.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE Henri. Etude d'un débris de verrière. Les portraits des sires de Coetquen dans l’église de Saint-Hélen (Côtes-du-Nord). Société d’Emulation des Côtes-du-Nord. Bulletins et mémoires, Tome XLV, 1907.