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Ferme de Crec'h an Goué (Minihy-Tréguier)

Dossier IA22133367 réalisé en 2018

Fiche

Le toponyme "Crec'h an Goué" (Crec'h Goué ou Crec’h an Gouez) signifie littéralement "la colline des arbres". Ces terres dominant le Jaudy sont signalées comme un ancien "lieu noble". Le cadastre de 1835 figure un ancien site manorial : on note notamment la présence d'un colombier (toponymes "Couldry" ou "parc ar houldry"). Leur origine vient de "coulm" [koulm] qui signifie la colombe.

Selon les états de section du cadastre, "Crec'h an Goué" appartient en 1835 à Hyacinthe Quelen, archevêque de Paris (également propriétaire de la métairie de Kermartin). Les parcelles sont désignées comme "parc vur, labour" (n° 129), "parc vur, l’aire et bâtiment" (n° 130), "ar jardin" (n° 131 et 132), "maison, bâtiment et jardin" (n° 133), "Loguel houldry, lande" (n° 134), "Loguel houldry, labour" (n° 135), "Le colombier, bâtiment" (n° 136), "ar creyo, lande" (n° 137), "ar stang, pré" (n° 138), "prat ar vilin, pré" (n° 139), "prat creiz, pré" (n° 140), "prat creiz, pâture" (n° 141), "lannec bian, landes" (n° 142)... D’autres parcelles appartiennent à ce propriétaire et sont exploitées directement par lui ou via un bail à convenant.

Les photographies de 1973 du pré-inventaire montrent deux pierres armoriées (la première, gravée sur le manteau d'une cheminée d'une dépendance servant alors de "porcherie" ; la seconde, sur un linteau de fenêtre dans un cartouche quadrilobé). Ces armoiries, identifiées comme celles de la famille Pavic, sont : "d'azur à deux chevrons entrelacés de sable, accompagné en pointe d'un annelet de même". Roland Pavic, fils de Jean était seigneur de Crec'h en Gouez en 1594. En 1610, Olivier Pavic, seigneur de Crec’h an Gouez, Kergaric et Kerallec épouse Marie Le Saint, dite "dame de Kermartin". Olivier Pavic - capitaine de 100 arquebusiers à cheval en 1589, maitre de camp en 1593 puis gouverneur de Bréhat et Tréguier - a racheté la seigneurie de Kermartin1.

1Au sujet du lien entre Crec'h an Gouez et Kermartin : "Il [le manoir de Kermartin] passa, toujours par alliances, aux familles Le Saint de Trauoas, Pavic de Crec'- hangoëz [Crec’h an Gouez], de la Rivière du Plessis-Hérupel et Mottier de la Fayette. Cette dernière famille le vendit, en 1792, aux de Quelen de la Ville-Chevalier, parents de ses anciens seigneurs." (FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Les sites pittoresques du régaire de l’évêché de Tréguier.)
Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéeslogis, étable, remise agricole, porcherie
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Crec'h an Goué

Construit en lieu et place d’un ancien site manorial dominant le Jaudy, la ferme de Crec'h an Goué comprend un grand logis daté par millésime des années 1877 et 1878 ainsi que plusieurs dépendances. Ce logis a été construit pour Jean-Marie Bouget (né en 1844 et originaire de Kermoroc’h) par l'entreprise en bâtiment Toupin de La Roche-Derrien. Il s’agit d’une véritable "maison de maître" qui se distingue notamment par sa distribution double en profondeur, la présence de boiseries, le décor raffiné des cheminées et son escalier.

En 1906, la demeure est habitée par Jean-Marie Bouget, chef de famille et "propriétaire" âgé de 62 ans, Marie Louise Marquier, sa femme âgée de 44 ans (originaire de Pommerit-Le-Vicomte), Anne-Marie, sa fille âgée de 6 ans et trois domestiques : Gonéry Le Gardien, 51 ans renseigné comme "cultivateur", Jeanne Marie Chapel, 28 ans et Victorine Bescond, 27 ans comme "ménagère".

Depuis 1878, six générations se sont succédées dans cette demeure.

Dans l'écurie, datable de la seconde moitié du 19e siècle, une peinture murale représente saint Éloi, patron des maréchaux-ferrants avec ses attributs : mitre, crosse d'évêque, enclume, outils de forgeron, marteaux et tenailles, fer à cheval. Le patron des maréchaux-ferrants a été peint par François Rémond (alias Mabik), illustrateur itinérant (1835-1905), arrière-grand-père de Marie Follézou habitant au Guindy. Dans le mur de l’écurie, on décèle également l’emplacement d'un lit suspendu ou "loge" destinée au palefrenier.

Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates1877, porte la date
1878, porte la date

Construit en moellon de schiste, à l’exception de la façade sud réalisée en moellon équarri de granite de couleur ocre, le logis, double en profondeur, présente une élévation ordonnancée de type ternaire à cinq travées avec porte axiale. Les fenêtres sont en pierre de taille de granite gris à linteau droit côté nord et en arc segmentaire côté sud. La porte nord (donnant vers la cour) et le linteau de la fenêtre centrale de l’étage au sud (façade donnant vers le jardin) sont respectivement surmontés des millésimes "1877" et "1878". Côté jardin, l’étage de comble est éclairé par trois lucarnes à pignon triangulaire montées en pierre de taille de granite gris. On notera également l’alternance entre moellon de schiste et moellon de granite des souches de cheminées.

Le logis principal est flanqué à l’ouest d’un logis secondaire (?), à l’est d’une grange-remise à porte charretière et d’une dépendance à usage d’étable et de grange-remise partant en retour d’équerre vers le nord. Cette dépendance affecte un plan général en L. Côté cour, les ouvertures de cette dépendance ont été élargies dans les années 1960-1970. Subsistent les pierres de seuil qui marquent l’emplacement des portes originelles.

Une remarquable grange-remise (à deux piliers monolithes en granite), avec logements attenant et tour pigeonnier couverte en poivrière se trouve immédiatement au nord-est du logis principal. Cette dépendance a été réhabilitée en logement.

Le jardin descendant en pente douce vers le Jaudy abrite une réserve d’eau ainsi qu’une grotte artificielle. Un puits orne le jardin.

Mursgranite moellon
schiste moellon
maçonnerie
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
États conservationsbon état
Techniquespeinture
Précision représentations

Dans l'ancienne écurie, représentation de saint Éloi avec ses attributs : mitre, crosse d'évêque, enclume, outils de forgeron, marteaux et tenailles, fer à cheval. Le patron des maréchaux-ferrants a été peint par François Rémond (alias Mabik), illustrateur (1835-1905), arrière grand-père de Marie Follézou habitant au Guindy.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquableslogis, écurie, dépendance

Références documentaires

Périodiques
  • GIRAUDON, Daniel. "Mabik Rémond, imagier de Saint-Yves". In Ar Men, n°41, 1992, p. 40-41.

  • GALLAIS, Marie-Yvonne. "Crec'h An Goué, l'ancien manoir remplacé par une "maison de Maître". Journal municipal de Minihy-Tréguier, mai 2018, n° 49, p. 8-9.