Logo ={0} - Retour à l'accueil

Ferme de Kerallic (Minihy-Tréguier)

Dossier IA22133374 réalisé en 2018

Fiche

Kerallic est signalé comme un ancien "lieu noble" de la paroisse de Minihy-Tréguier.

La seigneurie de Kerallic (alias Kerally) à Lantréguier ou Minihy-Tréguier a appartenu aux familles Hélias ("D’argent à trois étoiles de sable, une quintefeuille de même en abyme"), Le Haulemer (?) et de Coëtloury (Coëthéloury) à la fin du 16e siècle et au 17e siècle au moins.

Renée de Larmor, lors de son mariage avec Roland de Coëtloury le 4 février 1587, reçoit en héritage le lieu noble de Querallic [sic] et autres héritages assis dans les paroisses de Ploelantréguier et de Langoat. Roland de Coëtloury est cité dans un accord du 30 juin 1604, comme seigneur de Coetlouri et de Landebedan avec ses sœurs Catherine et Aliette au manoir de Keraflic (dit "Kerlazric" un acte de 1559 qui évoque une "maison et métairie noble".

En 1632, Françoise de Coëtloury, fille ainée de Roland de Coëtloury et de Renée de Larmor sa veuve, est dite "dame de Kerallic".

En 1705, Marie-Ursule de Coëthéloury, fille unique et héritière de Saturnin de Coëthéloury, est condamnée par la justice du Verger-Lézérec à payer les chefrentes dues à cette seigneurie pour le lieu de Kerallic (source : La seigneurie de Coëtloury).

Selon les états de section du cadastre, "Kerallic" (orthographiée "Ker Allic") exploitée en "convenant" appartient en 1835 à Pierre Conan désigné comme "colon". Les parcelles sont désignées comme "ar chlos bras, labour" (n° 37), "ar hoat, pâture" (n° 38), "maison, bâtiment et cour" (n° 39), "l’aire et bâtiment" (n° 40), "jardin" (n° 41), "bâtiment" (n° 42), "chlos ar leur, labour" (n° 43), "an entrée, pâture" (n° 44), "ar jardin" (n° 45), "le colombier, bâtiment" (n° 46), "parc ar houldry, labour" (n° 47) et "Loguel pen an entrée, labour" (n° 57). D’autres parcelles appartiennent à ce propriétaire. Plusieurs parcelles immédiatement proches de Kerallic identifiées comme "Convenant Bail" (du nom de la ferme disparue située au sud) appartiennent en fond au marquis d’Argentré mais sont exploitées par Yves Loyer en qualité de "colon". L’ancien logis noble de Kerrivoalan tout proche à l’ouest appartient également au marquis d’Argentré.

Destinationsmaison
Parties constituantes non étudiéesdépendance, hangar agricole
Dénominationsferme, logis
Aire d'étude et cantonSchéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
AdresseCommune : Minihy-Tréguier
Lieu-dit : Kerallic

Le logis principal de la ferme a été reconstruit en 1788 et agrandi d’un second logis vers l’est en 1819 comme l’attestent deux millésimes gravés sur les linteaux de fenêtre. Dans l'angle nord, le bâtiment en retour d'équerre remploie un linteau de fenêtre à accolade datable du 16e siècle.

L’inscription et le millésime "F:F:P:Y:LOYER:ET / I:COUALAN 1788" correspondent à Jeanne Coualan (fille de Thomas Coualan et de Marie Le Bouder) qui s’est unie le 10 février 1789 à Pommerit-Jaudy à Yves Loyer (né en 1755, fils de Yves Loyer et de Marguerite Trémel). Le couple a reconstruit le logis à cette date, un peu moins d'un an avant leur mariage.

Sur le linteau du logis est, on peut déchiffrer "F:F:P:Y:LOYER ET / IE:COUALAN 1819" ce qui permet de dater précisément cette extension. Jeanne Coualan s’est mariée en seconde noce, avec Achille Le Duc le 26 octobre 1820 (elle a alors 53 ans, lui 42 ans). Achille Le Duc avait épousé Marie-Yvonne Le Cozannet en première noce en 1805 à Hengoat.

A signaler qu’Yves Loyer (né en 1696 et grand-père de Yves mentionné sur le linteau) est "honorable Homme" et marguillier de la paroisse de Minihy-Tréguier. Marié à Catherine Prigent (1693-1742), il est décédé le 7 octobre 1768 au manoir tout proche de Kerivoalan.

Depuis 1939, la ferme de Kerallic appartient à la famille Le Roux, descendante de François Savidan, originaire de Penvénan.

La ferme de Kerallic avait été photographiée en 1973 dans le cadre du pré-inventaire de Minihy-Tréguier.

Période(s)Principale : 4e quart 18e siècle , porte la date
Secondaire : 1er quart 19e siècle , porte la date
Dates1788, porte la date
1819, porte la date

La ferme de Kerallic a aujourd'hui perdu ses dépendances. Du puits situé devant le logis ne subsiste que le conduit soigneusement maçonné en moellon de schiste.

Construit en moellon de schiste, le logis principal (daté 1788) présente une élévation ordonnancée de type ternaire avec porte d'entrée décalée à gauche et petites baies surnuméraires formant oculi. Les fenêtres sont en pierre de taille de granite, à linteau en arc segmentaire surmonté pour certains d'un arc de décharge. La porte, flanquée de part et d’autre d’une double "boule" en granite comporte un linteau en plate-bande. A l’intérieur du logis subsistent les poutraisons, deux cheminées dont l’une, monumentale est armoriée (blason malheureusement buché), une partie de l’escalier rampe sur rampe à volée droite et balustre en bois et la charpente ancienne avec liens de faitage en croix de Saint-André et jambes de force cintrées.

Le logis oriental ou secondaire (daté 1819) comporte deux travées d’ouvertures à linteau en arc segmentaire ou surbaissé flanquées de deux oculi. Les ouvertures du rez-de chaussée - porte et fenêtre - à piédroits chanfreinés sont des remplois. A l’intérieur, la porte en arc brisé percée dans le mur nord semble également issue d’un remontage. La charpente ancienne est en place.

Mursgranite moellon
maçonnerie
Toitardoise
Étages1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans pignon couvert
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en charpente
États conservationsbon état
Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquableslogis

Références documentaires

Documents d'archives
  • Seigneurie de Kerallic - titres : aveux, échange. Paroisse du Minihy-Tréguier, familles Le Haulemer, de Coatloury. Aveu concernant également Carcaradec (1779).

    Séquentiel : 218.

    Cote : 2 G 235.

    Dates : 1542-1779.

    Nombre éléments : 8 pièces.

    Métrage conservé : 0,01.

    Ancienne cote 1 : G art. 468.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 G 235
Bibliographie
  • BOTREL, Yannick. Les justices seigneuriales de l'évêché de Tréguier. Guingamp, éditions de la Plommée, 2002.

Liens web