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Eglise Saint-Jean-Baptiste du Gorvello (Sulniac)

Dossier IA56008546 réalisé en 2015

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Dénominations église
Aire d'étude et canton Bretagne - Questembert
Adresse Commune : Sulniac
Lieu-dit : Gorvello (le)

Une aumône à Sulniac au village du Corvellou est confirmée dans la charte de 1160 par Conan IV. Avant le début du XVIe siècle, la chapelle Saint-Jean-Baptiste du Gorvello adoptait un plan rectangulaire à nef unique. La nef est agrandie en 1523 comme l’indiquent les inscriptions des sablières du chœur, au nord : L'an mil Vcc XXIII furent faictzs les arches et boys p. Je Rouxel procur. ; J. Thebault charpentier, au sud : p : benoyct : Mon : cotier. Deux chapelles privées, formant transept, sont construites indépendamment dans les années 1540 selon l’inscription de la sablière est du transept nord : L'an mil Vcc XLVII, ce boy fut dressé et faict ; le miseur est Jehan Lorho et le charpentier Nicollazo. Enfin, une dernière inscription, sur la charpente du porche méridional, permet de fixer la fin des travaux dans le troisième quart du XVIe siècle : 1565 : FVT : /FAICT/ CE : BOYS PAR [I] MADEC CHIERPANTIER - J COIMAN PROCUREUR. En 1574, le Gorvello dépend de la commanderie de Carentoir, le commandeur Jean Pelletier perçoit le tiers des oblations et aumônes de la chapelle du temple de Sainct Jean du gourvello en la paroisse de theix. En 1644, le Gorvello devient une trêve de la paroisse de Sulniac et consiste en une fort belle chapelle fondée de Monsieur Saint Jan-Baptiste et l'Evangéliste, en laquelle il y a nombre de beaux ornements pour y célébrer le divin service, qui sont, comme ceux du Guerno, en la garde des frairiens ; ladite chapelle bien et deubment vittrée, y ayant deux cloches de moyenne grosseur, un tabernacle où repose le Saint-Sacrement, et fonds baptismaux ; et est une trève où il y a charge d'asmes. Le commandeur René Chevrier précise qu’autour dudit temple il y a trois tenues qui doibvent quelques rentes, devoirs seigneuriaux et la dixme à la onziesme. Lors de sa visite au Gorvello à la fin du XIXe siècle, le chanoine Joseph-Marie Le Méné retranscrit les inscriptions des cloches mentionnées dans l’aveu de 1644, soit une cloche datée de 1582 : Lan mil Vcc XXXII. Sancte Iohanes ora pro nobis. J. Cabedoce procur. M. Ja. Hurel me fist. R. Rouxel. P. Benoyct pre, et une autre cloche datée de 1608 : Je fuz fete l'an mil VIcc VIII, pour servir l'église de Monsieur S. Jan du Gorvello, en la paroisse de Suligna, et lors estoit procureur Louis Rousel.

Période(s) Principale : 14e siècle, 16e siècle, 17e siècle
Secondaire : 12e siècle
Dates 1523, porte la date
1547, porte la date
1565, porte la date
1582, porte la date
1608, porte la date

Située au centre du village du Gorvello, l’église hospitalière Saint-Jean-Baptiste accuse dans son ensemble une architecture des XVIe et XVIIe siècles. La façade occidentale est pourvue d’un portail en anse de panier mouluré d’une double série de colonnettes toriques, surmonté d’une archivolte en accolade ornée de choux frisés et terminée d’un puissant fleuron. L’ensemble est encadré par deux pinacles fleuronnés engagés. Le pignon est soutenu par deux contreforts angulaires à larmier simple coiffés chacun d’un pinacle fleuronné. Le gâble du pignon occidental est souligné par des rampants ornés de choux frisés et terminé par des crossettes sculptées d’un dragon au nord et d’un lion au sud. Un clocher à baie géminée et noues multiples ponctuées de six gargouilles domine le pignon. Le gouttereau sud de la nef est uniquement percé d’un oculus et la maçonnerie présente les traces d’une porte à linteau droit à l’aisselle de la nef et du transept sud. Ce dernier est composé d’un moyen appareil, dénotant une construction asynchrone avec le chœur et le transept nord, il est percé d’une baie en arc brisé au remplage à trois lancettes trilobées surmontées d’un réseau à multiples mouchettes. Une reprise de la maçonnerie est visible au niveau du gâble semblant indiquer le rehaussement du pignon dans un souci d’harmonie avec le chœur et le transept opposé. Une petite baie à deux lancettes trilobées surmontées d’un quadrilobe éclaire le transept sud à l’est. Le chevet est en légère saillie par rapport au transept, il est soutenu au sud par un puissant contrefort angulaire terminé d’un pinacle à colonnettes. L’angle nord, masqué par la sacristie moderne, est dépourvu de contrefort, mais présente à mi-hauteur un chapiteau angulaire figurant une femme à la poitrine dénudée tenant un gobelet de la main droite et un homme surgissant à ses côtés en s’agrippant. L’abaque est décoré d’une frise de sarments et le chapiteau est surmonté d’un pinacle à colonnettes semblable à celui du contrefort angulaire au sud. La baie du chœur occupe la majeure partie du chevet, ses ébrasements sont bordés par des colonnettes toriques sur base se prolongeant sans chapiteau sous la voussure en arc brisé. Elle est surmontée d’une archivolte en accolade ornée de choux frisés, retombant sur des culots figuratifs et coiffée d’un imposant fleuron. Les rampants du pignon sont à crochets et leur jonction au faîtage est marquée d’un autre fleuron. Une crossette de pignon présentant un animal fantastique termine le rampant septentrional. Au transept nord, la baie du gouttereau oriental a été condamnée par la construction de la sacristie moderne. Son pignon est encadré par deux contreforts hexagonaux à larmiers doubles et coiffés de pinacles fleuronnés. La baie du pignon est en arc brisé à archivolte en accolade ornée de choux frisés. Une porte Renaissance en anse de panier donne accès au transept nord par le gouttereau occidental. Le porche d’entrée de la nef prend appui sur le gouttereau nord et non au sud, ce qui est habituellement le cas en Bretagne. Le porche est voûté d’un arc en anse de panier retombant sur deux piles rectangulaires chanfreinées à embase. Le porche abrite un portail en anse de panier dont les voussures s’estompent dans les ébrasements, l’arc est surmonté d’une archivolte en accolade à culots et ornements de choux frisés, coiffée d’un fleuron. Un banc longe les gouttereaux à l’angle de la nef et du transept nord.

La nef devait être, à l'origine, aveugle, car ses seules ouvertures semblent dater de la restauration de l’église au XVIe siècle. À l’angle de la nef et du transept nord, on peut voir sous l’épais badigeon un appareillage plus ancien correspondant au premier état de l’édifice. Le chœur et les bras de transept sont démarqués au nord et au sud par une arcade en plein-cintre à voussures multiples s’effaçant dans des piles cylindriques engagées. Dans le transept nord, un triptyque en bois polychrome d’inspiration gothique internationale prend place contre la fenêtre condamnée du gouttereau est. Dans le chœur, sous les sablières des gouttereaux, deux crossettes figurant des anges portant des phylactères encadrent maître-autel.

Murs granite appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections inscrit MH, 1925/06/15

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B908
  • Archives départementales du Morbihan : 58H1
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • LE MENÉ, Jean-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, 1891-1894. Reéd. Coop Breizh, 1994.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • DUHEM, Sophie. Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (15e-17e siècles). Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1997, 385 p.

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