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Ferme, Lezevry (Plouhinec)

Dossier IA56007462 inclus dans Hameau ou village de Lezevry (Plouhinec) réalisé en 2009

Fiche

Remarquable ferme du début du 19e siècle, dont l'élévation ordonnancée du logis identique à celle de l'étable, la forme des ouvertures, sont inspirées des modèles urbains comme à Port-Louis ou Lorient.

Cette ferme est particulièrement intéressante en raison de son rapport à l'architecture urbaine, identifiable à plusieurs traits. La présence d'un calice sculpté sur la pierre insérée dans la façade sud peut établir un lien soit avec l'abbaye de la Joie d'Hennebont, possesseur avant la Révolution de plusieurs tenues du hameau, soit avec un ecclésiastique ; il ne faut cependant pas exclure la possibilité d'un remploi d'un édifice antérieur. La recherche des propriétaires et constructeurs, inconnus, reste à faire.

La façade et la distribution s'apparentent à celle d'un logis urbain : outre l'élévation ordonnancée des deux parties, le contraste créé entre le soubassement en pierre de taille et le reste de la façade aujourd'hui en moellon, à l'origine destinée à être enduite, est encore peu usité au début du 19e siècle en milieu rural. Les ouvertures en arc segmentaire sont héritées des formes en usage dans l'habitat urbain et noble dès la fin du 17e siècle. La division du rez-de-chaussée en deux pièces habitables et le décor est également d'origine urbaine ; les pièces sont séparées par un couloir limité par des cloisons de bois : les portes d'accès à l'escalier et aux deux pièces sont ornées de losanges, les deux portes d'accès à l'escalier et à la cave sont séparées par un pilastre cannelé à chapiteau composite.

Ce couloir dallé distribue deux pièces identiques : sur chaque pignon, une cheminée engagée en granite (linteau sur sommiers et piédroits droits pour celle de l'est, piédroits chanfreinés pour celle de l'ouest) ; contrairement à l'habitude, l'évier est inséré sous la fenêtre nord de chacune des deux pièces : en effet ces pièces possédait un double éclairage, fait très rare dans l'habitat rural. A l'étage, la pièce est dispose également d'une petite cheminée en pierre adossée au pignon : cependant, cette cheminée n'a jamais servi et l'étage ne semble pas avoir été cloisonné. La présence d'un étage carré non habité est un trait que l'on retrouve souvent dans l'architecture rurale de l'ouest morbihannais au 19e siècle : ce faux-étage est en fait un grenier, généralement non ou peu cloisonné ; il est surmonté d'un comble parfois divisé en deux niveaux de grenier.

Le traitement de l'étable (ou écurie) est identique à celui du logis, à l'exception de l'absence de cave ; cependant, aucune cheminée n'est présente en pignon. Il ne semble pas que l'étable disposait de son propre escalier d'accès au comble : en effet deux portes percés dans le refends à chaque niveau permet la communication entre les deux parties.

La porte reliant logis et écurie au niveau du comble est un remploi de la fin du 16e siècle : en anse de panier moulouré, ses piédroits chanfreinés se terminent par des griffes très soignées. Cette porte, les piédroits chanfreinés de celle du rez-de-chaussée, ceux de la cheminée ouest montrent que comme souvent sur la ria, mais ici très discrètement, on remploie par économie quelques éléments de l'ancien édifice ; la trace d'une reprise dans le mur nord comblant une forme incurvée (ancien escaler en vis ?), peut inciter à y voir une reconstruction in situ, dont seule aurait été conservée une partie du mur nord.

L'ensemble concoure à donner l'illusion de deux logis urbains à étage en alignement, même si la construction sans doute presque contemporaine de l'étable en retour a gâché la vue d'ensemble.

Au sud de la cour, est édifié une petite dépendance en ruine, peut-être initialement voûtée en pierre, un édicule rare qui pourrait être un cellier, dont peu d'exemples sont conservés autour de la ria d'Etel.

Parties constituantes non étudiéesétable à chevaux, logement, cellier
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Port-Louis
AdresseCommune : Plouhinec
Lieu-dit : Lezevry
Cadastre : 2000 ZB 123 ; 1837 C2 705, 705 bis

Cette ferme est sans doute reconstruite au début du 19e siècle (elle figure à l'identique sur le plan cadastral de 1837) sur l'emplacement d'une ferme plus ancienne dépendant peut-être comme certaines tenues du village de l'abbaye Notre-Dame de la Joie (Hennebont) : c'était sans doute un don ducal car dans la réformation de 1427, le village de Lézévry est déclaré "du fief du duc". Il s'agit d'une construction homogène. Sur la façade du logis, un cadran solaire en pierre s'accompagne d'un calice et d'une inscription aujourd'hui illisible sculptés dans un cartouche. Sur les matrices cadastrales de 1837, la ferme appartient à Pierre Runigo. La partie contemporaine en prolongement à l'est dont la façade s'ouvre au nord n'appartenait pas en 1837, contrairement à aujourd'hui, à cette ferme, mais à la ferme voisine au nord, ce qui explique son orientation. L'ensemble du bâtiment devait être enduit, à l'exception du haut soubassement en pierre de taille, du bandeau séparant les niveaux et du cadran solaire. La dépendance en retour au sud-est aujourd'hui en ruines est probablement construite en 1852 et augmentée en 1857 pour Pierre Runigo selon les matrices cadastrales. Cependant, on ne voit pas à quoi correspond la démolition de maison signalée en 1860 sur la parcelle 705 : le seul bâtiment ayant disparu étant celui en retour de la maison à l'est, sans doute une soue. En 2012, la ferme est en cours de restauration : le fibro-ciment est remplacé par de l'ardoise, deux fenêtres de façade sont transformées en porte-fenêtre (mais pas élargies) et deux fenêtres au module identique à celles de façade sont ouvertes dans l'écurie sur l'élévation nord. Les éléments intérieurs sont conservées à l'exception du couloir axial.

Période(s)Principale : 1er quart 19e siècle

La ferme dont la cour au sud est enclose d'un mur, se compose de trois bâtiments en alignement à fonctions différentes et de trois dépendances disposées en retour et au sud du grand logis ; au centre, le logis à élévation ordonnancée à faux étage et rez-de-chaussée sur cave, avec soubassement en pierre de taille ; à l'ouest, l'écurie adopte la même élévation (en partie masquée par le bâtiment en retour), le grenier utilisant également la forme d'un faux-étage. Mais la pente du terrain exclut ici la cave. A l'est, le cellier montre une élévation identique sur la façade nord, ouverte dans la cour de la ferme au nord. L'ensemble de la façade devait être enduite pour créer un contraste avec le soubassement et le bandeau. Les deux bâtiments en retour sans étage, celui de l'est en ruines, abritaient, le premier à l'ouest, l'étable ou écurie, le second à l'est un logement accompagné d'une partie dépendance à fonction indéterminée. Une soue à porcs (ou cellier ?) couverte en pierre est construite au sud de la cour.

Mursgranite
moellon
pierre de taille
Toitciment amiante en couverture
Étagessous-sol, 1 étage carré
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
Techniquessculpture
Précision représentations

Sur une pierre peut-être en remploi dans la façade sont figurés un calice et un chandelier en relief, accompagnant une inscription, IHS et ? et un cadran solaire.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • 20095605966NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 215.

Références documentaires

Documents figurés
  • A. D. Morbihan. 3P 215. 1837. Plouhinec. Plan cadastral. Plan d'assemblage et plan par sections. 3 P 2414 et 3P 2415. Plouhinec. Matrices cadastrales.

    Archives départementales du Morbihan : 3P 215 ; 3 P 2414 ; 3P 2415