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Eglise paroissiale Saint-Pierre (Taden)

Dossier IA22132831 réalisé en 1992

Fiche

Œuvres contenues

La restauration de l'église saint Pierre de Taden a révélé des patrimoines insoupçonnés.

Son histoire est liée aux seigneurs de la Gand ’Cour. Une bulle papale de 1387 atteste la construction pour Geffroy de Quédillac d’une chapelle édifiée en l’honneur de la sainte Vierge, de saint Christophe et de sainte Catherine dans l’église saint Pierre. Les parties les plus anciennes de l’édifice sont datables du 14e siècle comme l’indique les baies de la nef et des chapelles latérales formant transept. Ces baies aux ébrasements particuliers qui ne se poursuivent pas au niveau de l’arc se retrouvent aux fenêtres hautes de l’église abbatiale Saint-Melaine de Rennes, mais aussi aux fenêtres des bas-côtés de la cathédrale de Tréguier, de la fin du 14e siècle.

Des sondages, ayant pour but d’examiner les bois de charpente ont permis de découvrir en 2002, au sommet du mur-chevet, dissimulé depuis de siècles par la voûte lambrissée, un décor peint également du 14e siècle représentant le visage auréolé d’un Christ en gloire. Cette découverte est exceptionnelle car peu de peintures murales de cette époque sont conservées en Bretagne. La représentation du Christ est également peu courante, le Christ élève les mains, paumes ouvertes comme dans les représentations très anciennes du Christ ressuscité. Plus récemment encore, la dépose du retable, couvrant ce même mur, a révélé l’existence d’autres décors peints sur enduits de différentes campagnes entre le 14e et le 16e siècles. L’intérêt historique, iconographique et technique de ces peintures ainsi que leur ancienneté, ont justifié l’inscription de l’église Saint-Pierre à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

La tradition rapporte également que les statues de saint Pierre et de sainte Marguerite ont été données à l’église par les seigneurs de la Garaye. Ces deux statues du 17e siècle de très grande qualité, pause savante, plis des vêtements maitrisés, visages fins aux chevelures soignées… se rapprochent des grands ateliers de terre cuite du Maine, cependant elles sont en bois et leur attribution demeure encore incertaine.

Vocables saint Pierre
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Taden

Période romane

Une première église, située aux abords de la Rance et du port de Taden, semble avoir été construite antérieurement à celle du bourg. Le registre des états de section du cadastre de 1843 mentionne encore pour la section D parcelle 1013, le bas des Boisssières, a côté du site de l'ancien vicus gallo-romain, ancien cimetière et église de Taden. La première mention de cette église dédiée à saint Pierre se trouve dans une charte de 1121 dans laquelle l'évêque d'Alet confirme le don à l'abbaye de Marmoutiers de l'ecclesia S Petri de Tadduem selon le désir d'un moine dénommé Guinguené. On ne sait pas à quelle date elle fut désacralisée, détruite depuis fort longtemps les vieux cadastres n’indiquent pas de vestiges au début du 19e siècle.

Période gothique

On ignore la date de construction de l'actuelle église saint Pierre de Taden, toutefois une bulle papale de 1387 y atteste la construction pour Geffroy de Quédillac d’une chapelle édifiée en l’honneur de la sainte Vierge, de saint Christophe et de sainte Catherine. Plusieurs baies de la nef et des chapelles latérales sont attribuables à cette campagne de construction de la fin du 14e siècle. La porte ouest de la chapelle sud avec son linteau droit aux angles arrondis se réfère à des modèles prestigieux, comme le portail sud de la cathédrale de Quimper daté aux alentours de 1424-1430. D’importants travaux sont effectués au 15e siècle dans l’église, notamment la mise en place de la charpente lambrissée qui condamne la vue du décor peint du 14e siècle, placé au sommet du chevet.

Période Renaissance

Les rampants du pignon très ornés de la chapelle sud, feuilles retournées, petits personnages dénudés, animaux sont attribuables à une autre campagne datable de la première moitié du 16e siècle. Ils se réfèrent aux décors des gables de la chapelle saint Guen à saint Tugdual (56) datés de 1540.

Période moderne et contemporaine

Une sacristie a été ajoutée contre la chapelle nord au 17e siècle. A cette période, Raoul Marot achète, en 1617, la seigneurie de la Garaye puis celle de Taden en 1618. Nommé vicomte de Taden en 1644 puis comte de la Garaye en 1685, ses armoiries « d’azur à la main dextre d’argent, accompagnée d’une étoile d’or » se retrouvent dans l’embrasure intérieure d’une fenêtre de la nef et sur une pierre intégrée dans le gros œuvre de la façade ouest. La pierre tombale de ce philanthrope décédé le 2 juillet 1755 et de son épouse Marie-Marguerite Picquet, décédée en juin 1757, se situe dans l’ancien enclos paroissial. Au lendemain de la Révolution, l’église saccagée est décrite en mauvais état. Tout au long du 19e siècle sont effectués des travaux de restaurations et modifications, notamment la création de nouvelles ouvertures dans la nef entre 1873 et 1880, sous la direction de Théophile Adam, de Dinan. Une restauration complète de l’édifice en 2017, architecture et mobilier, est conduite sous la coordination de l’architecte Frédérique Le Bec.

Des décors peints inédits

Au-dessus de la charpente du chœur a été récemment découverte une peinture murale du 14e siècle représentant le Christ auréolé d’un nimbe crucifère. Il lève les bras, les paumes de ses mains sont tournées vers nous. A ses côtés un chandelier d’autel à trois branches et d’autres signes non identifiés semblent flottés sur un fond blanc. Cette représentation est exceptionnelle et rare. Il peut s’agir d’une scène du jugement dernier avec la résurrection des morts, comme celle de la chapelle de Locmaria er Hoët sur Landévant.

La dépose du retable du chœur a révélé l’existence d’autres décors peints des 14e,16e,18e,19e siècles.

Du 14e siècle subsiste, à gauche de la baie un personnage dont on aperçoit la tête et la main. Il semble reprendre le même geste que le Christ situé au-dessus. Ce petit personnage bouclé et souriant se réfère à l’ange souriant de Chartres du 13e siècle mais également à l’art de l’enluminure du 14e siècle à la cour de France. Le même faux appareillage peint se retrouve également dans le réfectoire de l’abbaye de Léhon. Celui à la moucheture d’hermines est plus ancien que celui décoré de fleurs de lys de la fin du 15e siècle. Deux litres seigneuriales, sur fond noir, sont peintes à des époques différentes. Les armoiries de la litre plus petite ne sont pas identifiables. Celles de la litre plus grande présentent à gauche, les armes des Ferré, d’argent à une face d’azur et trois molettes surmonté d’un heaume avec cimier et panache représentant un aigle aux ailes déployées, et à droite de la baie : le blason des Quédillac, de gueules à trois fasces d’argent surmonté d’un cimier et d’un panache à tête de chèvre. Le contrat de mariage entre Catherine de Quédillac et Gilles Férré attesté en 1512 permet de dater de la première moitié du 16e siècle ce décor peint. Enfin des vestiges d’un décor d’accompagnement du retable a été réalisé à la fin du 19e siècle par D. Lavenant, peintre à Saint-Brieuc.

Période(s) Principale : 14e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 19e siècle

L’église saint Pierre est de plan en croix latine avec chœur à chevet plat orienté à l’est.

Deux chapelles latérales forment un transept.

Une sacristie est accolée au nord.

Un porche couvert en ardoises précède l’entrée.

Elle était anciennement recouverte d’une charpente armoricaine qui a été lambrissée par la suite.

Murs granulite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements lambris de couvrement
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
flèche polygonale
Typologies clocher en haut de nef
États conservations bon état, restauré
Techniques peinture
Précision représentations

Peintures murales

Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 2012/03/15

Annexes

  • Seigneurs de Taden

    Notes extraites de Evelyne Thoreux

    Geoffroy de Quédillac

    Dans une montre de 1370 apparait le nomde Geoffroy de Quédillac. Ecuyer de du Guesclin, il le sert lors de ses campagnes, en compagnie de Berthelot d’Angloulvent et son nom figure curieusement sur le testament du connétable : Item nous voulons et ordonnons que Geoffroy de Quédillac soit récompensé sur notre terre s’il advenoit qu’il perdit la sienne pour être venu à notre service, de tout comme il perdroit. ». Le 25 avril 1381, il est parmi les seigneurs du pays de Dinan qui ratifient le second traité de Guérande mettant fin à la douloureuse guerre de succession. En 1387, il est officier et ambassadeur d’Olivier de Clisson et chargé du paiement en Angleterre de la rançon de Jean de Bretagne, comte de Penthièvre, le fils de la duchesse Jeanne. Il devient son maître d’hôtel de 1387 à 1391 avant d’être nommé alloué de Lamballe en 1393.

    Robert de Quédillac

    En 1442, il est écuyer d’Arthur de Bretagne, comte de Richemont, connétable de France en 1424 et duc de Bretagne de 1457 à 1458. Robert de Quédillac se voit invité à ses noces en 1442 à Mont Marsan. En 1450, suite au décès de son père, il établit le premier aveu que l’on ait sur la seigneurie de Taden et y fait état de « lostel et manoir de Taden avecques les jardins ».

    Bertrand de Quédillac ( ? , 1517)

    Prend la succession de son père Robert. Il est chevalier sous les ordres de Jean de Rieux, maréchal de Bretagne. En 1512, il établit un contrat de mariage. Sa fille unique Catherine va s’unir avec le fils ainé de Gilles Ferré, seigneur de la Garaye. Armoiries des Quédillac : de gueule à trois faces d’argent pour les Quédillac, et d’argent à une face d’azur et trois molettes d’éperon pour les Ferré.

    Les Vaucouleurs

    1552. Aveu de Marie Le Voyer, veuve de Georges de Vaucouleurs. (A.D. des Côtes d'Armor : A 71)

    Mention du manoir de la Grand Cour : « Au premier, y a une salle, une chambre basse au bout et une garde-robe, et à l’autre bout y a une cave et une despance et au costé de la ladite salle la cuysine et sur le tout des greniers contenant quatre-vingt pieds de longc et de leize vingt-quatre pieds. »

    Les Marot

    Raoul Marot achète la seigneurie de la Garaye en 1617 et celle de Taden un an plus tard. A partir de 1618, la famille Marot va être ainsi seule détentrice des deux seigneuries qui ont marqué l’histoire de l’église saint Pierre. Leurs descendants seront conseillers au parlement de Bretagne et résideront à rennes, Dinan, Taden au château de la Garaye. Le manoir de la Grand’Cour , siège de la seigneurie ne sera plus habité que par des métayers.

  • Extraits de Sources : Taden

    Extraits de sources et citations, église saint Pierre de Taden.

    1121 : église saint Pierre donnée à l’abbaye de Marmoutiers [J. Geslin de Bourgogne et A. de Barthélémy, anciens évêchés de Bretagne, histoire et monuments, diocèse de Saint-Brieuc, Paris-St Brieuc,Dumoulin-Guyon, 1855]

    1222 : Taden est cité comme paroisse dans une donation de dîmes sur les champs et les vignes faite au prieuré de Saint-Malo de Dinan. [Info Bretagne en ligne].

    1287 : mention dans une charte de l’abbaye de Léhon [?]

    1387 : (bulle du 2 avril 1387), des indulgences sont accordées à Taden par le Saint-Siège : " Dilecto filio nobili viro Gaufrido de Quedilhac (Quédillac) domicello Macloviensis diocesis, salutem …Sane nuper ex serie tue petitionis nobis exhibite percepimus quod tu …, ad laudern et honorem Dei et Virginis gloriose ac sancti Christophori martiris et sancte Catherine Virginis necnon divini cultus augmentum, ac pro tue et parentum tuorum animarum salute, unam capellam in parrochiali ecclesia sancti Petri de Taden, Macloviensis diocesis, construi et edificari, et in ea unam perpetuam capellaniam fundare, et eam de bonis tibi a Deo collatis in redditibus perpetuis pro uno perpetuo cappellano inibi Domino servituro doltare proponis … Datum Avenione, IV nonas aprilis, anno nono" (2 avril 1387) . Construction par Geoffroy de Quédillac d’une chapelle édifiée en l’honneur de la sainte Vierge, de saint Christophe et de sainte Catherine dans l’église paroissiale de Saint-Pierre de Taden. [Info Bretagne en ligne].

    1437 : mention de la paroisse de Taden [A. Loire Atlantique B 1297/4]

    1552 : minu de Marie le Voyer, veuve de Georges de Vaucouleurs. « sont fondateurs et dotateurs de l’église presbytere et cymetiere de Taden et ont droict et a eulx appartient d’avoir en la grande vitre estante au deriere du grand aultel d’icelle eglise et aultres vitres d’icelle leurs armes en plusieurs endroictz et par dehors armoyrie de la dicte seigneurie de Taden tant en pierre que en paincture … » [A. Loire Atlantique B 1287 ; AD 22 : A 71]

    1618 : aveu pour la seigneurie de la Conninais et prérogatives dans l'église paroissiale, à savoir quatre tombes et tombeaux armoriés... [A. Loire-Atlantique : B 1288]

    1778 : vente de la seigneurie de Taden, la Garaye, Beaufort à Madame Hay des Nétumières. Prise de possession de l'église paroissiale. [A.Départementales d'Ille-et-Vilaine : 3E44/150].

Références documentaires

Documents d'archives
  • CRMH, Rennes. Raulet Hervé, synthèse historique et architecturale sur l'église paroissiale et la restauration des peintures murales. 21 novembre 2011

    Conservation Régionale des Monuments Historiques
Bibliographie
  • THOREUX Evelyne. L'Eglise Saint-Pierre de Taden. Taden Culture et Patrimoine, 2012.

Liens web