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Ensemble fortifié (Stützpunkt "Roscoff" Mo 94), Pointe de Bloscon (Roscoff)

Dossier IA29000704 inclus dans Groupe défensif côtier "Morlaix" codé "Mo" (Morlaix) réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesposte d'observation, blockhaus, abri, mur défensif, batterie, fort, redoute, casemate, quai
Dénominationsensemble fortifié
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
AdresseCommune : Roscoff
Lieu-dit : Pointe de Bloscon

L'ensemble fortifié de la pointe de Bloscon est un exemple parfait d´étagement des fortifications de la période vaubanienne au Mur de l´Atlantique. Le fort de Bloscon orthographié quelques fois dans les archives "fort Bloscou" ou "fort Roscou" participe à la défense du chenal de l'île de Batz. En cette fin d'année 1694, alors que la menace d'un débarquement pèse toujours sur l'arsenal de Brest, Vauban charge Arnould Le Poictevin, sieur de la Renaudière, ingénieur ordinaire natif de Brest (en charge de la défense d'Ouessant en 1691) de la défense de la baie de Morlaix, de l'île de Batz à la rivière de Lannion (à l'exception du fort du Taureau dont les travaux sont dirigés par Garangeau). Le 30 octobre, près de 6 lieues de retranchements étaient d´ores et déjà achevés tandis que les travaux du fort de Bloscon à Roscoff dont les plans furent approuvés par Vauban lui-même le 15 octobre, se poursuivaient. L'édifice devait protéger l'entrée du port de Roscoff et le chenal de l'île de Batz. Construit en deux mois, le fort se composait d'une batterie engazonnée de 13 canons, d'un corps de garde avec mât de pavillon, d'un magasin à poudre et d'un magasin d'artillerie. La gorge du fort, séparée du continent par un fossé sec était fermée par une palissade et un pont-levis dont le bois fut acheté grâce à l'argent collecté par Monsieur de Trofagan, gouverneur des villes de Saint-Pol-de-Léon, de Roscoff et de l'île de Batz (Archives du Génie. Places Abandonnées : Roscoff). En 1705, une tour d'observation fanal du même type que celles de Fréhel et du Stiff à Ouessant fut projetée par l'ingénieur Garangeau pour l'île de Batz : "Le deuxième étage servira de corps de garde, lequel percé de deux créneaux, défendra la batterie qui protège le mouillage vers l'Ouest". En 1776, le fort de Bloscon est décrit dans les archives comme une batterie d'artillerie fermée à la gorge. Il est armé de 8 canons, possède un corps de garde et une poudrière. Un rapport de la commission des côtes de Bretagne de Dembarrère de 1801 mentionne un "petit fourneau à réverbère au fort de Bloscon". En 1820, le fort compte toujours un magasin d'artillerie, un corps de garde, un magasin à poudre, une guérite et un fourneau à rougir les boulets selon le rapport Paulin. En 1825, il est question de "construire à la batterie de Bloscon un mur crénelé pour empêcher d´être vu dans l´intérieur de la batterie de la hauteur où se trouve la chapelle Sainte-Barbe" (Archives du Génie. Article 12 : Avis du comité, Section "défense générale" : frontières maritimes, Morlaix, carton 42, 1821-1839). En 1841, la commission des côtes recommande l'armement de la batterie (7 "canons de 30 et obusiers de 22 en fer"). L'avis du comité des fortifications du 7 novembre 1844 confirme la décision de la commission. (Archives du Génie. Article 12 : Avis du comité, Section "défense générale" : frontières maritimes, Morlaix, carton 31, 1842, 1847, 1849, 1860, 1861, 1862, 1885. 1847 : projet de construction d'une caserne réduit pour 200 hommes sur l´île de Batz. 1849 : projet de construction d'une batterie à l´ouest de l´île de Batz et à Perharidi (en remplacement de la batterie de la Croix à Roscoff). 1860-1861 : projet de construction d´une caserne défensive pour 200 hommes sur l´île de Batz. Acquisition de l´emplacement de la caserne et de la batterie de l´Ouest. 1861 : acquisition de l´emplacement pour la batterie de Perharidi : il s´agissait d´une pâture de 46 ares 70 appartenant à Louis Mège achetée 1500 francs. 1862 : Bloscon, projet de batterie). Le fort Bloscon est mentionnée dans l'Atlas de 1858 de mise en état de défense des côtes de l'Empire Français (n° 230). Classée en 2e degré d'importance, elle est armée de 4 "canons de 30" et 2 "obusiers de 22". Un corps de garde crénelé modèle 1846 est vraisemblablement construit en 1862 (?) sur le site du fort du 17e siècle. Par la suite, le fort de Bloscon cesse d'apparaître dans les états de défense des côtes (7 février 1870). Le corps de garde crénélé est rapidement déclassé du fait des progrès de l´artillerie embarquée. Le corps de garde devient villégiature, souvent mentionné comme "villa" ou "manoir" sur les cartes postales de la fin du 19e siècle et de la 1ère moitié du 20e siècle. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, le fort de Bloscon est réutilisé et devient un ensemble fortifié allemand : un "Stützpunkt", point d'appui lourd codé Stp Mo 94. Le corps de garde crénélé est détruit dans la première moitié de l´année 1943 (source orale). Selon le projet allemand du 18 avril 1943, il est prévu de construire pour le "Stützpunkt Roscoff" sept "Bauwerke" / constructions sur plan-type pour une garnison de 60 soldats. - Un abri pour un groupe type 501 pour 10 hommes ; - Deux casemates pour canon de campagne type 611 pour 10 hommes chacune ; - Deux abris pour un groupe type 621 pour 10 hommes chacun ; - Un abri observatoire d´artillerie avec toit blindé et créneau bétonné type 627 pour 5 hommes ; - Une casemate pour canon de 5cm KwK type 653 pour 5 hommes ; En temps de paix, la dotation journalière d´eau est de 1200 litres par jour soit 20 litres d´eau par soldat. En temps de guerre, la dotation d´eau est de 6300 litres pour 21 jours soit 5 litres par soldats. En période de combat, la dotation journalière d´eau est de 600 litres par jour soit 10 litres par soldats. Selon le rapport Pinczon du Sel, 1946-1947, le point d´appui lourd de la pointe de Bloscon comprenait : - Deux casemates pour canon de 75 mm Krupp ("en état"). - Une casemate pour 47 mm Skoda ("en état"). - Deux casemates pour 50 mm Pak ("en état"). - Un "blockhaus sous terre surmonté de tourelle fixe pour mitrailleuse" ("en état"). - Trois "blockhaus dont une soute et deux casernements" ("deux en état, une en partie détruite"). - Trois "blockhaus dont deux soutes et un casernement" ("en état"). - Deux "petites constructions en béton" ("en état"). - Huit "niches à munitions pour mitrailleuses" ("en état"). - Un "emplacement pour tourelle de char" ("en état"). - Une "cuve pour mortier" ("en état"). - Domanialité : terrain privé 50 % cultivé - 50 % accidenté. - Observations : catégorie B. 3. Dimensions approximatives : triangle de H : 400 mètres, B : 600 mètres. Aire : 12 Ha. Etat des ouvrages existants : Sur la pointe septentrionale, dans l´étendue de l'ancien fort de Bloscon : - Une casemate de type 611 (daté par chronogramme du 31 août 1943) (1330 mètres cubes) pour un canon Krupp de campagne de 75 mm est construite. Cette pièce battait le chenal ouest de l´île de Batz et les abords du port de Roscoff. La partie arrière de la casemate a été récemment remblayée. - Trois postes d´observation et de mitrailleuse dit Tobrouk (nord-ouest, nord-est et ouest) dont un à l´ouest reprenant le tracé de l´enceinte du fort (réutilisation ou reconstruction dans un souci de camouflage : ?) - Un abri bétonné souterrain type Vf tôle métro à proximité immédiate du Tobrouk nord-est (type à rapprocher d´un Vf 1b pour six à neuf hommes mais sans sortie de secours et doté d´une seule entrée) (sous le couvert végétal, accessible). - Un mur défensif en maçonnerie en protection de tranchées (sous le couvert végétal, accessible). - Un abri bétonné (type 501 : ?) (inaccessible). - Un abri type soute à munitions Vf d´environ 8 mètres par 5 mètres (souvent inondé, accessible). Près de la chapelle Sainte-Barbe : - Un Tobrouk pour mortier (orifice visible). - Un blockhaus, observatoire d´artillerie avec toit blindé et créneau bétonné type 627 (détruit dans les années 1990). - Une casemate de type 611 pour un canon Krupp de campagne de 75 mm. Cette pièce battait le chenal ouest de l´île de Batz et les abords du port de Roscoff. Ce blockhaus a été mis à la "libre disposition" de madame Prigent par la préfecture maritime de Brest le 30 avril 1947 (en réponse à ces lettres des 21 et 26 avril 1947 accompagné d´un plan de situation). - Selon, le rapport Pinczon du Sel : "deux bunkers avec mitrailleuse et un gros bunker casemate armé d'un s MG 37 mm barrant le chenal Est de Batz". Vers la cale de Roscoff : - Une casemate type 631 pour canon antichars de 47 mm K 36 Skoda d'origine tchèque. Cette pièce battait le chenal ouest de l´île de Batz et les abords du port de Roscoff. - Un Tobrouk pour tourelle de char Renault Ft 17. Dans la falaise est, orientées vers la baie de Morlaix : - Deux casemates de type 667 pour canon de 5 cm PAK KwK L/39 (un canon saboté est toujours en place). Vers les rochers d´Ardiou Roch : - Sur la droite de la rue en arrivant vers la pointe de Bloscon, un important blockhaus à personnels / poste de secours type 661 doté d´un abri puits et d´un agrandissement Sk. Un refus de démolition de cet ouvrage a été adressé au propriétaire madame Guivarch par le Capitaine de Vaisseau Seyeux, commandant le secteur de défense de Brest le 12 janvier 1946. Ce refus est motivé par le coût prohibitif de la destruction à la charge de l´état ("Génie rural ou Ponts et Chaussées"). Pour un blockhaus de 10 mètres par 20 mètres, la destruction est évaluée par les autorités à un million et demi de Francs soit 4800 Francs le mètre cube de béton. "Ce prix n´est pas en rapport avec la surface et la valeur d´un terrain ainsi récupéré" même d´un "excellent rendement pour les primeurs". "Ils [les terrains] sont encore partiellement parsemés de pierres, de sable etc. provenant des terrassements effectués par les allemands, et ne recouvrent pas leur valeur de culture avant quelques années. On peut se demander si l´intérêt bien compris des propriétaires, exige réellement la démolition de ces constructions dont le résultat sera de mélanger davantage terre arable et sous-sol et de parsemer le terrain de nombreux débris de béton plus ou moins gros dont l´élimination retardera la mise en valeur des terrains". - Selon, le rapport Pinczon du Sel : "une coupole à mitrailleuse lourde à cinq hublots monte la garde vers l'intérieur derrière Ardiou Roch, aidée par deux bunkers à Tobrouk de mitrailleuses". L'accès à la pointe de Bloscon était interdit par un réseau de barbelés, des murets et plusieurs champs de mines terrestres : - Elorn I/41 "Linde" divisé en trois parties A, B et C. 457 S-Minen modèle 1940. 28 T-Minen modèle 1929. - Elorn I/92 : divisée en deux parties A et B. 191 "Holz-Minen" modèle 1942. 263 "Holz-Minen" modèle 1942. - Elorn I/136 : 92 "Schützen Minen" modèle 1942, partie A. Elorn I/148 : 72 "Holz-Minen" modèle 1942.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1694, daté par source
1862, daté par source
1943, daté par travaux historiques
1944, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Poictevin le Jeune de la Renaudière
Poictevin le Jeune de la Renaudière
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ingénieur
Auteur : Vauban ingénieur
Auteur : Organisation Todt ingénieur militaire
Typologiesfort / batterie de côte du 4e quart 17e siècle. Corps de garde crénélé modèle 1846. Point d'appui lourd de la Seconde Guerre Mondiale
États conservationsvestiges, menacé
Techniquessculpture rupestre

La pointe septentrionale de Bloscon est aujourd´hui laissée à l'abandon... non entretenue, la pointe sert au stationnement de véhicules de livraison des viviers. Par endroit, ce site est à rapprocher d´une "décharge sauvage". Une mise en valeur du patrimoine fortifié de la pointe de Bloscon est fortement préconisée. Cette mise en valeur serait d´autant plus intéressante que cet ensemble fortifié dispose d´une abondante iconographie.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à signaler

Annexes

  • YSNEL, Franck. La défense de la Baie de Morlaix aux XVIIème et XVIIIème siècles. Mémoire de D.E.A., sous la dir. de Claude Nières, Rennes, 1991.

    "A Roscoff, les travaux sont importants ; deux batteries sont aménagées en 1694, dont le fort de Bloscon. Vauban lui-même signe et corrige les plans et devis ; il confie la conduite des ouvrages à Poictevin le Jeune de la Renaudière (A. G., Art 8, Roscoff, P. A., 1694, lettre du 30 novembre 1694. Cf. Plans du fort de Bloscon, planche XXV). Une grosse batterie y est construite. Fermée par un pont-levis, des embrasures et plate-formes permettent de rendre 13 canons opérationnels. Au centre, des bâtiments voûtés comportent des magasins (à vivres et à poudre), un hangar, un corps de garde et des logements pour les officiers.

    Mis à part le château du Taureau, il est l'édifice le plus important de la défense côtière de la baie et le centre de commandement de la capitainerie. Toutefois les fortifications ne ressemblent en rien à celle du château du Taureau ; il y en a peu et elles sont plutôt du même type que les autres batteries. En 1807, le général Marescof affirme d'ailleurs que Vauban fit construire ce petit fort en terre (A. G., Art. 8, Ile de Batz, P. A., section 1). Aujourd'hui, les viviers ont remplacé ce fortin qui continuera à recevoir des aménagements durant le XIXème siècle.

    L'autre batterie, appelée fort de la Croix, se situe à l'emplacement actuel de la station de biologie, près de l'église de Roscoff. Faite entièrement en maçonnerie, elle est construite à même le rocher avec une petite poudrière.

    Une batterie d'un canon est également installée au port, au début de la jetée qui s'étend jusqu'au rocher le Gran Quelen (2 emplacements possibles sont encore visibles)".

  • 20042903407NUCA : Centre de recherche bretonne et celtique, Brest

Références documentaires

Documents figurés
  • LE VASSEUR, Olivier. Mémoire en Images : Roscoff. Joué-lès-Tours, Alain Sutton, 1998, 127 p.

    Centre de recherche bretonne et celtique de Brest
  • Collection particulière Alain Chazette (Librairie Histoire et Fortifications à Paris).Photographie, 2e quart 20e siècle.

Bibliographie
  • CHAZETTE (A.) - DESTOUCHES (A.) - PAICH (B.). Album Mémorial Atlantikwall, Le Mur de l´Atlantique en France 1940-1944. Bayeux, Edition Heimdal, 1995, 480 p.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume