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Eglise Saint-Jean-Baptiste (Le Croisty)

Dossier IA00008273 réalisé en 1986

Fiche

Vocables Saint-Jean-Baptiste
Parties constituantes non étudiées ossuaire, cimetière, croix monumentale
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Bretagne - Guémené-sur-Scorff
Adresse Commune : Croisty (Le)
Adresse :

Dans la seconde moitié du XIIesiècle, le village du Croisty dépendait de la paroisse de Prisiac, in Quemenet Guegamp, plusieurs elemosinas de Prisiac sont confirmées dans la charte de 1160 en faveur des Hospitaliers. En 1200, les possessions des Hospitaliers sont attestées au Croisty, car un certain Rotaud fait don d’une terre à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé juxta terram Hospitalis Jerosolimitani quœ terra vocatur Croasti in Priziac. Dès 1387, le Croesti est déjà une paroisse et doit 10 livres de droits censaux au chapitre de la cathédrale de Vannes. En 1539, le membre du Croisty dépend de la commanderie de Quimper et Beauvoir, car frère Jehan de La Barre rend aveu pour la chappelle du Croesti et son moulin et deppendent et ung village et rentes. En 1553, les sablières de l'église sont achevées comme l'indique l'inscription de la sablière du bras sud du transept : Lan mil cinq / centz / cinquante troys Me / Pierre / Le Dorfen a / faict / faire le boys / de ce deux / chap / pelles. Au début du XVIIe siècle, l’église du Croisty possède six autels, des fonts baptismaux et un trésor composé d’une croix processionnelle d'argent, un crucifix et deux images de saints, le tout d'argent doré. Mais c’est le commandeur Hospitalier Leonor de Beaulieu de Belthomas qui nous renseigne le mieux sur ce qu’était Le Croisty à la période moderne. En 1697, le membre du Croixty a ses fiefs et juridiction, haulte, moyenne et basse, exercée audit bourg du Croixty, en la paroisse de Saint-Tugdual. Le commandeur est fondateur de l'église tréviale Saint-Jean du Croixty, et à luy seul appartiennent en icelle banc, enfeu et armoiries ; il a droit de présenter le chapelain ou curé pour le service d'icelle et d'y prendre les oblations. La même année, le commandeur de Belthomas fait rédiger l‘Estat du Revenu et des améliorations de la commanderie de la Feuillée, il est précisé : le membre du Croisty en la paroisse de St. Tudual Eveche de Vannes il y à leglize Trevialle fondée en lhonneur de St Jean sur le pignon de laquelle il y à les armes de lordre en pierre relevee en bosse. Malgré les nombreux travaux de l’église, en 1846 le sous-préfet envoie une lettre au préfet du Morbihan, car la chapelle du Croisty menace ruine. Enfin, en 1879, la flèche de la tour occidentale est reconstruite remplaçant une flèche en bois.

Période(s) Principale : 13e siècle, 14e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 19e siècle
Secondaire : 12e siècle
Dates 1553, porte la date
1654, porte la date
1879, porte la date

L’église du Croisty adopte un plan en croix latine à transept asymétrique et au chevet plat peu saillant. Excepté l’ossuaire et les deux sacristies, des contreforts obliques soutiennent la totalité des angles de l’édifice. La façade occidentale est marquée par un clocher-porche formant un avant-corps et daté des XIXes et XXes siècles. Le portail est en arc brisé mouluré dont la première voussure est ornée d’une frise de sarment. Il est surmonté d’un larmier à rampant lisse et au-dessus, une niche en arc brisé abritant une statue. La chambre des cloches est ajourée sur ses quatre faces et coiffée d’une flèche octogonale. Des traces de crochets sont encore visibles sur les rampants des demi-pignons nord et sud. La façade sud-est plus complexe, elle est composée, d’ouest en est, d’un ossuaire renaissant aux arcs en anse de panier reposant sur des colonnes ioniques, d’un porche méridional ouvert en plein-cintre aux voussures à pénétration directe, d’une sacristie contemporaine et d’un bras de transept dont la saillie vient rompre l’aplomb des trois premières structures. Les collages de l’ossuaire et de la sacristie contemporaine démontrent sans ambiguïté que ces annexes sont postérieures au porche méridional. Ce dernier indique une construction dans le XVIe siècle confirmée par le style du portail qu’il abrite. Il est en anse de panier surmonté de deux voussures et archivolte en accolade ornée de crochets et coiffée d’un puissant fleuron. Les rouleaux des arcs retombent dans les ébrasements à base prismatique, le croisement de l’arc en anse de panier et de la première accolade forme un jeu de ligne remarquable. Le portail est encadré de pinacles fleuronnés et cantonné de deux bénitiers engagés. Le transept est ouvert à l’ouest par une porte en arc brisé à doubles voussures, alternant tores et cavets, retombant sur des chapiteaux feuillagés et se prolongeant en fines colonnettes dans les ébrasements. L’archivolte en arc légèrement brisé est constituée d’un épais tore et coiffée d’un imposant fleuron. Le mur-pignon est percé d’une baie flamboyante à remplage de trois lancettes trilobées surmontées d’un réseau à mouchettes simples et polylobées. Le gâble du pignon est à rampants lisses terminés à l’ouest d’une crossette à tête humaine. La sacristie moderne prend appui contre le contrefort oriental du bras sud du transept et le contrefort méridional du chevet. Le mur-pignon du chevet est percé d’une baie axiale au remplage à quatre lancettes trilobées surmontées d’un réseau à soufflet en courbe et contre-courbe symétriquement. Le gâble est à rampants lisses sommés d’une croix et terminés par des crossettes à figures humaines dont les coiffes évoquent la mode de la fin du Moyen Âge. Au nord, le bras de transept est désaxé, il est percé à l’est par une baie à deux lancettes trilobées surmontées d’un quadrilobe. Le mur-pignon est percé d’une baie moderne en anse de panier et le gouttereau ouest est ouvert d’une porte identique au transept sud, mais non couronnée d’un fleuron. Le reste de la façade septentrionale est assez simple, elle est percée d’une baie en arc brisé au remplage contemporain et d’une petite fenêtre rectangulaire. Une reprise verticale de la maçonnerie indiquant la réfection de la tour-clocher est nettement visible à trois mètres à l’est du contrefort oblique.

L’intérieur de l’église est assez sobre, les entraits engoulés et la majorité des sablières de la nef étant des ajouts récents. En saillie du gouttereau nord de la nef, seule une console au culot figurant trois visages humains représente un élément de décor. Au sud, la sacristie contemporaine communique avec la nef et le bras du transept via deux arcades en plein-cintre moulurées à pénétration directe. La croisée du transept est définie par quatre piliers engagés de section cylindrique. Ceux de la nef reposent sur un socle grossièrement équarri à la base simplement moulurée et à la corniche terminée d’un astragale et d’une gorge supportant directement les sablières. Les colonnes de la nef sont presque identiques si ce n’est qu’elles reposent sur un socle polygonal et qu’elles portent chacune une console figurée : à l’angle nord-est, deux femmes tenant un livre ouvert, et à l’angle sud-est, un ange tenant une plaque. Les sablières sculptées du transept abordent en alternance des animaux fantastiques, exotiques, des personnages grotesques et des démons, ces formes empruntent un répertoire très répandu au XVIe siècle. Sur le mur oriental du bras sud du transept, une console ornée d’un visage en ronde-bosse et au culot frappé d’un blason crucifère indique l’emplacement d’une chapelle anciennement privée. D’ailleurs, la maitresse-vitre, restaurée en 1887 par la Fabrique du Carmel du Mans, présente dans les deux soufflets centraux qui surmontent les lancettes, à gauche un blason d’argent à la croix engrelée de sable, et à droite un blason féminin d’argent à la croix cannelée de sable, mi-partie effacée. Enfin, le maître-autel est orné d’un retable représentant six apôtres et qui est composé de panneaux de l’ancien jubé aujourd’hui disparu.

Murs pierre appareil mixte
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 1 vaisseau
Couvrements
Statut de la propriété propriété de la commune
Éléments remarquables jubé
Protections inscrit MH partiellement, 1925
classé MH partiellement, 1912
classé MH partiellement, 1939
inscrit MH, 1984/12/28

Annexes

  • Ancienne étude d'inventaire de 1967, revue en 1974 :

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B911
  • Archives départementales de Loire-Atlantique : B912
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : H512
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • LE MENE, Joseph-Marie. Histoire du diocèse de Vannes. Vannes, 1889. T. II.

  • LOBINEAU, Guy Alexis. Histoire de Bretagne, composée sur les titres & les auteurs originaux, par Dom Gui Alexis Lobineau, prestre, religieux benedictin de la congregation de S. Maur ; enrichie de plusieurs portraits & tombeaux en taille douce ; avec les preuves & pieces justificatives, accompagnées d'un grand nombre de sceaux. Paris : Veuve François Muguet, 1707.

Liens web

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