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Eglise Saint-Jean-Baptiste de Lantiern (Arzal)

Dossier IA56006167 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations église
Aire d'étude et canton Bretagne - Muzillac
Adresse Commune : Arzal
Lieu-dit : Lantiern

Le village de Landiern est mentionné en 1182 dans la charte ducale en faveur de l’Ordre du Temple. Dès le XVIe siècle, Lantiern est annexé à l’Hôpital de Malansac, membre de la commanderie de Carentoir, car en 1574, le commandeur Hospitalier Jean pelletier perçoit le tiers des oblations et aumônes qui tombent dans la chapelle du temple de lantyiern. Au début du XVIIe siècle, toute la façade nord semble avoir subi de profonds remaniements comme en témoignent la date de 1612 inscrite sur une assise de la pile octogonale des arcades de la chapelle nord, et la date de 1629 portée sur le linteau d’une des fenêtres de la première tour à l’ouest. Dans une déclaration de 1643, le commandeur Gilles du Buisson précise qu’en la paroisse d'Arzal y’a une fors belle eglize et Temple […] avec quantité de chapelles et sept autels, une croix d'argent avec des reliques de la Vraie-Croix, un calice d'argent et deux d'estain. Il y a quelques tenues qui doibvent des rentes et dixmes coutums, et s'appelle Saint-Jean de Lantiern. La chapelle est couverte d'ardoizes avec trois cloches, le tout en bon et deub estat, et il n'y a aucune habitation ny domaine du propre de la commanderie. Une décennie plus tard, le commandeur Charles Laurencin ajoute que le temple est fondé de Monsieur Saint-Jan-Baptiste, appelé Saint-Jean-de-Lantiern, dans lequel se font les enterrages. Lorsque Cayot-Delandre visita l’église, il remarqua dans la maitresse-vitre un fragment d’écussons aux armes ducales à cinq hermines (2-1-2). Il ajouta que les moines de l’abbaye de Prières, commune de Billiers, venaient deux fois par an en procession en l’honneur du reliquaire de la Vraie-Croix. Enfin, Guillotin de Corson précise que l’actuelle tribune en bois, à l’entrée de la nef, aurait remplacé une tribune plus ancienne.

Période(s) Principale : 12e siècle, 14e siècle, 15e siècle, 17e siècle

L’église Saint-Jean-Baptiste de Lantiern adopte un plan à nef unique bordée d’un bas-côté au nord ; supportant une tour-clocher ; et de deux chapelles, une au nord, l’autre au sud, formant un transept asymétrique. Seule la façade occidentale est composée d’un petit appareil régulier en granite, le reste de l’édifice est en moellons mixtes. En partie basse, deux contreforts à larmier encadrent le portail en arc brisé à voussures multiples surmontées d’une archivolte. La rupture entre les ébrasements et les voussures est marquée d’un bandeau en cavet de part et d’autre à hauteur d’imposte. Un écu repose sur l’extrados du portail, si ses armes ne sont plus lisibles, on devine toutefois qu’il est couronné. Au niveau du gâble, le pignon est percé d’une petite fenêtre trilobée évoquant le répertoire du XIVe siècle. Les rampants sont lisses et terminés par des crossettes ornées d’un parchemin. La façade méridionale est très sobre, elle est rythmée par une série de trois fenêtres modernes en arc légèrement brisé et ouverte d’une porte en plein-cintre simplement chanfreinée. Le collage de la maçonnerie de la chapelle sud contre le gouttereau de la nef indique qu’elle prend appui sur ce dernier. Le pignon de la chapelle sud-est percé d’une porte en arc brisé à deux voussures et d’une grande baie moderne. Sur le gouttereau est, celui en alignement avec le chevet, une perturbation de la maçonnerie du parement extérieur indique la présence d’une ancienne ouverture. À l’angle sud-est de la chapelle, on peut apercevoir un polissoir néolithique qui a été réemployé en tant qu’assise dans les substructures de fondation. Le chevet est plat et son pignon est soutenu jusqu’à mi-hauteur par deux contreforts qui encadrent une large baie en ogive. La sacristie, construite lors des travaux du début du XVIIe siècle, est en aplomb du pignon du chevet et est percée de deux petites fenêtres chanfreinées. Masquée en partie par la sacristie, la chapelle nord, formant transept, est percée à l’est d’une baie flamboyante en lucarne. Son remplage est composé de deux lancettes trilobées surmontées d’un soufflet encadré de quatre écoinçons. Ses rampants sont lisses et se terminent par des crossettes en volutes. Le mur-gouttereau opposé est percé d’une porte en plein-cintre offrant un accès privilégié à l’église. En retrait de la chapelle nord, la façade septentrionale est composée d’un bas-côté supportant une tour-clocher et un corps de bâtiment portant sur un linteau la date de 1629. Deux fenêtres modernes en plein-cintre éclairent le bas-côté en partie basse tandis que quatre petites fenêtres quadrangulaires ponctuent l’ensemble de la façade. Le rampant ouest du corps de bâtiment réemploie une crossette figurant un visage humain.

À l’intérieur, la nef est presqu’entièrement badigeonnée, mais quelques sondages ont permis de mettre à jour des fragments de peintures murales ocres, grisâtres et jaunes. L’église est partagée en quatre travées au nord et deux au sud. Les deux premières travées communiquent avec le bas-côté nord, elles sont marquées par deux arcades romanes en berceau séparées d’une pile quadrangulaire. Si la première voûte retombe sur deux impostes en saillie sans modénature, la seconde est reçue par deux impostes en cavet. Les travées du bas-côté sont distribuées par deux autres arcades en berceau dont la maçonnerie indique une construction asynchrone entre ces deux arcades et celles communiquant avec la nef. Le départ d’un escalier menant à la tribune en bois qui surplombe l’entrée de la nef se devine encore sur le gouttereau occidental du bas-côté. Les deux dernières travées ont été remaniées au début du XVIIe siècle comme l’indique la date 1612 portée sur la pile octogonale qui soutient les arcades de la chapelle nord. Pendant ces travaux, il semblerait que les arcades ont été remontées dans un style singulier ne correspondant pas à l’ordonnance initiale. Les deux premières arcades des deux chapelles formant transept sont en arc brisé à multiples voussures toriques, alors que les secondes arcades, plus simples, sont à voussures doubles pénétrant les piliers engagés des gouttereaux de la nef. Notons que les sommiers de la quatrième arcade au nord et des deux arcades au sud sont d’une largeur moindre que le mur qui les soutient. Au nord et au sud, les deux séries d’arcades reposent sur un pilier octogonal dont l’imposante base cylindrique sert d’assises de fondation. Le pilier au nord-est simplement souligné d’un listel tandis qu’au sud, sa base est ornée d’une gorge moulurée, et d’un chapiteau frappé d’un écu à l’est et d’un bas-relief au sud. Ce dernier représente une femme coiffée d’un voile et d’un gorget rappelant la mode du bas Moyen-Âge. Enfin, le chœur a été fortement remanié lors des travaux du XVIIe siècle comme l’indique le style des crédences et des niches qui encadrent la maitresse-vitre.

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 2 vaisseaux
Couvrements
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1964/06/16

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales du Morbihan : 58H1
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
Bibliographie
  • CAYOT-DELANDRE, François-Marie. Le Morbihan, son Histoire & ses Monuments. Vannes : A. Caudéran, édit. 1847, réimp. Auray : éd. du Bastion, 1990.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

Liens web

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