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Espace portuaire de Doëlan (Clohars-Carnoët)

Dossier IA29004282 réalisé en 2008

Fiche

Parties constituantes non étudiéesquai, cale, maison, conserverie, hôtel
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonBretagne - Quimperlé
AdresseCommune : Clohars-Carnoët

Située à l´extrême sud-ouest du territoire de Clohars-Carnoët, la ria de Doëlan, naturellement abritée et aisément accessible, sert très tôt de havre pour la pêche et le cabotage. Dans la première moitié du 11e siècle, à proximité du port réputé « fort commode », les bénédictins de Sainte-Croix de Quimperlé fondent un prieuré (détruit) dont la chapelle, peut-être dédiée à saint Gurthiern, existe encore en 1697 ; la toponymie (La Grange, La Croix de la Grange) reflète le souvenir de cette possession ecclésiastique. Aux 14e et 15e siècles, les sécheries de congres et de merlus de Doëlan comptent parmi les plus réputées de l´évêché de Cornouaille. L´essor de Port-Louis et de la Compagnie des Indes de Lorient maintient, tout au long des 17e et 18e siècles, l´activité du pressage du poisson, essentiellement de la sardine, destinée à l´exportation. La position stratégique du lieu favorise l´installation d´un corps de garde et d´une batterie (disparue), de deux moulins à vent (vestiges) ainsi que d´un moulin à marée (disparu) situé au fond de la ria. Sur la rive droite, à l´endroit où se trouve l´actuel quai Peyron, des bâtiments aujourd´hui transformés abritaient des ateliers de mareyage ou des pièces destinées à la friture du poisson. Ces dernières sont les héritières des « presses » qui servaient à mettre en barils le poisson débarqué. Cette zone d´activité portuaire artisanale est le premier noyau historique du port de Doëlan. Les rives, rocheuses et dépourvues de toute végétation jusqu´à la fin du 19e siècle, ne connaîtront qu´une urbanisation tardive (voir annexe 4). Sur le plan cadastral de 1823 figurent, bien distincts les uns des autres, les hameaux d´arrière-côte de Keruster, La Grange et Kerangoff qui seront progressivement englobés dans des zones bâties au 20e siècle (maisons de marins et résidences secondaires). Seuls deux hameaux anciens sont situés sur les versants de la ria : l´un appelé Presses de Doëlan (premier noyau historique) sur la rive droite, l´autre le Vieux Doëlan sur la rive gauche, en fond de ria. Le dynamisme de l´activité de pêche au 19e siècle conduit à la diffusion de l´activité portuaire dans la ria à partir de la zone d´activité portuaire artisanale du quai Peyron (construit en 1869). En 1825, un premier quai, le quai de Kernabat, est construit dans la ria et permet le développement de l´activité de transformation du poisson sur la rive gauche. Le mouvement de construction portuaire se renforce dans la seconde moitié du 19e siècle ainsi que cela se produit dans la plupart des ports de pêche bretons à la même époque. Les nouveaux quais et cales facilitent le débarquement du poisson pour la vente et la transformation du poisson : cale Cayenne, môle « Joseph Tonnerre » en 1872, quai du Vieux Doëlan en 1882, digue de la Grande Vache, quai Neuf en 1902. Plusieurs zones d´activité portuaire artisanale se développent alors : la zone d´activité portuaire artisanale du Vieux Doëlan, celle liée à l´activité du mareyeur Joseph Tonnerre, la zone d´activité portuaire industrielle de l´ancienne conserverie Capitaine Cook. Les deux phares sont construits en 1861 afin de faciliter l´entrée dans le port. En 1876, on compte, sur les deux rives, six conserveries de poisson. Doëlan devient progressivement un des quartiers les plus urbanisés de Clohars-Carnoët, avec un réseau dense de petites routes et de chemins et un habitat sériel construit entre la fin du 19e siècle et 1914. Les deux rives de la ria ne communiqueront qu'à partir de 1936 grâce à la digue-route du Pont-Du au fond de l´anse. La chapelle Sainte-Anne est bâtie en 1951 au nord du lieu-dit de La Grange. Après la Seconde Guerre mondiale sont construits à l´entrée du port la cale Larzul, puis le terre-plein et le quai Sancéo (en 1982). Depuis le recul de la pêche artisanale, le déclin de l´industrie de la conserve dans les années 1950 qui se termine en 1998 avec la fermeture de la dernière usine de transformation du poisson du port (l´ancienne conserverie Capitaine Cook), Doëlan entame sa mutation en quartier résidentiel et de loisirs.

Période(s)Principale : 19e siècle
Secondaire : 11e siècle
Secondaire : 20e siècle

Le site de Doëlan demeure aujourd´hui, malgré l'urbanisation récente de la zone littorale, d'une qualité remarquable. Le petit port de Doëlan forme un site naturel, enserré sur sa profonde ria. Cinq zones construites sous l´effet des activités portuaires anciennes subsistent toutes le long de la ria : les zones d´activités portuaires artisanales antérieures aux années 1950 du quai Peyron, du quai de Kernabat, du Vieux Doëlan, celle liée à l´activité de mareyage de Joseph Tonnerre, et la zone d´activité portuaire industrielle antérieure aux années 1950 liée à l´ancienne conserverie Capitaine Cook. La zone d´activité portuaire du quai Sancéo est plus récente. C´est cette multiplicité des petits sites portuaires au sein de la ria, liés les uns aux autres, qui confère à Doëlan une originalité forte. L´ensemble reste encore homogène, malgré une continuité d´urbanisation entre les différents sites aujourd´hui (voir annexe 1). Du glorieux passé de Doëlan subsistent aujourd´hui de nombreux éléments : d´une part, les équipements portuaires anciens sont toujours là (sur la rive gauche, le quai de Kernabat, les cales associées à l´ancienne conserverie Capitaine Cook, le quai du Vieux Doëlan ; sur la rive droite, le quai Peyron, l´appontement lié au feu amont, le môle de la Grande Vache, le môle Tonnerre) ; d´autre part, une grande partie des bâtiments liés à l´activité de presse et de conserve (un bâtiment de l´ancienne conserverie Peyron, un alignement d´anciens magasins de pêche - devenus maisons - qui domine le quai Peyron, le front portuaire bâti de Kernabat, l´ancienne conserverie Capitaine Cook, fermée depuis 1998 et qui risque de disparaître, alors qu´elle est l´une des dernières représentantes des conserveries du littoral breton encore en place et dont le volume architectural s´intègre parfaitement au site de l´entrée du port. Jusqu´à maintenant, les constructions postérieures aux années 1950, certes relativement nombreuses, sont relativement bien intégrées au site du fait de leur hauteur modeste et de leur dissémination sur les rives plantées d´arbres de la ria.

États conservationsbon état

Annexes

  • 20082908536NUC : Archives départementales du Finistère, 4 S 14.

    20082908686NUC : Archives départementales du Finistère

    20082908690NUC : Archives départementales du Finistère

    20072908990NUC : Archives départementales du Finistère, 4 S Supplément 1286.

    20072908991NUC : Archives départementales du Finistère

    20072908992NUC : Archives départementales du Finistère

    20072908993NUC : Archives municipales de Clohars-Carnoët, Non coté.

    20082908694NUC : Collection Pierre Le Thoër

    20092909051NUCB : Collection Joseph Coguen

    20092909044NUCB : Collection Joseph Coguen

    20092909047NUCB : Collection Joseph Coguen

    20092909048NUCB : Collection Joseph Coguen

    20092909049NUCB : Collection Joseph Coguen

    20072908994NUC : Collection particulière

    20082908689NUC : Musée de Brest

    20082908679NUC : Collection particulière

    20092909066NUC : Collection particulière

    20092909067NUC : Collection particulière

    20092909069NUC : Collection particulière

    20092909070NUC : Musée de Pont-Aven

    20082908680NUC : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales de Clohars-Carnoët. Registres des délibérations du conseil municipal.

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

  • Phares et balises. Les travaux publics de la France. Paris, 1883.

  • PEYRON, Paul, ABGRALL, Jean-Marie. Clohars-Carnoët. Diocèse de Quimper et de Léon. Notices sur les paroisses. Quimper, 1906-1919.

    p. 226.
  • AMGHAR, Julien. Les petits ports et les usages du littoral, en Bretagne, au 19e siècle. Thèse de doctorat d´histoire, Université de Bretagne-Sud, Lorient, 3 volumes + 3 volumes d´annexes, 2006.

  • LE THOËR, Pierre, GOZZI, Marcel. Clohars-Carnoët au fil du temps. Liv'Editions, 2008.

Périodiques
  • LE THOËR, Pierre. Les routes de Quimperlé à la mer.Société d´histoire du pays de Quimperlé, n° 12, 1994.

    p. 49-57