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Eglise Saint-Jean de Keraudy (Ploumilliau)

Dossier IA22002540 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Précision dénomination tréviale
Vocables Saint-Jean, Notre-Dame
Parties constituantes non étudiées mur de clôture, cimetière, croix monumentale
Dénominations église
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Ploumilliau
Lieu-dit : Keraudy

Classée Monument Historique le 16 janvier 1935, l'église tréviale de Keraudy est une construction de la 1ère moitié du 16ème siècle, restaurée à la fin du 19ème siècle (élévation nord et nef). Elle comprend un mur de clôture et un calvaire de la 1ère moitié du 16ème siècle, également classés Monument Historique, ainsi qu'une croix datant probablement du 18ème siècle et la sépulture du Vicomte Louis-Marie-Emmanuel de Quemper de Lanascol exécutée en 1890 par l'atelier de sculpture Yves Hernot de Lannion (signature). La croix du cimetière du 18ème siècle présente une croix des ateliers Hernot (d'après analyse stylistique) de la fin du 19ème siècle.

(Patrick Pichouron, Inventaire préliminaire, 2004)

Aujourd’hui chapelle Notre-Dame de Keraudy, l’édifice était, encore au XIXe siècle, placé sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste et était la tréviale de la paroisse de Ploumilliau. Les élévations les plus anciennes indiquent une mise en œuvre dans la première moitié du XVIe siècle, mais les baies 0 et 4 possèdent des vitraux du XVe siècle dont le plus ancien remonte aux années 1450. Il semblerait qu’un certain Guillaume de Quoleue (Quelneuc ?) figure parmi les donateurs de l’église, car on peut lire l’inscription GUILLẼ DE QUO // LEUẼ SR. DUD, LIE sur le vitrail de la deuxième lancette de la baie 4. L’église dépend primitivement de la commanderie de Pont-Melvez, puis au XVIe siècle, elle passe sous la juridiction de la commanderie de La Feuillée. En 1653, le commandeur René de Saint-Offange échange l’église tréviale contre 16 boisseaux de froment au seigneur de Lanascol. À partir de cette date, l’édifice sort de la juridiction de la commanderie de La Feuillée et les prééminences appartiennent aux Quemper de Lanascol.

(Stéven Lemaître, enquête thématique régionale 'Inventaire des commanderies templières et hospitalières de Bretagne', 2016)

Période(s) Principale : 15e siècle, 16e siècle, 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Hernot Yves fils

L'église est située dans un enclos surélevé délimité par un mur de clôture construit en moellons de granite. Ce mur de clôture est ouvert d'échaliers au sud et au sud-est, au nord et à l'ouest. L'église est construite en grand appareil de granite sur un plan en tau et se compose d'une nef à 4 travées flanquée de deux bas-côtés, d'un transept et d'un choeur constitué par le prolongement du vaisseau principal. Elle comprend au sud un porche à étage, à usage de secrétairerie, desservi par un escalier en vis en maçonnerie enfermé dans une tour circulaire hors-oeuvre dans l'angle, ainsi qu'une sacristie entre le porche et le bras du transept. Le faîte du toit du porche est plus élévé que le faîte du toit principal. L'élévation sud est rythmée par trois pignons, le chevet est ajouré d'une baie axiale et le pignon ouest est sommé d'un clocher de type trégorrois (clocher à trois baies). Le couvrement du porche sud est formé par une voûte sur croisée d'ogives, celui du vaisseau principal et des bras du transept par une charpente lambrissée en berceau brisé, celui des bas-côtés par un demi-berceau lambrissé. Les élévations sont ornées de baies ayant conservé leur remplage, de gargouilles, de bustes, de crochets et de fleurons. Le calvaire est en granite et se situe entre deux échaliers, à proximité du pignon ouest de l'église. Il se compose d'un soubassement, d'un socle cubique à griffes et d'un fût monolithe sommé d'une croix ornée d'un décor sculpté en haut-relief (groupe de crucifixion à trois personnages à l'ouest et Vierge couronnée à l'Enfant à l'est). La croix du cimetière, située au sud du porche, est taillée dans le granite. Elle se compose d'un soubassement formé par un emmarchement à deux degrés, d'un socle de section octogonale portant une inscription illisible, d'un haut fût monolithe de section circulaire sommé d'une croix en kersanton (rapportée) ornée d'un Christ en croix sculpté en ronde bosse (type Hernot). La sépulture du vicomte de Lanascol est située à proximité du porche sud. Taillée dans du kersanton, elle se compose d'une croix sur socle et soubassement ornée de vigne. Cette croix est précédée d'une tombe ornée d'arcatures trilobées, des armes (d'argent au léopard, de sable, accompagné en chef de trois coquilles rangées de même) et de la devise ("En bon repos") de la famille Quemper de Lanascol.

(Patrick Pichouron, Inventaire préliminaire, 2004)

Le village de Keraudy est situé à 5km au sud de Ploumilliau. De l’édifice hospitalier primitif, il ne reste pas de trace, la noblesse locale, particulièrement la famille Quemper de Lanascol, ayant investi l’édifice trévial dès le milieu du XVe siècle. Ainsi, dans une grande majorité, les élévations indiquent une construction dans la première moitié du XVIe siècle. Construite au milieu d’un placître clos, l’église adopte un plan en T à trois vaisseaux et cinq travées dont la dernière est occupée par les bras transepts. La façade occidentale a été fortement remaniée comme en témoigne la reprise de la maçonnerie au premier tiers nord du mur pignon. Le portail occidental est à voussures multiples en arc brisé surmontées d’une archivolte en accolade ornée de crochets et sommée d’un fleuron. Il est encadré de pilastres qui se prolongent au niveau de l’archivolte, mais dont la partie supérieure est amputée, le collage entre les claveaux du portail et le parement extérieur démontre un remaniement total de la façade. Le gable du pignon est coiffé d’un clocher à trois chambres, de type trégorrois. La façade méridionale, à file de pignons, est composée d’ouest en est, d’une lucarne à crossettes de pignons et rampants chanfreinés, son remplage comporte des réemplois comme l’indiquent les piédroits en finies colonnettes toriques rappelant le XIVe siècle. Le portail méridional est en arc brisé à triples voussures à pénétrations directes, le porche est couvert d’une voûte sur croisée d’ogives retombant sur des culots sculptés d’anges banderolés. La clé de voûte est sculptée d’un écu mi-parti, en 1 fretté, un annelet en chef et en 2, fascé, c’est le blason d'Yves de Kerbuzic et de Marie de Goesbriand, mariés en 1530, soit, de sable, fretté d'or, un annelet de même en chef (de Kerbuzic), d’azur à la fasce d’or (de Goesbriand). Le porche abrite un portail orné de piédroits à colonnettes dont le prolongement des deux premières forme deux voussures toriques en accolade. L’archivolte est ornée de crochets et surmontée d’un imposant fleuron et encadrée de pinacles. Le mur pignon du transept méridional est étayé par deux contreforts obliques à simple larmier, son gable est percé d’une baie à trois lancettes trilobées et au réseau ajouré d’écoinçons, mouchettes et soufflets. Les rampants sont lisses et terminés par des crossettes de pignon figurants des visages humains. Le chevet présente de nombreuses reprises de maçonnerie, au niveau des gouttereaux orientaux des transepts et des contreforts du chœur qui ont été remontés lors d’une restauration du parement extérieur. Le chœur est percé d’une baie à trois lancettes trilobées, au réseau composé de quadrilobes, mouchettes et écoinçons, les rampants du pignon sont lisses et deux visages en bas-reliefs forment les crossettes. Le transept nord est identique au transept sud, tandis que la façade septentrionale a été reconstruite presqu’entièrement au XIXe siècle.

À l’entrée de la nef, est exposée au nord, une pierre tombale provenant de l’ancien cimetière de la chapelle (disparue) hospitalière Saint-Jean de Brézéhan, Ploumilliau. Les travaux du XIXe siècle se lisent parfaitement sur les quatre premières travées au nord, la cinquième correspondant au transept et datant du XVIe siècle. Au sud, les travaux du XVIe siècle se traduisent dans les deux premières travées en arc brisé à multiples voussures à pénétration directe. Au niveau de la première travée sud, une tour-escalier distribue une salle, anciennement un archivier, située au-dessus du porche méridional. De l’ancien édifice médiéval, il reste un fût de colonne cylindrique contre le gouttereau sud à droite de la porte du porche, servant aujourd’hui de piédestal à une statue de Jeanne d’Arc. On peut signaler les vitraux des XVes et XVIes siècles remontés dans les baies 0 et 4. Sur la verrière de la baie axiale figure un Calvaire daté des années 1490-1500, la baie 4 présente une Vierge à l’enfant sur un dais d’architecture accompagnée de Saint-Jean-Baptiste à gauche et Saint-Yves à droite.

(Stéven Lemaître, enquête thématique régionale 'Inventaire des commanderies templières et hospitalières de Bretagne', 2016)

Murs pierre appareil mixte
granite pierre de taille
kersantite
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvrements lambris de couvrement
voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans noue
pignon découvert
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Typologies porche à étage, clocher trégorrois, élévation à file de pignons
Techniques sculpture
Représentations Christ en croix, saint Jean, Vierge, Vierge à l'Enfant, vigne
Statut de la propriété propriété de la commune
Protections classé MH, 1935/01/16
Précisions sur la protection

Inscription par arrêté du 29 décembre 1927 annulée. L'église, le calvaire et le mur du cimetière ont fait l'objet d'un classement par décret du 16 janvier 1935

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/14, plans cadastraux parcellaires de 1817.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 4 num 1/14
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/43, plans cadastraux parcellaires de 1848.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 4 num 1/43
  • AD Côtes-d'Armor : fonds Frotier de La Messelière.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 60 J 228
Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, dits Chevaliers de Malte en Bretagne, Nantes, 1902.

  • Les Vitraux de Bretagne. Inventaire général du Patrimoine Culturel. Région Bretagne ; par Françoise GATOUILLAT et Michel HÉROLD. Rennes : Presses Universitaires de Rennes (P.U.R.), 2005. (Recensement des vitraux anciens de la France, Corpus Vitrearum, France - Recensement VII).

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • COUFFON, René. Répertoire des Eglises et Chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939-1947, 779 p.

  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 167

Liens web