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Ensemble de deux fermes, Manetro (Kervignac)

Dossier IA56007643 réalisé en 2009

Fiche

Des trois chemins qui permettaient d'accéder au Manetro en 1837, seul est conservé celui du nord-ouest : or c'était un chemin de desserte secondaire puisqu'il débouche sur la façade postérieure ou le pignon des bâtiments, en moellon peu soigné et aveugles. Le chemin venant du bourg passait au pignon du grand logis et débouchait dans la cour. Quant au chemin sud-est, devenu piéton aujourd'hui, il permettait d'appréhender les constructions de la manière la plus favorable.

L'ensemble des bâtiments présente une construction homogène due au même commanditaire Vincent Hirgair qui a sans doute acquis ces fermes ou métairies pendant les ventes révolutionnaires : cette famille est attestée à Kervignac aux 17e et 18e siècles (dans les actes de l'état-civil de Kervignac, on note le 24 mars 1686, le baptême d'un Pierre Hirgair) et l'un d'eux fut maire de Kervignac en 1862. Vincent Hirgair lui-même est attesté comme conseiller municpal en l'an 11 (ADM 2O94/7). Il s'agit donc d'une riche famille rurale. Il est probable que le Manetro était une métairie dépendant d'un lieu noble, peut-être Kermadio, la seigneurie la plus proche, passée aux familles Beaujouan, puis Talhouet après le 16e siècle : il serait utile de dépouiller les ventes révolutionnaires pour connaître l'origine de propriété du Manetro à la Révolution.

Le plan cadastral de 1837 montre que les deux bâtiments forment deux fermes appartenant alors à deux propriétaires différents : les matrices cadastrales indiquent que la parcelle 908 (bâtiment principal nord) appartient à la veuve et aux enfants de Georges Hirgair, peut-être un fils du constructeur, avec entre autres les parcelles 909 (bâtiment de dépendance, partie est), 916 (nommée grange sur les matrices cadastrales, aujourd'hui détruite) et 913, dont le nom Park Fetan, indique sans doute la présence de la fontaine et peut-être d'un lavoir. En 1847, cette ferme sort de la propriété Hirgair pour passer à Vincent Le Fur, cultivateur à Lalunec en Hennebont, puis à son fils Vincent en 1876.

Le corps de logis ouest, nommé avec ses terres métairie du Manétro appartenait en depuis 1841 à la veuve de Georges Hirgair qui la tenait de la veuve de Vincent Hirgair (le constructeur ?). La métairie comprenait entre autre, la parcelle 907 Mane er Manetro : maison sol, bâtiment et cour, 910 Mane er Manetro : aire, 915 er pourpriec ou jardin er porch : pépinière, et 916, la grange. De 1847 à 1874, cette ferme appartint à Julien Hirgair, puis la propriété advint en 1874 à Vincent Le Fur qui réunit donc les deux fermes comme c'était le cas lors de la construction des bâtiments. Julien Hirgair possédait également la métairie de Saint-Efflam (p. 716, voir le dossier de ce hameau).

Bien que les deux bâtiments soient homogènes dans leur construction, avec en particulier une structure identique, logis à deux pièces suivi d'une étable, on remarquera que le bâtiment nord, le mieux exposé puisqu'orienté au sud, est également plus complet, avec la présence d'une cave accessible par le nord, par une porte extérieure, mais aussi par l'intérieur, par un escalier en pierre situé parallèllement à l'escalier de bois distribuant le double grenier. L'écurie en retour, la niche à chien indiquent également une ferme plus riche : la mention du commanditaire portée uniquement sur cette maison indique sans nul doute qu'il en est aussi l'habitant. Aucune mention ne permet de savoir si la seconde ferme était destinée à un fils ou membre de la famille, ou à un fermier. Au-dessus de l'écurie, le comble couverte en appentis abritait une cache, avec latrines dont l'évacuation est visble sur le pignon ouest : cette évacuation était englobée dans un massif de maçonnerie visible sur le plan de 1837 et qui a disparu : à la Révolution, cette cache a pu servir à un prêtre, vu la date de construction de la ferme.

Un second trait est révélateur d'un phénomène récurrent dans la construction rurale de Kervignac (mais aussi Nostang, Merlevenez, Plouhinec), la réutilisation des matériaux anciens. Mais contrairement à l'habitude où les remplois sont des ouvertures réutilisées pour leur qualité décorative, ici ils sont presque invisibles, les nouvelles portes adoptant la même forme que l'ancienne avec des pierres de taille moins importante. On aboutit donc à un bâtiment moderne dans sa conception et sa façade, mais avec des portes rappelant les modèles anciens.

Enfin, on remarquera la présence de boulins percés dans le mur sud de la soue, cependant peu visibles : copie d'un privilège autrefois seigneurial, adopté par un riche laboureur ?

Parties constituantes non étudiées puits, étable, pigeonnier, grange
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Ria d'Etel - Port-Louis
Adresse Commune : Kervignac
Lieu-dit : le Manetro
Cadastre : 1837 F2 906, 907, 908, 909, 910 ; 2010 YA 98, 99

Ensemble de deux fermes construites autour d'une même cour en 1793 pour Vincent Hirgair, inscription portée sur la façade principale de la ferme nord. La ferme ouest cependant conserve des éléments d'un bâtiment du 17e siècle, peut-être de 1669, date inscrite sur l'appui remployé d'une fenêtre de comble en pignon sud : la porte de l'ancienne étable (porte nord), l'étagère murale, aujourd'hui transférée dans le corps de logis nord ; il est probable que la chaîne d'angle, le jour de l'écurie, peut-être la base de porte et les pierres de la niche du bâtiment nord soient aussi des remplois du 17e siècle. Egalement remployés, les piédroits et consoles de la cheminée de la salle de la ferme nord semblent cependant un peu plus anciens. Lors de sa restauration en maison d'habitation, cette dernière a été modifiée au niveau de l'aile en appentis en retour à l'ouest : surélévation d'un étage et ajout d'une lucarne et d'un pigeonnier moderne, modification de la toiture en pavillon ; le pignon ouest a également également fait l'objet de percements (fenêtre jumelée et oculus en pierres de remploi), de même que la façade nord. Dans le corps de logis ouest, une rupture dans la mise en oeuvre de la façade près du pignon nord indique que celui-ci a été remonté. La pente du toit a été modifiée et les rampants découverts supprimés sans doute au 20e siècle lors du changement de matériau de toiture. L'élévation ouest, initialement aveugle, a été percée de cinq fenêtres et de deux ouvertures charretières lors de sa transformation en habitation, vers 2000. Les dépendances au sud, contemporaines de l'ensemble, ont été très remaniées. Le puits porte la date de 1860 (?) sur la traverse, date à laquelle sont sans doute ajoutés montants et traverses, car la base semble plus ancienne, peut-être du 17e siècle.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 3e quart 17e siècle
Dates 1669, porte la date
1793, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Hirgair Vincent, commanditaire, attribution par source

L'ensemble se compose de deux fermes homogènes disposées perpendiculairement et construites pour leurs façades principales en moellon régulier de granite et couverte d'ardoise, l'une et l'autre à cinq travées. La première, la plus importante, est orientée au sud. Elle comprend un logis à élévation à trois travées ordonnancées suivi d'un espace à deux travées destiné à l'étable ; un bâtiment en retour sur la cour, autrefois couvert en appentis abritait l'écurie. Le logis à deux pièces surmonté d'un double grenier, le premier dans l'étage carré et le second dans le comble est établi sur une cave accessible par un escalier droit en pierre dans le couloir, mais également par une porte extérieure dans le mur nord. Il se composait deux pièces séparées par un couloir dans lequel se trouvait l'escalier de bois conduisant à l'étage à usage de grenier. Il est chauffé au rez-de-chaussée par deux cheminées, une en pignon est, à piédroits droits et linteau de bois, la seconde sur le refends ouest, à consoles et piédroits de granite ; le linteau de bois a été changé pour du granite lors de la restauration. A gauche de cette cheminée, une porte en anse de panier chanfreinée communique avec l'étable. Près de cette porte est inséré dans le mur sud un évier dont l'évacuation se voit sur le mur extérieur ; l'étagère murale à linteau de bois qui surmontait l'évier a été modifiée : l'ancienne armoire murale en plein cintre en granite du corps de bâtiment ouest a été transférée ici. Les poutres de la salle, soignées, ont leurs angles adoucies en quart de rond. Marquant la travée de la salle, la date de 1793 surmonte une niche à Vierge insérée entre les fenêtres de la travée. L'écurie en retour n'a pas de communication avec l'étable, au contraire de la niche à chien semi-circulaire et couverte d'une ancienne meule adossée à l'écurie et qui communiquait avec elle par un percement dans le mur (la tradition orale explique que cela permettait au chien d'échapper au loup). Au-dessus de l'écurie, le comble autrefois couvert en appentis abritait une cache, avec latrines dont l'évacuation est visible sur le pignon ouest. Le puits est placé à l'extrémité est de ce logis. Le corps cylindrique en pierre de taille est mouluré à la base et sous la margelle monolithe. Linteau et montants en granite sont ornées de boules et d'un pot d'où sortent des tiges de fleurs ou ustensiles. Le second logis adopte la même structure que le premier, mais sa façade principale est orientée à l'est. Il comporte une chambre chauffée, une salle chauffée suivie d'une étable. Dans la salle, l'évier est situé à proximité de la cheminée, l'évacuation par une goulotte saillant sur l'élévation principale. Le pignon est percé au niveau du comble de deux grands jours. Des dépendances très remaniées au sud de la cour, seule est à peu près conservé la soue adossée en appentis à l'ouest : elle s'ouvre au sud d'une porte à linteau en arc segmentaire surmonté de boulins à pigeon.

Murs granite
moellon
Toit ardoise
Étages sous-sol, 1 étage carré
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
escalier droit, en charpente
Typologies logis à fonctions multiples juxtaposées et superposées
Techniques sculpture
Représentations pot masque croix
Précision représentations

Les montants du puits sont ornés de masques et d'un pot d'où sortent des tiges de fleurs ou ustensiles.

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20095606317NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 P 121.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Morbihan, 3P 121. Plan cadastral. 3P 1567 et 1568. Kervignac. Matrices cadastrales, 1836-1914.

  • A. D. Morbihan. Série B. B2915. 1721-1726. Inventaire et vente de meubles après-décès : au Moustoir, à Kerdren, à Kersech et à Kervégan en Locoal-Hennebont. À Locmaria, à Kerginio, à Kerpot, à Kericu, à Légevin, et au Magouero en Nostang ; à Kernaven, à Lojean, à Lotuen, au lieu noble de Kermassonnet, à Keremhouarne, au Moustoir, aux maisons nobles du Parco et de Kerballay, à Kercaradec, au Hinguaire, au Manétro et à Kergunay, paroisse de Kervignac. (non dépouillé).