Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Église paroissiale Saint-Mérin (Lanmérin)

Dossier IA22132709 inclus dans Le bourg de Lanmérin réalisé en 2017

Fiche

Destinations architecture religieuse
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Lanmérin

L'église paroissiale de Lanmérin date du 17e siècle et possède deux vocables : Saint-Mérin disciple de Saint-Tugdual et Sainte-Brigitte co-patronne de l'Europe.

Les seigneurs de La Salle y sont prééminenciers (droits honorifiques) comme l’attestent les consoles de statues sculptées aux armes des Lagadec, seigneurs de La Salle, dans le chœur.

L'édifice est restauré une première fois au 18e siècle (1743) grâce au recteur Jean le Mezec (recteur de 1733 à 1756) puis une seconde fois au 20e siècle (1914-21).

En 1912, le recteur de Lanmérin signale à l’évêque le mauvais état de l'église de Lanmérin. En effet le mur Nord, déjà restauré en 1743, est sur le point de s'écrouler et les deux tourelles qui se trouvaient alors de chaque côté de la tour du clocher se fissurent et s'affaissent.

Par conséquent, en 1914, le mur nord est reconstruit avec fenêtres et la tour ainsi que la toiture de la nef sont refaites par l’entrepreneur Kerleau, sur les plans de l’architecte Guillaume Lageat (cf : annexe). C'est certainement à cette date que les deux tourelles qui encadraient la tour centrale sont remplacées par des contreforts et une échelle métallique pour accéder aux deux cloches de la tour. En 1919 la galerie du clocher est posée sur les plans de Lageat, par les entrepreneurs Charles et Jean Kerambrun.

L'if qui se trouve devant l'église a été planté lors de l'élection de la première municipalité de la commune le 28 février 1790.

Période(s) Principale : 17e siècle
Secondaire : 18e siècle , daté par source
Secondaire : 20e siècle , daté par source

Construite en moellons ainsi qu'en moyens et grands appareils de schiste et de granite, l'église présente un plan en croix latine avec bras Sud plus développé que le bras Nord.

L’église a conservé son cimetière et son calvaire de Mission (1868), entourés par un enclos pourvu de deux portails. Pour racheter la pente du terrain, un grand escalier permet d’accéder au portail Est.

Au nord, le presbytère communique avec l’église grâce à une porte percée (aujourd’hui bouchée) dans le mur d’enclos

De nombreuses pierres tombales sont visibles aux entrées Sud de l'église mais également à l'intérieur de celle-ci ; face au chœur notamment (curé, seigneurs, etc.). L'intérieur de l'édifice, presque entièrement enduit, renferme un important mobilier : statues en bois des 16e, 17e et 18e siècles (inscrites au titre des Monuments Historiques), chemin de croix en terre cuite, confessionnal du 18e siècle, vitraux (1ère moitié du 19e siècle) à l'effigie de Saint-Mérin et Sainte-Brigitte, calvaire, chaire à prêcher, bénitiers...

A ce type de mobilier s'ajoute des éléments plus remarquables tels qu'une ancienne mesure à grains surmontée d'une accolade et présente dans le porche Sud dont l'entrée est surmontée d'un écusson martelé, des fonts baptismaux en granite et plomb de la fin du 17e siècle classés au titre des Monuments historiques et, le fait que les cloches se tirent, encore de nos jours, à la main !

Murs schiste moellon
schiste moyen appareil
granite moyen appareil
granite grand appareil
Plans plan en croix latine
États conservations remanié
Techniques sculpture
vitrail
Représentations sainte Brigitte

Annexes

  • La famille Lageat constitue une véritable dynastie d´architectes. Jean Lageat construit l´église de Saint-Quay en 1732. Alain Lageat architecte et entrepreneur de Lannion a réalisé les plans des églises de Plestin-les-Grèves en 1832, de Tonquédec en 1835, de Buhulien en 1840, de Ploezal entre 1841 et 1858 et de Trébeurden entre 1849 et 1852. Il s´est inspiré de l´église de Plounérin pour réaliser les plans de l´église conventuelle de Bégard. Architecte départemental des Monuments historiques, il travaille avec Viollet Le Duc, dont il subit l´influence ("médiévisme romantique") et assure la restauration de nombreux édifices en Côtes d´Armor :

    - Plestin-les-Grèves en 1832

    - église paroissiale Notre-Dame-des-Neiges à Kerbors construite entre 1859 et 1864 (bénédiction) avec Tugdual Lageat entrepreneur à Lannion ;

    - Tonquédec en 1835 ;

    - Buhulien en 1840 ;

    - Ploezal entre 1841 et 1858 en collaboration avec Tugdual ;

    - tour de l´église de la Sainte-Trinité de Trébeurden entre 1849 et 1852.

    Guillaume Lageat, fils d'Alain Lageat, entrepreneur et architecte à Lannion, travaille à l'église de Buhulien en 1839. Lui-même est architecte dans la même ville, et semble-t-il architecte départemental des MH, ce qui l'amène à restaurer de nombreuses églises (église de Bréhat, 1874 ; chapelle de Berhet, 1886).

    On lui doit :

    - chapelle du Bon-Sauveur de Bégard, 1880-1888 (son frère était le premier chapelain de la communauté) ;

    - église Servel, 1884-1886 ;

    - travaux sur la chapelle des augustines de Lannion, 1894-1900 ;

    - église Notre-Dame de Bégard, 1903-1905 ;

    - tour de l'église Saint-Pierre de Pédernec, 1906 ;

    - église de Lanmérin, 1914

    - clocher de l´église Saint-Quay à Saint-Quay-Perros en 1882 ;

    Lageat Claude-Joseph (architecte) :

    - église Saint-Marc de l´Ile-Grande en Pleumeur Bodou (en collaboration avec l´architecte Genest Emile) en 1909 ;

    - ancienne école communale des filles de Ploulec´h en 1903 ;

    - ancien bureau de poste de Ploumilliau en 1922 ;

    - mairie et bureau de poste de Trébeurden en 1912 ;

    - agrandissement de l´ancienne école communale des filles de 1914 à 1916 ;

    - maison de villégiature dite Ker Nelly, 21 rue de Molène à Trébeurden en 1895 ;

    - mairie de Trébeurden entre 1909 et 1912 ;

    - agrandissement de l´ancienne école mixte de Trébeurden en 1930 ;

    - église paroissiale Saint-Samson de Trévou-Tréguignec entre 1923 et 1927.

    (Fauchille Gwénaël, 2010).

  • La seigneurie de La Salle et ses droits de prééminences dans l'église paroissiale Saint-Mérin (Lanmérin)

    « En 1649, la seigneurie de La Salle a des droits de prééminences dans l'église paroissiale matérialisés par : « quatre pierres tombales deux d'iceux au marchepied du grand autel où sont gravées les armes dudit lieu de La Salle et les deux autres au côté de l'évangile sur lesquelles il y a un escabeau et accoudoir avec un écusson dans la grande vitre de la dite maison de La Salle et deux autres écussons aux deux pierres qui soutiennent l'image (lire statue) de Notre Dame et de saint Mérin, trois autre pierres tombales au bas chœur de la dite église ». En 1661 et en 1672, les droits de prééminences de la seigneurie de La Salle dans l'église paroissiale sont identiques ».

    Extrait de MARJOU Jean-Yves., Histoire de Lanmérin., in Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor - ARSSAT. Lannion, Impressions Lannion, 2015, pp. 157-175., p. 165. (citation utilisée dans l'extrait issue des AD 22 G266).

  • Les trois cloches de l'église Saint-Mérin (Lanmérin)

    « En 1883 trois cloches sont fondues par A.Havard à Villedieu-les-Poêles et installées dans le clocher de l'église par E. Le Jamtel de Guingamp. Elles pèsent 241 kg, 166 kg et 65,5 kg ».

    Extrait de MARJOU Jean-Yves., Histoire de Lanmérin., in Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor - ARSSAT. Lannion, Impressions Lannion, 2015, pp. 157-175., p. 166.

  • Les restaurations de l'église Saint-Mérin (Lanmérin) en 1743 sous l'ordonnance de l'Evêque de Tréguier

    « Dans la visite pastorale à Lanmérin, le 29 avril 1743, l'Evêque de Tréguier dut porter l’ordonnance suivante : « D’autant que la muraille costière de la nef de l’église paroissiale de Lanmérin du cotté du nord est considérablement surplombé, et menace ruine, nous avons ordonné qu’elle sera incessamment rétablie, et ordonnons aux fabriques en charge de nous conster de leur diligence à cet égard à notre prochaine visite, à peine de répondre des événements. ». Les fabriciens s’empressèrent d’obéir et l’église fut réparée. On voyait encore, avant 1915, dans la longère nord, les traces de cette restauration de 1743. ».

    Source : http://www.infobretagne.com/lanmerin.htm

  • Les restaurations de l'église Saint-Mérin (Lanmérin) de 1914 à 1921

    « […] De juin à décembre 1914, la longère nord, déjà restaurée en 1743, fut reconstruite avec fenêtres : la tour fut refaite ainsi que la toiture de la nef, travaux exécutés sur les plans de M. Lageat, par M. Kerleau, de Plounévez-Moëdec. En 1919, l’on posa la galerie du clocher ; puis, de novembre 1920 à janvier 1921, l’on refit l’angle sud-ouest de la nef et la partie adjacente du pignon, les murs de la sacristie et la couverture du transept, travaux exécutés sur les plans du même architecte, par MM. Charles et Jean Kerambrun. ».

    Extrait de COUFFON René., Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-47, 779 p., p. 204.

  • Qui serait saint Mérin, que dit la documentation chronologiquement ?

    Texte extrait de MARJOU Jean-Yves., Histoire de Lanmérin., in Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor - ARSSAT. Lannion, Impressions Lannion, 2015, pp. 157-175., pp. 159-160.

    Qui serait saint Mérin, que dit la documentation chronologiquement ?

    a) Dom Lobineau dans « Les vies des saints de Bretagne », en 1725, classe saint Mérin dans un chapitre « Catalogue de quelques saint inconnus dont nous n’avons point vu d’actes » et écrit ceci « S.Merin. Le nom de Lan-Merin, qui est une paroisse de l’évêché de Tréguier, nous met en droit de supposer qu’il y a eu un St. Merin… Le P. Ferrarius, dans son nouveau catalogue des saints, fait mention de deux St.Merin, l’un moine de St. Basile, et honoré en Écosse le 6 de février, l’autre abbé de Paslet en Écosse, honoré le 15 septembre ».

    b) Pour Gaultier du Mottay dans « Géographie départementale des Côtes du Nord », 1862, p. 698 : Saint Merin, religieux venu d’Écosse au VIIe siècle dont la fête a lieu le 5 février. Son pardon est célébré le 3ème dimanche après Pâques.

    c) Gaultier du Mottay dans « Essai d’iconographie et d’hagiographie bretonne », en 1869, page 64, décrit sa statue à Lanmérin : St. Mérin, S(anct)us Merinus, solitaire en Armorique, fête le 4 avril, en rochet, chape par dessus, tête nue, un livre ouvert entre les mains ; statue du XVIe siècle, pardon le troisième dimanche après Pâques ».

    d) Le révérend Gilbert H.Doble dans « St Constantine king an monk and St Merryn », 1930, à propos du patronage de l’église St. Merryn dans les registres de l’évêché d’Exeter, s’appuie sur l’existence de la paroisse de Lanmérin entre Lannion et Tréguier pour prouver que l’éponyme de St Merryn est un saint celtique.

    e) Le chanoine L. Kerbiriou dans « Nos vieux sains bretons et la critique moderne », 1938, p 10, donne Saint Merryn à Saint-Merryn (Cornwall) et Lanmérin (diocèse de Saint-Brieuc).

    f) Pour Léon Gleuriot dans « Le Vieux Breton Eléments d’une grammaire », 1964, Merin viendrait du nom propre Morin à rapprocher du nom de peuple gaulois des Morini.

    g) Dans Tchou (dont l’auteur serait Le Scouézec) « Dictionnaire des Saint Bretons », 1979, saint Merin ou Merinus, Meryn, Melin, Melen, Meren est dit fêté le 4 avril et le 3e dimanche de Pâques à Lanmérin et patron primitif de Lanmérin, Plomelin (Ploe-Meryn au XIVe), Ploeren (Ploe-Veren en 1402)... avec une statue à Mantallot.

    h) B. Tanguy dans son « Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes d’Armor », 1992, p. 116, le dit « A défaut d’être connu, son nom est du moins attesté. Honoré à Mantallot, il est l’éponyme de Plomelin (Ploemerin vers 1330), et de Plumelin (Plemelin en 1288), et au Pays de Galles à Bodferin chapelle du Carnavonshire et à Llanferin paroisse du Monmouthshire, ainsi qu’en Cornwall dans l’ancienne paroisse de St Merryn ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • LE ROLLAND Marie-Noëlle., NICOLAS Anne., Un p'tit tour dans Lanmérin, 1985, 33 pages.

    Archives municipales de Lanmérin
Documents figurés
  • Série 3 P. Fonds du cadastre ancien. Tableau d'assemblage et plans parcellaires de la commune de Lanmérin, 1834.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3 P 110
Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

    Tome 2., p. 1278
  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis, Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990. 840 p.

Périodiques
  • MARJOU Jean-Yves., Histoire de Lanmérin., in Association pour la Recherche et la Sauvegarde des Sites Archéologiques du Trégor - ARSSAT. Lannion, Impressions Lannion, 2015, pp. 157-175.

    pp. 165-168

Liens web